‹ Publicistes modernesChapitre 9 sur 32 · ARTHUR YOUNG ET LA FRANCE DE · texte numérisé non relu

ARTHUR YOUNG ET LA FRANCE DE

pour la guerre d’Amérique et imbu de la philosophie du dix-huitième siècle, tantôt même sur la place publique et dans la rue; à ces détails s'unissent, comme une gerbe abondante et serrée, les renseignements sur la \ie matérielle et les documents statistiques les plus précieux. Aussi l’autorité de l’écrivain si bien instruit, de l’homme de toutes façons éclairé^ n’a-t-elle rien perdu avec le temps. Elle a plutôt grandi. Le nom d’Arthur Young n’a jamais été plus cité que depuis ces dernières années. Sa curiosité si éveillée a fait pour son ouvrage ce que le génie a'fail pour d’autres; elle l’a fait vivre. C’est un témoin qu’on appelle toutes les fois que s’instruit le procès du passé. Il n’en est pas de plus véridique. Même quand il lui arrive de ne pas juger les faits comme nous les jugeons, il ne les altère pas ; il les produit tous, avec une sorte d’ingénuité courageuse, dussent-ils déposer çontre ses opinions. Plût au ciel que chaque période de notre histoire de France possédât de tels témoignages, même de moitié moins complets! Combien de doutes et d’obscurités nous verrions se dissiper! Combien de jugements faux s’y rectiberaient ! Combien de vérités que nous ne faisons qu’entrevoir y gagneraient par la précision! Qu’étaient nos pères? Comment vivaient - ils ^ en prenant ce dernier mot dans toute son étendue, et dans chaque portion du »»royaume, et dans chaque période de durée comprenant . vingt ou trente ans ? Hélas ! il faut se résigner souvent ^ sur tous ces points à bien du vague. Une foule de nuances dans leur existence morale comme dans leurs conditions de souffrance ou de bien-être nous échappe encore et nous échappera probablement toujours. Com-

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ment donc mesurer avec une exactitude suffisante l’étendue du progrès accompli si, ne sachant même pas très-bien où nous en sommes aujourd’hui, par suite de ce que les documents destinés à nous éclairer sur la situation morale et économique du pays ont encore d’incomplet ou de trop peu exact, nous n’avons que des vues mille fois plus imj>arfaites des époques qui nous apparaissent comme le point de départ du présent ! Le dixhuitième siècle lui-même, si près de nous, est plein de questions non éclaircies. Arthur Young aide du moins plus qu’aucun autre à voir clair dans ces problèmes mal débrouillés.

C’est moins encore l’économiste que le témoin et le juge de la vieille France morale et politique qu’il me paraît curieux d’étudier dans les deux volumes dont nous possédons depuis peu une nouvelle traduction, traduction plus fidèle et plus complète que celle qui existait et qui devenait chaque jour plus rare, et réclamée à la fois par les besoins de la science historique et de l’économie politique ‘.

Je chercherai comment cet Anglais avisé, sagace, libéral, dont l’esprit est assez bienveillant pour s’intéres-

‘ M. Lesage, le nouveau traducteur, est un ancien élève distingué de l'Institut national agronomique de Versailles. Depuis lors il a complété ses études techniques par un séjour prolongé en Angleterre, Il avait donc toute espèce de titre à entreprendre une pareille tâche. Comment ne pas signaler aussi Vintroducüon placée en tète du livre par M. L. de Lavergne ? Elle est un guide nécessaire dans ce voyage entrepris à la suite du savant agronome. Elle confirme on contredit ses assertions avec toute l’autorité que donnent la comparaison réfléchie du passé avec le présent et une incontestable compétence dans les matières d’économie rurale.

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ser même au bonheur de la France, assez dégagé de préventions hostiles pour n’être blessé que de nos défauts, comment Arthur Young voit, comprend, apprécie la nation française à ce moment de transition qui précède 1789, et à cette date elle-même, alors que le caractère national, mis en mouvement par la révolution, monte pour ainsi dire tout entier à la surface et se livre sans réserve h l’observateur. Le premier volume se prête naturellement à ce genre d’étude. Il est général, agréable, varié, autant que le second est didactique et savant.

Les menus détails que Young lui-même appelle des riens tiennent beaucoup de place dans cette première partie de son voyage. On me permettra, en commençant cette étude, de m’y étendre avec lui. Je suis de l’avis de l’auteur qui pense que ces riens caractérisent une nation mieux que les grandes affaires. Dans les grandes circonstances, dit-il, l’humanité est partout et toujours la même. Les riens, ou 'ce qu’on désigne par ce mot, font souvent toute la différence. D’ailleurs la familiarité porte avec elle quelque chose de persuasif et pour ainsi dire d’irréfutable. Pour justifier la simplicité et le sans-façon de son procédé, Arthur Young remarque encore qu’on n’aime « ni un homme ni un écrit montés sur des échasses et vêtus de cérémonie ; » il n’est pas moins vrai qu’on s’en défie. Sachons donc gré à l’exact voyageur d’avoir noté ces traits familiers avec une attention presque scrupuleuse et sans y mêler jamais la moindre affectation solennelle. C’est un lieu commun de dire que les Français sont aimables, légers, moqueurs, crédules, vaniteux, sans être fiers, mais les preuves? On est heureux de rencontrer de temps en temps un de ces

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auteurs qui supposent volontiers que nous ne savohs rien , qui consentent à t(»it prouver sans en avoir l’air, et comme pour mieux se convaincre eux-mêmes de ce que chacun s’imagine savoir. Ils nous délivrent de ceâ façons de caractériser générales et vagues , qui feraient volontiers ressembler Thistoire à une de ces pièces de théâtre où tout Français est représenté dansant, tout Anglais, s’ennuyant et tout Allemand ivre.. Arlhur Young saisit parfaitement ces nuances, et sait se mettre à l’abri dos partis pris. Par exemple, le^ Français ont la réputation d’être bruyants et bavards. Young est frappé dans les tables d’hôte de leur silence, ’de leur peu de liant. Il remarque que du moment qu’on ne peut^pas tout se dire en France, on ne se dit rien du tout, par un sentiment de défiance réciproque, et faute de quelque grande idée généralp^à laquelle, çil^nté- • resse en commun. Il accuse le caractère des. lançais de cette époque d’être à l’excès poli par le monde et par la hiérarchie, et comme effacé. Il n’y trouve ni le relief du j^ractère britannique, ni cette énergie individuelle qui s’accuse jusque dans la voix et dans le geste plus accentué, et il se plaint que la convenance semble ici tout étouffer, il se plaint que le mérite et la nullité se trouvent ramenés au même niveau, il se plaint qu’élé-^ if gante et insignifiante, la masse des idées échangées dans un salon n’ait le pouvoir ni de soulever la contradiction ni d’instruire, il se plaint que l’entretien trop uni ressemble trop souvent à un voyage dans une plaine sans fin. Aurions-nous donc affaire à un Anglais lourdement infatué de son pays qui ne voit en France que le mal? Nullement. La bienveillance, la sociabilité

française le touchent cxlrèmcinent. 11 reconnaît et signale lui-même ce trait de bon naturel, mot qui lui revient s<uis cesse en parlanfrde nous, comme infiniment honorable pour notre nation, et qu’il souliaite meme à la sienne. Il s’étonne d’être l’objet de bons traitements, d’attentions particulières et même de préférences marquées, pa7'ce qu'il est Anglais. Ce parce que lui semble admirable. Un autre trait qu’il se plaît à relever, c’est la simplicité gracieuse de l’hospitalité française : non pas seulement de cette hospitalité riche et brillante qui lui est offerte par W. de la Rochefoucauld- Liancourt, son hôte et son ami, dont les idées philanthropiques se rapportent si bien avec les siennes; mais de cette hospitalité de moindre marque, surprise à l’improvisle, à l’heure du dîner, par excmj)le, chez des personnes simplement aisées, chez qui des explorations à travers la Ciimpagne l’ont conduit inopinément. Rien ne lui paraît meilleur que d’être mis à son aise par une famille aimable devant un dîner médiocre , assaisonné de laisser aller et d’entrain. « Une famille anglaise à la campagne, de même rang et prise de même à l’improvisle, remarque-t-il, vous recevrait avec une politesse anxieuse et une hospitalité inquiète; après vous avoir fait attendre que l’on change en toute hâte la nappe, la table, les assiettes, le buffet, le bouilli et le rôti, on vous donnerait un si bon dîner que, soit crainte, soit lassitude, personne de la famille ne trouverait un mot de conversation, et vous partiriez chargé de vœux faits de bon cœur de ne vous revoir jamais. Cette sottise, si commune en Angleterre, ne se voit pas en France. Les gens y sont tranquilles chez eux et font tout de bonne grâce. »

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Je ne donne pas ce petit tableau comme une expression toujours exacte de ce qui se passe en Angleterre et de ce qui a lieu chez nous; on trouverait peut-être que notre voyageur était bien tombé , et qu’il n’aurait pas fallu qu’il répétât souvent ni partout l’expérience; mais la remarque n’a pas moins sa vérité relative et son incontestable finesse.

Ce n’est pas , — pour citer encore quelques-uns de ces riens qu’il laisse échapper de sa plume, — ce n’est pas que le confortable lui soit devenu indifférent en mettant le pied sur le sol de France. Il ne laisse pas peut-être passer vingt pages sans maudire nos au- . berges. Trouve-t-il quelque brillante exception dans une de nos grandes villes, il l’enregistre avec une admiration qui ne se refuse aucun détail. Mais pour la plupart des auberges, même les mieux établies et les mieux réputées, quel dédain qu’elles justifieraient trop sou- *vent encore aujourd’hui. Quelles expressions de dégoût ! Il parle des garçuns d’écurie et des filles d’auberge, « ces êtres appelés femmes par courtoisie, » en des termes tels que l’ignominie du sujet semble salir jusqu’à son langage. Cette supériorité du matériel et du personnel des auberges anglaises n’est d’ailleurs pas douteuse à la même époque, et s’explique par le nombre et l’aisance des voyageurs, riches commerçants pour la ' plupart. Rien ne donnait une idée de ce mouvement des hommes et des choses dans notre France d’alors, et Young pouvait à bon droit proclamer le peuple français un peuple essentiellement « sédentaire. »

Autant la France lui paraît digne d’admiration par ses lumières, son génie sociable, par le cas que l’on y

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fait de la science et des savants, des lettres et des lettrés, par l’espèce d’égalité que les salons avaient introduite entre l’intelligence et le rang, autant en un mot la nation ou plutôt sa surface brillante lui semble avancée pour tout ce qui tient au mouvement des idées et aux rapports de la société polie, autant il trouve le payi^^imême critiquable dans son état matériel. La situ^on des campagnes et de leurs habitants l’aflligo à dtaque pas. Ici et presque en tous lieux ce sont des femmes courbées, flétries avant l’âge, aux traits durs, qui portent de lourds fardeaux. Partout des traces d’ignorance. Les maisons des paysans manquent pour la plupart de vitres aux croisées; combien même pour s’aérer n’ont d’autre ouverture que la porte î Presque en tous lieux les grands propriétairés vivent loin de leurs domaines. Chose lamentable, désastreuse pour le présent, remplie pour l’avenir de présages funestes! Pour qu’un duc de Choi-. seuil et un duc d’Aiguillon se résignassent à habiter, à embellir, à cultiver convenablement leurs propriétés, il a fallu, expression tristement caractéristique, qu’ils fussent par une disgrâce de cour exilés dans leurs terres 1 Quel spectacle choquant pour un Anglais, pour un Anglais surtout comme celui-là ! Comme il se sentira blessé, révolté dans son culte des mœurs rurales, dans ses idées de philanthropie, dans son goût même pour '%■ la belle nature! Qu’on songe que, tout spécial et tout technique qu’il est, il saurait aussi bien que qui que ce soit parler poétiquement de l’agriculture ; nul n’en sent mieux toute la grandeur et l’espèce de charme sévère. Qui donc pqurrait être' plus indigné de \' absentéisme, ce crime de lèse-société, cette trahison xle l’homnie en-

Dig; 1 — ■ by GoOgll

AKTHL’R YOl'NG

vers la terre?... Les propriétés du prince de Soubise et ' du duc de Bouillon sont des plus grandes de Fi*ance, et • tous les signes que l’on aperçoit de leur grandeur sont des bruyères, des landes, des déserts, des fougeraies. Visitez leur résidence, et vous les verrez probablement au milieu de forêts très-peuplées de cerfs, de sangliers et^dè loups. Aussi ne se tienl-il pas à une pareille vue, cl laissé-t-il échapper une exclamation qui lui a été re[)rochée, une exclamation que lui-même notera avec un amer regret quelques années plus lard : « Ah! si pour un jour j’étais le législateur de la France, comme je ferais sauter les grands seigneurs! » '

^ Tout n’est pas sombre pourtant dans le tableau qu’il retrace. De riants aspects de félicité champêtre, de frais paysages en diversifient le caractère, en rompent la tristessi'. Elles ne manquent pas dans cette France de Louis XVI, qui commençait à se relever de tant de guerres et de tant de fautes politiques, les gracieuses cultures, les agréables villas, et l’on aperçoit dans quelques oasis de la Touraine ou du Béarn et de quelques autres provinces des visages sur lesquels se lit un paisible bonheur. La petite propriété, dont Young est l’ennemi systématique, n’a-t-elle pas déjà créé des prodiges de culture? n’a-t-elle pas répandu l’aisance sur un assez grand nombre de familles? Il a beau faire, ses jolies peintures des petits domaines bien cultivés démentent .ses malédictions théoriques contre la petite culture ; du moins elles en amoindrissent singulièrement l’effet « Une longue suite de chaumières bien bâties, bien closes et confortables, construites en pierres et couvertes en tuiles, ayant çhacune son jxîtit jardin entouré d’une

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haie d’épines nettement taillée, ombragé de pêchers et d’antres arbres à fruit, de beaux chênes épars dans les clôtures, et cà et là de jeunes arbres traités avec ce soin, cette attention inquiète du propriétaire que rien ne pourrait rem|»lacer. De chaque maison dépend une ferme parfaitement enclose; le gazon des tournières dans les champs de blé est fauché ras; et ces champs communiquent ensemble par des barrières ouvertes dans les haies. Les hommes portent des bonnets rouges comme les montagnards d’Écosse. Quelques parties de l’Angleterre (là où il reste encore de petits semainiers) se raj)j)rochent de ce pays de Béarn ; mais nous en avons bien peu d’égales à ce que je viens de voir dans ma course de 12 milles de Paris à Moneng. Il est tout entre les mains de petits propriétaires, sans que les fermes se morcellent assez pour rendre la population misérable et vicieuse. Partout on respire un air de propreté, de bien-être et d’aisance... Nous sommes en Béarn, à quelques milles du berceau d’IIenri IV. Serait-ce de ce bon prince qu’ils tiennent tant de bonheur? Le génie bienveillant de ce monarque semble régner encore sur le pays : chaque paysan y a la poule au pot. »

J’aimerais à citer d’agréables pages doucement nuancées qui attestent combien ce sentiment du paysage s’unissait, chez Arthur Young, à l’intelligence de l’utilité pure, qui montrent combien l’agriculteur le mieux au courant des procédés d’amélioration du sol était aussi un peintre délicat des beautés rustiques. L’absence de naturel dans nos habitations et dans nos parcs le choquait vivement. Parlant d’une propriété de Du Barry, près de Toulouse, dont il loue l’élégance : « Quant au jardin.

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ajoute-t-il, il est au-dessous de tout mépris, si ce n’est comme exemple des efforts où peut entraîner l’extravagance ‘, dans l’espace d’un acre sont entassés des montagnes de carton, des rochers de toile ; des abbés, des vaches et des bergères, des moutons de plomb, des singes et des paysans, des ânes et des autels en pierre; de belles dames et des forgerons, des perroquets et des amants en bois’; des moulins à vent, des chaumières, des boutiques, des villages, tout, excepté la nature. »

Ces tableaux d’aisance ou de richesse ne sauraient lui cacher ce qu’a de profondément arriéré l’agriculture nationale. ^11 est vrai, les routes sont superbes. Ces routes dignes du nom de royales lui arrachent des cris de surprise. Mais quelle largeur excessive! Que de terres précieuses enlevées à la culture ! Quel entretien coûteux, et surtout combien peu de circulation ! Il en est frappé aux abords mêmes de Paris, qui contrastent si fort avec les approches de Londres. La vie, concentrée dans quelques centres, ne rayonne guère au delà. L’ignorance côtoie les lumières, l’abrutissement la culture intellectuelle la plus haute et la plus raffinée ; la civilisation et la barbarie coexistent sur un même point et semblent se connaître à peine mutuellement. De temps à autre seulement, la barbarie fait sentir sa présence par un regard de haine ou d’envie, par une menace ou une explosion soudaine des instincts qu’éternellement elle couve en * elle. Déjà le monstre commence à rugir et n’atlend que le moment de se déchaîner. Un jour (et nous ne sommes pourtant qu’en 89), allant voir le duc de la Rochefoucauld, Young remarque, à peu de distance du château, une pièce de terre en friche où plusieurs paysans plan-

taient des haies et faisaient des séparations. A qui donc était cette terre? Au duc lui-même. Mais les pauvres du village ont déclaré qu’ils étaient la nation, et que les laudes appartenaient à la nation. Un spectacle beaucoup plus triste encore vient plus d’une fois affliger les re- . gards du voyageur. Lorsqu’il s’achemine, le soir, le long des routes, gagnan t quelqu’une de ces auberges i^udites, après une journée d’excursion laborieuse, sui"ïiâujieille jument anglaise qui n’a plus qu’un œil, et qu’â-^de, dit-il , par amitié , qu’aperçoit-il briller au loin dans la campagne ? C’est la flamme de quelque incendie'' qui dévore en se jouant un des plus beaux, un des plus vieux châteaux du royaume. Il se dit avec trbtesse qu’une héréditaire bienfaisance aurait dû mieux le protéger, et que la colère populaire, dans son stupide aveuglement, ne sait pas distinguer les nids de colombe des nids de vautour. — De ces vautours, combien donc, malgré sa remarque, y en avait-il qui fussent encore debout en 1789? - . .

Les deux dates de 1787 et de 1789 indiquent par elles-mêmes la nature des impressions qu’ Arthur Young dut éprouver en visitant notre pays. En 1787, ses remarques portent sur les mœurs, les habitudes, sur la société en un mot; en 1789, elles portent sur la situation des esprits et sur la pobtique. Ses jugements se résument à l’égard de la France dans un singulier mélange d’attrait et de sévérité. Il aime la France, surtout Paris, ^ ce foyer d’activité, de sociabilité et de lumières qui l’at-

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