Se anuit mais vos oi de folie parler
Al matin par som l'albe vos ferai congeer ». (v. 467-468). <i Le matin par som l'albe serez tuit congeet ». (v. 564).
5. « Quant l'entent li reis Hugue grains en fut et marriz ». (v. 628).
Bernart. Mais tous ces Français ont voulu se moquer de lui; c'est de cela qu'il est « grains et nïarriz » et c'est de cela qu'il prétend se venger.
Pourtant, en quoi les propos des Français sont-ils si désobligeants pour leur hôte ? Ceux-ci ne se savent pas épiés ; ils ne songent pas, qu'on puisse lui rapporter leurs paroles et ils ne veulent pas en imposer à sa crédulité. D'autre part, c'est tout à fait par hasard, qu'à certains gabs se trouvent mêlés la personne, la fille ou le palais du roi Hugon. Le plus, grand nombre ne se rapportent ni à lui ni à Constantinople. Leurs auteurs ne considèrent ni où ils sont, ni qui est leur hôte. Ils sont après boire, veulent rire entre eux et, la nuit passée, ils auront, tous les premiers, oublié leurs plaisanteries. Ils ne se moquent donc pas véritablement du roi Hugon et ne songent pas à le faire. En somme ni.« l'espie », ni son maître ne nous laissent deviner ce qui les irrite si fort dans les gabs des Français, ni surtout pourquoi, sans distinction, ils les condamnent tous. Ne serait-ce pas que leur colère est surtout celle de l'auteur du Voyage en Orient} L'obscurité, qui subsiste sur les motifs de cette colère, ne viendraitelle pas surtout d'un défaut d'adaptation, d'une gaucherie de l'auteur, d'une impuissance à approprier au caractère d'autres personnages des sentiments et un blâme qui sont surtout les siens ?
L'auteur lui-même, en effet, tout comme « l'espie » et comme le roi Hugon, blâme cts gdbsti estime que les Français méritent une bonne leçon. Or, si l'on comprend la méprise de ces deux Grecs, qui prennent pour une mauvaise plaisanterie un passe-temps familier aux Français * et assez inoffensif, on ne conçoit pas, pourquoi le poète ne voit pas dans ces gabs la récréation innocente qu'ils semblent être. Pourquoi vouloir punir ce jeu du terrible châtiment, dont le roi gfec menace les Français ? Pourquoi nous présenter cette épreuve comme une expiation, sinon parce que l'auteur condamne les gabs et la coutume, dont, pour se disculper, se réclament ses