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DESCRIPTION DU BANC A BROCHES EN FIN

BBPBBSBNTB PL. 81, 32 BT 33.

Le nombre de broches dont se compose un banc dans la filature du coton, varie dans de très-larges proportions. 11 augmente à mesure que les préparations approchent de leur fin. La matière étant moins fine et moins tordue au commencement des passages au banc à broches , la machine produit nécessairement une quantité plus considérable que lorsque la finesse augmente, et exige, par suite, une moins grande quantité de broches pour effectuer le même travail. Les limites ordinaires sont de 30 à 90 broches pour un banc en gros, et de 90 à 150 et au delà pour un banc en Qu. Celui que nous décrivons a été relevé sur un système de 96 broches, mais les dimensions de notre cadre ne nous ont pas permis de les indiquer toutes. Le nombre que nous avons adopté est de 38 ; nous ferons remarquer toutefois que la commande et toutes les particularités du mécanisme sont conformes à l'ori- •t 'ma\ de 96, avec lequel il ne présente qu'une différence de longueur.

Les différentes vues d'ensemble et de détails sont représentée» sur les pl. 31 à 33.

La fig. 1", pl. 31, est une élévation verticale extérieure du banc à broches tout monté et vu par derrière du côté du cône et du mouvement différentiel.

La fig. 2, pl. 32, est une vue par bout du côté de la commande, en supposant enlevés les poulies et le volant.

La fig. 3 représente une coupe transversale faite suivant la ligne 1-2, de la fig. lrt.

La fig. 4 est une vue par bout du côté opposé à la commande.

Et les fig. & et 6 de la pl 33, deux coupes transversales faites suivant les lignes 3-4 et 5-6 de la fig. 1".

Toutes ces figures sont dessinées à l'échelle de 1/8.

Les fonctions du banc à broches que nous avons divisées en trois parties principales, l'étirage, la torsion et renvidage, peuvent se diviser en sept mouvements distincts et se classer ainsi :

j Mouvement des cylindres fournisseurs.

Étiragb et torsion. . j Mouvement des cylindres étireurs.

' Mouvement des broches.

Mouvement des bobines.

Mouvement différentiel.

Mouvement du chariot.

Mouvement du c ône.

Renvidagb

C'est dans cet ordre que nous allons les examiner séparément, quoique rigoureusement on ait dû commencer par le premier mouvement venant de l'arbre moteur ; mais nous avons préféré prendre le fll à ^a sortie des autres machines , pour examiner ses opérations successives.

Mouvement dbs cylindres fournisseurs et étirburs. Dans les bancs à broches en fin , le fil venant des bancs à broches en gros est disposé sur des bobines en bois, ou fûts 0, de 40 millim. de diamètre extérieur, emmanchés librement sur un axe vertical en bois b, se mouvant dans l'espèce de cuvette ou de crapaudine c, qu'on établit habituellement en porcelaine ou en métal. Des règles ou traverses rf, régnant sur toute la longueur du banc, soutiennent par leurs parties inférieure et supérieure les axes de toutes ces bobines, et reposent elles-mêmes sur les plateaux métalliques e, fixés sur la hauteur des tringles / Tout ce mécanisme est disposé à l'arrière du banc à broches suivant un, deux ou trois étages, selon que Ton traite la matière en simple, en double ou en triple; nous devons dire qu'habituel» lement et presque toujours, on n'emploie que deux rangées de bobines, parce que le doublage suffit généralement pour donner à la mèche la consistance nécessaire. C'est donc un fil venant de chaque rang de bobine, qui se rend sous l'étirage pour se réunir et se tordre dans l'ailette placée sur le devaut du banc. La mèche supérieure est soutenue , au besoin , par un guide g, qui empêche la confusion avec la mèche inférieure, soutenue elle-même par un couvercle ca garni en fer-blanc.

Ces deux mèches, encore séparées sous les cylindres cannelés h, A', Aa, subissent un premier étirage très-faible du cylindre fournisseur A, au deuxième h\ et enfin un plus considérable de ce deuxième cylindre au troisième A3 appelé étireur. On sait que ces cylindres cannelés sont recouverts par d'autres identiques de dimensions , mais recouverts d'un cuir parfaitement tendu ; on les appelle cylindres de pression , parce qu'ils servent justement à presser les mèches, qui, sollicitées par les cannelures des cylindres métalliques, déterminent l'allongement des fibres dans un rapport dû à la fois au développement de leur circonférence et à la vitesse relative qui leur est transmise. Ces cylindres , que nous désignerons par les lettres i, t', C, sont représentés avec leurs supports./ sur les fig. 7 et 8, et sont dessinés à l'échelle de 1/4 d'exécution. La fig. 28. pl. 32, qui est dessinée à la même échelle, fait bien voir leur section transversale et l'ensemble de l'étirage. On peut remarquer à la partie supérieure le ruban de flanelle sans fin n* qui nettoie les divers cylindres de l'étirage en s'appro-

ÉTIRAGE ET TORSION.

priant tous les brins détaches ; il suffit de changer à la main la position de ce ruban pour présenter aux cylindres d'autres parties de flanelle , quand * les premières sont trop engorgées. Les cylindres de pression sont encore recouverts par une suite de chapeaux en bois k qui les mettent à l'abri de la poussière et des accidents , en môme temps qu'ils servent de supports à ces toiles de propreté; ils sont disposés par rangées de 3, appelées système. Le tout est supporté par une rangée de supports en fonte à pied rond /, qui se boulonnent à l'intérieur d une longue table ou porte-système en fonte Z. C'est à l'intérieur de cette table munie de deux joues en retour d'équerre que sont placés les contre-poids m, des cylindres de pression avec lesquels ils communiquent parles tringles », n', les barrettes de réunion o, o' et les sellettes p. Ces poids sont en fonte et présentent la forme d'un parallélipipède rectangulaire.

o On peut dans cette machine, dit M. Oger, étirer entre les cylindre» cannelés autant qu'on le veut; il convient cependant que l'allongement ne dépasse pas la proportion de 6 à 1 ; un étirage plus fort rendrait le fil inégal.

« L'écartement entre le premier et second cylindre doit être égal partout et réglé avec soin , suivant la longueur de la soie et la finesse de la préparation, aussi est-il impossible de préciser la distance exacte qu'il doit y avoir, du centre du premier au centre du second cylindre cannelé; l'expérience seule peut l'indiquer. Tout ce que l'on peut dire, c'est qu'où donne assez généralement

Pour le Louisiane banc en gros 30—5 à 31" d'écartement.

Id. banc en fin 20 à 27»".

Pour le Jumel banc en gros 32m" 7 a 33""" 8

Id. banc en fin 29«"*3 à 31»" 5.

Pour le Géorgie long banc en gros 33",n,8.

Id. banc en fin 31œm5.

« Lorsque les cylindres cannelés sont réglés, il faut placer les axes des cylindres couverts de peau, que l'on appelle cylindres de pression, parallèlement et directement au-dessus de ceux des tylindres cannelés. Il faut aussi donner la plus grande attention , en réglant la deuxième et la troisième rangée des cylindres de pression , à ce que les tourillons ne touchent pas la pièce en cuivre qui forme la partie inférieure du chapeau, ordinairement en fonte. On comprendra que les cylindres de peau qui touchent cette pièce en cuivre ne peuvent presser sur le cylindre cannelé, et qu'alors le coton n'ayant pas de pression est attiré fortement par le deuxième cylindre, qui marche plus vite que celui de derrière, auquel le fil arrive sans avoir subi le laminage préparatoire. La différence de numéro (1) que I on obtient dans ce cas, dépend du tirage qui existe entre les

[\) Bn filature on appelle numéro d'un 01 le nombre decheveau* de 1000 mclrea néccsMlre i La

PrBLICATION INDUSTRIELLE.

deux cylindres, et auquel il importe par conséquent de donner la plus grande attention (1). »

l.e mouvement des cylindres est uniforme, c'est-à-dire qu'il ne change pas pendant toute la durée de la marche de la machine. Néanmoins, on peut le modifier à volonté à l'aide de roues de rechange de la môme manière que l'on modifie la torsion à l'aide d'un seul pignon, mais c'est seulement, alors que l'on veut changer le travail pour en obtenir d'autres résultats et que la machine est arrêtée , qu'on peut effectuer ces opérations.

Examinons maintenant quelle liaison existe entre les fonctions que nous venons de décrire et le mouvement primitif de la machine, puis, d'après cet examen, nous déterminerons le calcul des différentes vitosses(-2).

L'arbre moteur A est placé vers la partie droite inférieure du banc. Il reçoit à une de ses extrémités les deux poulies de commande et d'arrêt de chacune 300" de diamètre et un volant assez énergique pour régulariser le mouvement : ce dernier, d'un diamètre de 5V0"" et d'un poids de 40*, ainsi que les poulies, n'ont pu être représentés sur le dessin, mais il sera facile de se les figurer avec les éléments que nous en donnons. Sur cet arbre et immédiatement après le second bâtis de la commande V, est fixé le pignon R, appelé pignon de rechange ou de torsion , organe très -important qui commande l'arbre à rainure C au moyen d'un intermédiaire q et d'une roue r montée sur ledit arbre ( fig. t et 5 ). A l'extérieur du bâtis d'extrémité V (côté de la commande et sur le prolongement de l'arbre C ) , est fixée une roue droite s , engrenant avec une autre /, et commandant le cylindre ètireur h7, l/axe de ce cylindre porte en dedans de la roue / un pignon u, qui engrène avec une roue t\ dite tétu de cheval, commandant en dernier lieu au moyen de son pignon x% la roue y fixée sur le premier cannelé ou fournisseur h, en retardant notablement sa vitesse. C'est entre ce premier cylindre et celui de devant que s'accomplit l'étirage, qui peut se mesurer par leur vitesse et leur développement respectifs, mais le second cannelé hf préparc cet étirage en allongeant légèrement la matière ; voyons donc de quelle manière a lieu sa commande, et nous aurons tous les éléments de cette première opération du banc à broches.

Il faut se reporter à l'extrémité opposée de la machine, en dedans du bâtis V* (fig. 1,4 et 7), où l'on reconnaîtra que le premier et le second cylindre h et h' portent, de ce côté , chacun un pignon s s' engrenant

formation du poidi d'un demi-kilogramme S'il faut trois ècberraui le III est du n« 3, a'Il en faut cinquante le fit e»l du n» 50, etc. — Chaque échereau est compote de cent écbevettes de 100 mètres

(I) Oger, Traité élémentaire de la filature du coton, p. 103.

(3) Mou* aurions bien désiré suivre noir* marche habituelle pour les descriptions de filature , c'est-à-dire ne parler de» communierions de mouvement et des vitesses qu'en dernier lieu, mais celle méthode, qui présente l'avantage d'étudier complètement le travail avant de l'analyser, aurait amené Infailliblement, en raison de la complication du banc, une extrême confusion dans noseipllcalloos; nous avons préféré, et nous espérons que nos lecteurs nous en sauronlgré, décrire chaque mouvement séparément et former ainsi des chapitres partiels facilement reliés entre eux.

tous deuxavec une large roue intermédiaire a', appelée maiborçitgh, fixée au support <P, et si l'on veut examiner le tableau des organes de la vitesse que nous donnons pages 418 et 419, on remarquera que pour un tour de l'arbre de commande A, les cylindres feront (1) :

1% Cyl. de devant Aa = 27—. x 3. 1416 = 84—. 82 de circonf. Rapport des engrenages

Or, 0'. 4342 X 84". 82 = 36-. 8712 vitesse à la circonférence du cylindre A*.

*»; Cyl. de derrière A = 27 X 3. 1416 = 84—. 82.

Or, 0\090 x 84— .82 = 7— .6338 vitesse à la circonférence du cylindre A.

3' ; Cyl. du milieu A' = 26 x 3. 1416 = 78—. 54.

0«.090 x|5- = Ot.l04.

Or, 0l. 104 X 78. 54 = 8—. 1681

vitesse à la circonférence du cylindre A'. Par conséquent le premier étirage du cylindre A au cylindre A' sera de :

Le second du cylindre A' au cylindre A* sera de :

Étirage total : 1,069 x 4, 514 = 5, 58.

Sur l'axe du cylindre A, est fixée une vis sans fin b\ engrenant avec une roue </ à denture héliçoïde (fig. 1 et 7). Cette roue porte un excentrique en cœur d\ pris entre les deux goujons d'une latte en bois e', laquelle, maintenue entre les supports des cylindres mômes, obéit au mouvement de l'excentrique qui, comme on sait, est un mouvement rectiligne alter-

(O Vttirage élan! 1c rapport des développement» dedevi cylindres dan» l'antléde t^mps, on obtient ce rapport en moliipllant la rotation de chaque cylindre par aa circonférence et en divisant le plue grand dea dei» produits par le plut petit. Généralement on emploie dana ce oalcnl le < e la circonférence ; ce qui ne change rien an résultat, puisque lea

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