Cf. Lebeuf, op. cit., p
2. Il semble que cela ait été Topinion de M. Ernest Roussel : « Peut-être faut-il établir une distinction entre TEndit qui fut célébré de tout temps par les religieux de Saint-Denis à l'intérieur de l'église et la foire qui se tenait à l'occasion de TEndit, foire qui antérieurement à 11 24, appartenait au roi. » Cf. op. cit., p. 104.
3. Si la fête du clergé de Paris fut dès l'origine accompagnée d'une foire, et c'était en effet une nécessité, pourquoi l'Endit de Saint-Denis serait-il resté, depuis son origine jusqu'à 1109, sans qu'une foire se développât à son occasion? De plus, si, antérieurement à 1109, Saint-Denis avait sa fête des reliques bien établie et déjà populaire, pourquoi aurait-elle cherché à la confondre avec la solennité récemment instituée par le chapitre de Notre-Dame? Dira-t-on que c'est au contraire celui-ci, qui a voulu s'associer à la fête de Saint-Denis, et que la date choisie devait faire coïncider sa propre fête avec l'Endit, lequel se célébrait déjà au mois de juin ? Mais alors, pourquoi la foire qui ne s'était pas développée autour de l'Endit aurait-elle pris naissance seulement alors? Et comment tout de suite TÉvêque de Paris aurait-il réussi à mettre la main sur la fête de l'abbaye ?
4. La date à laquelle, d'après la Descripiio, se célébrait l'Endit d*Aix en faisait une fête mobile. C'était le mercredi de la deuxième semaine de juin. Comme celui de Saint-Denis ne prétend en être qu'une imitation, il est certain qu'il se célé^ brait à l'origine dans les mêmes conditions et à la même date. Au contraire, au moment où est écrite la Descriplio, il a lieu le 7 juin, « octavo idus », c'est-à-dire à date fixe. Cf. Éd. Rauschen, p. 124. A un moment donné, c'est le 7 juin qui devient la fête des reliques. C'est, sans doute, pour cette raison, que l'abbé de Saint-Denis choisit le 7 juin 1205 pour apporter à l'abbaye les reliques de la Passion,
se célébrait au mois de juin. Cest à cette date, qu'il a été fixé dès l'origine et de tout temps. La preuve en est, que la Description voulant rendre plus vénérable son institution, la rattache à l'Endit d'Aixet assigne à celui-ci cette même date.
Cest sans raison, que Ton a affirmé qu'antérieurement il y avait un autre Endit, également consacré aux reliques de la Passion, et qui se célébrait en février. On célébrait bien à- Saint -Denis le 25 février, jour de la saint Mathieu, une fête anniversaire de la dédicace de l'Église '. Elle aussi était accompagnée d'une foire, l'une des deux plus anciennes de Saint-Denis^ et qui durait huit jours ; pendant ce temps les reliques étaient exposées dans l'église à la vénération des fidèles. Mais il s'agit Uniquement des reliques de Saint-Denis et de ses compagnons. Si, à un moment donné, le clou et la couronne y furent peut-être exposés, c'est sans doute accessoirement, à une époque, où leur acquisition et leur histoire étaient encore obscures, et où ils n'avaient pas leur fête spéciale. Cette fête du mois de février est si bien étrangère aux reliques de la Passion, qu'elle subsista toujours avec son caractère et son objet primitifs, quand celles-ci eurent enfin au mois de juin leur Endit propre. Antérieurement à cet Endit, il ne semble pas y avoir eu à Saint-Denis, et à un autre moment de l'année, de fête en l'honneur du clou et de la couronne. Dès lors, il est légitime de supposer, que l'Endit luimême a pour origine la fête, établie, à partir de 1109, au mois de juin par le chapitre de Notre-Dame de Paris.
LaJfilÊ.religieuse comme la foire n'a lieu ni dans Téglise, ni dans la ville de Saint- Denis, mais à l'endroit que nous avons vu et sur le fief de l'évêque. La DescripiiOy qui nous fournit tant de détails, en
envoyées à Philippe Auguste par Baudouin, lorsqu'il eut pris Constant inople. Cf. Lebeuf, op. cit., p. 225. Ce changement de dace s'explique peut-être par le fait, que la foire avait avantage à se tenir à date fixe. Les deux autres foires de Saint-Denis se tenaient à dates fixes, le 25 février et le 10 octobre. Ne serait-ce pas l'intérêt de la foire, qui aurait déterminé le chapitre ou Tabbaye à adopter, pour la cérémonie de l'Endit qui en marquait l'ouverture, la date du 7 juin?
I. Cf. Lebeuf, op. cit. y p. 259; Doublet, op. cit., p. 434, et Félibien, 0/). cit., p. 228.
2l6 CHAPITRE IV
apparence précis^ sur le passé de l'Endit se borne à mentionner, qu'il a lieu ce à Montmartre » '. Il en est ainsi « de son temps », et par là veut-elle, peut-être, laisser supposer, qu'autrefois et à l'origine la fête avait lieu à Saint-Denis et dans son église*. Mais il est naturel de penser, que, pour sa fête comme pour la foire, l'abbaye n'a pas été libre de choisir l'emplacement. Si elle l'eût été, elle ne se serait pas ainsi mise aux mains de l'évêque, elle n'eût pas créé un état de choses, qu'elle employa ensuite plusieurs siècles à défaire.
L'histoire de TEndit de Saint-Denis est une lutte continuelle pour k libérer de la tutelle de l'évêque de Paris. Un épisode important, qui marqua la victoire de l'abbaye, fut l'obtention du droit de transférer dans la ville même de Saint-Denis la foire et la fête, qui se tenaient jusqu'alors au Champ de l'Endit '. Les raisons véritables de ce changement ne sont, sans doute, pas celles qui se trouvent indiquées dans l'acte de transfert -*. Celles-ci ne sont que les prétextes suggérés par Saint-Denis. La véritable est son désir
1 . Il faut remarquer, que le moine de Saint-Denis ne donne pas à remplacement de la fête son nom en quelque sorte consacré de « champ de TEndit », par lequel le désignent les historiens postérieurs. Ce pourrait être un nouvel indice en faveur de notre hypothèse, et Ton en pourrait conclure, qu'au moment où il écrit, TEndit était encore d'établissement récent. Il se sert à dessein du liom de Montmartre, qui rappelle la tradition d'après laquelle saint Denis et ses compagnons auraient subi là le martyre (cf. Félibien, op. cit. Discours préliminaire). Mais ce nom même indique que le lieu de la fête était hors du domaine de Tabbaye. Sur la route de Montmartre, la limite de ses possessions é^it à la Croix de TEndit, dite aussi Croix qui penclx (ci. Doublet, op. cit., pp. 399 et 987 ; Félibien, op. cit. y pp. j 53-3 54). C'est le même emplacement, qui se trouve ailleurs désigné comme étant entre La Chapelle, Aubervilliers et Saint-Denis et comme relevant de l'évêque de Paris. Cf. Lebeuf, op. cit., p. 252.