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LA LOUPE 9 POUR REMPLACER LES MARTEAUX C1NGLEURS

Depuis quelques années , l'industrie du fer a pris une extension constamment croissante ; la plupart des anciennes usines se sont considérablement agrandies, et il s'en est monté un grand nombre de nouvelles, dont plusieurs sur de vastes échelles. Aussi, avant peu, nous l'espérons, les prix des fers seront notablement réduits, et ne craindront plus la concurrence étrangère. Placées pendant longtemps entre les mains de riches propriétaires, les forges ont été, comme, au reste, bien d'autres branches d'industrie , des espèces de monopoles ; il semblait alors qu'on ne devait apporter dans ces établissements aucun changement, aucune amélioration; on travaillait sans se donner beaucoup de peine ni de soucis , et avec fort peu de moyens mécaniques.

Aujourd'hui , avec l'esprit de progrès qui règne partout , on ue peut se passer de machines-outils dans les forges, pas plus que dans les ateliers de construction ; on y introduit des appareils parfaitement entendus , bien disposés pour opérer avec économie et avec une grande régularité. Ainsi , le marteau vertical, à action directe de la vapeur (I), est devenu un instrument indispensable ; il en est de même des cisailles (2), et des laminoirs de toute espèce, avec des cylindres de forme particulière pour les diverses natures de travaux , comme encore des presses à cingler qui remplacent avec avantage, dans bien des cas, les gros marteaux frontaux ou cingleurs à percussion, etc.

Ces presses elles-mêmes ont subi , depuis quelque temps , des modifications très-importantes. Déjà les cingleurs à percussion avaient été sensiblement modifiés; au lieu de les soulever par le bout, comme on le faisait

(0 Noui avons publié ce marteau avec délailt dan* lc*« volume, nous en donneront prochainement •le nouveaux, qui présentent de l'intérêt par lour disposition particulière.

(2) Vojex dam le* premier et deuxéme volume*, puis au commencement de celui-ci, plutleurs cisaille» â mouvement alternatif, agissant directement ou indirectement.

généralement , MM. Thomas et Laurens en construisirent qui marchaient soulevés par le côté; en Angleterre, et plus tard, en France, on en lit qui recevaient leur action par des excentriques à trois cames, agissant directement en dessous et près de l'enclume , de manière a laisser la tête du marteau entièrement libre. Nous en avons vu fonctionner à Bolton, près de Manchester, au Havre, à Nantes, etc. Toutefois ces machines opérant par chocs , et par conséquent exigeant des massifs considérables pour résister aux ébranlements, durent faire place, au moins en partie, aux presses à comprimer, qui n'ont pas, comme elles , l'inconvénient de projeter des pailles, de la crasse sur(tous les côtés. 11 est vrai que dans plusieurs localités on trouva que ces presses ne faisaient pas aussi bien que les marteaux; on objectait qu'elles laissaient une portion du laitier dans le fer, et que la nature de celui-ci était alors détériorée. Cependant, malgré ces objections qui ne paraissent généralement plus aujourd'hui présenter rien de sérieux , on a persisté à établir des squeezers qui se répandent de plus en plus. Il faut dire, à la vérité, que dans de certains cas, comme par exemple pour la fabrication de la tôle, le marteau est encore préféré à la presse. Il convient alors d'avoir dans les grandes forges l'un et l'autre appareil.

Les premières presses à cingler ont été faites en Angleterre; c'est la qu'elles ont reçu le nom de squeezers. MM.FIachatet compagnie n'ont pas tardé à en faire l'application en France , d'abord dans la belle usine de Vierzon , puis à Abainville et ailleurs. Mais ces machines qui, au reste, fonctionnant bien, ne marchent encore que par l'intermédiaire d'un balancier, d'une bielle , d'une manivelle et de plusieurs engrenages ; telle est celle représentée en élévation et en plan sur les ûg. 1 et 2, pl. 16.

M. Cavé, à qui on doit de si belles applications faites sur la vapeur agissant directement comme moteur dans plusieurs outils très-puissants (1), ne pouvait tarder a modifier ce système. Comprenant de quelle importance il peut être , dans les usines à fer, d'employer la force motrice sans intermédiaire pour faciliter le service, il disposa la machine que l'on voit sur les Ûg. 6 à 12. Plusieurs forges ont immédiatement adopté cette disposition , et le constructeur en a maintenant constamment en confection dans ses ateliers. Mais on comprend que ce système n'est avantageux qu'autant que l'on emploie la vapeur comme puissance motrice ; il est évident que lorsqu'on a à sa disposition une force hydraulique que l'on veut utiliser, il est tout naturel d'établir une transmission de mouvement. Toutefois, il est bon d'observer que comme aujourd'hui on cherche généralement à utiliser la chaleur perdue des fours pour chauffer des chaudières à vapeur, la dépense de force est considérée comme nulle pour faire fonctionner le squeezer.

M. Guillemin, directeur des forges d'Anzin , a introduit aussi dans cet établissement un cingleur analogue au précédent, marchant également par

(I) On a ru avec intérêt les machines a percer et à découper de M. Gare, tome I", et l'appareil a rirw îct lolcs de M. Lcroaiire, tome

vi. i:»

ITBL1CAT10N INDUSTRIELLE.

l'action directe de la vapeur. Cet appareil est dessiné en coupe verticale sur la fig. 13.

Nous allons décrire séparément chacun de ces appareils, afin qu'on reconnaisse les particularités qui les distinguent et les avantages qu'ils peuvent présenter suivant les localités.

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