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Cf. Langlois, op. cit,, p. eux

2. Si, en effet, au lieu d'être un trouvère comme les autres, l'auteur du Voyage était un clerc ou une personne lettrée, on pourrait s'expliquer que sa langue retardât en quelque sorte un peu sur celle de ses contemporains. Cest une idée, qui s'était présentée jadis à l'esprit de Koschwitz, et dont on verra par la suite, que plus qu'il ne pensait, on pourrait l'appliquer au Voyage. Cf. Romanische Studien, II, p. 60.

3. C'est ainsi, qu'en comparant la façon dont les quatre poèmes que nous avons rapprochés du Voyage traitent les sons et on, on constate que c'est la Prise d'Orange, l'un des plus récents, qui se montre le plus archaïsant. Sur 7 tirades, il n'en a que 2 absolument pures, l'une (791-824) en -o», l'autre (960-986) en -one. Mais surtout, dans les 5 autres tirades, le nombre d'assonances imparfaites, même à l'état isolé, est beaucoup plus considérable que dans les autres textes.

téristiques de révolution de la langue, il faut qu'ils aient été tous deux composés à des dates assez voisines.

Il n'y a pas lieu de s'arrêter aux quelques faits particuliers que Koschwitz citait encore comme attestant l'archaïsme de la langue du Voyage. C'est ainsi qu'il relève comme archaïques au vers 177 la forme heneîsquiety au vers 721 la 2* person. plur. ind. prés. honisseiT^y et le fait qu'à l'imparfait et au plus-que-parfait du subjonctif des verbes deveir^ movcir, etc. le poème n'offre pas les formes contractées. Ce ne sont en effet que des formes isolées, et dont la présence ne saurait contredire ce qu'a permis d'établir le témoignage de faits plus généraux. Leur présence ne prouve nullement, qu'elles étaient-d'un usage courant au moment où fut écrit le poème. De l'aveu de Gaston Paris, un poète peut toujours avoir recours à un archaïsme, surtout quand le besoin.de son vers l'exige*. Enfin, tel de ces archaïsmes se retrouve dans des textes très postérieurs à l'époque, où Koschwitz plaçait la composition du Voyage: C'est ainsi, que pour le verbe deveir le Couronnement y comme notre poème, ne connaît que les formes deûsseSy deûsty deûssieT^^ etc. \

L'étude linguistique a donc pour résultat dé renverser les conclusions, que jusqu'ici on en prétendait tirer. Elle seule pouvait nous renseigner de façon certaine sur l'âge du Voyage en Orient, et ce qu'elle établit, ce n*est pas son ancienneté, mais au contraire qu'il est relativement récent. Elle nous montre qu'il est sensiblement contemporain du Couronnement de Louis, et nous ne chercherons pas à préciser davantage. A-t-il été écrit avant ou après lui ? C'est ce qu'il faut se résigner à ignorer. Le seul fait certain, c'est que tous deux sont contemporains du même état de développement du dialecte de l'Ile-de-France. Par suite, la date approximative, que l'on fixera pour le Couronnement, sera à peu près celle de la composition du Voyage, Qu'on date Tun de 11 30 ou des environs de 11 50 ^ ce qui nous

1. Il a en effet posé en principe, que, lorsqu*un texte présente pour un même mot une double forme, l'une plus archaïque, l'autre plus moderne, c'est la seconde qu'il faut attribuer â l'auteur. La première peut lui être fournie par la tradition et par Ttxemple des poètes antérieurs. Cf. G. Paris, La Chanson de S^- Alexis, p. 32.

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