TRAVAIL DE LA MACHINE
Nous avons dit que le grand tambour peigneur A marche avec une vitesse de 70 tours par minute, et comme il est muni à sa circonférence de 30 peignes semblables, formés chacun de plusieurs rangées d'aiguilles, on voit que le nombre de coups de peigne est de
30 x 70 = 2100 par 1'
Or, l'arbre qui porte l'excentrique Q ne tourne qu'avec une vitesse de 20 tours , par conséquent chaque poignée de lin monte et descend moyennement 20 fois dans une minute, donc, à chaque course descendante, elle est attaquée
= 105 fois par les peignes,
et comme elle change de position successivement depuis la première à gauche jusqu'à la sixième à droite afin d'être soumise à l'action des peignes différents, c'est-à-dire variant de numéro du plus gros au plus fin, on peut dire que chaque poignée reçoit réellement
6 x 105 = 630 coups de peigne.
On comprend que ce nombre est bien plus considérable que celui que donnerait le peigneur à la main , et doit par conséquent bien suffire à opérer le peignage.
Mais ce nVst encore que la moitié de la poignée de lin qui est ainsi travaillée, il Faut en Taire autant pour la seconde moitié ; à cet effet, on a dû remarquer, soit par la description qui précède, soit par le tracé même, que les pinces, arrivées à l'extrémité de droite du tambour par le transport suceessif dont nous avons parlé, à l'aide des petites roues dentées et de la crémaillère, peuvent être décrochées, afin de permettre de les ouvrir pour retirer les poignées de lin, puis les y remettre en les retournant, et de replacer ensuite ces mômes pinces ainsi chargées, après les avoir serrées, sur le second plan ou le derrière du chariot , d'où elles sont ramenées successivement par la chaîne à longs maillons C jusque sur le devant. On comprend que dans tout le trajet qu'elles parcourent sur le second plan , ces pinces n'ont pas besoin de pivoter sur elles-mêmes , puisqu'elles ne travaillent réellement pas , aussi les constructeurs n'ont pas rapporté de ce côté une crémaillère comme sur le devant.
Puisqu'il y a six pinces sur la longueur du chariot, et que chacune change 20 fois de place par minute, on trouve que trois demi -poignées et un tiers sont peignées par minute
soit 10 demi-poignées toutes les 8 minutes,
ou, en n'ayant pas égard aux pertes de temps,
10 poignées entières en 6 minutes
et, par conséquent, 10 x — =100 poignées par heure.
Ces poignées représentent nécessairement des quantités de lin qui , eu poids, doivent être quelque peu variables , suivant ses qualités, sa nature, suivant qu'il est dans toute sa longueur, ou coupé en deux, comme on le fait dans de certaines Glatures (1). MM. Lacroix estiment qu'en moyenne cette machine peigne 500 kilogr. par journée de 12 heures , en employant quatre ou cinq enfants pour le service des pinces, qui sont ici disposées de manière à n'avoir qu'un seul boulon et son écrou à serrer ou à desserrer, ce qui permet de les garnir et de les dégarnir avec une célérité très-grande.
(I ) Celle machine est brevetée en France, au nom de M. Busk, depuis le SI Janvier 1890.
Postérieurement , mais dans la même année, le 43 juin , Il a élé pris un autre brevet par M. Carmicbacl , pour des perfectionnements dans le mécanisme destiné A peigner le lin el le chanvre.
Dan» bien des filatures mécaniques, on coupe les Un; à long brin en trois parties égales, el non en doui; mais ces parties devenant trop petites, ne peuvent plus éire peignées S une telle msrhlne avec avantage. On sait que les lins, ainsi coupes en trois, permettent d'obtenir S la filature des numéro» plus fias, en moyenne, qu'on ne pourrait le faire en lis laisual de toute leur longueur.
Usine* à Fer.