MACHINE DE 80 A 100 CHEVAUX
Par M. kbafft, Ingénieur à Besancon.
Pendant longtemps bien des personnes ont pensé que la disposition de machines à cylindre horizontal ne pouvait être applicable à l'industrie, on prétendait que par cela même que l'action résultant du poids propre du piston avait presque entièrement lieu dans la partie inférieure du cylindre, Il devait user celui-ci beaucoup plus en cette partie qu'nilleurs, et par conséquent Povaliser. On ne comprenait pas que la garniture du piston , faite pour que son adhérence avec la paroi du c)lindre ne permit pas de fuite, devait être plus grande généralement que son propre poids, et que par conséquent celui-ci doit peu influer sur l'usure (1). Cependant on avait des
0 ) Bo eBet, rappotom un cylindre de Om 40 do diamètre intérieur, et un plsion de 0» 08 d'épah- •eur, pesant au plus OOkll., la circonférence do ce piston est étale à
et sa surface en contact avec la paroi intérieure du cylindre est
= 1,256 X o.OB = 0>B.q. (0048 ou i(>05 cent, quarrés.
Admettons que le poids de ce pUtou ail lieu sur i/S seulement de la circonférence du cylindre, c'est-à-dire sur
Il se répartit, por conséquent, sur une surface de
— = CM» «t X 0,0«=«©OeeBl. quarrés
c'esl-à-dire qu'il exerce une pression de
60 r 800 = 0* 30 par cent, quarré,
aott un peu plus de «,'• de kilog., qui tend a user le cylindre vers le bas. Or, lorsque la Tapeur arrlro daiu le cylindre i une pression de 4 atmosphères, on sait que d uo côté du piston 11 y a au moins une
PLDLICAT10N INDUSTRIELLE.
exemples qui pouvaient prouver que cet inconvénient ne se présentait pas, au moins d'une manière sensible, en pratique. Ainsi, depuis plus de 25 ans, les meilleures locomotives sont généralement construites avec les cylindres horizontaux ou légèrement inclinés ; il y a 18 à 20 ans que M. Taylor a monté de petites machines avec le cylindre horizontal, et prèsde 15 ans que M. Carilion en a établi avec le cylindre incliné. Vers 1833, MM. Schneider, du Creuzot , ne craignirent pas de proposer pour les mines des machines horizontales , d'une exécution très-simple , très-solide, qui se répandirent bientôt en grand nombre par la facilité qu'elles présentent dans In manœuvre.
MM. Thomas et Laurens, à qui l'on doit des perfectionnements notables, soit dans les machines à vapeur, soit dans les appareils appliqués aux usines à fer, proposèrent aussi, des premiers, des machines horizontales, pour les forges, en attaquant directement les axes des cylindres de laminoirs ou des autres outils a mouvoir, afin d'éviter celte lourde et dispendieuse communication de mouvement que l'on avait antérieurement. Bientôt ils multiplièrent leurs applications, et firent marcher de même les machines soufflantes en plaçant aussi les cylindres à air horizontalement.
Après ces diverses applications , on comprit généralement que la disposition du cylindre horizontal n'était pas plus vicieuse que celle du cylindre vertical , que l'usure n'était pas plus considérable dans un cas que dans l'autre, que par le premier système on avait l'avantage de simplifier la construction de la machine, du moins dans les principales applications, et que l'on était surtout certain d'obtenir une plus grande solidité avec moins de maçonnerie , moins de fondation , pour lui servir d'assise. En effet, la machine à cylindre horizontal occupe peu de hauteur, par conséquent elle est plus attachée au sol ; elle est moins susceptible de vibrer ; formant une masse solidaire avec son assise , elle ne peut trembler. Cette disposition permet, en outre, de réduire l'importance du bâtis, et de mettre toutes les parties de la machine à la portée du mécanicien ou du chauffeur chargé de la conduite, sans être obligé de monter ou de descendre d'un étage à l'autre, comme cela a lieu dans les appareils puissants du système à balancier ou à directrice (1). Le conducteur peut d'un coup d'oeil en embrasser tout l'ensemble et les détails.
prenloo effectue de 3 kil. 1 par cent, quarré, qui tend 4 Taire échapper la Tapeur par le joint ; Il faut donc, pour que li-s fuites ne puissent avoir lieu, que la garniture du piiton ciercc contre la paroi da cylindre une pression beaucoup plua considérable que celle qui résulte de son propre poids. El si l'on veut bien remarquer que, comme le rapport du frottement * la pression est de 0.08, lorsque les pièces flouantes sont bien lubrifiée» d'huile ou de saindoux, le frottement résultant du poids n'est pas de if* kil., car
on doit facilement en conclure que ce frottement, réparti sur une surrace qui n'est pas moins de MO cent quarré». ne peut occasionner une usure sensible sur celle partie, comparativement 4 celle qui résulte du frottement produit par la pression de la garniture métallique sur toute la circonférence.
(I) Les appareils a balancier de «0 rheraux, construits en 18*0, sur le système anglais, n'occupent pat moins dans leurs navires d'une hauteur de 6» 50, ou environ 3 étages.
PUBLICATION l.NDUSTRIKLLB. 5
Dans les bateaux à vapeur, plusieurs constructeurs ont adopté les cylindres horizontaux , ce qui leur permet de placer, comme on le demande aujourd'hui à la marine royale , toutes les pièces des machines de manière à se trouver entièrement au-dessous de la ligne de flottaison. MM. Mazeline frères, du Havre, en ont fait une heureuse application à une frégate à vapeur, la Pomone, et ils sont arrivés, par de nouvelles dispositions très-ingénieuses, que nous ne tarderons pas à publier, à faire occuper à ces appareils très-peu de place non-seulement en hauteur, mais encore en longueur et en largeur, à tel point qu'ils peuvent aisément les loger à l'extrémité du navire pour commander directement les hélices.
M. Cavé, M. Farcot, M. Hallette, ont également adopté les dispositions de machines à cylindre horizontal , pour des usines en fer, pour des souffleries pour d'autres établissements. Et maintenant on visite avec un bien vif intérêt, les belles et fortes machines que M. Flachat a fait exécuter pour le chemin de fer atmosphérique de Saint-Germain dont nous ferons prochainement connaître la construction et les détails.