Cf. Éd. Rauschen, p
2. Cf. Hagenmeyer, Die Kreu:(ittgshriefe aus den Jahren io88-iioo, pp. 130 sq.
délivrer Jérusalem. L'attitude du prince.grec est certainement différente : Constantin se montre aussi orgueilleux et hautain qu'Alexis Comnène se faisait humble et suppliant. S'il s'adresse à Charlemagne, et s'il lui demande de venir chasser les Infidèles de la Terre Sainte, ce n'est pas qu'il ait besoin de son secours. Il a toujours été victorieux des païens et les a déjà plusieurs fois chassés de Jérusalem. II le ferait encore, si une apparition céleste ne lui avait fait connaître, que le Saint Sépulcre devait cette fois être délivré par le a roi d'Occident ' ». L'auteur de la Descriptio exagère manifestement la gloire et l'illustration du personnage : jamais Constantin V Copronyme ni aucun de ses successeurs n'a pris Jérusalem *. Mais le langage et l'attitude qu'il prête à Constantin lui semblent mieux convenir à la dignité impériale, dont seuls les souverains de Constantinople étaient alors revêtus. C'est de même façon, et pour la même raison, que le récit de la Saga nous montrait Charlemagnes'inclinant devant le a roi grec », en qui il reconnaissait « le chef de toute la chrétienté ' ». Tous deux, en s'efforçant de maintenir le prestige impérial, subissent l'influence de la réalité contemporaine.
C'est ainsi, que s'explique la vision si curieusement attribuée à Constantin par la Descriptio ^. Elle prétend expliquer à la conscience populaire, qui en était sans doute choquée, pourquoi l'empereur de Constantinople a pu laisser à d'autres le soin de délivrer le Saint Sépulcre. Au temps de Charlemagne, comme en 1095, les empereurs grecs ont obéi à. la volonté divine, qui réservait cet honneur aux barons français, le roi de France étant le roi très chrétien, et la France la fille aînée de l'Église. C'est évidemment là une des raisons qu'en 1095 le clergé fit valoir, pour expliquer que l'appel du Saint- Siège ait été particulièrement adressé aux Français et la Croisade prêchée surtout en France. La façon dont Constantin, dans la Descriptio, provoque l'intervention de Charlemagne est évidemment