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EMPLOYÉS DANS LES RAFFINERIES

0e MSI. FERIE K filai, à Paris, Et WMMUR frères, a la YillelU>.

Les opérations nécessaires à la fabrication et au raffinage du sucre présentant entre elles quelque analogie en ce qui concerne principalement la filtration et la cuite des sirops, nous avons pensé qu'il ne serait pas sans intérêt d'expliquer en quelques mots les différences de manutention relativement aux filtres à noir et les opérations préliminaires de cette clarification. Nous publierons d'ailleurs, dans le courant du septième volume, les plans d'ensemble et d'installation d'une sucrerie à betterave, et nous nous étendrons sur toutes les opérations formant le traitement complet de ces matières (I).

Dans la fabrication du sucre de betterave et immédiatement après l'extraction des jus par les presses hydrauliques, le liquide obtenu coule dans un réservoir qui doit le distribuer aux chaudières à déféquer. Ces dernières ont pour objet de séparer les matières étrangères, l'albumine, les débris de cellules, etc., qui, combinées ou mélangées avec le sucre, rendraient l'évaporation de l'eau difficile , impossible môme , et empêcheraient la cristallisation.

Sans nous arrêter sur la construction de ces chaudières, que nous aurons occasion d'examiner en détails, nous dirons seulement que la défécation du jus s'est obtenue d'abord à l'aide de l'acide sulfurique, plus tard par l'emploi simultané de la chaux et de l'acide sulfurique; puis enfin et

(*) Nous avons donné avec détail, dan* les tome» i" cl v, les appareil* à évaporer cl 4 cuire le* tirop* de MM. DerosneclCail.Louvrier-Gaipard, etc. Le* appareil* que noua troni publié* tonte ir«, pour le filtrage de l'eau ou d'autre* liquide* n'ont pu de rapport «toc cenx qne non* allons (aire

PUBLICATION INDUSTRIE LLB.

depuis l'application du noir animal à la filtralion, par la chaux seule. Quelques fabricants y ont ajouté une faible quantité d'alun et ont obtenu de fort beaux produits et d'un goût excellent

« Autrefois, dit M. Dumas dans son Traité de chimie (1), aussitôt après la défécation, le jus était évaporé à feu nu dans des chaudières spéciales, jusqu'à 20 et 30° de l'aréomètre Beaumé ; arrivé à ce dernier terme, qui représentait une réduction des cinq sixièmes do volume, on soumettait le jus à une clarification semblable à celle qu'on emploie dans les raffineries. Celte méthode exposait donc, pendant toute la durée de cette longue évaporation, le jus à l'action de la chaux en excès et de toutes les autres matières étrangères que la filtration du noir fait disparaître. Aussi donnait-elle un grand déchet en sucre cristallisé et fut-elle bientôt abandonnée. »

Maintenant, dans toutes les fabriques de sucre, la filtration sur le noir suit immédiatement la défécation.

M. Figuier, de Montpellier, fut le premier qui, en 1811, annonça l'énergique propriété décolorante du charbon d'os; cette découverte fut bientôt . suivie de la proposition de M. Derosne de substituer cet agent au charbon végétal ; ses efforts, puissamment secondés par ceux de MM. Payen et Pluvinet, qui fabriquèrent en grand le noir animal, le firent adopter promptement dans la plupart des sucreries et surtout des raffineries. Pendant longtemps le noir animal ne fut employé qu'en poudre One ; à cet état il ne put rendre qu'une faible partie des services qu'il remplit maintenant.

M. Durnont, fabricant éclairé, auteur du perfectionnement le plus utile peut-être que la France puisse réclamer dans la fabrication du sucre, avait été frappé de l'augmentation de l'effet décolorant du noir animal, lorsque la filtration s'opt rc en entier au travers d'une couche épaisse de celui-ci. La difficulté était de déterminer cette filtration en un temps assez court et pour des sirops dont la densité s'élevait môme jusqu'à 32° Baumé, et cela sans fausses voies ; il y est parvenu d'une mauière inespérée : 1* en éliminant du noir toute la poussière ou folle farine, en sorte que n'offrant que des grains d'une grosseur assez considérable , la masse fût spongieuse et par conséquent facilement perméable ; 2° en construisant un filtre dans lequel le noir se trouve entièrement plongé dans le liquide, en sorte que cet agent perdant de son poids, le poids d'un égal volume d'eau, il tend beaucoup moins & se tasser : et les espaces ainsi maintenus plus larges, le liquide se répand plus librement dans les interstices de la masse, et il y circule sans fausses voies.

Ces conditions ont été favorablement remplies dans le filtre qui porte le nom de son inventeur, M. Dumont, et qui est représenté sur les fig. 4 et 5 de la pl. 21.

Un grand avantage que présente le noir animal en grams , c'est qu'il peut servir pour ainsi dire indéfiniment en ayant soin de le revivifier lors-

(<) Dumas, Traité de Chimie appliqué* aux artt, tome ti, page 4M.

qu'il est saturé de substances étrangères et lorsque son pouvoir décolorant

Une bonne revivtfication (1), opérée à une chaleur rouge, rend le noir presque aussi bon que lorsqu'il était neuf; et en y ajoutant une faible quantité de ce dernier, pour réparer les pertes, il reprend toute son énergie première.

Le jus HUré se rassemble dans un nouveau réservoir qui doit le distribuer aux chaudières dévaporation, pour ensuite subir une seconde filtration sur les mêmes filtres et avec du noir neuf qui sert ensuite à passer la clairce.

Cette seconde filtration a pour but de retenir, è la faveur du noir animal, les substances étrangères qui avaient échappé à une première filtration, de séparer la chaux précipitée par l'évaporation, de retenir quelques autres sels , et enfin de décolorer le sirop que l'évaporation contribue à colorer.

Le sirop doit sortir des filtres clair et limpide, il est prêt alors à éprouver • la cuisson et à donner des cristaux d'une belle nuance.

Ce sucre de premier jet, extrait de la canne ou de la betterave, égoutté et même claircé, n'est encore considéré que comme un produit brut qui exige un raffinage, ou comme nous l'avons dit, un nouveau traitement analogue dans plusieurs de ses parties avec la fabrication môme.

Ainsi , après l'avoir fait dissoudre dans 30 p. 0/0 environ de son poids d'eau, on projette dans la solution chaude, 1/2 p. 0/0 de sang de bœuf, et 3 è i p. 0/0 de noir animal fin ; on remue bien et on porte à l'ébullition. L'albumine du sang , en se coagulant , enveloppe toutes les particules en suspension, les réunit sous forme d'écumes, et opère ainsi la clarification. On cesse de chauffer et on soutire le liquide pour le filtrer dans des appareils construits comme ceux représentés sur les fig. 1 à 3, pl. 21 .

Le sirop, débarrassé des matières en suspension, est encore plus ou moins coloré. On le fait alors passer au travers d'une couche épaisse de noir animal en grains, soit d'après le procédé Dumont (fig. 4 et 5), soit d'après ce procédé modifié (fig. 6), puis on le cuit dans un des appareils que nous avons donnés dans les 4e et 5r volumes qui précèdent.

Maintenant que nous avons reconnu les divers emplois du filtrage, nous allons examiner par quelle série de perfectionnements les appareils sont arrivés à leurélat actuel.

Nous trouvons que MM. Benoist-Piniau fils et Guillon, à Orléans, sont les premiers qui furent brevetés pour des machines et procédés propres à clarifier les sirops. Leur brevet de 15 ans, qui date du i" prairial an xm (21 mai 1805), est basé principalement sur une nouvelle méthode d'opérer le raffinage du sucre et sur l'emploi du charbon de bois à la filtration. Moulé en briquettes uniformes et rebrûlé continuellement, ce charbon peut servir indéfiniment avec le même avantage que le neuf (2).

(<) Voir Ict appareil» a retWIflcr, publié* dans le loœo tr de ce recueil. [*) Brerela expirét publies, t ix, p. 8.

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Le 10 janvier 1810, M. Guillon prenait encore nn breret de cinq ans pour le môme objet , c'est-à-dire pour une nouvelle méthode d'utiliser les propriétés du charbon comme filtre et comme décolorant.

Les ûltres, dit l'auteur, sont des poches de toile ou de laine assujéties dans des paniers dont le fond est à claire-voie, ou dans des caisses de bois sans fond et posées sur une claire-voie aussi en bois. Ces paniers ou caisses reposent sur un plan incliné bâti en bois, garni de rebords, couvert en plomb avec une gargouille versant dans un réservoir de plomb ou de ferblanc, et capable de contenir 500 k il. de sucre clarifié. Le sirop versé chaud dans les filtres les traverse d'abord chargé de noir, puis peu à peu il s'éclaircit, et quand il passe tout à fait clair, on remet par-dessus ce qui a coulé d'abord, et que, pour cet effet, on a soin de recueillir dans un vase mobile(l).

Treize ans plus tard, le 13 décembre 1823, un brevet d'invention de dix ans fut demandé par MM. Jolin-Dubois et Cic, et J. Dumont pour des moyens de clarification , de filt ration et de caisson des sucres, et fut par la suite complété par deux brevets d'addition et de perfectionnement. Dans leur brevet primitif, les auteurs proposent d'employer, pour la filtration, du sable commun de rivière mélangé avec du noir moulu très-fin, puis plus tard, dans le brevet d'addition qui leur fut délivré le 24 janvier 1828 , ils proposent de remplacer le sable par du noir animal en grain contenant le moins possible de charbon de bois en poudre ; et enfin dans une seconde addition datée du 19 juin môme année, ils emploient définitivement une seule sorte de noir de grosseur moyenne et égale. Les filtres peuvent ôtre établis dans des caisses longues que l'on divise au moyen de cloisons pour former des carrés de la surface dont on veut avoir le filtre : ces caisses sont doublées en cuivre mince et munies de faux-fonds percés de trous; ces derniers sont distancés de 15 à 16 centimètres environ, afin d'éviter le tassement du noir qui y est renfermé. De cette manière on peut sans inconvénient élever la hauteur du filtre à volonté, suivant la quantité ou proportion du principe colorant existant dans le sirop qu'on se propose de décolorer (2).

Le 17 septembre 1821, MM. Payen, Pluvinet, Morsier, Didier et Lecerf prirent un brevet de cinq ans pour une matière charbonneuse propre à la décoloration des sirops, au raffinage des sucres , au traitement du jus déféqué des betteraves et des cannes à sucre , composée de charbon minéral du schiste bitumineux calciné, mélangé avec environ trente centièmes d'os d'animaux. Ce mélange peut ôtre ou pulvérisé en poudre fine après la carbonisation, ou mélangé à l'état de charbon ; dans tous les cas, il a été reconnu utile, quoique cela ne soit pas indispensable, d'ajouter au schiste, avant de le carboniser, trois centièmes de carbonate de chaux.

Le charbon, préparé par ces procédés, décolore très-sensiblement plus que le schiste calciné seul et broyé sans addition. De plus, le charbon ainsi obtenu, enlève complètement la chaux en solution, et en raison du charbon

(I) Brereu expirei, I. m, p. «M.

(t) Brtveu expiré», t. xxru , p. I».

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animal et de la craie qui y sont unis, ut il est capable de saturer les acides qui peuvent se rencontrer dans les sirops (1).

MM. Lieubant et O ont les premiers songé à Implication de la vapeur au filtrage et à la décoloration des sucres et sirops. Dans leur brevet demandé pour cinq ans, le 19 mai 1828, ils n'indiquent aucune forme particulière de cuve à filtrer, mais ils adaptent à leurs appareils trois robinets superposés. Le premier , servant à obtenir l'humidité que l'on donne au noir; le deuxième, qui rend le sirop au degré que l'on désire après avoir fermé le premier, et le troisième par lequel on extrait l'eau que l'on a versée sur le filtre, lorsque l'opération est achevée, afin d'enlever le sucre retenu par le noir et après avoir eu soin de fermer le* deux premiers. On fait circuler la vapeur autour des parois creuses du filtre , qui contient , à différentes hauteurs, deux grilles métalliques, criblées de petits trous.

Le noir animal employé doit être de la grosseur d'une grosse poudre à canon ; on le lave dans l'eau jusqu'à ce qu'il ne la noircisse plus , puis on le fait sécher (2).

Sous le titre de : Filtre à clurifier les sucres, M. Hervieu, raffineur à Nantes, prit, le 25 mai 1829, un brevet d'invention de dix ans, dont le principe paraît avoir été suivi jusqu'à présent, sauf quelques modifications. Nous laisserons parler l'auteur qui établit ainsi les considérations qui l'ont amené au perfectionnement composant son brevet :

« Pour obtenir un filtre propre à la clarification des sirops et qui réunisse tous les avantages désirables, il faut pouvoir passer la clarification à un degré fort élevé, que cette opération se fasse rapidement, de manière à ce qu'au moment où le sirop entre dans la chaudière à cuisson , il conserve encore une partie du calorique qu'il a reçu dans la chaudière à clarifier; que cet appareil soit simple et peu dispendieux ; que son élévation ne soit pas trop grande et permette de l'employer partout ; enfin qu'il soit combiné de manière à ce que les fourneaux et boites à filtres , actuellement employés dans les raffineries , puissent bien servir, et qu'ainsi on puisse rétablir à peu de frais. Il faut encore que la chausse puisse se nettoyer et se vider parfaitement et sans qu'on soit exposé à la déchirer, qu'elle soit faite en étoffe de laine, qui donne plus promptement un sirop clair, dégagé de toutes matières étrangères.

« Pour passer les clarifications à un degré élevé, il faut multiplier les surfaces de la chausse le plus possible et écarter tout moyen de pression , soit par la presse , soit par le propre poids du liquide ; ce moyen n'étant propre qu'à déchirer les chausses et même à retarder la filtration , en bouchant les pores de l'étoffe par les impuretés du sirop ; la hauteur des chausses n'est nullement nécessaire pour obtenir une filtration prompte : pour preuve de cette assertion , on a remarqué qu'à la fin de l'opération , c'est-à-dire au moment où il reste le moins de sirop dans les chausses et

(I) Voir encore \et Brevet» expiré*, I. ïviii. p. (SI 1.1. \\r, p. Mifi.

vi. 19

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où la chaleur est moins considérable , la filtration n'en a pas moins lieu.

« On a multiplié la surface des chausses en les faisant très-étroites, mais fort longues; quant à I<1 hauteur, elle est réglée conformément à celle des boites à filtres, qui est ordinairement de 2 à 3 pieds, soit 65 à 100 centimètres.

« En laissant les chausses ouvertes dans toute leur longueur, c'est-à-dire de toute la longueur des boites à filtres ordinaires, cette large ouverture permet de retourner les chausses avec une grande facilité et d'enlever ainsi le noir immédiatement. Cette grande dimension des poches a pour résultat de répartir le poids des clarifications sur une grande surface , et de nécessiter une force moins grande dans l'étoffe qui sert à faire cette poche : on peut donc employer l'étoffe de laine ordinaire, dont les poils, longs et serrés, retiennent plus facilement les matières étrangères et amènent plus facilement la clarification. Un autre avantage de cette grande dimension des poches, c'est qu'elles peuvent recevoir un grand nombre d»* clarifications sans que l'on soit obligé de les vider ou de les changer de place.

« Enfin, pour éviter la difficulté que les ouvriers peuvent avoir à enlever les chausses réunies, on les sépare de manière à ce qu'on peut les placer et les retirer une a une, chaque jour, lorsque les clarifications sont terminées et que l'on veut vider les chausses.

a C'est d'après ces considérations et observations que le nouvel appareil a été construit (1). »

Le filtre est formé d une boite ayant la forme d'un parallélipipède ; sa partie inférieure reçoit un robinet pour l'écoulement des jus filtrés, et sa partie supérieure est garnie de traverses en bois qui servent à retenir les vingt poches à boutonnières qui s'y adaptent.

Dans un brevet d'addition pris le 28 novembre 1833, l'auteur s'est attaché à démontrer que pour rendre l'usage du filtre moins dispendieux et plus facile, on ajouterait aux chausses en laine d'autres chausses eu toile (2) , dont le seul effet serait de soutenir le choc du liquide, et de préserver ainsi les chausses en laine auxquelles elles servent de doublure (3).

L'appareil à filtrer les sirops et laver les écumes, breveté pour quinze ans, en faveur de madame Degrand, le 31 août 1830, comprend toute une fabrication que nous n'avons pas à examiner ici, mais à laquelle est joint un filtre qui en forme le complément et qui est établi sur un principe tout à fait neuf Sa forme est cylindrique ; supporté d'un côté par l'axe d'une manivelle coudée et de l'autre par un collier, il peut tourner à volonté. En dedans du collier est une boite à étoupes; les deux tètes, au fond, sont des plateaux à bord renversé, en cuivre, un peu convexes; ils sont liés entre eux par quelques barreaux principaux et un assez grand nombre de barreaux plus petits, formant avec le fond une cage à

{i) Let OUrea cmployét maintenant el représentés Hg. i à 3, sont sou» beaucoup de rapports établit d'aprèt cet considérations '9) On se borne maintenant à c«tle seule application de la toile. (3) Brevelt txpirfs, I \\\\\, p. 10*.

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paroi cylindrique. Les plis du Manchet ou filtres proprement dits, se logent en dedans des espaces qui séparent les barreaux l'un de l'autre, et, pour que ces plis demeurent développés, on place dans chacun d'eux une planche de bois, plus mince à son bord intérieur qu'au bord extérieur, et qui a presque la longueur du pli dans lequel elle est logée. Ces planches ne désaffleurent pas le blanchet, et on les contient en leur lieu par un ou plusieurs systèmes de cercles ronds, à charnière, en cuivre mince et assez étroit, qu'on serre avec des vis ou des petits leviers. C'est au moyen de cercles semblables qu'on arrête les tètes du blanchet sur les bords renversés des fonds du cylindre , et qu'on les y comprime assez fortement pour prévenir la fuite du sirop. Lorsque le liquide est admis dans ce filtre, un homme le fait tourner et met ainsi toutes les espèces de poches en mouvement pour aider au filtrage naturel à travers le blanchet (1).

MM. Ponrin-Spyns et C, à Bourbourg (Nord), prirent, le 12 mai 1836, un brevet de cinq uns pour Infiltration des jus de betteraves et autres reposant sur un principe d'hydrostatique bien connu et dont l'application parait avoir donné d'heureux résultats.

Ce filtre à double effet est formé de deux cylindres en contact, séparés par une cloison verticale et communiquant entre eux par la partie inférieure seulement ; un diaphragme est placé dans chaque cylindre sur une nervure d'arrêt à 10 cent, au-dessus du fond ; chaque diaphragme étant recouvert d'une toile, le noir est jeté dessus de manière à remplir l'un des cylindres jusqu'à 10 centimètres de son bord supérieur et l'autre jusqu'à 25 centimètres de ce même bord.

Les deux cylindres ainsi remplis de noir, on superpose à la partie supérieure du premier un diaphragme coffré , percé de trous et garni d'une toile, et l'on y verse le sirop à filtrer. Le liquide traverse toute la colonne de noir, et par la communication inférieure tend à se mettre en équilibre dans la seconde caisse , de telle sorte que la ligne de niveau, dans celui-ci, suit tous les mouvements progressifs de celui-là, jusqu'à ce qu'elle atteigne le niveau d'un robinet dégorgeoir; alors le sirop, après avoir filtré doucement à travers les deux colonnes de noir, s'échuppe par le robinet de sortie en quantité égale à celle du sirop nouveau que I on ajoute.

Ce mode de filtration , disent les auteurs , nous a donné des avantages beaucoup plus grands qu'on ne pouvait le supposer d'une application facile, mais jusqu'alors inusitée, du principe naturel de l'équilibre et de la pression des liquides.

D'après ce môme principe, on est conduit au perfectionnement de monter des filtres à trois et môme à quatre tubes; dans ce cas il est indispensable que le réservoir d'alimentation soit placé à une hauteur suffisante pour donner aux couches de liquide , une impulsion telle, que le coulage soit toujours abondant et soutenu au robinet de sortie des jus décolorés (2) .

(<) Brevet* expirés, I. lvii, p. 47t.

(8) Hrevet* expiré» , t. ïi.yi , p. i\.

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Le 23 juin 1838 M. Dumunt prit un nouveau brevet de dix ans, pour un procéda de dunfi cation des sucres, dans lequel on lit , que la forme comme le genre du filtre dont on se servira n'ayant aucune importance sur les résultats, il suffit d'exposer le principe sur lequel repose le nouveau mode de liitration, lequel consiste essentiellement dans l'immersion, dans le sirop, du tissu à travers lequel la liitration doit s'opérer, de manière que la surface externe de celui-ci se trouve recouverte de sirop comme ses parois, jusqu'à une hauteur indéterminée que Ton pourra fixer au moyen d'un tuyau placé sur un des côtés du filtre Ce tuyau devra communiquer, par sa partie inférieure, avec le niveau du fond de la caisse intérieurement; sa hauteur, bien qu elle soit arbitraire, devra, pour réunir les meilleures conditions, avoir celle des deux tiers de la caisse du filtre : c'est par l'extrémité supérieure de ce tuyau que s écoulera le sirop, au fur et à mesure que la filtration s'opérera.

Le brevet repose principalement sur la suppression du sang dans la clarification ; on le remplace d'une part par la gélatine et de l'autre par le tannin, et généraletneut toutes les substances tannantes, astringentes et autres jouissant de la propriété de précipiter la gélatine de sa dissolution (1).

Nous avons représenté sur la fig. 11, pl. 21, une nouvelle disposition de filtre à vapeur, brevetée dans le principe, le 3 juin 1839, au nom de M. Beisson, sous le nom de Filtre à f usage des raffineries de sucre, dit tïltre-Beisson, et cédée depuis à M. Marchand, le 22 juillet 1839, puis à M. Illy, le 29 avril 18'»2.

Le principe de ce filtre repose sur l'emploi de la vapeur, qu'on fait arriver par le tuyau A dans une sphère creuse B. A celle-ci est adaptée un assez grand nombre de tuyaux ou trompes C, par lesquels elle jaillit dans la masse, pour y aider la filtration.

Le filtre, ou plutôt la capacité contenant la matière filtrante, se compose d'une cuve métallique I), garnie à sa partie supérieure d'un rebord à gouttière en bois a, sur lequel se place le Manchet en toile b séparé de la cuve par une claie d'osier c; la partie inférieure est recouverte par le fauxfond E. Pour maintenir solidement le Manchet pendant les opérations, et en même temps pour éviter une manœuvre trop longue à chaque montage et démontage du filtre, on a surmonté le rebord a, d'une bride ou cercle qui pénètre dans la gouttière, et qui, pressée pavles serre-joints </, offre toute la résistance désirable.

Le couvercle F est muni des divers tuyaux et robincis qui servent, soit à la prise de vapeur A, soit à sa sortie e, ou encore aux épreuves pendant les opérations J; il porte en outre un regard <j par lequel on peut surveiller le jus en traitement et l'espèce de cloche cylindrique G qui maintient la haleur dans le centre de la filtration. Le liquide décoloré s'écoule à la

\\) ttreielt expiai, t itiv. p OU.

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partie inférieure par le tuyau h, et son niveau dans la cuve est constaté par le robinet i.

Nous ignorons le succès qu'a pu obtenir un tel filtre, mais nous pensons qu'à part l'application de la vapeur, dont la question n'est pas encore jugée, il présente, dans sa manœuvre et son agencement, des complications inutiles et inhérentes au mode même de filt ration.

Pour compléter l'exposition des inventions, changements ou découvertes apportés dans la liltration des sirops, nous mentionnerons le fil're condensateur de M. Cousin, de Bordeaux, représenté fig. 12 et 13, pl. 21, et breveté pour cinq ans, en date du 29 août 1840.

C'est le système Taylor modifié. On reconnaît par les figures qu'il se compose d'une capacité cylindrique en cuivre A, ayant à sa base un réservoir circulaire B pour recevoir toute la vapeur qui se condense dans toutes les parties de ce corps. Cette disposition permet de maintenir la clairce à une certaine température qui la rend propre à acquérir plus promptement le degré de cuisson .

Tout l'ensemble du filtre est surmonté d'une cuvette C, fermant hermétiquement et recevant tous les sacs à noir «, par lesquels s'opère la clarification. Un tuyau d'air t est placé à la partie supérieure de la dite cuvette afin que la pression sur les matières ne soit jamais exagérée et ne cause, par suite, des accidents.

Lorsque la cuvette est fermée avec soin, l'ouvrier ouvre le robinet b du décantoir D,et le sirop alimente constamment.

« La cuvette étant en contre-bas du décantoir, dit M. Cousin, le sirop en presse la partie supérieure tenue par la fermeture d, et n'étant plus en contact avec l'air conserve un fort degré de calorique ; par la pression qu'il exerce sur les surfaces filtrantes, il passe au travers d'une plus forte couche de noir animal ; sa décoloration est supérieure, et les quantités de clairce obtenues sont d'un tiers en plus. »

« l'n filtre ainsi perfectionné condense une plus grande quantité de vapeur et augmente le degré de la claire, ce qui produit un grand avantage pour arriver au point de cristallisation et donner une grande économie de combustible. »

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