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DESCRIPTION DE LA PRESSE A VAPEUR DE M. GUILLEMIN

REPBKSENTKE PL. 16.

La disposition de la presse construite par M. Guillemin, pour les forges d'Anzin, a beaucoup d'analogie avec la précédente, comme on le voit par le dessin (ig. 13. Il est bon d'observer toutefois que dans cette machine le tiroir de distribution renfermé dans la boite R ne fonctionne qu'à la main, à l'aide d'une grande manette N, que l'ouvrier, ou un enfant, est obligé de manœuvrer, tandis que dans l'appareil de M. Cavé le tiroir fonctionne par l'action môme de la bielle qui communique à l'arbre des volants. Le tiroir et la boite sont horizontaux, et la vapeur passe de celle-ci au cylindre Q par le tuyau recourbé M. Du reste, le balancier A est à peu près de même mobile avec l'axe R qui le porte , et qui est ajusté dans des coussinets en bronze assujétis comme les premiers dans des cages ou supports en fonte F, qui sont rapportés et boulonnés sur la grande plaque d'assise E , au lieu d'être fondue avec elle; l'enclume D est flxée sur cette plaque qui est aussi fondue en deux parties séparées, non réunies entre elles, mais solidement adaptées à la charpente élevée O qui est disposée comme dans l'appareil de Vierzon (fig. 1).

Le constructeur n'a pas cru devoir appliquer de volant ni de manivelle à cette machine ; la course du piston P est limitée, d'un coté, par une pièce de bois /, garnie à sa surface supérieure d'une platine en fer ou de lambeaux de vieux câbles plats, et de l'autre, par le contact de la mâchoire du balancier sur la loupe V, que l'on doit réduire à un volume beaucoup plus petit. Cette disposition , dit M. Guillemin (t), suffit parfaitement à amortir le choc qui a lieu au moment où le balancier retombe. Au reste, ce choc est très-faible, comme il est facile de le comprendre, puisque la dtfféren

[%) Bulltiin du thUt de l'mduttrU, par M. Jobard (t«»5).

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de poids des deux parties du balancier en est la seule cause, et que , de plus, le mouvement de celui-ci n'est jamais parfaitement libre par suite de la légère pression qu'on est obligé de produire sur son aie au moyen des vis g y dans le but de prévenir des contre- coups qui compromettraient la solidité de l'appareil. H est inutile de dire que la hauteur et la position de la pièce de bois doivent être réglées de manière à ce que, au moment de l'arrêt du balancier, le piston se trouve le plus près possible du fond du cylindre sans toutefois qu'il puisse jamais l'atteindre.

L'auteur trouve un avantage à faire marcher l'appareil à la main, parce qu'il permet, comme dans le marteau-pilon , de faire varier à volonté, jusqu'à une certaine limite, la vitesse ou la marche de la presse , c'est-à-dire le nombre de coups de balancier pendant un temps donné ; condition qui facilite singulièrement le travail. Cette limite supérieure de vitesse est d'environ 80 à 85 coupa par minute.

Voici comment M. Guiliemin explique le travail et les avantages d'un tel appareil, pour le cinglage des loupes sortant des fours à puddler.

Détails sua la MARCHE-— La portion du balancier AB, comprise entre l'axe d'oscillation et l'extrémité A, est un peu plus pesante que la partie antérieure ou mâchoire, de sorte que lorsque celle-ci est abaissée vers l'enclume par l'action de la vapeur, elle se relève d'elle-même dès que cette action cesse

Le cylindre n'a point de couvercle; il n'en a pas besoin puisque l'appareil est à simple effet. La vapeur, admise en dessous du piston par le jeu de la glissière, s'échappe par suite du contre-mouvement de celle-ci, et avec d'autant plus de facilité qu'elle est pressée par le poids du piston et la force qui tend à ramener l'appareil à sa première position.

Travail. — La boule ou loupe à cingler est apportée sur l'enclume, telle qu'elle sort du four à puddler, c'est-à-dire sous une forme variable à l'infini et souvent très-écartée de la forme sphérique, vers laquelle cependant teudent les efforts des puddleurs. Pleine de laitiers et à l'état spongieux dans lequel elle se trouve alors, chaque coup de balancier modiGe profondément sa forme , et 6 à 7 coups suffisent toujours a en faire un prisme plus ou moins parfait de 25 à 30 centimètres de côté , mais d'une longueur variable, car elle dépend , non-seulement du volume primitif de la boule, mais aussi de ce que les extrémités du prisme présentent souvent des parties plus ou moins détachées de la masse principale. L'ouvrier cingleur dresse alors le lopin , encore informe , sur un de ses bouts afin de le refouler^ c'est-à-dire de ramener dans la masse les parties écartées, et aussi pour réduire sa longueur* si elle dépasse 40 à 45 centimètres; il laisse le lopin dans cette position jusqu'à ce qu'il soit ramené à cette longueur, ce qui exige tout au plus 7 à 8 coups de balancier; puis il le couche de nouveau en travers de l'enclume et le fait avancer vers l'axe de rotation de l'appareil en le roulant sur lui-même et le tournant sur toutes ses faces de manière à en rabattre toutes tes arêtes et à l'amener à une forme presque cylindrique de 15 à 20 centimètres de diamètre et de 30 b 40 centimètres de longueur. Souvent même quaud l'arrivée d'une seconde boule ne le presse pas, l'ouvrier eingleur termine en plaçant le lopin dans une direction à peu près parallèle à la Mngueur de l'enclume et lui fait acquérir, en quelques coups de balancier, la forme d'un tronc de cône par l'amincissement d'un de ses bouts, forme qui faei-

lite et assure le passage immédiat du lopin dans les cylindres étùeurs où il est immédiatement porté.

Il faut beaucoup moins de temps pour exécuter ces diverses manœuvres que pour en lire la description ; et un ouvrier quelque peu habile doit les exécuter toute* sans que l'appareil cesse de fonctionner à sa vitesse normale.

Activité de sebvicb. — De nombreuses expériences que j'ai faites avec sur le Cingleur-d'Anzin m'ont donné les résultats suivants :

La vitesse normale de l'appareil est de un coup de balancier par seconde.

Il faut en moyenne 45 à 50 coups de balancier pour cingler une loupe, ce un temps de 45 à 50 secondes. - »

Les chiffres précédents se rapportent à la marche de l'appareil, fonctionnant avec de la vapeur à 2 atmosphères (pression indiquée par un manomètre placé, prés du cylindre sur le tuyau d'arrivée de lavnpeur.)

Entre deux boules successives on peut compter qu'il s'écoule en moyenne 15 secondes.

On devra donc prendre 65 secondes pour le temps total nécessaire au cinglage d'une boule.

Pour douze fours à puddler faisant chacun sept fournées de cinq boules , par journée, le nombre des boules qui passeront au cingleur en douce heures , sera de

12 X TX 5 = 420.

X'appareil fonctionnera donc pendant

420 X 65 = 27,300 secondes = 7 heures et demie.

Les quatre heures et demie restantes donnent en moyenne 3 minutes et deux dixièmes d'intervalle entre deux fournées successives, mais leur répartition se fait plutôt en 7 arrêts de 30 à 40 minutes chacun, entre les 7 tournées de fours qui, habituellement, passent tous les uns à la suite des autres.

Travail possible. — Avec de la vapeur à 3 atmosphères, il est certain que l'appareil suffirait facilement au cinglage des produits de 16 fours à puddler marchant avec l'activité que j'ai citée et qui n'a rien que d'ordinaire , car nous avons très-souvent atteint en moyenne le nombre de 8 fournées par jour et par 12 heures.

Fobce hotbice. — Je n'ai point fait d'expériences , et je ne ferai point de calculs pour déterminer la force motrice absorbée par l'appareil. Il me suffira de dire qu'une chaudière à bouilleurs, de 8 mètres de longueur, chauffée par la flamme perdue de deux fours à puddler , a constamment suffi à fournir la vapeur nécessaire à la marche du cingleur et au jeu de la machine destinée au marteau, et qui fonctionnait alors plusieurs heures par journée, pour l'alimentation de cette chaudière motrice.

Entbetien. — L'entretien de cet appareil est presque nul. On y consomme à peine, en 12 heures, un demi-litre d'huile, et un demi-kilog. de suif fondu pour le graissage des points de frottement et du piston dont la garniture en chanvre demande un renouvellement trimestriel.

Résume. — En résumé, les avantages qu'offre le Cingleur-d'Anzin sont :

1° D'être peu coûteux,

2° D'être d'une construction facile;

3° D'occuper très-peu de place , et de pouvoir, par suite , être placé au point de l'usine le plus convenable , par rapport aux fours à puddler et aux laminoirs ébaucheurs ;

4° D'être indépendant de tout autre appareil mécanique , ce qui permet de sus-

pendre à volonté sa marche et de l'empêcher de donner lieu, en pure perte , à la moindre dépense de force motrice;

$• D'être très-économique , en ce sens qu'un ouvrier, payé à raison de 2 fr. 50 à 3 fr., et un enfant payé à t franc, feraient avec cet appareil l'ouvrage qu'un maître marteleur ne fera guère, à un prix qui lui rapporterait moins de 10 fr. par journée, son aide et son gamin n'étant pas à sa charge , ce qui donnerait lieu à une dépense totale de 13 à 14 fr. Le Cingleur-Anzin présentera donc sur un marteau ordinaire, et pour le seul chapitre de ta main-d'œuvre, un hénéfice de 10 fr. environ par journée de travail ;

G° Enfin, une parfaite régularité de travail.

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