Publications diverses sur le fidéisme et son application à l'enseignement Chrétien traditionnel
Lorsque, il y a vingt et un ans, je publiais mes Réflexions sur l'Évangile du salut, la crainte et l’espérance remplissaient mon âme. La crainte, parce que, connaissant l’intransigeance de tels de mes amis orthodoxes, je redoutais leur irritation. L’espérance, parce que, convaincu d’avoir saisi la véritable pensée du Christ, j'entrevoyais les conquêtes de cet enseignement pour le royaume de Dieu.
Mes craintes et mes espérances se sont réalisées en quelque mesure. J’ai eu de la tristesse et de la joie, des déceptions et des encouragements ; mais Jamais un regret d’avoir publié mon opuscule n’a effleuré mon esprit, et aujourd’hui je suis persuadé plus que jamais que la doctrine centrale de cet écrit est aussi la doctrine centrale de l'Évangile de notre Seigneur Jésus-Christ.
Au cours de ces vingt et un ans, j'ai eu mainte occasion d’éprouver mes idées. D’une part, mes fonctions m'imposaient l'obligation de soumettre mon enseignement à une étude toujours renouvelée. D’autre part, Les critiques nombreuses dont cet enseigne-
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ment a été l’objet, m'ont contraint de l’examiner soigneusement sous toutes ses faces. Je nai cessé de le contrôler par l’Écriture sainte et les doctrines tradi-. tionnelles de l’Église; et partout j'ai retrouvé mes conceptions fondamentales, comme on retrouve le suc d’un arbre dans le tronc, dans les branches, dans les fleurs et dans les fruits. Mon désir eût été de faire paraître une édition augmentée et annotée de mon écrit. Je regrette d’en être empêché quant à présent.
Cependant, je ne voudrais pas laisser s’accréditer des critiques injustes, qui dénaturent ma pensée et continuent avec une rare ténacité, malgré mes protestations répétées dans les Revues et journaux religieux, à me prêter des doctrines que je n'ai jamais professées. Or, les articles de journaux se perdent. Cest ce qui m'a décidé à réunir en un volume les publications principales que J'ai faites, soit pour exposer et justi= fier mes idées, soit pour réfuter certaines objections, soit pour rectifier des imputations erronées.
Dans mes Réflexions sur l'Évangile du salut, je suis allié jusqu’au bout de ma pensée. Je n'ai rien à y ajouter, rien à en retrancher. Les modifications que J'aurais à y faire, ne porteraient que sur des questions de détail. Pour le fond, je maintiens toutes mes assertions, en particulier la doctrine centrale du salut par la foi, indépendamment des croyances, le fidéisme, comme je lai appelée. Tout ce que j'ai publié depuis, n’est que le développement, l'application, l'explication,