Cf. Koschwitz, Sechs Bearheitungen, p
de la supériorité de son rival, et c'est la simple curiosité, qui le détermine à revenir de Jérusalem par Constantinople, pour s'assurer, si ce qu'on lui a dit est vrai '. Par contre, la scène, où le Voyage donnait en exemple la simplicité du roi Hugon, devient, dé\'eloppée à contresens, l'épisode fabuleux et romanesque des vachers et des porchers de ce roi, qui ira s'augmentant toujours à travers les remaniements successifis.
. Pour que la fable du Voyage en Orient ressemblât davantage aux récits, sinon héroïques du moins romanesques, qui avaient la faveur de ses contemporains, l'auteur du Galien l'a mise, autant que possible, en harmonie avec ce qu'ils racontent. C'est à Vienne, et non plus à Saint-Denis, que Charlemagne forme le projet d'aller au Saint Sépulcre. Dans la troupe des douze pairs, Âymeri, Guennes, Richart de Normandie, Bérard de Montdtdier, Garin de Montglanne, dont la^gloire est de fraîche date, prennent la place de héros, dont les noms ne disent plus rien à l'imagination des lecteurs. Le caïaaère primitif de l'expédition de Charlemagne n'est pas respecté davantage. Si l'auteur du Galiett ne donne pas à l'empereur une nombreuse armée, s'il ne va en Orient qu'avec la seule compagnie de ses pairs, du moins ceux-ci sont-ils armés et en état de se défendre. Au lioi que les héros du Voyage en Orient étaient vêtus en pèlerins et obligés d'emprunter, au moins en pensée, à Hugon l'épée et le cor, nécessaires à leurs gabs plus ou moins guerriers, Roland, dans les différentes versions du Galien^ nous apparaît armé de Durandal, Ogier a sa Courtain et Olivier saHauteclère*. Si ces armes, en effet, ne leur sont .pas nécessaires contre le païen Braïmant, et, si un miracle vient changer les Sarrasins en statues de pierre, elles leur servent dans l'assaut, qu'à l'instigation du traître Ysambert de Bordeaux, leur livre la populace de Constantinople. Ces deux
1. Cf. Manuscrit de l'Arsenal : « Sy lui respondi Tempereur qui grant désir avoit de toutes nouvelles savoir, qu'il passeroit par la voirement et que de ce qu'il auroit veu'lui feroit faire savoir la vraie vérité. » La chose est présentée de même dans les deux autres versions du Galien. Cf. Koschwitz, Sechs Bearbeitungen, pp. 73 et 98.