‹ Publications spécialesChapitre 220 sur 274 · Cf. supra, pp. 318, sq · texte numérisé non relu

Cf. supra, pp. 318, sq

sens de la scène, où Charlemagne, après les avoir admirées, dédaigne les richesses du roi Hugon *. C'est, aussi et surtout, le sens de l'épisode curieux, où le roi grec étonne son rival par le peu de prix, qu'il attache aux objets les plus précieux *. Ailleurs, c'est d'une autre vertu que le poète recommande la pratique et toujours au nom de cette morale chrétienne. De même que Dieu se rend aux prières et au repentir des Français, quand le roi Hugon s'avoue vaincu et implore la clémence de Charlemagne, il fait à celui-ci un devoir de pardonner. C'est la bonté, c'est la miséricorde, qu'il prêche à ses auditeurs et en termes exprès.

Envers humilitet se deit hoem bien enfraindre. (v. 789).

C'est aussi le dernier mot du pt)ème. Quand Charles est de retour à Paris, bien qu'il ait promis à sa femme de la faire mettre à mort, si Hugon n'était pas ce qu'elle disait, et bien qu'il l'ait de toute façon emporté sur son rival, il ne songe plus à mettre à exécution ses menaces. Il a réfléchi sur les dangers de l'orgueil et de la (c desmesure ». Il sait, qu'il n'a triomphé qu'avec l'aide de Dieu et que Dieu lui-même lui a donné l'exemple du pardon et de la clémence. Et, lui aussi, il pardonne à sa femme.

Por Tamor del Sépulcre que il ot adoret. (v. 870).

C'est sur cette leçon et sur cet exemple que le poème se termine. La dernière impression, qu'emportaient les auditeurs, était purement morale et l'on dirait, qu'en ce dernier vers le poète a voulu rappeler le caractère de tout le récit.

Ainsi, le Voyage en Orient a un sens et un objet très précis. Il veut prouver quelque chose et donner un enseignement. Les événements, les personnages, tout le récit enfin ne sont que des moyens au service d'une tendance et d'une idée. C'est là son vrai caractère, et ce qui désormais doit nous empêcher de le confondre avec les libres productions de notre épopée nationale. Si celles-ci, en effet, éveil-

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