DEVIS DU MÉCANISME
D'UN MOULIN A L'ANGLAISE DB QtMTItE PAIBES DE MEULES, MABCHANT PAB ENGRSNAGBS, ET AYANT POUB MOTEUB ONE BOUE HYDBAULIQCB DB CÔTÉ A AUBES PLANES ET A COUBS1BB CIBCULAIBB.
Article 1er. — Une roue hydraulique à aubes de 5" 60 de diamètre extérieur et 3*50 de large , construite avec un arbre en bois de chêne , 3 tourillons en fonte et 6 frettes en fer, 3 couronnes à 10 bras en fonte , les coyaux en chêne , et 36 aubes en orme ou en chêne avec les boulons nécessaires; puis 2 paliers en fonte avec plaques d'assise, coussinets en bronze et boulons à clavettes et écrous pour les fixer. (On fournit quelquefois aussi, avec la roue, un varin composé de 2 barres de fer quarré et de
2 vis qui servent à soulever l'arbre lorsqu'on veut remplacer ou réparer le coussinet ; mais cet objet doit être estimé et indiqué dans le marché si on veut qu'il soit fourni par le constructeur.)
2e. — Un vannage pour la roue, composé de deux poteaux et d'un chapeau en chêne, d'une vanne de 3"ft0 de longueur, également en chêne, de 2 crémaillères, 2 pignons, 2 rouleaux , avec arbres, paliers et coussinets, une roue droite et son pignon avec la manivelle pour manœuvrer la vanne, supports et boulons nécessaires. Un col de cygne ou tablier de vanne en fonte de 3*60 de long, dressé sur son bord supérieur et boulonné sur une charpente en chene scellée dans les murs latéraux. (Il est bon de spécifier toutes les pièces de bois qui doivent être fournies par le mécanicien, et de désigner celles qui le seront par le propriétaire ; on comprend que dans certaines localités où les bois sont à bon compte, il est préférable que les bois soient au compte de ce dernier et que le mécanicien ne soit positivement chargé que des ferrures. Seulement il donne le plan de ces pièces au propriétaire pour qu'il puisse les faire exécuter dans les dimensions convenables, ou mieux, son monteur doit en .diriger la confection.)
3*. — Une vanne de décharge A' (fig. 1) en deux parties, de chacune un mètre de large, avec 2 crémaillères et pignons pour les mouvoir (ou 2 vis à écrous Gictés) , supports et chapes en fonte , 3 poteaux et 1 chapeau en chêne, chevilles et boulons, un grillage pour retenir les herbes, composé de 16 ou 18 barreaux en fer plat, à poignée, et de *2 traverses en bois.
4*. — Une grande roue dentée à segments boulonnés sur l'une des couronnes de la roue hydraulique, pour premier moteur, de 4" 25 de diamètre, avec dentures intérieures venues brutes de fonte sans être taillées. (Souvent au lieu d'une telle couronne , on emploie une roue à 6 ou à 8 bras montée sur l'arbre et qui, lorsqu'elle se trouve à l'intérieur du moulin, en deçà du mur de tampanc , est dentée en bois et taillée ; mais ce système revient plus cher et ne permet pas d'adopter un aussi grand diamètre.) Un pignon droit en fonte , de 1™ de diamètre , engrenant avec la roue précédente ; alésé seulement avec une rainure au centre et deux vis de pression pour le fixer (si la denture de la roue qui le commande est en bois, il faut nécessairement tailler celle de ce pignon).
5*. — Un arbre de couche en fonte, creux, de 2m75 de longueur environ, tourné aux tourillons et aux ajustements avec 2 clés ou nervures en fer rapportées; 2 paliers en fonte avec plaques, chapeaux, coussinets et boulons ; une roue d'angle en fonte de 1 ■ 80 à 2" de diamètre, tournée, alésée, et dentée en bois de cormier fou de charme), rainée au centre et 2 vis de pression. (A partir de cette roue, on doit apporter beaucoup de soin dans la construction des engrenages pour avoir des dentures exactes, qui passent bien.)
6e. — Un pignon d'angle en fonte de 0* 70 à 0*75 de diamètre, avec denture tournée et taillée pour engrener avec la roue précédente ; un arbre vertical en fonte creux , de 2(" de hauteur , tourné partout et alésé à ses deux
extrémités, 2 fausses pointes (dont une de rechange) aciérées et ajustées à sa partie inférieure , une chaise ou poëlette en fonte formant plaque d'assise et renfermant un manchon en fonte alésé avec crapaudine en bronze , 2 grains d'acier (dont un de rechange), vis de centrage et boulons à clavettes et à écrous ; un croisillon en fonte à 4 branches, se reliant au beffroi et renfermant 3 ou 4 coussinets en bronze pour former collet à l'arbre vertical avec clés ou vis de pression et boulons. (Ce croisillon est à 4, 5, 6 ou 8 branches , suivant le nombre de paires de meules disposées autour de l'arbre central.)
7«. — Une roue horizontale en fonte tournée extérieurement, de 2" 20 à 2" 30 de diamètre, avec denture fine en bois de cormier, divisée et taillée, fixée sur l'arbre vertical par une clé et 2 vis de pression ; 4 pignons de meules en fonte tournés, alésés, divisés et taillés avec soin. (C'est surtout è ces engrenages que Ton doit porter la plus grande attention ; nous l'avons dit ailleurs, nous sommes parvenus à réduire notablement les dentures de ces pignons et de la roue , au point de ne leur donner que 25 millimètres de pas sur 8 à 10 centimètres de hauteur ; les dents taillées à la machine publiée tome III, marchent avec une précision telle que l'on n'entend aucun bruit dans le moulin lorsque ces engrenages sont en activité.)
8e. — Quatre fers de meule de ln40 à 1"60 de hauteur, en fonte, tournés partout, avec 4 pointais aciérés et 8 fausses pointes ( dont 4 de rechange ) également aciérées et trempées ; 4 boitards en fonte garnis de coussinets en bronze et coins à vis pour collets aux arbres ; 4 nilles en fonte et 4 manchons de nille pour relier les fers aux meules courantes , avec leurs chapeaux faisant soucoupes pour recevoir le blé; 4 tiges verticales en fer filetées avec écrous, et 4 balanciers en fonte pour soulager les meules avec petits volants formant manivelles. (On sait que pour faciliter le service, on dispose ce mécanisme à soulager de manière à pouvoir aussi bien régler du plancher des meules que du sol du rez-de-chaussée ; ce n'est que dans le cas où la boulange se reçoit encore dans le bas du moulin, qu'on ne l'exécute pas comme nous l'avons représenté dans les planches des tom. u et v.)
9«.— Quatre vases creux et à jours, en fonte, avec moulures formant supports ou beffrois indépendants à chaque paire de meules, et en même temps cuvettes pour recevoir les meules gisantes, avec triangles en fonte et vis à niveler et à centrer ; 4 poëlettes en fonte à la base et à l'intérieur de ces vases, contenant chacune un gobelet en fonte alésée avec une crapaudine en bronze et 2 grains d'acier (dont un de rechange) pour recevoir les pointes des fers de meules, vis à centrer et boulons pour les fixer. (On se rappelle que les dispositions du beffroi des moulins sont très-variables, on doit évidemment spécifier, dans le devis , celle que I on compte adopter, pour ne pas être , plus tard , sujet à contestation ; les planches des moulins publiés tom. Pr, III et V indiquent autant de modes de construction différente, il est donc facile de choisir et de se fixer à cet égard.)
10'. —Quatre archures en bois (ou en tôle) pour envelopper les meules;
4 engreneurs à blé, en cuivre mince et poli, avec leurs couvercles , tuyaux en cuivre ( ou en zinc) munis de soupapes, supports en fonte et vis à téte pour régler le passage du grain sur les soucoupes des manchons de niile; un récipient circulaire avec 3 branches en fer et leurs palettes mobiles attachées à un moyeu en fonte , petits engrenages droits montés sur l'arbre central et le croisillon à 4 branches, pour retarder la vitesse de ces palettes ; une petite vis sans fin partant'de la circonférence du récipient pour amener la boulange jusqu'à l'élévateur. ( Nous supposons ici que l'on reçoive la mouture dans une auge circulaire logée à l'intérieur du beffroi et dans l'épaisseur du plancher des meules (voir tom Ier); mais si les moulins sont disposés en ligne droite , au lieu d'une auge circulaire , on adopte soit une vis, soit une courroie sans fin mobile sur 2 rouleaux (tom. III), placée soit à la hauteur du plancher, soit dans le bas, prés ou en dessous du sol. Dans ce dernier cas, il faut conduire la mouture des meules a la vis par des anches en bois ou en zinc qui sont toujours d'un aspect désagréable et qu'il faut nettoyer souvent.)
Tout ce que l'on entend par gros mécanisme d'un moulin est compris habituellement dans les articles qui précèdent ; si l'on est chargé de construire aussi les appareils de nettoyage, de blutage et d'autres accessoires, on doit les détailler comme il suit , avec les transmissions de mouvement uécessaires.
H*.— Une colonne d'arbres verticaux en fer, de 0*08 de diamètre, montant depuis le plancher des meules jusqu'au dernier étage, et composée de quatre parties assemblées avec des manchons, tournées sur toute leur longueur (ou seulement aux collets et ajustements) , avec 4 chaises ou boites en fonte, boulonnées sur chaque plancher et garnies de coussinets en bois (ou en bronze), avec vis de centrage et boulons. (Si, comme on le fait quelquefois, cette colonne n'est pas la suite de l'arbre central qui porte la roue horizontale , elle descend alors jusque près de l'arbre de couche intermédiaire , pour être commandée directement par lui au moyen d'une paire de roues d'angle, tournées et taillées, dont une à dents de bois; dans ce cas, on doit ajouter à cet article ces deux roues avec la chaise formant poëlette et crapaudine à la partie inférieure de l'arbre.)
12". — Une roue d'angle en fonte tournée et dentée en bois, de 1-30 à lm50 de diamètre, ajustée sur la colonne d'arbres; 2 pignons d'angle en fonte, tournés et taillés, de Qmk0 à 0m50; 2 arbres de couche en fer, de 0" 06 de diamètre , en plusieurs parties assemblées par des manchons , tournés partout , et mobiles dans des chaises et supports en fonte , avec coussinets en bois (ou en bronze), lesdits arbres portant les poulies nécessaires pour commander les appareils de nettoyage et de blutage. (Il est souvent utile de disposer ces mouvements de manière à pouvoir débrayer à volonté l'un ou l'autre des pignons ; à cet effet, on a l'habitude de faire à bascule les paliers des chaises placées près de ces pignons , au lieu d'appliquer un manchon d'embrayage et une fourchette. ) Si on a besoin d'un
troisième arbre, tel que celui g indiqué sur le plan, il faut nécessairement le désigner dans le devis.
13e. — Un appareil de nettoyage oomposé 1° d'un cylindre ou tarare vertical de lm 30 de haut sur 0" 60 de diamètre, avec chemise en deux pièces, garnis de tôle piquée, bâtis en bois, deux ventilateurs placés en haut et en bas , traverses en fonte, arbres, engrenages, poulies et coussinets ; 2° d'un cylindre émotteur en tôle découpée de lm30 de longueur avec enveloppe en tôle, bâtis en bois, conduit en line (ou fer-blanc), axes en fer, poulies et engrenages pour son mouvement; 3° d'un élévateur à blé avec courroie, poulies, godets, axes, coussinets et engreneur à blé (indiquer si l'on fournit la boite de l'élévateur) ; V» d'un cylindre cribleur de 4™ à km 50 de longueur, en tôle découpée, avec auge demi-circulaire et bâtis en bois, palettes en tôle, axes, engrenages retardateurs et poulies, supports, coussinets et boulons. (Si le nettoyage doit se composer en outre d'une ramonerie ou d'un second tarare, il faut les spécifier de même avec leurs mouvements nécessaires ; il faut , en outre, indiquer si on ajoute une vis sans fin à blé ou un cylindre mouilleur, ou une seconde chaîne à godets.)
IV. — Un trieur mécanique du système Vachon, avec (ou sans) ventilateur, émotteur et diviseur, chaîne à godets, et tout le mouvement nécessaire. (Nous indiquons ce trieur dans un article spécial comme présentant en effet un appareil à part qui est encore peu répandu , mais que nous voudrions voir dans tous les moulins, au moins ceux un peu importants; nous avons donné les prix de cet instrument à la fin de la description que nous en avons faite tom. V.)
15e. - Un comprimeur composé de deux cylindres creux en fonte, d'un cylindre distributeur cannelé, trémie è blé avec registre et vis à régler, raclettes, bâtis en fonte, toile métallique, paliers mobiles, engrenages droits en fonte et deux forts engrenages en fonte taillés, dont un monté sur la colonne d'arbres verticaux. (Cet appareil, que nous avons aussi décrit à la fin du tom. iv, n'est pas adopté partout, il doit donc aussi faire un article spécial ; on sait que son prix varie suivant les dimensions de 1 ,500 à 2,000 fr.)
16e. — Un grand élévateur à boulange partant du plancher des meules et montant jusqu'au-dessus de la chambre à râteau , ledit composé d'une courroie sans fin de 0" 10 de large, poulies en fonte, godets en cuir (ou en fer-blanc), avec axes, coussinets, supports et son mouvement; un râteau en bois et son palonnier, avec ferrure, arbres en fer, crapaudine, coussinets, engrenages d'angle et engrenages droits en fonte brute, poulies et boulons. (La menuiserie se faisant sur place, reste ordinairement au compte du propriétaire; par conséquent, on ne l'indique pas dans le devis; dans le cas contraire , on devrait nécessairement compter les boites d'élévateur, chambre, supports ou traverses en bois.)
17«.— Deux bluteries à farine de 3« 50 de longueur sur 1» de diamètre, renfermées dans le même coffre, avec (ou sans) les soies, axes en bois et taquets, tourillons en fer ; un arbre de couche en fer, 2 paires de roues
d'angle en fonte, poulies, chaises et paliers en fonte, arec coussinets en bois (ou en bronze) ; 2 augets en bois et 2 petites trémies avec les mouvements; un grand coffre en bois avec montants et traverses en chêne, dessus et plans inclinés en bois. (Dire si on ne fournit pas ce coffre, sans quoi, on pourrait croire qu'il est compris dans le marché ; quelquefois le meunier préfère se charger des soies et de la menuiserie des coffres et petites trémies, il est utile que ce soit mentionné dans le devis.}
18e.— Une grande btuterie à son de 6 à 7 mètres de longueur et 1 mètre de diamètre, garnie (ou non) de ses soies et toiles ; arbre en bois, tourillons en fer, poulies et paliers en fonte ; un coffre en sapin ou bois blanc avec montants et traverses en chêne. (Même observation que dans l'article précédent ; les séparations en planches qui doivent exister en dessous, sont faites par le propriétaire.)
Quelquefois on désire une bluterie intermédiaire, dite bluterie à sécher; elle doit être évidemment mentionnée pour être comprise dans le marché ; il faut indiquer aussi si on applique un élévateur à farine ou une vis sans fin avec leur mouvement, pour desservir l'une ou l'autre de ces bluteries.
19*. — Un élévateur à gruaux , montant du premier au dernier étage, composé, comme le précédent, d'un cuir sans fin, de godets, poulies, axes et coussinets pour son mouvement ; un râteau et son palonnier en bois avec arbres en fer, engrenages, poulies et supports. (Cet article correspond exactement à l'article 16.)
20*. — Une bluterie à gruaux de 3m50 de longueur, garnie (ou non) de ses soies, avec arbre, tourillons, augets, trémie et mouvements, comme précédemment, avec (ou sans) le coffre en bois; une seconde bluterie à son, de 5 à 6 mètres de longueur, et composée de même, etc. (Indiquer également s'il y a un élévateur ou une vis additionnelle.)
2l*. — Un monte-sacs composé d'un tambour en bois (ou en fonte), traversé par un axe en fer, d'un arbre de couche en fer tourné , de deux engrenages d'angle, et deux fortes poulies à joues avec (ou sans) la courroie double , d'un rouleau de tension avec son axe et son levier, d'un bétis en fonte, et des poulies de renvoi nécessaires. (Ordinairement le mécanicien ne fournit pas les cordages ; il est bon de le dire , pour éviter des erreurs; de même les trappes et leurs charnières sont aux frais du propriétaire, et ne se comprennent habituellement pas dans le devis.)
Pour tous les mouvements des appareils indiqués, il faut, comme on le pense, un grand nombre de courroies de différentes largeurs et longueurs, dont la valeur peut s'élever souvent de 800 à 1 ,500 fr. et plus ; on comprend qu'il importe beaucoup que les contractants se soient entendus i l'avance , pour savoir si elles sont ou si elles ne sont pas comprises dans leur marché.
Le constructeur doit encore comprendre dans son devis plusieurs accessoires, tels que ceux que nous indiquons dans l'article suivant. 22*.— Une grue ou appareil propre à enlever les meules et composé d'un
arc en fer, d'une vis à filets quarrés en fer corroyé , et de son écrou en bronze, de la potence en chêne avec pivots en fer et crapaudines, goujons en fer et boîtes en fonte (celles-ci sont quelquefois fournies par le marchand de meules). On sait que cette grue se transporte d'une meule à l'autre, et sert, par conséquent, pour toute la minoterie. Elle est bien préférable aux mouflles à cordes que l'on emploie dans quelques moulins. Un indicateur de vitesse à boules, à cadran et à sonnettes, pour prévenir lorsque le moulin se ralentit ou s'accélère et commandé par l'arbre central ; un régulateur ou règle en fonte, dressée avec beaucoup de soin pour servir à vérifier les règles de bois que l'on pose sur les meules , lorsqu'on les rhabille et qu'on veut les redresser ; ce régulateur est renfermé dans une botte en chêne avec son couvercle, et doit être posé de manière invariable non loin des meules. Deux ou plusieurs ensachoirs en tôle , avec bourrelet en fonte , soupape et mécanisme à pincer les sacs. Un cric à vis et à engrenages avec petite colonne en fonte pour servir à débrayer les pignons de meules. (Cet instrument n'est pas utile lorsque les moulins sont à courroies.)
Il y a encore d'autres objets , mais qui doivent plutôt être fournis par le meunier; ce sont des brouettes pour porter les sacs, une balance bascule ou romaine, plusieurs jeux de marteaux et une petite machine à rhabiller telle que celle publiée au commencement du tome III , un niveau à bulle d'air, des petites règles en bois, une meule de grès et son auge pour affûter, etc.
On voit, en lisant le devis détaillé qui précède, que nous n'avons pas compris, avec intention, d'une part, la fourniture des meules, qui doivent, autant que possible, être laissées au choix du meunier, parce qu'il a le plus grand intérêt à les bien choisir , et d'un autre coté, les charpentes ou menuiseries, telles que les trémies h blé qui se font toujours sur place , les chambres à farine, les raccords de planchers; on n'y comprend pas non plus la maçonnerie indépendante du bâtiment, comme le coursier de la roue hydraulique, les assises du beffroi, des meules et des arbres de couche, les raccords et scellements pour les supports, etc. Ces travaux sont laissés aux frais du propriétaire, mais doivent être cependant exécutés sous la direction du constructeur ou du monteur chargé de toute la pose des machines et appareils.
On sera peut-être bien étonné de ne pas voir de prix indiqué à chacun des articles qui composent le matériel d'un moulin; nous avons pensé qu'il serait peut-être téméraire à nous de fixer des valeurs à cet égard, car elles sont tellement variables que nous avons été surpris plus d'une fois nous-mêmes, en apprenant les différences énormes que l'on obtient , lorsqu'on s'adresse à tel ou tel constructeur. Si l'effet de la concurrence a fait baisser les prix énormément dans un grand nombre de machines ou d'objets fabriqués, c'est surtout dans les moulins que l'on doit constater non-seulement une baisse considérable , mais encore une irrégularité extrême, que nous nous sommes toutefois expliquée souvent, par le genre
on la nature de la construction. Lorsque tel mécanicien habile, consciencieux, qui sait parfaitement son métier et offre par suite toutes les garanties désirables, a fait un devis bien complet, bien développé comme celui que nous venons d'indiquer, et qu'il demande, en résumé, une somme de 24 ou 25,000 francs pour la construction et le montage de tout le moulin, on rencontre tel charpentier, qui se dit aussi constructeur de moulins , et qui quelquefois ne sait pas faire un plan , ne pas craindre de s'engager à exécuter le même moulin pour un prix moitié moindre, quoiqu'il n'ait aucun outil, aucun matériel à sa disposition. Sans doute, ce moulin sera mal construit, il péchera dans une foule de détails, par des pièces trop faibles, mal ajustées, qui exigeront beaucoup d'entretien, etc., mais enfin le propriétaire a le droit de dire au premier constructeur : « Comment se fait-il que vous ne puissiez pas faire à un prix beaucoup moindre, ce qu'on m'offre d'établir pour moitié de la somme que vous me demandez ? »
Et souvent , ne sachant pas se rendre compte que le plus cher peut, par la suite, devenir le meilleur marché, il s'adresse à celui qui lui a demandé le chiffre le moins élevé; il est vrai qu'il n'est quelquefois pas longtemps avant de s'apercevoir qu'il a eu tort, et il regrette, trop tard, de ne pas s'être confié au mécanicien loyal et consciencieux.
En voyant le grand nombre de détails qui composent toute une minoterie, on doit certainement penser que si les mouvements ne sont pas bien exécutés, si les engrenages, les tourillons des axes, etc., ne sont pas bien proportionnés, si toutes les parties mobiles enfin ne sont pas convenablement agencées, il y aura des pertes de force, des frottements superflus, et par suite moins de travail produit, et de plus des usures rapides, des frais d'entretien considérables qui, s'accumulant sans cesse , ne tardent pas à accroître de beaucoup les premiers frais d'établissement. Tous ces inconvénients n'ont pas lieu, lorsque tout le mécanisme est parfaitement exécuté et ne laisse rien à désirer.
Les négociants et habiles meuniers qui connaissent bien cela et savent apprécier la mécanique, ne font pas de ces faulcs graves, car ils ont toujours le soin de s'adresser à ceux qui ont fait leurs preuves et qui ont acquis beaucoup d'expérience dans cette partie, à ceux qui, par leurs connaissances, par leur pratique, par leur outillage, leur présentent toutes les garanties de succès qu'ils peuvent désirer.
Nous ne voulons cependant pas terminer ce sujet , sans indiquer, au moins d'une manière approximative , les prix qui sont ou peuvent être demandés pour l'exécution convenable d'un tel moulin, afin qu'on puisse se fixer sur quelque appréciation.
1° \& prix de la roue hydraulique et des vannages, composant les trois premiers articles du devis précédent, est de 3,000 à 3,500 fr. suivant les localités.
2° Le prix du gros mécanisme , compris dans les art. k à 10, est de 10 à 12,000 fr., soit 2,500 à 3,000 fr. par paire de meules ; celles-ci à part , on
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sait qu elles valent 600 à 700 fr. la paire. Le poids total de ce mécanisme est de 10 à 12,000 kilogrammes. Le système à courroies peut revenir à 1,000 ou 1,500 fr. plus cher.
3* La valeur des objets mentionnés dans les art. 11, 12 et 13 est approximativement de 3,000 à 3,500 fr.
4° Celle des blutages et accessoires, compris dans les art. 16 à 21 , est de 4,000 à 4,500 fr.
5° Le prix des objets détachés, composant l'art. 22 est environ de 700 à 800 fr.
Il faut en outre compter pour les frais de pose de toutes ces machines une somme de 800 à 900 fr. Les frais de transport variant suivant les distances doivent être nécessairement portés à part.
Observation. — Il ne sera peut-être pas sans intérêt de remarquer, en terminant, que les bâtiments destinés à recevoir des minoteries bien organisées doivent être très spacieux, non-seulement pour que les machines et appareils soient convenablement logés , et qu'ils puissent y être placés de manière à ne pas gêner le service , mais encore pour permettre d'en faire servir une grande partie à contenir une certaine quantité de blés et de farines en réserve. On conçoit qu'un meunier, quelle que soit l'importance de son usine , ne peut être assujéti à faire venir du grain tous les jours , il faut nécessairement qu'il fasse des approvisionnements , ne serait-ce que pour une semaine. Celui qui peut moudre seulement 60 à 80 hectolitres par 2r» heures, doit déjà emmagasiner 420 à 560 hectolitres pour le travail de 6 à 7 jours. Il en est de même pour les farines et les autres produits de la mouture : il ne s'en débarrasse pas chaque jour; il lui faut donc aussi de l'emplacement pour les recevoir.
Or, si l'on observe que dans un moulin à 4 étages, comme celui que nous avons représenté, le rez-de-chaussée est presque toujours occupé par le moteur, le gros mécanisme, et par le logement du meunier ou de son garde moulin, que le premier étage l'est en grande partie parles cases à sons, par les ensachoirs à farine qui demandent qu'on puisse aisément circuler, par les cabines des ouvriers qui couchent au moulin , que le second et le troisième étage sont pris par les bluteries, les chambres à farines, les trémies à blé, les élévateurs , etc. , on verra bientôt qu'il ne reste d'emplacement disponible pour le grain que dans le dernier étage, et que l'on devra avoir dans les autres assez d'espace libre pour y loger les farines et autres produits , et on reconnaîtra sans peine qu'un bâtiment de 19 à 20 mètres de long sur 10 à 12 mètres de large est tout au plus suffisant pour une minoterie de 4 paires de meules.