OPÉRANT PAR L' ACTION DIRECTE DE LA VAPEUB, BEPBBSENTBE FIG. 6 A
Ce système de presse parait aujourd'hui généralement préféré, comme permettant de se placer partout dans l'établissement, sans exiger de disposition additionnelle pour la transmission de mouvement, et présentant, en outre, l'avantage de pouvoir régler la vitesse et l'action du balancier à volonté et suivant les besoins. Il en est évidemment de cet appareil comme des marteaux pilons, comme des grosses cisailles ou des gros découpoirs dont nous avons parlé, et qui ont été décrits avec détails dans ce Recueil.
Dans ce squeezer, le balancier A devient une pièce ordinaire; il n'est pas
(I) Traité lur Ici forgei cl li»ut»f-ournc*ui, p»r MM FlacUat, Birraull cl Pclkl.
Pl'Bf.lCATION INDUSTRIELLE.
nécessaire de le fondre avec une queue inférieure qui lui donnait la forme d'un T. Porté par l'axe B qui le traverse, il oscille avec celui-ci, en recevant directement son mouvement par la tige du piston P , qui est suspendue à l'une de ses extrémités. La forme de ce balancier est bien indiquée par l'élévation (fig. 6), le plan détaché (fig. 8), et de plus, par la section verticale faite par l'axe (fig. 9), puis par les deux autres sections transversales (fig. 10 et 11), qui sont faites, Tune suivant la ligne 7-8, et l'autre suivant la ligne 9-10. On voit par ces figures, que du coté où il travaille, la face inférieure de ce balancier est garnie, comme dans l'appareil précédent, d'une platine en fonte a , mais beaucoup plus épaisse et en deux pièces , afin qu'elle présente plus de résistance et de durée ; et vers l'autre partie, il est partagé en deux branches en forme de fourche, pour recevoir entre elles la tige du piston à vapeur et la bielle pendante C.
Le piston marche dans un cylindre à simple effet Q, qui est fermé par le bas et entièrement ouvert par le haut pour communiquer avec l'air libre. Ce piston est très - épais , afin de recevoir une double garniture , l'une inférieure métallique , pour empêcher le passage de la vapeur , et l'autre supérieure en étoupes , pour empêcher l'introduction de l'air. Afin de limiter d'une part la course du piston, et, d'un autre coté, régulariser le mouvement , le constructeur a eu le soin d'adapter au même balancier, et près de la tige , la bielle pendante C, qui embrasse par sa partie inférieure le tourillon de l'arbre coudé en fer forgé H, aux extrémités duquel sont montés les deux volants K. Cette bielle, qui se compose d'une bride en fer méplate et d'un corps en fonte (fig. 12), transmet ainsi le mou* vcment alternatif du balancier à l'arbre, en le transformant en mouvement de rotation continue ; elle sert en môme temps à faire mouvoir le tiroir de distribution t , qui est renfermé dans la boîte en fonte R , adaptée contre lapartie latérale.du cylindre à vapeur. A cet effet, la tige de ce tiroir ost suspendue au court levier /, dont l'axe porte une seconde branche /', qui se relie à la bielle au moyen de deux courtes tringles parallèles m. Cet axe pourrait, en outre, porter à l'une de ses extrémités une manette qui serait à la disposition du conducteur de l'appareil, afin de permettre au besoin de faire marcher le tiroir à la main. La vapeur arrive de la chaudière dans la boite de distribution par le tuyau M, muni d'un robinet que l'on manœuvre à la main , et sort du cylindre par le tuyau M'.
L'enclume , qui se compose de deux fortes plaques de fonte D, placées sur le prolongement l'une de l'autre, est ajustée et retenue par des saillies sur le bâtis en fonte E , qui , non-seulement lui sert d'assise , mais qui, de plus, forme double support à l'axe du balancier, à l'arbre coudé et au cylindre à vapeur. Ce bâtis est alors fait eu deux parties que l'on réunit par des boulons comme le montrent les fig. 6, 7 et 9. Cette disposition, qui est évidemment très-solide, présente l'avantage de simplifier considérablement les fondations. 11 en résulte, de ce coté, une économie notable, et par cela même que la machine est alimentée directement par la vapeur, on peut la
placer partout où on le juge nécessaire et sur quelques pièces de bois ; on peut donc dire sans crainte que ce système doit être préféré, dans un grand nombre de cas, par la facilité qu'il offre de le monter près des fours, sans embarrasser le service par des transmissions de mouvement , et de plus, par la commodité de faire marcher à la vitesse la plus convenable. 11 n'est donc pas étonnant que le principal constructeur, M. Cavé, ait constamment de ces appareils en cours d'exécution. Toute la partie du bâtis qui se trouve au-dessous de la plaque d'assise D, est constamment pleine d'eau , afin de diminuer autant que possible la chaleur de celle-ci qui est en deux pièces, comme étant plus économique à remplacer. .
Le poids total d'une telle machine est de 13,500 kilog. M. Cavé peut la livrer au prix de 12,000 fr., ce qui correspond à 88 fr. les 100 kilog. Il est évident qu'un marteau cingleur, capable de produire le même travail, coûterait beaucoup plus et serait certainement aussi plus dispendieux en frais d'entretien. La vitesse de ces presses, est de 40 à 60 coups par minute , suivant l'habileté des ouvriers.