‹ Publications spécialesChapitre 33 sur 274 · ET A JÉRUSALEM · texte numérisé non relu

ET A JÉRUSALEM

La deuxième question^ que nous nous sommes posée à propos du Voyage en Orient y est celle de savoir, s'il est une chanson de geste et si nous devons reconnaître en lui une production de notre ancienne épopée populaire. S'il en était ainsi, même reporté à la date plus récente que nous avons fixée pour sa composition, il continuerait, en raison des particularités qui le caractérisent, à avoir une valeur historique considérable.

La question mérite donc d'être examinée, d'autant plus qu'elle ne l'a jamais été. Comme on affirmait que le Foyage était un poème populaires on admettait aussi que c'était une chanson de geste, sans tenir compte ni des apparences contraires, ni de toutes les particularités, qui semblaient lui assigner sa place en dehors du genre épique. Surtout, Ton a constamment raisonné sans admettre la seule possibilité qu'il pût en être autrement, et, de tous ceux qui, par sentiment personnel ,ou par tradition, ont considéré le Foyage comme une chanson de geste, aucun ne semble s'être avisé, que peut-être on n'y pourrait retrouver: aucun des traits essentiels qui caractérisent nos vraies chansons de geste.

Ce qui les caractérise, on est d'accord pour le reconnaître, c'est qu'elles ont pour fond une légende populaire, inspirée plus ou moins directement d'événements historiques, et c'est surtout, qu'elles sont animées presque exclusivement de cet esprit guerrier, qui est, dès l'origine, l'âme même de notre poésie héroïque*.

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