‹ Publication industrielle des machines outils et appareils les plus perfectionnés et les plus récentsChapitre 126 sur 189 · MARTEAU-PILON DE MM. PETIN ET GAUDET · texte numérisé non relu

MARTEAU-PILON DE MM. PETIN ET GAUDET

RBPBBSBSTB SUR LES FIG. 8 BT 9, PL- 26.

La particularité la plus remarquable de ce système consiste dans l'idée défaire tourner l'enclume d'un quart de tour, pour pouvoir, dans la môme chaude , étirer et élargir le fer. Ce perfectionnement n'est pas sans importance, surtout lorsqu'il est appliqué à des marteaux-pilons destinés à forger des pièces d'un certain poids, de 800 à 1500 kilogr., par exemple, et souvent beaucoup plus.

On a vu que ces appareils , tels qu'ils ont été établis jusqu'ici , ont leur bâtis disposé de chaque côté de l'enclume, de telle sorte qu'il ne permet pas de circuler autour de celle-ci. Dans les anciens marteaux à manche, le bâtis se trouve en arrière de l'enclume , l'ouvrier peut alors tourner sur plus d'une demi-circonférence, sans être gêné, par conséquent il lui est

PUBLICATION iNDCSTRlBrr.R.

libre d'étirer la barre de fer, de l'élargir dans ln même chaude, suivant qu'il la place sur la longueur ou la largeur, c'est-à-dire en long ou en travers de l'enclume , en supposant toutefois que la pièce ne soit pas trop pesante, et qu'il la manie avec quelque facilité, il pourra en faire tout ce qu'il voudra. Celte double opération d'élargir et d'étirer le fer, dans une seule chaude , devient impraticable sous le marteau-pilon , surtout lorsque la pièce à forger est d'une forte dimension , quand son poids dépasse 5 à 600 kilog., par exemple, parce que, ne pouvant diriger et supporter la pièce qu'à l'aide d'une grue , il ne peut qu'étirer cette pièce si l'enclume est placée en travers , ou simplement l'élargir , si l'enclume est en long. C'est un inconvénient pour l'ouvrier forgeur, qui ne peut profiter de toute la chaude , alors il est dans l'obligation de remettre la pièce au four , de changer les enclumes, et de revenir ensuite continuer le forgeage sous le pilon , ce qui fait double manipulation, et occasionne une plus grande dépense de combustible.

MM. Petin et Gaudet ont cherché à remédier à ces inconvénients en rendant l'appareil rotatif, c'est-à-dire en mobilisant l'enclume, et avec elle , dans le marteau-pilon, le bâtis même C , qui porte le système.

Ainsi, en admettant que l'enclume S, qui est porlée parlacAa&of/eT, soit placée comme l'indiquent les fig. 8 et 9 , de telle sorte que la pièce h forger se trouve dans la direction 1-2, il est évident que le marteau A opérera l'étirage de cette pièce ; si on veut/élargir, sans la reporter au four à réchauffer, on la recule un peu , à l'aide de la grue qui la supporte, et on fait tourner l'appareil, au moyen des quatre pignons dentés p, qui, engrenant, tous à la fois, avec le plateau circulaire m , lui impriment une marche rotative, ainsi qu'A l'enclume et au marteau, auxquels on fait prendre alors une position 3-4 perpendiculaire à la précédente. Il en résulte que l'on peut, sans déranger la pièce, faire les deux opérations d'étirage et d'élargissement , dans la même chaude; mais si on suppose que la pièce soit une hélice en fer, dont les ailes sont , comme on le sait , à surfaces gauches , il faut donner au marteau , et par suite à son bâtis , une position correspondante à la direction de la ligne 5-6 , pour étirer la pièce.

Pour obtenir ce résultat , il était essentiel évidemment de changer la construction du bâtis ; les auteurs lui ont donné la disposition indiquée sur le dessin. Les pieds, qui sont exécutés par rapport au centre de l'enclume, sont ajustés et fixés solidement dans la chabotle ï, afin de tourner avec elle, sans gêner, dans les positions qu'on lui fait prendre, la pièce à forger.

La couronne dentée m, qui est solidaire avec la chabot te, est faite comme un engrenage droit ordinaire , avec lequel engrènent simultanément les différents pignons p, que l'on fait mouvoir directement par des manivelles ajustées sur leurs axes, et qui s'enlèvent à volonté.

La chabot tel reçoit l'enclume S, à queue d'hy ronde, comme le marteau reçoit sa panne B ; elle repose sur un très-fort bloc cylindrique U en boi

de bout fretté en fer, et solidement assis sur des fondations en maçonnerie de lm 50 à 2 mètres de hauteur ; ce massif est lui-même établi sur un grillage en bois de 0"25 d epaisseur.

Le cylindre à vapeur F, placé à la partie supérieure de l'appareil, est assujéti entre deux pièces de bois, et repose sur la corniche de fonte E. qui surmonte le bâtis C de la machine ; il y est ajusté sur une partie dressée avec soin , et retenue au moyen d une plaque en deux pièces c boulonnées sur la corniche , de sorte que lorsque le bâtis tourne sur lui-même, le cylindre reste fixe, avec les tuyaux d'entrée et de sortie de vapeur.

Le piston H peut aisément tourner dans le cylindre avec l'enclume et le marteau ; sa garniture n'étant composée que d'un cercle métallique r, ne le force pas, et par conséquent ne peut empêcher le mouvement de rotation. Ce cercle r est en acier trempé (Gg. 10), ajusté dans la gorge cylindrique ménagée sur la circonférence du pistou ; à son intérieur est renfermée une garniture en caoutchouc vulcanisé , qui fait ressort (t). Des trous pratiqués dans l'épaisseur du métal , permettent à la vapeur qui s'introduit dans le cylindre , de passer en dedans de cette garniture , et la force à s'appliquer contre les parois de celui-ci. Ce genre de piston, qui est d une construction extrêmement simple, est dû à M. Bourdon , ingénieur du Creusot: il est d'un entretien facile et commode. La tige qui le réunit au marteau proprement dit, tourne dans la garniture détoupe adaptée au bas du cylindre , lorsqu'on fait mouvoir le système.

La boîte de distribution et son tiroir 3, sont comme dans l'appareil précédent; la tringle verticale M qui communique à la tige du tiroir par le balancier L, descend jusque près du sol, pour se relier à une manette mise à la disposition du chef ouvrier, qui se trouve ainsi constamment près de la pièce à travailler.

Pour diminuer le frottement de la chabotte , lorsqu on la fait tourner sur son assise, les auteurs ont ménagé de distance en distance , des trous qui permettent d'y introduire de l'huile afin de graisser les surfaces en contact. Ces trous peuvent être bouchés par de petites soupapes que l'on ajuste hermétiquement, afin d'empêcher que la poussière n'y pénètre.

A la parUe supérieure du cylindre à vapeur est une petite pédale ou bascule r7, ayant son point fixe en s, et attachée par son milieu à la tringle /; lorsque le piston monte, et qu'il arrive vers l'extrémité de sa course il rencontre cette bascule, et fait en même temps lever la tringle /, et par suite le tiroir J, dont la tige se relie à la partie inférieure de cette dernière ; il en résulte alors que le tiroir intercepte l'arrivée de la vapeur dans le cylindre, et donne issue à celle qui y était entrée, pour laisser retomber le marteau de tout son poids. Cette bascule forme ainsi une sorte de levier de sûreté , qui évite les accidents.

(») Nom «roi», a parler prochain*m«l de. application. Important*. queTon Mt aujourd'hui me le eMuteboue TulcanU* ou «ilfuré, dont If. propriété, aont r

Un appareil de ce genre, exécuté avec un marteau de 800 kilog., pèse en totalité, environ 12000 kilog. ; il est revenu à 9000 fr. à l'établissement. Nous pensons qu'en général les constructeurs peuvent livrer de telles machines à raison de 90 à 100 fr. les 100 kilog.

MM. Petin et Gaudet, qui travaillent pour un grand nombre de mécaniciens, ont actuellement quatre marteaux-pilons en activité, et occupent dans leur usine plus de 120 ouvriers.

TIRE-LIGNES GRADUES pour l'exécution des dessins, par m. desboudes, a paris.

Tout le monde sait qu'on emploie pour les dessins linéaire , de charpentes , d'architecture , de mécanique , etc. , des tire-lignes ou instruments destinés à passer à l'encre les épures ou dessins déjà esquisses au crayon sur le papier. Ces instruments, composés de deux palettes d'acier, serrées au degré convenable pour obtenir un trait d'une grosseur déterminée, sont incomplets en ce sens qu'ils ne permettent de tracer, sans toucher à la vis qui rapproche ou écarte les palettes, qu'un trait d'une grosseur uniforme. L'inconvénient de cette disposition se fait seutir continuellement, puisque les dessins étant composés de traits plus ou moins forts, il faut, pour obtenir cette différence, serrer ou desserrer continuellement la vis de rappel. M. Desbordes a voulu obvier à cette sujétion en construisant un tire-ligne qui pût donner à volonté et avec exactitude toutes les grosseurs de traits désirables sans qu'il devint nécessaire de toucher ou de changer en aucune manière la position des palettes. Pour cela, il a imaginé d'établir ces dernières avec une saillie à la partie inférieure, et de les chanfreiner ou biseauter intérieurement de façon à avoir un écartement et par suite un trait uniforme, lorsque le tire-ligne est dans une position perpendiculaire, mais à pouvoir aussi l'augmenter graduellement en l'inclinant plus ou moins sur le papier. Cette idée, mise à exécution, a donné les résultats les plus satisfaisants.

illachlnes h Clous ( i ) ,

Pab MM. SIROT et LOLOT.

Page 1