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AUX SYSTÈMES ATMOSPHERIQUES PRESENTEMENT EXÉCUTÉS OU SUPPOSÉS

PAR M. PKCQURUB.

« Je ne ferai cette comparaison , dit M. Pecqueur, que soui le rapport de la force motrice qu'ils exigent en particulier pour produire un effet semblable. Pour cela, je ferai abstraction des frottements de toute espèce et des fuites d'air. J'aurai ainsi des résultats théoriques comparables sous le rapport des forces exigées par chaque système.

« Pour rendre cette comparaison facile, je supposerai qu'il s'agit de faire avancer un convoi de 12 mètres dans une seconde de temps par chaque système atmosphérique.

« Supposons à tous ces systèmes un piston curseur de 663 centimètres carrés de surface, et que chaque piston curseur soit poussé par une pression effective de 3/4 d'atmosphère; l'impulsion qu'ils recevront sera égale à la force de 80 chevaux.

« J'entends par pression effective, la pression qui agit sur une face du piston , moins la pression qui agit sur l'autre face.

■ Ces 8/4 d'atmosphère effective peuvent avoir lieu par l'air comprimé et par l'air dilaté : dans le premier cas il faudra le comprimer à 1 S/4 d'atmosphère, et dans le second, il faudra le raréfier à 1/4 d'atmosphère.

« Supposons maintenant une pompe pneumatique mise en mouvement par une machine ûxe, pour fouler ou pour raréûer de l'air, dont le piston aurait une surface égale à 12 fois celle du piston curseur et dont la vitesse serait 12 fois moindre ou serait d'un mètre par seconde.

« Dans cet état de choses , le piston pneumatique déplacerait à chaque seconde |e même volume que le piston curseur.

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« Voyons maintenant combien il faudrait de coups de cette pompe par seconde , pour produire le même effet sur le piston curseur de chaque système , c'est-à-dire 80 chevaux de force.

« Dans l'application du nouveau système par l'air comprimé ci-dessus , un seul coup de la pompe à air ferait parcourir les 4/7 des 13 mètres au piston curseur, sous In pression effective de 3/4 d'atmosphère.

■ Les autres 8/7 s'effectueraient par la détente. Cela ne ferait pas une pression moyenne de 3/4 d'atmosphère effective sur le piston curseur, pendant sa course de

12 mètres, la résistance effective moyenne qu'éprouvera le piston de la pompe sera aussi inoindre que 3/4 d'atmosphère de la mi'me quantité: mais, attenduque la pression augmentera dans le tube-magasin pendant les 3/7 du temps, il en résultera dans le service qu'à chaque rentrée du piston curseur dans une nouvelle section, cette pression sera justement augmentée dans le tube-magasin de la quantité nécessaire pour que la moyenne des pressions effectives sur le piston curseur et sous le piston de la pompe à air, soit égale à 8/4 d'atmosphère effective. Tout compensé , il ne faudra qu'un coup de piston de la pompe à air pour faire avancer le piston curseur de

13 mètres sous la pression effective moyenne de 3/4 d'atmosphère, et pour lui transmettre une force de 80 chevaux.

« On voit donc que par ce système nouveau, excepté les pertes de forces produites par les frottements et les fuites, une machine fixe de la force de 80 chevaux transmettrait au convoi une force égale. On voit aussi que cette force pourrait se transmettre à une distance indétinie, puisque le tube-magasin règne sur toute la longueur du chemin.

« Dans l'application des systèmes par le vide, inventés par MM. Pinkos, Clegg et Samuda, Hallette, Hédiard, etc., pour opérer un vide de 3/4 d'atmosphère dans 13 mètres du tube propulseur et faire avancer le piston curseur de 12 mètres sous cette pression effective en une seconde, il faudrait trois coups de la pompe à air ou pneumatique. Le premier coup ferait 1/2 vide, le deuxième 3J4 de vide et le troisième, s'il avait lieu en une seconde, entraînerait le piston curseur et lui ferait parcourir les 12 mètres en une seconde sous la pression effective de 3/4 d'atmosphère, et lui communiquerait, par conséquent, une force de 80 chevaux.

« Les deux premiers de ces coups de piston représentent le temps et la force employés pour faire le vide dans le tube avant l'arrivée , le troisième représente le temps et la force employés pendant que le piston curseur parcourt le tube en entraînant le convoi.

• Puisque dans ces systèmes le vide se fait à l'avance dans les tubes propulseurs et que les machines fixes ont le temps d'opérer ce vide avant l'arrivée du convoi, il est évident que leur puissance doit être limitée à celle nécessaire au troisième coup de piston de la pompe pneumatique

« En le calculant, on trouve qu'il ne faudrait à chaque machine fixe qu'une force de 88 chevaux 1/4 pour produire une force de 80 chevaux sur le piston curseur ou sur le convoi, toujours à part frottements et fuites d'air.

• Produire une traction égale à 80 chevaux sur un convoi avec une machine 6xe de 38 chevaux l ,'4 seulement, c'est là un beau résultat ! mais , quand on 6onge que dans ces systèmes il faut une machine fixe de cette force à tous les 6 kilomètres environ , ce qui ferait que, sur un trajet de 50 kilomètres, il faudrait 11 machines semblables

ou la force de 38 chevaux 3/4 XII— 420 chevaux 1/4

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ceci change la question , et on voit qu'il faut plus de 5 fois autant de force aux machines fixes dans ces systèmes fonctionnant au moyen du vide , qu'il n'en faudrait dans le nouveau système fonctionnant au moyeu de l'air comprimé.

• Dans l'application d'un système par le vide, dans lequel on établirait le vide à l'avance dans des réservoirs, comme l'a proposé M. Arnollet, le nombre des machines fixes serait le même que dans le système précédent ; leur force seulement pourrait être diminuée d'une manière fort notable. Cependant, il reste évident que dans ce système, en supposant qu'il n'y ait pas d'autres obstacles à son application, on sera obligé de pomper tout le volume d'air atmosphérique que le piston curseur déplacera, et cela lorsque cet air sera dilaté; et dès lors, il faudra ou multiplier les coups de pompe, ou faire ces pompes plus grondes. D'où il résultera que la force qu'il faudra dépenser, abstraction faite des frottements et des fuites , sera plus de 30 pour cent plus grande que celle transmise au convoi.

> A ce système, il faudrait 11 machines fixes de 9 chevaux 1/2 de force, quand il en faudrait 11 de 38 chevaux 1/4 au système précédent, ou 104 chevaux 1/2 à l'ensemble des machines fixes pour produire 80 sur le piston curseur.

« Dans l'application du système de M. Zambaux, dans lequel l'air est pompé constammentà sa plusgrandedilatation, il faut, pourque l'air atmosphérique presse sur le piston curseur avec une force effective égale à 3/4 d'atmosphère, que le piston de la pompe pneumatique retire l'air dans l'état où il occupe quatre fois le volume qu'il occuperait dans la pression atmosphérique; il faudrait, par conséquent, quatre coups de pompe par seconde pour faire avancer le piston curseur de 12 mètres par seconde. Chaque coup de pompe dans cette circonstance demandant une force de 38 chevaux 1/4

ce serait 4X38 1/4=153 chevaux qu'il faudrait pour communiquer une force de 80 chevaux au piston curseur et au convoi.

• Si l'on compare le nouveau système par l'air comprimé avec ceux inventés par MM. Andraud, Bon temps, Séguier, Jobard et moi-même, système que l'on peut désigner sous le nom de locomotive à air comprimé, ou trouvera que le meilleur de ceux-ci dépensera deux à trois fois autant de force motrice que lui pour produire le même effet.

« Si enfin on le compare au système de locomotive à vapeur, on trouvera une économie de combustible très-considérable des 5/6 au moins. A cet avantage du nouveau système, il faut joindre la suppression des locomotives et tenders, la sécurité des voyageurs, la faculté si essentielle de pouvoir suivre à très-peu près les déclivités du terrain, et enfin, la faculté de pouvoir remplacer, en partie ou en totalité, les machines à vapeur par des moteurs naturels qui se trouveraient près ou à une certaine distance du chemin.

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