‹ Publication industrielle des machines outils et appareils les plus perfectionnés et les plus récentsChapitre 125 sur 189 · DESCRIPTION DU M A RTE A U-PI LON DE M. CAVÉ · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DU M A RTE A U-PI LON DE M. CAVÉ

BEPBBSBKTB SUB LBS FIG. 1 k 7, PL. 26.

Ce marteau proprement dit, se compose, comme le montrent les fig. 1 et 2, d'une forte pièce de fonte A , large et haute , dont la section horizontale (fig. 4) indique bien la forme. A la partie inférieure de cette pièce est rapportée à queue d'hyronde la panne variable B , qui , n'y étant soutenue que par des coins ou des clavettes en fer a, peut se mettre et se retirer à volonté.

Ce marteau marche entre deux coulisses bien dressées sur les côtés des deux bâtis de fonte C, qui forment, en même temps, la cage de la machine, et supportent le cylindre à vapeur. Deux règles ou coulisseaux D, adaptés sur les bords , tiennent le marteau constamment appliqué dans les coulisses; ces règles sont fixées chacune par une rangée de boulons à clavettes et 5 écrous 6.

Les deux bâtis sont réunis , à leur sommet, par une large et forte corniche en fonte E , d'une seule pièce, qui se relie aux montants par des coins en fer c ( fig. 1 et 3-). Au centre de cette corniche repose le cylindre à vapeur F, dont la hauteur correspond & la plus grande course que l'on veut donner au marteau.

Ce cylindre est fermé par le haut avec un couvercle bombé G , qui est muni d'un anneau pour permettre de l'enlever avec facilité lorsqu'il est nécessaire d'ouvrir le cylindre, par exemple, pour visiter ou retirer le piston à vapeur. A la base est une boîte à étoupes, qui , comme dans les machines ordinaires, donne passage à la tige verticale d du piston. Cette tige est attachée au marteau par une clavette e , mais pour que les chocs ne tendent pas à couper celle-ci, le constructeur a d'abord eu le soin de laisser du jeu dans la mortaise qui la reçoit, puis au lieu de faire toucher le bout de la tige avec la fonte, il a rapporté au fond du trou dans lequel elle est logée, des rondelles en chanvre, ou en feutre/, indiquées sur la flg. 1, en lignes ponctuées.

La construction du piston à vapeur qui se meut dans le cylindre est assex particulière; on sait que cette pièce, dans ce genre de machine, fatigue beaucoup, et est très-susceptible de se briser; aussi les constructeurs se sont occupés d'y apporter constamment des modifications pour le rendre plus solide , plus durable , et de plus pour qu'il ne soit pas trop pesant.

M. Cavé a eu l'idée de le faire , en dernier lieu , en tôle de fer forgée ; ainsi il le compose de deux disques H méplats au centre, et recourbés à la circonférence , tels que l'indique la fig. 5, de manière à loger, sur tout le pourtour formant gorge , une certaine quantité d'étoupes graissées , que l'on peut aisément remplacer au besoin , et qui , tout en gardant bien la vapeur, résistent mieux et ne produisent pas de chocs comme les garnitures métalliques. La tige est fixée au centre de ces disques que Ton renforce encore par une ou deux autres épaisseurs de tôle , au moyen d'un écrou fileté g.

L'admission de la vapeur se fait dans la partie inférieure du cylindre par la lumière », qui est en communication avec la boite de distribution I, lorsque son tiroir occupe la position la plus élevée ; la sortie a lieu par l'orifice »', qui communique avec le tuyau d'échappement h'.

La botte de distribution reçoit la vapeur arrivant du générateur par la tubulure d'introduction A; mais cette boite porte une autre tubulure j, alésée pour recevoir un petit piston K , qui se relie par double articulation au tiroir J, au moyen de la courte bielle ou tige en fer / (fig. 6). Par cette disposition, il est aisé de comprendre que la pres.sion de la vapeur qui tend à appliquer la face du tiroir sur le siège dressé du cylindre, se fait également sentir sur la surface du piston, de sorte que si les deui surfaces étaient égales, il y aurait équilibre; mais comme celle du tiroir est un peu plus grande, celui-ci reste appuyé contre le siège , et dans sa marche rectiligne il entraîne la tige /, qui alors change légèrement la position du petit piston. Il n'en résulte pas moins que le frottement du tiroir est peu considérable , puisque la pression qui agit sur lui , est diminuée de toute celle qui a lieu sur le piston ; aussi on a l'avantage de pouvoir manœuvrer ce tiroir à la main , avec une grande facilité (1). Embrassé par un cadre en fer qui le suspend à la tige verticale k , ce tiroir est mis en mouvement par le balancier L, qui oscille sur son centre /, et qui , à l'autre extrémité, est attaché à la tringle verticale M. Celle-ci s'assemble à son tour, par sa partie inférieure, au levier N, terminé par une grande manette que l'ouvrier machiniste ou le conducteur manœuvre a la main. Et à cet eûet, pour se trouver à la hauteur convenable , un plancher en fer p, entouré d'une balustrade élevée 0 , est adapté contre le bâtis, de manière à ne pas gêner le service des forgerons qui sont chargés de diriger et de soumettre les pièces de forge à l'action de la machine.

(I j Un physicien de Milan . M. Palirineri. fil inventeur d'un système propre a équilibrer la preslion de la vapeur *ur le tiroir, qu'il »e propose d'appliquer aux maebînei Oie», et aux nuchinea locomotives. Il t'est hit breveter en France ( en 18*7 ), pour ce mécanisme qui consiste dans l'application d'une sorte de plaque ou de diique méplat dresse sur une face, ei relie au tiroir pour suivre le mouvement alternatif de celui-ci, en glissant sur une cloison Bxe séparant la botte de celle du tiroir. Un incident panirulirr s'est présenté en Angleterre, lors de la demande d'une patente dans ce pays , pour cette invention, l'auteur s'est rencontré avec un inventeur anglais qui faisait une demande analogue i la même époque, lisant dû s'enteodre alors, parce que la loi anglaiae n'accorde qu'une seule patente pour une même Invention.

Une autre manette Q est aussi à la disposition du conducteur pour servir h arrêter instantanément le marteau , lorsqu'il le juge nécessaire. L'axe de cette manette porte un toc ou coin en fer forgé m , qu'il fait engager dans une entaille correspondante n pratiquée sur le côté latéral extérieur du marteau , quand il croit devoir tenir celui-ci en suspension à une certaine hauteur au-dessus de l'enclume.

Le dessin représente une grosse manivelle R de machine de bateau , qu'on suppose en train de forger et près d'être terminée. Cette manivelle repose sur l'enclume S que l'on peut changer, au besoin, suivant les pièces A forger, parce qu'elle n'est qu'ajustée sur le grand et fort tas en fonte Tou ckabotte% qui sert en même temps d'assise aux deux côtés du bâtis. Cette assise de fonte est posée sur un lit en charpente U, composé de plusieurs rangées de pièces de bois alternativement placées en long et en travers , et avec lesquelles le tas est solidaire au moyen de forts boulons qui les traversent.

On voit sur l'élévation ( flg. 1 ) , que l'on a pratiqué un certain nombre de trous o, pour y loger des tiges en fer, qui peuvent aider l'ouvrier à soutenir ses outils , ses tenailles , lorsqu'il travaille.

M. Cavé a fait aussi l'application d'un système de soupapes de sûreté s s* (flg. 7), sur le côté latéral du cylindre à vapeur , et vers la partie supérieure de la course. Ces soupapes placées l une au-dessus de l'autre, ont leur base de forme conique , et se soulèvent de bas en haut ; la première est chargée d'un ressort à boudin r, pour la maintenir fermée jusqu'à une certaine pression , sensiblement plus grande que la pression atmosphérique. L'espace libre laissé entre les deux soupapes est un canal qui communique avec l'intérieur du cylindre II paratt que cet appareil n'est pas absolument nécessaire , car il n'est pas appliqué dans plusieurs des marteaux construits par l'auteur. U est, au reste, toujours préférable de l'ajouter, puisqu'il est très simple, et qu'il peut quelquefois éviter des accidents.

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