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I. Cf. ;H/^a. p

LES CARACTÈRES EXTÉRIEURS DU POÈmE 39 Î

gremorc et d'Angorie » des reliques toutes différentes de celles qu'il énumère comme ayant été données à Charles par le patriarche de Jérusalem et qui se trouvaient « au Palais, à Paris, comme ailleurs. ' » Il suit donc le Voyage en Orient, mais en le complétant, à l'occasion, ou même en le modifiant. La preuve en est, que dans aucune des versions, qui nous sont parvenues, nous ne trouvons la moindre trace des enseignements contenus dans notre poème. Tout ce qui tendait à prêcher le mépris des richesses ou le devoir de miséricorde à l'égard des malheureux n'était pas passé dans le Galien, S'il répétait encore, qu'en promettant son secours aux Français, Dieu leur avait enjoint de ne plus « gaber » S il attachait, sans doute, peu d'importance à la défense, et le remaniement en prose, que nous a conservé le manuscrit de l'Arsenal, l'a omise complètement K

Un autre signe de la transformation subie par le poème français, c'est que les contrastes ont disparu, par lesquels l'auteur du Voyage s'efforçait de rendre sensibles les fâcheux effets sur le caractère des Français du travers, contre lequel il s'élève. Il n'y a plus rien de ridicule dans la Éaçon, dont les Galien nous représentent Charlemagne et ses compagnons. S'ils sont parfois peints sous une bonhomie familière, s'ils « ronflent ^ » ou plaisantent entre eux comme des gens du commun, ils ne sont plus jamais bouffons ni grotesques. Ce qui donnait au début du Voyage en Orient son caractère particulier, la querelle de Charlemagne avec sa femme et le premier exemple de sa « desmesure », a complètement disparu. Non seulement, dans le Galim, Charlemagne ne se pavane plus de la sotte façon que l'on sait, mais il entend, sans colère, sa femme lui parler

1 . Cf. Koschwitz, Sechs Bearheitungen des altfraniôsischen Gedichts von Karls des Grossen Reise nach Jérusalem und Cotistantinopely p. 4J.

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