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PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS DANS LES MACHINES A VAPEUR

PAU M. BEHOND, INGÉISIBUB A BIRMINGHAM.

Parmi les progrès et inventions utiles qui se succèdent tous les jours, un des points les plus importants pour la puissance motrice et l'économie industrielle restait à résoudre; nous voulons parler de la résistance ou compression produite par la vapeur même sous le piston de toutes machines à vapeur fixes ou mobiles.

Cette compression a toujours été considérable dans les meilleurs systèmes connus; en l'évitant, c'est donner à l'industrie la même somme de puissance et, par conséquent, économiser une quantité très-grande de combustible.

Tous les systèmes de tiroirs à vapeur ont échoué devant cette résistance, et devaient naturellement échouer, parce que les tiroirs de tous les systèmes n'ont pu empêcher la pression résistante absolue, éprouvée par le piston pendant la période d'émission de la vapeur, et un nombre infini d'expériences, par de savants ingénieurs, ont prouvé à l'aide de l'indicateur, dernièrement encore, que la perte produite par la résistance derrière le piston, s'élève, en moyenne, à 42 p. 100 pour les machines à haute pression et à grande vitesse, telles que les locomotives.

Par le système que nous allons détailler, on donne à la sortie de la vapeur une ouverture trois ou quatre fois plus grande qu'à son entrée, et on peut laisser à

volonté cette sortie toute grande ouverte pendant presque toute la course du piston : il en résulte qu'il n'y a pour ainsi dire aucune compression possible.

Dans ce système, on évite la pression résistante absolue éprouvée par le piston pendant la période d'émission ; un des grands avantages de ce perfectionnement est l'accroissement de la vélocité du piston , qui n'a presque plus de résistance, vu la facilité donnée à la vapeur pour s'échapper, obstacle qui jusqu'à présent a été la principale objection pour obtenir de grandes vitesses dans les locomotives, à moins d'augmenter considérablement la dépense pour y parvenir.

A la simplicité et à l'excellence de ce système, il faut ajouter cet immense avantage qu'il est d'une application facile, même pour les machines en activité, qu'il peut se faire à peu de frais, et qu'il ne demande que peu de temps pour en opérer les changements.

Tous les ingénieurs ont jusqu'à présent porté leur attention sur le passage d'émission dans l'atmosphère, et se sont contentés d'en augmenter la dimension ; mais avant d'arriver à ce passage la vapeur est comprimée dans le passage à la sortie des cylindres.

Il est vrai que pour parer à cet inconvénient bien connu, on donne de l'avance à la sortie ; mais cette avance est une vapeur en pure perte; le piston n'étant pas à la fin de sa course, n'est poussé en avant que par le mouvement acquis, et si cette avance n'est pas donnée, que les tiroirs n'aient pas de recouvrement, et qu'ils viennent fermer l'admission avant la fin de la course du piston, Ils referment en même temps la sortie de celle qui avait fait son effet; il y a alors compression, et dans les machines à grande vitesse, cette compression est près de 50 p. 100, et en moyenne 40 à 42 p. 100.

Pour obvier à tous ces inconvénients, M. Rémond emploie pour le jeu de la machine deux tiroirs absolument indépendants l'un de l'autre, de manière que l'un d'eux admettant la vapeur en un point qu'on lui assigne, la laisse ensuite échapper, après son effet, par une ouverture aussi grande que l'on désire, tandis que l'autre tiroir jouant à son tour le même rôle, à chaque révolution, il obtient indubitablement une distribution de vapeur aussi exacte et aussi utile qu'on peut le désirer. M. Rémond rend ses tiroirs indépendants l'un de l'autre, quoiqu'ayant une même origine d'action et de mouvement qui leur impose alternativement les fonctions doubles d'admission et d'émission de la vapeur.

Pour donner le mouvement aux tiroirs indépendants, il emploie une double poulie héliçpïde ; les chemins qui y sont tracés, font monter, arrêter et descendre les tiroirs aux points fixés d'avance a l'aide de tiges convenables, avec une régularité et une précision que l'on ne pourrait obtenir avec l'excentrique, quoique ce dernier puisse être employé au jeu de ces mêmes tiroirs indépendants.

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