LES QUATRE TENDANCES RELIGIEUSES
retour, à bénir l'observateur scrupuleux. Nous savons avec quelle inquiète et méticuleuse conscience les Israélites s’appliquaient à observer toutes les prescriptions du code lévitique. On retrouve encore aujourd'hui, dans certaines œuvres et pratiques de l’Église et dans les idées qui s’attachent à l’observance extérieure, des traces de cet esprit légaliste. 5
À côté du ritualisme païen et du légalisme juif, nous remarquons dans l'Église chrétienne une troisième tendance, qui date de l’époque où les philosophes grecs se convertirent à l'Évangile et l’adaptèrent à leurs idées spéculatives. Leur grande préoccupation fut la correction de la doctrine, l’orthodoxie. Ils avaient recu de la tradition apostolique la doctrine du salut par la foi. Mais au lieu d'entendre, comme le Christ et les Apôtres, par « la foi » le don du cœur à Dieu, ils prirent le mot de foi dans le sens de croyances, ils identifièrent l’æmounah hébraïque avec la ris: de leur vocabulaire philosophique, et ils attribuèrent à la croyance correcte une vertu salutaire. De là l’orthodoxisme, cette tendance néfaste, qui fait de l’orthodoxie une condition de salut. Les esprits indépendants ont gémi pendant des siècles sous la tyrannie de cette erreur fatale. Elle a donné lieu à des persécutions, des excommunications, des anathèmes, des séparations douloureuses, des haines implacables, des exécutions sanglantes, à toutes les horreurs des guerres de religion. Cette tendance, appuyée sur le cléricalisme autoritaire, est un des traits saillants du catholicisme. Elle a introduit dans l'Église un poison, que la Réforme n’a pas su éliminer complètement, et dont souffrent encore, quoique à un moindre degré, la plupart des Églises protestantes. |
Le vieil Évangile du Christ, le christianisme authen-