PROCÉDÉ MÉCANIQUE
PROPRE A GARNIR OU CHARGER LES MACHINES A PEIGNER LA LAINE. P»r H1I. 8EU1IÈBE «« €%
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Nous avons publié avec détails, dans le troisième volume de ce recueil, le système de peigneuse circulaire de M. Collier, en ajoutant les modifications qui ont été apportées par des manufacturiers habiles.
Nous avons alors cherché à faire voir quelle était l'importance de ces machines pour le peignage de la laine. Et cependant, malgré le bon effet qu'elles remplissent , malgré le travail qu'elles font, il ne parait pas qu'on veuille s'arrêter à ce système , à en juger au moins par le grand nombre d'essais de tout genre dont on s'occupe de plus en plus , surtout depuis que le brevet primitif de M. Godard , cédé à M. Collier, est dans le domaine public.
Plusieurs nouveaux brevets ont été pris depuis que nous avons donné l'historique de ces machines ; nous croyons devoir en publier quelquesuns , surtout ceux qui ont fait sensation parmi les dateurs et les constructeurs qui s'occupent de cette intéressante question. Cependant, malgré les recherches nombreuses , malgré tous les projets qui ont été présentés , il ne parait pas que jusqu'ici , on se -soit positivement arrêté à un système définitif; mais on ne se désespère pas , les plus persévérants cherchent encore, et nous ne doutons pas qu'on arrivera bientôt à la solution la plus satisfaisante. . *
MM. Seillière et comp., qui possèdent une filature de laine peignée trèsimportante à Schirmeck dans les Vosges, ont compris mieux que personne l'utilité d'ajouter à ces peigneuses un perfectionnement notable, celui de garnir ou de charger les peignes circulaires de la quantité de laine néces-
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saire à chaque passage, par an procédé mécanique simple, opérant régulièrement et avec célérité; jusque-là ce travail a été effectué à la main , ce sont des enfanta qui en étaient chargés. Devant agir avec une grande rapidité, ces enfants ne peuvent nécessairement apporter à cette opération les soins et la régularité qu'on obtient d'une machine, lorsque celle-ci est bien entendue. Ces honorables manufacturiers ont pris , à cet effet, un brevet d'invention de 15 ans, le 8 décembre 1845. Us s'étaient fait breveter antérieurement, le 5 octobre 1844, pour des perfectionnements dans le peignage des laines.
L'appareil de MM. Seillîère et comp. consiste en une paire de cylindres cannelés, que l'on met à volonté en communication avec la denture du peigne circulaire, et qui sont animés de trois sortes de mouvements, savoir:
1* Un mouvement de rotation continue sur eux-mêmes , qui sert à délivrer la laine ;
2» Un mouvement de translation qui a pour objet d'engager celle-ci dans les aiguilles ;
Et 3* un mouvement tangentiel aux broches de la peigneuse, ayant pour but de maintenir ces cylindres dans un plan sensiblement parallèle, à un plan tangent à la surface cylindrique formée par ces aiguilles, et par suite , de déterminer la place que la laine doit occuper dans les peignes.
Ce mécanisme est représenté en élévation latérale sur la fig. 1 , pl. 18 , du coté de la pointe des aiguilles de la peigneuse; celle-ci n'a pu être indiquée sur ce dessin que suivant une portion de cercle A, mais on peut se reporter aux planches 24 et 25 du tome m, en remarquant qu'il est ici appliqué à une peigneuse de petite dimension, et dont nous avons indiqué une portion du bâtis B.
La fig. 2 est un fragment de plan fait parallèlement à la ligne 1-2 de la fig. 1, et la fig. 3, une portion de vue de coté sur la ligne 3-4.
On voit bien sur ces figures la paire de cylindres cannelés C C dont l'un seulement reçoit son mouvement de rotation du moteur par des engrenages , et l'autre tourne par le contact, entraîné par le premier, pour conduire la laine qui passe entre eux vers les aiguilles a de la peigneuse circulaire. Les tourillons de ces cylindres sont retenus dans des supports mobiles D qui peuvent être avances ou reculés par rapport è la circonférence du cercle A avec la traverse de fonte E, appelée porte-cylindres, et qui forme entonnoir vers son milieu pour servir de guide à la mèche ou à la nappe de laine.
Une tringle inclinée F, adaptée par articulation à la traverse et glissant dans la douille mobile G, qui peut osciller sur elle-même, sert à imprimer aux supports, et par suite, aux cylindres, le mouvement de va et vient dont nous avons parlé , lorsqu'il est nécessaire, c'est-à-dire lorsqu'on fait tourner la manivelle b.
Des espèces de bras excentriques H, formant d'un côté contre-poids, soutiennent de l'autre les bouts des cylindres et sont solidaires avec les
petites rôties droites dentées I et I', lesquelles sont commandées par deux autres roues semblables J J', montées toutes deux sur le même axe K afin de recevoir le môme mouvement. Cet axe , qui est supporté par les deux coussinets L, rapportés an bâtis B' de la chargeuse, lequel se relie à celui de la peigneuse, est mis en activité par ta paire de roues d'angle P P7 et l'arbre moteur Q. Cette rotation est transmise aux cylindres par les trois petits engrenages M , N et 0 (fig. 1) ; c'est par ce mouvement que, comme nous l'avons dit , la laine que I on fait passer entre le cylindre eat attirée par eux et conduite aux aiguilles du peigne circulaire.
Mais, pour qu'elle y pénètre, pour qu elle s'y engage assez profondément , comme le feraient les mains de l'ouvrier, il est utile d'imprimer en même temps à ces cylindres un mouvement de translation ou de va et vient, tout en les maintenant dans un plan tangent à la surface des aiguilles de la peigneuse, ce qui a lieu par la bielle F, la manivelle 6, et à l'aide delà roue droite c et de l'intermédiaire d qui engrène avec la première roue I.
L'arbre moteur porte à l'une de ses extrémités les poulies R commandées par l'arbre de couche même qui fait marcher la machine; il tourne dans les coussinets des supports S, qui se relient avec le bâtis. Outre la roue d'angle P', il porte aussi une vis sans fln qui engrène avec une roue e dentée en hélice et ajustée libre sur un petit arbre vertical pour tourner avec la roue d'angle / qui est sur la môme douille. Cette dernière roue commande celle f rapportée vers le bord de l'axe incliné et oscillatoire g, dont l'autre extrémité est munie du pignon denté h, que l'on fait à volonté engrener avec la crémaillère circulaire rapportée par segments sur la circonférence extérieure de la peigneuse, comme nous l'avons vu sur les dessins pl. 24 et 25, tome m.
L'embrayage ou le débrayage s'effectue au moyen d'une détente composée de réquerre en fer T, qui est mobile autour d'un point fixe, et dont le sommet de la branche verticale est adapté par articulation à la tringle,;', terminée par une poignée à encoche t, et portant un goujon ï sur lequel retombe une mannette / (fig. 1) que l'on manœuvre à la main. Par cette disposition, on met constamment en rapport les cylindres de la chargeuse avec les aiguilles de la peigneuse, et on fait changer celle-ci déplace au fur et à mesure que la laine est engagée dans les broches.
PEIGNEUSE MECANIQUE
DE MM. POlPULIER ET C", A PARIS. FIG. 8 A 13, PL. 18.
D'habiles peigneurs de laines de Paris, MM. Poupillier et O., se firent breveter, d'abord pour cinq ans, le 27 mars 18U, pour un système de peigneuse , bril/andeuse et batteuse , dont les résultats sont de disposer la laine pour le peignage en général ; puis pour quinze ans, le 8 février 1846, pour la nouvelle machine à peigner qu'ils nomment peigneuse sans Mousse, et que nous avons représentée en coupe verticale fig. 8, et en section longitudinale fig. 9.