CALVIN ET LE SYMBOLE « QUICUNQUE » ATÉ
symbole, ou les quelques lignes où il prononce un. Jugement défavorable sur la forme littéraire de ce document ? Cela prouverait-il qu’au fond du cœur le Réformateur avait ces anathèmes en aversion ? Hélas! Toute sa vie prouve le contraire.
C’est une idée malheureuse d’en appeler à Calvin pour soutenir que le protestantisme, tout en recevant les symboles catholiques, n’a nullement entendu approuver leurs anathèmes. Et c’est une erreur historique de se figurer que les Réformateurs auraient agréé ces symboles, s'ils n’y avaient pas cru fermement, s'ils avaient eu des scrupules, des arrière-pensées au sujet des formules de damnation. À cette époque, on ne louvoyait pas. On ne connaissait pas les ménagements. On taillait dans le vif. Si les protestants avaient eu des hésitations au sujet des anathèmes, ils l’'auraient dit sans ambages et ils auraient purement et simplement écarté ces symboles. C'était bien facile.
Or on les a reçus, en déclarant explicitement qu’ils étaient conformes à la Parole de Dieu. L'interprétation que donne M. Benoît du passage où la Confession de La Rochelle « avoue » le Symbole d’Athanase est manifestement erronée. Dans ce passage il est dit qu’on reçoit les symboles des Apôtres, de Nicée et d’Athanase « parce qu'ils sont conformes à la Parole de Dieu » (ideirco approbamus, quod sint verbo Dei scriplo consentanea). M. Benoît traduit : « en {ant qu'ils sont conformes à la Bible ». Cela ne rend pas exactement la pensée; et les conclusions que M. Benoit en tire ne sont pas justifiées.
Que l'honorable pasteur de Montauban veuille bien me croire que je serais tout aussi heureux que lui de constater que nos Réformateurs n’ont pas partagé l’es-