Cf. Éd. Rauschen, p
déterminée par ces idées contemporaines de la prédication de la Croisade.
Enfin, le tableau que la Descriptio nous présente des malheurs de Jérusalem au temps de Charlemagne * est sûrement inspiré des récits, qui coururent en Occident, après la prise de Jérusalem par les Turcs, et que le clergé propagea pour exciter le zèle des populations chrétiennes. C'était un sujet dont on ne se lassait pas, comme le prouve l'insistance, avec laquelle la Descriptio elle-même y revient par trois fois *. On était sûr d'émouvoir le lecteur, en racontant la violation des Lieux Saints, les insultes faites au patriarche, sa fuite de Jérusalem, les cruautés infligées aux Chrétiens et la domination établie par les Turcs sur tout le pays. Ce tableau ne nous semble banal, que parce que nous le retrouvons dans la plupart des récits de la première Croisade. C'est à peu près celui que nous présente la fausse lettre d'Alexis. On a même cru, outre la ressemblance générale, relever entre ces deux textes certaines similitudes d'expressions. Il se pourrait, en effet, qu'il y eût entre eux un rapport direct, et que l'auteur de l'un ait en réalité connu et utilisé l'autre '. Il semble en tout cas qu'ils font tous deux allusion aux mêmes événements. Il est plus naturel de voir dans le tableau de la Descriptio un souvenir de la prise de Jérusalem par les Turcs et des malheurs qui s'ensuivirent, que de chercher, comme on l'a fait parfois, à y reconnaître une allusion aux sévices subis par les Chrétiens, sous le règne du fatimite Hakem mort en 1020 ^.
On admettra du reste sans peine, que la Descriptio puisse porter la marque de l'époque où se prépara la Croisade, puisque, si on veut bien qu'elle soit antérieure à cette Croisade, on place toutefois sa