‹ Publications spécialesChapitre 229 sur 274 · Cf. Koschwitz, Sechs Bearheilungen, pp · texte numérisé non relu

Cf. Koschwitz, Sechs Bearheilungen, pp

épisodes, tout entiers de l'invention de l'auteur du Galien, achèvent de donner à son oeuvre son vrai caractère de récit d'aventures et de roman chevaleresque '.

' Quelle que soit donc l'identité des événements racontés, on peut affirmer, que, par rapport au Voyage, auquel il emprunte sa matière, le Galien original était un poème vraiment nouveau. C'est cette nouveauté, par laquelle il devenait semblable aux poèmes des trouvères et aux romans dés conteurs profanes, qui en fit le succès et assura sa large diffusion. Au contraire, le Voyage, jusqu'à l'auteur du Galien, ne semble avoir été guère lu ni connu. Un seul manuscrit nous l'a transmis. Encore, le scribe anglo-normand, qui l'écrivit, prêta-t-il, peut-être, moins d'attention aux mérites littéraires du poème, qu'à la légende pieuse et aux événements racontés. Nous verrons, en effet, qu'en Angleterre notre poème semble avoir été surtout considéré comme une œuvre assez analogue au Pseudo- Turfnn, tt que, le plus souvent, ces deux textes nous sont conservés, réunis ou même fondus par les copistes dans un même manuscrit.

Dans aucune de nos chansons de geste, nous ne relevons d'allusion directe et précise à notre poème. Sans doute, le poème actuel de Girart de Roussillon renferme bien quelques détails, qui peuvent être empruntés au Voyage, et en particulier, à la description du palais du roi Hugon *. Mais, son auteur était un clerc, qui, tout natu-

1. Le ^ab d'Olivier est, lui-même, tout à fait transformé. Il cesse presque d'être un gab. En réduisant à quinze le nombre de ses exploits, le héros entend bien ne pas se vanter d'une chose impossible. La naissance de son amour, la réunion des deux amants, leurs propos, surtout la façon dont ils se séparent et la promesse faite par Olivier de revenir épouser Jacqueline attestent un esprit diflférent de l'hostilité et du mépris à l'égard de là femme, que l'auteur du Voyage en Orient laissait très clairement transparaître.

2. C'est ainsi que la façon dont l'empereur de Constantinople, dans Girart de Roussillon (éd. P. Meyer, p. 7), excite, dans son palais, la pluie et la grêle, pour remplir les Français d'épouvante, semble bien rappeler la scène du Voyage, où Charlemagne et ses compagnons sont, de même, effrayés par les enchantements du palais du roi Hugon (v. 378 sq.). On peut également noter la ressemblance, qu'il y a entre l'escarboucle étinceïante du palais de Girard (p. 25) et celle qui, « reflamboie » dans la demeure du roi grec (v. 41 3), et les pierres précieuses, qui décorent et illuminent l'un et l'autre. Cf. Girart de Roussillon, p. 35 et Voyage de Charlemagne en Orient, v. 422.

reliement, a pu connaître notre poème. Son témoignage ne prouve rien en ce qui concerne la connaissance du Fcfyagf par les trouvères.

En (ait, il n'y a qu'une chanson de geste, la Mort Aymeru qui air paru Élire attention à la feble du Voyage en Orient, et, à y regarder de près, il n'est pas prouvé qu'elle fasse allusion au poème. Rien, en effet, dans les vers de la Mort Aymni^ ne nous force à penser que l'auteur se réfère au Voyage plutôt qu'à la DescriptiOy ou à la l^ende popularisée par l'abbaye de Saint-Denis '. Cette chanson se borne à rappeler, entre autres faits, que Charlemagne était allé à Jérusalem et en avait rapporté certaines reliques. L'origine donnée aux reliques atteste, qu'elle connaît le Voyage en Orient sous la forme particulière, que Saint-Denis avait donnée à la légende. Mais l'auteur ]'a-t-il connue par le poème ou par la chronique latine ?

Sur ce point, les reliques énumérées ne nous fournissent aucune indication. L'auteur de la Mort Aynieri ne cite que les plus célèbres de celles, que l'on prétendait avoir été rapportées d'Orient par Charlemagne, et elles figurent toutes dans la Descriptio et dans le Voyage. Il ne reproduit intégralement la liste donnée ni par Tune ni par l'autre. Ce qui nous semble indiquer, qu'il se réfère expressément à la Descriptio, c'est la façon, dont il désigne sa source : c'est, dit-il, une histoire écrite et conservée à Saint-Denis. En outre, il ne

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