‹ Publications diverses sur le fidéisme et son application à l'enseignement Chrétien traditionnelChapitre 36 sur 59 · CALVIN ET LE SYMBOLE ( QUICUNQUE · texte numérisé non relu

CALVIN ET LE SYMBOLE ( QUICUNQUE

prit d’intolérance que respirent les vieilles formules

catholiques ; mais ma conscience historique ne me le

permet pas. Je suis tout prêt à les excuser, car ils étaient

de leur temps. Et je fais des vœux pour que ce Maur

vais levain qu'ils ont laissé dans la pâte, soit de plus

en plus éliminé de notre protestantisme moderne. (Église libre, 1898, n° 1.)

Un de mes anciens et chers élèves, M. le pasteur Paul Larcher, croit m'avoir pris en flagrant délit de contradiction, et il s’est empressé d’en informer les lecteurs du Christianisme dans un article intitulé : « Contradiction flagrante » (n° du 31 décembre). Il aurait peut-être plus sagement fait de ne pas tant se presser et de se donner un peu plus de réflexion. Mais je connais mon cher élève. Il suffit d’une étincelle pour le faire partir comme une fusée. Quelquefois, elle est brillante, d’autres fois elle fait long feu. C’est ce qui lui est arrivé dans ce dernier cas.

Voici ma contradiction. J’ai écrit, dans le Christianisme du 17 décembre : « Non, je n’enseigne pas le salut par la sincérité ; une telle doctrine est absolument contraire à ma pensée. » Or, dans un article de la Revue chrétienne, paru en avril 1893, où je parle du doute de l’apôtre Thomas, j'aurais nettement enseigné le salut par la sincérité. La contradiction serait donc manifeste.

Comme j'ai toujours été opposé à cette doctrine, j'étais sûr, a priori, de ne pas l'avoir professée, il y a

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cinq ans. Mais je pouvais m'être exprimé d’une façon maladroite. J’ai donc relu mon article de 1895. Eh bien, le mot de sincérité ne s’y trouve pas une seule fois. Et l’idée du salut par la sincérité ne s’y trouve pas non plus.

Du reste, les lecteurs qui ont lu l'extrait que M. Larcher donne de mon article, ont dû se frotter les yeux et essuyer leurs lunettes pour y découvrir la doctrine incriminée. Ce queje dis dans la Revue chrétienne, c'est que le doute au sujet de la résurrection de Jésus n’a pas empêché l’apôtre Thomas d’être reçu en grâce par le Christ, parce que le disciple aimait le maître de tout son cœur et lui était absolument dévoué. C’est cette foi du cœur qui l’a sauvé, malgré son erreur relative à la résurrection de Jésus. |

J'en ai conclu qu'aux yeux de Jésus-Christ, qui nous

révèle la pensée de son Père céleste, une croyance.

erronée n’est pas une cause de condamnation, et que ce

qui nous sauve, c’est la foi, c'est-à-dire le don du cœur

à Dieu. Ni de près, ni de loin, je n'ai dit que Thomas

a été sauvé par «la sincérité dans l’incrédulité ». La

doctrine du salut par la sincérité est tout aussi absente dans l’article de la Revue que de celui du Christianisme. La contradiction n'existe que dans l'imagination de M. Larcher. 3 |

Il y a trop longtemps que ce cher et excellent pasteur a quitté les bancs de notre Faculté pour que je puisse lui en vouloir d’avoir oublié une des recommandations que j'ai l'habitude de faire à nos étudiants ; mais 1l me permettra de la lui rappeler. Elle pourra aussi servir à d’autres : « Quand vous croyez trouver une contradiction chez un auteur, ne vous pressez pas de la relever ; il se pourrait que ce qui vous paraît contradic-

toire ne le füt pas en réalité; appliquez-vous plutôt à creuser le texte et à découvrir le point où les deux idées qui vous paraissent contradictoires se rejoignent dans l'unité de la pensée. » Si M. Larcher avait appliqué cette règle à mes deux articles, il aurait reconnu qu'ils se trouvent ensemble dans la plus parfaite harmonie. or (Christianisme au XIXe siècle, 1898 no 2.)

Dans son article si intéressant et si suggestif sur le fidéisme (Vie nouvelle, n° 4), le distingué directeur de ce journal émet une assertion qu'il m'importe d'autant plus de relever qu’elle se trouve aussi dans un article sur le même sujet, de mon honorable collègue, M. le professeur H. Bois, dans la Revue de théologie de Montauban (1898, n° 1). D’après les deux auteurs, je considérerais la foi religieuse, la foi qui sauve, comme une œuvre méritoire.

Je ne sais ce qui, dans mes écrits ou dans mon enseignement oral, à pu donner lieu à cette méprise. Mais c'est une erreur que jetiens à signaler immédiatement, pour l'empêcher de s’accréditer.

Voici ce que je copie textuellement de mon cours sur l’épitre aux Romains, en soulignant ce qui est souligné dans mon cahier.

«Au chapitre 3, verset 24, Paul accentue la gratuité absolue de la justice selon Dieu : ôtxxtobuevor dwpeëv 7 29700 ‘yäpirt, Qjustifiés gratuitement par sa grâce ». Les deux termes, dwosév (gratuitement) et you (par grâce), marquent l'exclusion de toute espèce de mérite personnel. La justice obtenue par la foi est un don

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