‹ Puissance politique et militaire de la Russie en 1817;Chapitre 13 sur 65 · GENDRES · texte numérisé non relu

GENDRES

Je ne dirai rien de moi. Je ne le puis, ou si j'en parle, je m'adresserai à mes vieux compagnons de gloire , à ces nobles guerriers dont la dignité relevait mon âme , redoublait mon courage et augmentait mes forces pour triompher du despotisme ; ils me reconnaîtront ; ils me feront souvenir des années les plus brillantes et les plus heureuses que j ai passées ; de ces époques glorieuses pour ma patrie, en ce qu'elles attestent à jamais ce que peut une nation vraiment grande qui veut se régénérer.

Je mettrai sous les yeux du lecteur, la situation de la France à l'époque du 3 juillet 181 5. Je ferai connaître son génie, ses moyens de défense, ses ressources militaires ; ce quelle aurait pu être, dirigée par des hommes de bien , capables de sacrifier à l'intérêt général leur intérêt particulier.

Je parlerai en masse de ces hommes dont nous finies la renommée, et qui auraient pu fournir à la poésie épique des sujets dignes d elle ; de ces liommes qui nous trompèrent en se livrant sans réserve à celui qui , après avoir illustré son pays , a voulu l'asservir. J'ouvrirai enfin ce dernier contrat d'infamie qu'ils ont passé avec nos plus implacables ennemis ; et vous y lirez , ô mes compatriotes , la vraie cause des .maux dont nous sommes accablés.

Sur les événement que j ai à raconter le doute est impossible» Les faits sont trop près de nous ; les personnes que j'accuse existent. Qu'on veuille comparer et juger...*

Je sais que , dans «le siècle de corruption où nous sommes , les intérêts > les passions et les crimes des hommes que je fais connaître auront des partisans ; que ceux qui flattent au gré d'insolens agioteurs feront leur éloge , en échange des bénéfices qu'ils en ont reçus et de l'or qu'ils, en attendent encore ; que d'autres mercenaires les défendront et les prôneront. Mais qu est-ce que cela prouvera? détruiront -ils les faits? feront -ils revivre en eux, comme les ayant religieusement observés, les principes de cette devise qu'ils adoptèrent il y a vingt-cinq années? Liberté , vertu et patrie. La liberté ! ils ont aidé à l'étouffer. La vertu! ils ont montré à quel point l'homme peut s avilir. La patrie ! ils ont achevé de l'égorger.

Ne pas les démasquer quand on peut le faire > ce serait refuser à nos descendans une grande leçon. . Les excuser , ce serait applaudir à la cruauté qui montre encore sa tête hideuse au milieu de ses victimes expirantes.

Après nos malheurs, je ne l'ignore pas, un mémoire de l'illustre Carnot parut sur la convention du 3 juillet. Mais qu'on se garde» bien de croire k la lettre tout ce que cette brochure renferme sur les événemens de Paris Je viens

heureusement d'avoir à ce sujet, les renseignémens les plus précis et tes plus positifs. Les voici :

Ce général, ami de la liberté autant que de sa patrie qu'il a idolâtrée , oe savant modeste et généreux , ce véritablement grand homme -, exilé enfin de Paris , remit son mémoire manuscrit pour le faire imprimer. Qu'arriva-t-il ?

Au seul nom de Garnot proscrit , de Garnot produisant un mémoire , le royalisme en démence devint furieux, et dans cette ville de ter-» reur et d'épouvante , où rien ne peut sortir de l'imprimerie sans un ordre de la police , nonseulement on changea y tronqua , substitua, déjigjira, sans le moindre ménagement^ des pages entières , celles surtout qui étaient le plus^em^ preintes du caractère de cette âme rigide et courageuse ; on parvint même , en le dénaturant,, à le faire impunément servir aux idées qu'on voulait accréditer sur l'indigne convention de Paris. Carnot eut en vain réclamé contre cette double infamie. On sait de quel poids pouvaient être alors les réclamations d'un proscrit , noble soutien de l'honneur français, qu'on voulait anéantir»

Heureusement les passages substitués dans le but de faire croire à l'impossibilité de défendre Paris , sont évidemment trop absurdes ou trop ridicules pour qu'on puisse s'y méprendre. Il y est dit, page 39 : v Toute autre place que Paris.

eut certainement pu tenir encore.* .. » Quorî parce que c'est Paris seul qui est menacé , il faut livrer cette ville à ses ennemis !.... Il faut que la France entière passe sous le joug, tandis qu'en résistant quinze ou vingt jours ; et portant y comme j'en indique les moyens , les combats hors de ses murs; on se mettait dans une attitude qui eût au moins commandé l'estime et l'intérêt; et on échappait à la honte de suo* cofcnber comme une vile populace qui ne sent que sa faiblesse !• . . . .

Page 4*>j on lit également ce passage non moins remarquable 2 « Qu'on se figure Vim- » pression qu'aurait dû faire sur les habitans la *> rentrée continuelle d'un nombre de soldats » blessés y qui auraient rempli les hôpitaux et » les maisons des particuliers. >?

Je le demande ( à part mille réflexions qui naissent d'une pareille idée }> ce langage n est-il pas plutôt celui de femmes glacées de terreur et d'épouvante ; que celui d'un général dont le caractère admirable lui assure une place dans Ja postérité^ et qui doit prendre rang parmi les hommes les plus célèbres de l'antiquité ?....

Mais qu'on veuille observer que Carnot fait remarquer dans ce Mémoire ; page 3 ; que parmi tous les ministres à porte-feuille de Napoléon > et parmi tous les membres de la commission du gouvernement^ il est le seul compris dans For- 4onnance du 24 juillet. Certes , s'il ne se fut

pas oppose > de tous ses moyens, a la fatale convention , il ne serait pas., cçmme il le dit luimême , page 5o, «forcé de , solliciter y de la » générosité des princes étrangers y tut asile » dans leurs états. » Il serait à Paris comme le maréchal Davoust et ses lâches complices. Il y serait j comme eux ^ occjipé à donner an crime les couleurs de l'innocence; tandis qu'au con-i traire Carnot , se plaçant toujours au-dessus de> ses infortunes^ confirma y comme il le dit encore page 5i y cette grande vérité de morale univer->. selle y que; quelles que soient les chances de la vie j avec un cœur pur on n'est jamais malheur reux.

Ce Mémoire m étonna d'autant plus , que j'avais souvent vu- Carnot dans ces circoostances , et qu'il m'avait paru d'un dévouement héroïque ; que son opinion était qu'il fallait se défendre } attendu que l'ennemi était y pour l'instant^ incapable de rien entreprendre de sérieux contre la capitale , les hauteurs étant for-i tifiées et gardées ; que s'il y avait des arrange-, mens; les empereurs de Russie y d'Autriche et le roi de Prusse interviendraient y et qu'alors oa aurait des garanties. J'acquis aussi la conyiction que ce ministre s'occupait sérieusement de toute espèce d'approvisionnement.

Enfin j'étais d'autant plus fondé à repousser ^ sur certains points , lesv idées qu'on lui attribue dans Cette brochure ? que j'avais si* également >

Ï7) du général Grenier, membre de la commission

provisoire > que le maréchal Davoust , digne exécuteur des complots de Fouché , était venu au conseil de cette commission pour jouer le rôle convenu etatre lui et ce ministre ; qu'il avait eu le premier la lâche audace de déclarer qu'il n'existait d autre moyen de salut que de traiter avec ceux que la France repoussait , et que la majorité ayant adopté cet avis y Carnot indigné ^ frappa sur la table , et dit : « Que c'était trahir » la nation et se déshonorer, mais qu'il pr-otes- » tait contre un si grand attentat . »

Que Fouché reprit aussitôt : ce Vous perdez > » par cette fatale témérité > votre tête et la » mienne. » À quoi Carnot répliqua : « Il s'agit » bien ici de votre tête et de la mienne j qu'im- » porte que nous vivions , si nous traînons » F existence dans l'ignominie ? »

Je savais toutçs ces particularités , que j'af-* firifte sur l'honneur. Qu'on juge alors P je le répète^ si" je dus croire ce qui est raconté dan$ ce Mémoire } au nom d'un homme comme Carnot y sur la nécessité de capituler aussi misérablement , et de livrer la capitale de la France.

Mais en voilà assez sur les basses menées et sur les honteuses falsifications employées pour essayer de légitimer l'acte le plus funeste et le plus désastreux cle notre histoire. Passons maintenant a Texposé rapide de tout ce qui peut mettre au jour la conduite horrible des traîtres

à la patrie, qui ont signé Ja capitulation de Paris, de cet acte qui a précipite la France dans l'abîme des maux qui pèsent sur elle*

Ecrivons ppur nos .neveux , pour l'honneur et pour la patrie , et songeons apie s'il s est trouvé des mercenaires qui ont négocié sa servie tude, S s'élèvera un jour des vengeurs déterminés à la délivrer du joug odieux sous lequel elle gémit.

Exoriare aliquis nosffiis ex ossibus ukor /....„

La convention de Paris, faite le 3 juillet i8i5, est le résultat de l'égoïsme et de l'ambition d'un seul homme , secondé par la corruption et la lâcheté de plusieurs autres.

Cet événement, qui a tant influé sur les destinées de la France, en livrant Paris à ses enne- - mis, est un crime dont un jour il sera demandé cpm^te à tous les Français qui y ont pris part* La peur «fet l'ignorance ne seront pas plus un motif d'excuse que la trahison.

Pour juger de Ténormité d'un forfait, il suffit de se rappeler ce qu'était? alors la nation française , et de se bien pénétrer de ce qu 'elle est aujourd'hui. En vain ceux qui défendent cette machination coupable, et qui, eux-mêmes, ne sont pas sans reproches, essaieront - ils d'alléguer que la nécessité le commandait. Il importe que l'Europe sache le contraire , et il appartient de

lé dire étdele prouver à un général > qui) akfr*f ;

faisait partie de l'armée de Pari» , et qui a ététémoin de toutes les manœuvres employée^ pofat paralyser son énergie et sa valeur. ' ' >

, Il peut assurer que ses braves compagnons!, d'armes et lui se seraient opposés à cette convention , qui livrait Paris et reléguait l'armée française derrière la Loire > s'il& eussent été consultés, ou, si Ion n'eût pas ourdi ausÀi mystérieusement cette tramé horrible qui a mis la France à la merci deé puissances étrangères, de l'Angleterre plu$ particulièrement , et sous lé joug de la vengeance et de la fureur: 0

. Après \a funeste journée du 18 juin, où une partie de l'armée fut vaincue aux champs de Waterloo, le bruit d'une trahison s'était répandu, et une terreur panique* s'était emparée de tous les esprits:

L'alarme , introduite à Paria avec les "pre-1 ailiers fuyards, fit croire d'abord que ^ou^tait perdu* Bientôt le retour de l'empereur fL le discours plus qu'imprudent du maréchal Ney à la chambre des pairs ^ changèrent les soupçonir en certitude;

Cependant le corps de droite y commandé par le maréchal Grouchy^ et qui, malheureusement^ n'avait pas pris part à la bataille y était encore fort de plus de quarante' mille hommes. Il arri* tait en grande hâte et en bon ordre. L'ennemi était trop épuisé de ses pertes, trop fatigué, tropf

faj£À6) et incapable , pa* aonaéqtjent \ *fe pou* Voâp le cc#)battte*

Je. dirai plps j si Pô» e4t pris une d* ce* résolutions qui appartiennent aux guerriers qui ne se laissent peint abattre par l'infortune ; à, prévoyant le sort qui attendait la France et l'armée, en e$t senti qu'il Valait cent fois mieux périr les aftnesà la main que de te laisser pix** «sire 0t désigner comme dès victimesà égorger $ sieAfinœeerpfcde qterante maiekranpeSjeommand^par un grand homnfe de guerre ^eèt attaqué le lendemain de la bataille , il edt teet changé et se Serait rendu maître dfc l'tëf éneme»t ., La victoire échappait k celui qjri en a si indignement abusé en tiefatnt ses traités, et qui hnpu* nément jukquftci a pli Récrier j comme Sren»U9, tailhtiir aux taineus!..; Les Prussiens étonnés^ fcafttpromi* peut-être ^ cessaient leur poursuite ; tes Français se ralliaient derrière la Sambre , et tette action ^ changeant toute la faeé dee «£* faire* > eût montré ^ en ëcrutrant de gloire celai q^Teét faite, que ne* taaurai* succès delateilte tenaient moins du eoufage de nos ennemis et 4e l'habileté de leurs chefs , que de nos propre fautes qui furent encore plus grandes (1).

(*)41a bataille de Castigliofte, formée fraéçaîseeâ Italie se trouva aussi dans la situation la plus critique) Un conseil «fait eu lieu ; il avait déeidé de se retirer 4*»t la nuit \ B|ai9 le général Âugeiat, arrivant au* la division qui n'avait pas combattu , attaqua , de soie

On *a convaincra 4* ca* *érU&, lw*ju,*u% HMTa «firtout «ji*e % le k*Mkfttflfo de cette p*^

propre mouvement, les Autrichiens sa^ns prendre part fiu conseil % les battit et deyint le vainqueur des vain-t ^lïeurs dails cette bataillé dbùttf à*pris son surnom.

JjdrtJde là fyitaiHe de Mfcfengo , les PfaUÇais fur etrç 4$A&Ê*ttthztttU, <*UsJfcmriitei€tt*^er4yaîëi!it^^ lementawurés des-tutet*. de.aett* jqufnétepatlafciiU 4^ «xfs ba**Uiô*s^ que t* géafotl e» ehef (burent de Méla$ % laissant au général Zach l'ordre de non* poujw suivre « rentra dans Alexandrie pour annoncer à soi} Souverain la victoire complète et décisive qu'il venait dé t&tnpùttet. Cependant, qu^rrîya-t-il? tes ^énéfftu*&erôletKefl£rtntt^

ftiffts dé tféupé* qui étfsri n'avarient peint donné, p4uâsfcr*nt h r4wfaitîpii^u«ikttde l*£**did«s*etftm# dirent sur les vainqueurs qu'ils eafcncèrest» Ct tttftH pallia l'armée française; la nouvelle de la perte de 1% Bataillé arriva â Vienne au m,oment ou Ton ; célébrait Fa victoire anftàgcéç.

Le 2 mai, * lé bataille de JLii tien, les Russes et les. P*u*sitfn» vaitKfutretot jutqfcfil ttpis Btetim <fa sdfr. Ife ctoanteietot dé}* lf| wfcpre, fer*qtwr ieprltaceEugërté; qui était dirigé sur teipxick avec son <Xtfp$ d'armé* fort de vingt-cijiq ^Ipbanrçoeé, entfcndaiat fç Cation^ et jugeant que c'était l'e^meint <guî engageait utre for; taille contre Vempçr&tt, c%a#geaf ton* â cottp tfe dk faction , maYeàa à. Vetmeiïrt Victorieux; jusqu'alors f faftaqua avec vigueur, le* b*fttf e* lui arr^tba les, lairrieus qu'il avait cueillis. '

Voilà dés exemples, auxquels on pourrait eti ajoute*! Kâtuconp çfsjutjcs psfi*1 d#ns PJ^fpife" tfç tÇtff$r ")4C guerre^

pée ./Farinée ennemie ftiyait comme la nètre j gue le duc de Wellington ne put jamais rallier* douze mille hommes ^ et que l'infanterie prusr tienne qui^ deux jours auparavant^ avait été si taialtraitéej, ne se ralliait plus.

Tel était l'état des choses quand l'empereur abdiqua ej fqt- remplacé par un gouvernement provisoire ,. composé de Fouché , Quinette-i Çaulincouri^ Garnot et Grenier.

Aussitôt on s'occupe de' l'organisation d'une nouvelle armée soUs les murs de Paris ; le commandement en e$t pris par le maréchal Davoust ^ alors ministre de la guerre, qui établit son quai>tier-générsjàlaYillette, II donne des .ordres eç assigne des, postes à. diflfere.ns* généraux; Le ma-? çéchal Grouchy quitte son commandement jf «Yandamme lui succède.

Dans la position qù était le corps d'armée de Grour T?by , ce maréchal devait %pu%: hasarder. Il est des -cas .'pu un général doit passer, par-dessus certaines règles^ qty L'audace doit ramener la fortune par un coup ex' traordinairej ... . . . y

On pouvait tout faire avec quarante mille français* C'était une armée, qui, conduite clans cette circonsT ^ance par un général d'un caractère fort, d'un, génie entreprenant, eût attaqué, taillé en pièces les débris épouvantés del'arméeducluc^e "VYel}ington et achevé de consterner l'infanterie prussienne , qui fuyait eij déroute depuis trois jours.

Mais beaucoup de généraux se battent ^et tr^s-peij savent se servir de la fortune.

Àu milieu de ces préparatifs, le codage renaît dans les cœurs. On n'a point oublié le siège de Hambourg et la résistance du maréchal Davoust. C'est le même chef militaire qui s'est choisi pour commander à une armée de Français, capable de tous les genres de déyQuement.

Les fédérés de Paris rivalisent de zèle ayec les soldats de Ja ligue,. Us ^epianjiçnt des armes et veulent partager les„ dangers et la gloire des défenseurs de la patrie. .

On se. plaisait, à^pçn^er que $ous Içs murs dç. Paris , en présence de ses habitans , non-seulement le maréchal Davoust renouvellerait ce qu'il avait fait de bien , mais encore qu'il se surpasserait ; qu'il pourrait, dans ces grandes cir-r constaiices, devenir le Sauveur de son pays..,. Hélas ! combien on était daiis Terreur ! ! ! Ses talens, son génie, son âmè refusèrent de s'élever à la hauteur de sa position." Il rie sut pas nous conserver le droit de rester une nation, et nous succombâmes sans grandeur, sans dignité, sans combat et surtout sa Js vengeance î . . . .

Pour s'assurer la jouissance paisible de sa for-* tune et de tous ses privilèges, il trahit à la fois, comnie ses complices , notre confiance , notre gloire , notre hbnneùr et toutes nos destinées. La France fut en proie à tous les déchiremens, et bientôt les généreux défenseurs de son indépendance restèrent proscrits et martyrs àe&s ^ertus les plus sublimes.

Lé *o*p* $***&, wmià «m Ftois par le timréehal Gtauéfef * c0diB|aitdé akrt pat» Vàttdûmme> était doue fm de qifcmnte nritt^t hommes ^ ci-, ¥ * . < * • « * t • ♦ 4°^°°^ ';

Ace^orpêÉejoignireûfa^à^miUe >

homn^eséchapp^ideWatfctioo^ci, t $7>OOa ,

Plu5 4e 4ii mifle* hônuiaeA de & garde ^ ci* , , , » , * . <> f • „ -, * so^oc» .

t)e k gftrâisèà de Rt*lè ^ et tfr&dé* dépôts les plus voisins; htit MiBé feemmefrj éit * * ♦,,,,. r * • - S^ooa

Ainsi 1 'année réunie sou* les murs de Pari* comptait déjà plus de quatre-vingt cinq milfe lio^imesj dont vingt-cinq jpille d'excellent* cavalerie j et au moins cinq cents pièces d'artil* ferie attelées. QuW ajoute à ce nombre i5 i lS mille fédérés^ presque tous ancien* militai^ Te* , quij chaque jour A venaient s'offrir et dont on ne pouyait contenir l'ardeur ^ puisque inaK gré le refus qui Iqjxç fut fait de les admettre ' dans les rangs^ ils s'avançaient en tirailleur» e\ harcelaient l'ennemi } e\ l'on Terra <jne Ton était dç*~kur4 an état d'ppposer plus de cent paille twnwe* à 6a mille Anglais et Prussiens fatigué* et affaibli* 4 autant par la bataille de YYaterloa n que par les de^ journées cp*i l'avaient précédée v

(ii)

& Wtopas tcttfc Montmartre, &èÙàntii% MzsmkMontant et h Viliette étaient défenétt* parties positiensustranchées, que la garda nationale pouvait occuper au besoin , et l'on doit foire entrer Comme moyens accessoire»; dont on, pourrait se servir dan* les opérations mili* teires sou* le» mur* de Paris j l'emploi de cette gprdedans k» postas retrandi& lorscpae l'armée* aurait agi.

Ainsi les avantages du maréchal Davoust étaient immenses. H avait pour lui le nombre des troupes^ les positions, les connaissances locales et, sur-tout ^ l'intrépidité du soldat , qui j depuis ijqi j n'avait jamais été plus disposé k Combattre^ ni mieux persuadé de la nécessité d^ irainçre.

Le moment était propice. Des Russes s'avan* client lentement et étaient à plus de 2 $ journée* âo marche. Les Autrichiens n'avaiéjit pas encore passéleRhin^ètlesBavarois^aun£)pJ>re de tingt millej étaient à dix jonrnées.

On eAt dit que ces diverses armées hésitaîei*t et attepdaient^ pour sVn^ager, le résultat de quelcjues opérations > ou^ pour mieux dire> quel caractère de fqrcé et d*érie*gfe la nation déve* lopperait. Au milieu dun peujfle brave et aguerri j qui redoutait d'être asservi ^ les allies devaient craindre les dangers de la guerre dïs-* paghé.

Les corps de partisans étaient organisés et les

dispositions tellement en faveur d'une ré&istattcë nationale, que sion leur eût donné une boniiê; direction , les lauriers de Waterloo pouvaient encore être changés en cyprès.

Lès' Anglais et les Prussiens étaient donc jus-^ que là, les seuls engagés dans la lutte, et lé inaréchal Davoust, les sachant harassés, affaiblis et dans la plus fausse de toutes les positions, avait en main plus qu'il né fallait pour les dé-* truire. '

Que fait-il cependant?- Au liéiï dé marcher contre eux et de les combattre, il reste dans l'inaction et se laisse insolemment prévenir par le généralBlucher, qui le haïssait personnellement et qui, la veillé, à une lettre qu'il lui avait écrite, lui fît la réponse la plus outrageante que jamais homme de cœur puisse recevoir, et qui ^ pour mettre le. comble au mépris qu'il faisait de lui, passa la Seine et'vintlebraver jusque dans les lignes de Mont-Rouge .

La hardiesse de ce mouvement, en présence de l'armée française, supérieure en nombre, çt sur un seul pont qui venait d'être livré par la trahison d'un misérable garde national nommé Martinville , est une de ces opérations qui ne peuvent admettre qu'une explication..,. Le lecteur là. fera.

Néanmoins, poussé par les remarques, letf inurmures et les observations pressantes des gé-

"(>7) îiérattic qui ayaiént Connaissance d'un mouvement si étrangère maréchal Davousi parut sortir de sa léthargie et se mettre à fat suite de l'ennemi cfoi était parti d'ArgeuteuiL

En conséquence, il ordonna au général Vandamme dé mettre en marche, sur Versailles, la cavalerie de l'aile gauche, composée de six mille chevaut et commandée par le général Excetiftans. Ce corps, qui partit de Mont-Rouge, devait être appuyé par le 4e corps d'infanterie, fort d environ 1 5 mille hommes, quecommandait le général Vichery, et lequel devait déboucher par le pont de Sèvres.

La cavalerie de 1 aile droite, fo*ta de i4 mille chevaux , où se trouvait celle de la garde avec son infanterie et cinq mille hommea pris dans le corps du comte d'Erlon, devaient déboucher par le pont de Neiiilly et agir de concert avefc le mouvement qui sa faisait par la gauche ; * c'est-à-dire qu'une attaque générale semblait être combinée etavoir heu. I^e maréchal Davoust s'était réservé le commandement de «cçtte colonne.

Eh blenl qui le è*oîra? Après ces préparatifs, auxquels la journée fut employée, et qui pou- Client être plus prompts, il n'y eut que le général Excehaam qui exécuta son mouvement et qui s'engagea , croyant être soutenu. Aussi fuV-U réduit à 4$s proprés moyens de cavalerie. Le

général Vandamme ayant, saa* l'en avoir feit prévenir, envoyé l'ordre au général Viehery d arrêter sa marche et de reprendre ses pointions, on apprit aussi que le maréchal Dtvoust en avait fait autant, et que c'était par ses ordres que l'offensive se changeait, toul à coup, en dispositions purement défensives;- cequi prouva, jusqu'à l'évidence } que loin de vouloir s'opposer aux ennemis, ce maréchal ne voulait pas même manœuvrer devant eux. Il ne chercha , ni à connaître leurs projets , ni à leur faire illusion, ni à les induire en erreur sur ses desseins, ni enfin à profiter des fautes qu il pouvait leuiffaire commettre.

* Cependant /le général Excfelmans avait rencontré près de Versailles, les premières têtes dès colonnes prussiennes; il les attaqua avec là vigueur qui est dans son caractère, culbuta et détruisit entièrement deux régimens de hussards forts de 1200 chevaux, mais ce gênérrl n'étant pas soutenu, et sa cavalerie dans un pays coupé et boisé, ne pouvant empêcher l'infanterie ennemie de se former sur la rive gauche de la Seine , il fut forcé de se retirer et d'abandonner ainsi une victoire certaine* Quelle différence si le maréchal Davaust, après s'être déterminé, au moins en apparence ^ à l'exécution d'une entreprise nécessaire et indispensable, en attaquant sfcr les deux rives de la Seine, n'eut pas changé de réso-

îmion! Les Prussiens surpris à leur passage, ayant déjà eu une partie de leur cavalerie détruite «t n'ayant qu'un seul pont pour se retirer > étaient dans te -danger les plus imminent. Mais le génie de la guerre ^ non plus que le sublimé instinct des âmes fortes et libérales ne présidaient plus depuis, long-temps à nos destinée»; et lé général Ëxcelmans; malgré ses brilkus succès , fut contraint à céder le terrain pour être après témoin de la plus honteuse catastrophe que puisse éprouver une armée toute nationale ayant le sentiment de sa force y de sa dignité et des grands intérêts qu elle était appelée à éé*fendre. ...

Le maréchal Davoust, comme on le. voit> résolu à ne pas combattre y se contraignait > tant qu'il le pouvait > en présence défi généraux dont l'âme était élevée. Il tenait le langage de l'honneur et envoyait, à leur i»u, cha?que jour y aux camps des ennemis demander h$ paix. dans ses intérêts particuliers et dans ceux des hommes- à qui il s'était réuni. L'armée > forte de son courage > espérait encorç en son chef qu'elle croyait digne de sa confiance y et attendait > . . avec impatience r le signal du combat sans vouloir le devancer. Rien n'ébranlait sa constante ardeur , au contraire,, si elle eut pu ,sç douter un instant du trafic de ce maréchal , sonindignation aurait été tellç,. qu'elle appaR agi > à son égard x oomme nos

(aa) .ancêtres firent eu &53 en vers le Èûi -Ci&r taire (*).

Mais le maréchal Davowt dissimulait. Dp»lait bataille devant l'armée française , convention et reddition aux ennemis*

Déjà les Bourbons,, qui avaient signera Gandy le traité qui stipule le» cause* pour lesquelles ils furent ramenés ; et dont parlera larpostérité la plus reculée ^ suivaient encore une fois à Ja piste l'armée anglaisç, protégés par le duc de Wellington. Ils traitaient avec Fouché et Davoust par 1 entremise du baron de Y itrolles > que Fouché avait fait sortir du château de Vmcennes , où il était détenu comme prisonnier d'état.

Ce baron de Yitrolles se montrait d'une har^ diesse qui décelait ses intelligences avec ceux qui nous conduisaient dans le précipice. Il était initié à tous les mystères, à toutes les trame». U les dirigeait lui-même et faisait part de tout ce qui se passait à la cour qu'il servait. Il parlait aus hommes d'un caractère noble, de sacrifices à faire pour le bonheur de la patrie ; de ht né-

(*) Le roi Clotaire voulait accorder la paix aux Saxons, qui lui offraient une grosse somme d'argent. L'armée, au contraire, demandait a combattre. Grégoire,, de Tours, raconte que les Français se jetèrent alors sur la personne sacrée du roi, déchirèrent sa tente , et qu'il aurait couru les plus grands dangers , si * à l'instant , il n'eut conduit sa troupe à l'ennemi.

c«*$ké de se rallier i Louis XVIII , contre les étrangers qui annonçaient des prétentions outrageantes ; de concessions que ce prince ferait, en remontant sur son trône , attendu qu'il reconnaissait ses fautes et qu'il brûlait de les réparer. Enfin tout ce qui peut émouvoir et séduire des coeurs généreux > fut mis en jeu par ce M. de Vitrolles y qui agissait sous l'égide de JFouohé et du pusillanime Davoust.

; Il se hasarda à paraître à la Y illette > dans une réunion où se trouvait ce maréchal ^ avec une amputation de la chambre des représentant et environ doitte généraux , parmi lesquels je me trouvais.

MM. Arnauhj Garât y Jay, Laguette^Mo*^ aay et le lieutenant-général Dejan étaient de cette réunion. A la vue du bartm de Vitrolles > «ont prit la teinte sombre de l'étonnemèAt et de la défiance. Chacun ffn particulier vit nos espérances trahies y et quel but Fouché et Davoust voulaient atteindre. Le général Dejan y ne pou^ vaut contenir son humeur y dit qu'il était«facile de vfrir que la nation devait être immolée aux ambitkms personnelles > puisque les agens d'une famille repoussée osaient se mêler parmi nous. Il rappela ensuite le souvenir du manqué de foi de ceux qui voulaient dominer , la violation de leurs promesses , ce qu'ils firent perdre à la nation y en voulant étouffer jusqu'au souvenir de sa gloire, en là sacrifiant a leur orgueil; à

leurs passions > en là vouant en un mot à la n£» sère et à l'ignominie. »

M. Laguette-Mornay y homme de beaucoup d'esprit, de lumières et de zèle patriotique , qui a perdu un bfas en combattant les ennemis de son pays, noble par le hasard de sa naissance > plus noble par ses qualités «et ses principes , parla aussi suç, les circonstances ., dans l'intérêt de l'honneur national. Il s'attacha surtout à démontrer combien peu on devait se fier a cette nombreuse suite de revenons, lorsqu'on les avait vus , sans respect pour eux-mêmes , trahir leurs sermens. Son raisonnement r ses manières , son éloquence et surtout la force des vérités qu'il exprimait confondirent M. de Vitrolles et couvrirent de confusion le maréchal Davoust y qui n'en resta pas moins sourd aux inspirations des sentiment les plus généreux.

J'observerai ici que depuis la réunion de l'armée sous les murs de Paris, on ne vit aucun de ces actes qui annoncent dans un chef le dessein d'agir avec vigueur , de soutenir notre renommée et de< mériter , par une entreprise généreuse, la reconnaissance de tout un peuple. On n'employa aucun de ces véhicules qui échauffent et animent la troupe, aucun de ces ordres du jour qui flattent et font rtressaillir- le cœur des braves appelés à la défense de la patrie. Aucune revue passée ; aucun exemple .donné , rien enfin de ce qui peut soutenir l'enthousiasme des ver*

U*< militaires i« fut mis çn usage, quoique' pointant un reste frappant des mœurs et dit caractère républicain se fît généralement remarquer y et. que la valeur de nos soldats fût encore la même qu'au temps où elle commandait aux nations létonnement et 1 admiration.

Insensibles à toutes ces choses , le maréchal Davoust et Fouphé ne semblaient méditer que la destruction de l'armée y combiner les moyens avec les obstacles ^ corrompre , entraîner, épouvanter Paris par des. dangers imaginaires, en liant tout leur système à la seule considération de leurs intérêts, sans aucun égard pour le vœu< national «

Il n'entre pas dans le plan de cet écrit de Retailler les moyens odieux employés par le président du gouvernement provisoire; Toute Ifi France sait 'à peu près la conduite qu'il a tenue. Rappeler toutes ses turpitudes, ses menées, les iutrigans qu'il a fait agir , les )personnes qu'il a ipises en arène , n ajouterait rien> à Vidée qu'on eu a .. L'opinion étant actuellement fyrée sur son compte, assez d'autres se chargeront de cette tâche plus dégoûtante que difficile-. Je in& borne à mon sujet.

r La conduite plus.qu équivoque du maréchal* Davoust ne pouvait échapper à la s^cité d$ beaucoup d'ofiiciers* Plusieurs généraux l'ayant pénétrée, et pleins dune jusle inquiétude. , résolurent dp le forcer ^ pour ainsi dire ., à prendre

*ne attitude plus conforme aux conjoncture où on se trouvait, à ne passe contenter de voir le mal sans aviser aux moyens d'en prévenir un

En conséquence , ils provoquèrent la réunion qui eut lieu le 3o juin, à une heure après midi > au camp de la Villette. Là, ils s'exprimèrent sans détour , et demandèrent qu'il fût pris une resolution qui déterminât F exécution d'une entreprise nécessaire et indispensable, Le résultat de cette conférence fut qu'on devait attaquer l'ennemi sans délai ; qu'on avait déjà trop tardé à le faire , et que cette attaque était urgente. On reconnut qu'il y avait autant de honte que de danger à souffrir plus long-temps, devant une grande capitale, un ennemi qui venait nous y braver. Il était facile de voir que cet ennemi ne serait pas si audacieux, si nous ne lui avions pas montré une timidité lâche et honteuse. Il fut décidé de périr plutôt les armes à la main, que de souscrire à des conditions déshonorantes.

Ces sentimens furent consignés dans une adresse aux représentons de la nation. Tous les généraux présens la signèrent, et la firent signer au maréchal Davoust lui-même. Si les résolutions prises alors eussent été suivies, la France était sauvée. Du moins un général anglais, ivre d'un succès inespéré, commandant, pour ainsi dire , Pavant-garde de la coalition , n'aurait pas cru qu'il lui avait été donné de

(*5) triompher de la France libre ; qull en était le véritable conquérant, et qu'à lui seul appartient le droit de lui imposer un prince , vassal de son maître, et un gouvernement de son choix.

Les empereurs d'Autriche , de Russie et le roi de Prusse, qui, en 181 4, furent indignement trompés , et qui ne pouvaient plus l'être désormais sur le vœu presque général des Français , seraient intervenus chacun avec leurs intentions personnelles, et dégagés de l'influence de nos intrigans. De nouvelles réflexions sur un aouvel état de choses nous eussent pu ouvrir des chances favorables,

■ Dans cette hypothèse, l'armée eût exécuté avec courage tout ce que sa dignité, son ancienne gloire et l'honneur lui ordonnaient. Nous étions ^encore une nationbelliqueuse, qui, en déployant un grand caractère, aurait commandé l'estime et l'intérêt ; au lieu qu'en traitant ignominieusement avec les Anglais, nous avons été abandonnés à toute leur perfidie, et nous avons suc-' eombé, il faut le répéter , comme une vile populace qui ne sent que sa faiblesse. Nous avons reçu la paix, non pas comme condition d'un traité raisonnable et véritablement accepté y mais comme des esclaves à genoux la recevraient d'un maître ou d'un conquérant barbare ! . . . • .. Pour l'honneur de l'armée française , je doia rappeler ici l'adresse que firent, en son nom, «es généraux , aux représentons de la nation*

C est là dernière marque quelle donna de son dévouement à la patrie. C'est la résignation sublime dés. Grecs aux Termopylcs, avec cette différence que Davoust n'était pas un Léo nid as.

« Représentais du peuple ,

» Nous sommes^n présence de nos c?nriemis. » Nous jurons, entre vos mains, et à la face du » monde , de défendre , ju&qu au dernier sou- » pir , la cause de notre indépendance et llion- » neur national.

,» On voudrait nous imposer les Bourbons , et » ces princes sont rejetés de l'immense majo- » rite des Français. Si on pouvait souscrire à » leur rentrée, rappelez -vous, représentais, » qii'on aurait signé Je testament de 1 armée , » qui , pendant vingt années, a été lepal/àdium » de l'honneur français.

» Il est , à la guerre , surtout quand on la » fait, aussi long-temps , des succès et des re- » vers. Dans nos succès on nous a vus grands et a généreux. Dans nos revers, si on veut nous » humilier, nous saurons mourir. ^

>> Les Bourbons n'offrent aucune garantie à f la nation. Nous les avions accueillis avec le$ » aentimens de la plus généreuse confiance ; » noua avions oublié tous les maux qu'ils nous » Savaient causés par leur acharnement à vou- » loir nous privfer de nos droits les plu& sacrés. » Eh bien ! comment ont^ils répondu à ' cette

» confiance ? Ils nous ont traités comme re- * belle** et vaincus»

» L'inexorable histoire racontera un jour ce » qu'ont fait les Bourbons pour se remettre sur » le trône de France, Elle dira aussi la con- » duite de l'armée, de cette armée essentielle- » ment nationale , et la postérité jugera qui » mant^it mieux l'estime du monde.

» Au camp delà Villçtte, le 5o juin i8i5. » (Suivent les signatures.)

, On doit remarquer , par cette adresse , que les généraux sentaient vivement la position de l'armée et c*Ue de la France. Il faut. en excepter , pourtant, h général Haxo , qui , après 1 avoir signée , fut assez lâche pour cflacer 3a signaiurç* Il a depuis été choisi pour condamner à mort le général Bertrand qui est à Sainte-Hélène, le général Bertrand, son camarade d'études et soi* compagnon d'armes. . » r

» Les députés , entoyés en mission près de larmée y s exprimaient à peu près de même dans fe rapport que, fe.*eï\ juillet, ils fixent, à leur retour , k la chambre des représentais Après, nvoir lais.se deviner quelle était la main iavi^ sib]e,qui paralysait cet ê^n généreux et semait partout le découvageineKt, le mensonge , htdéfiance et la crainte, on remarquait, entre autres çhosçp, le passage relatif au retou* des. .Bourbons.

( i« ) « Le chef de cette famille, vodKk-il vrai- » ment le bien, il ne le pourrait pas faire. La j> multitude qui l'accompagne lui forcerait né- » cessairement la main. On ferait bien quelques » promesses y mais on y manquerait aussitôt » qu'on en aurait le pouvoir. Tous ceux qui » ont combattu depuis 2& ans pour la liberté , » et ceux qui ont particulièrement combattu » dans ces dernières circonstances , seraient » considérés comme des rçbellep. Leurs succès T a» leurs infortunes seraient des titres de p*os- » &ription« Les acquéreurs- de biens nationaux ^ » qui forment , dans la nation y une masse si » considérable , seraient dépouillés violemment -» de leurs biens» Les habitansrdes campagnes y> seraient opprimés par leurs petits seigneurs» » De nouvelles Jacqueries seraient le résultat » des atteintes portées à l'égalité proclamée de* » puis 25 ans , etc.*.» »

Tous ces pressentimens n'étaient que trop bien fondés ; aussi étaient-ils appréciés , et ladresse de. l'armée fut-elle reçue , au milieu des plus vifs applaudissemens , par la chambre des représentants. L'impression en fut ordonnée à vingt mille exemplaires. Il en fut envoyé danà tous les départemens; et le lendemain on la trouva affichée sur les murs de Paris. Il est de notor été qu'elle électrisa toute la France, tant il est vrai que tout ce qui avait le cœur tant soit peu français partageait, avec enthousiasme ^ les sçatknens quelle exprimait %

(29) Mais, il faut le dire, le maréchal Davoust la

désapprouvait, quoiqu'il l'eût signée. Il le témoigna hautement et la fit demander pour en retirer aussi sa signature. En ce moment le malheureux général Chatran s'était empressé d'aller laiaire connaître sur la ligne des camps; car les momens étaient précieux.

C'est une justice à rendre à ce maréchal qu'il n'a pas dépendu de lui qu'elle ne parut pas ; car, après avoir entendu quelques alentours , il envoya de tous côtés des officiers d'étatmajor pour reprendre cette pièoe afin de Fanmil 1er. Hélas! pour lui ,. il était trop tard. Elle avait été remise. On en avait fait usage à la chambre des représentons, et déjà elle était insérée dans lé Moniteur. Les journaux de Paris ont tous publié , lorsque l'armée fut derrière'là Loire /que Davoust n'avait pas signé cet adresse furibonde (c'est ainsi qu'ils eurent l'ordre de l'appeler ) , et rien n'explique mieux comment ce maréchal est aujourd'hui' si tranquille, tandis que les généraux qui sont restés attachés à la patrie et qui ont échappé k la férocité du parti royal , sont proscrits, poursuivis même au-delà des mers et assassinés par contumace.' -

Lorsque en Bretagne on connut la résolution de l'armée, j'appris, comfne on le verra par la suite , qu'un officier de marine fut envoyé eu toute hâte, de l'Orient, au quartier-gé-

néral du maréchal Davoust , qui se trouvait au château de Sources près d'Orléans.

Cet officier venait au nom de Tannée de mer, composée de 25 à 3o mille marins exercés depuis long-temps au maniement des armes ; il annonça qua ce corps se joindrait au moins autant de volontaires, qui n'attendaient qu'un signal pour marcher. Je sus aussi que cet officier ^ reçu le 10 juillet, attendit quatre jours et s*en retourna avec la réponse affligeante que l'armée n'avait pas besoin de la présence des braves.

Mais n'anticipons pas, et revenons au maréchal Davoust. Lorsqu'il apprit que l'adresse de l'armée était insérée dans le Moniteur } il devint furieux et dit entre autres choses , au général Chatran, en lui reprochant son empressement à la porter à la chambre des représentons, qu'il donnerait volontiers cent mille écus pouç ne pasl' avoir signée.

Cet infortuné général a été peu de moi§ après M assassiné juridiquement à Lille. Il avait de plus contre lui <en cette circonstance l'honneur d'a7 ^oir, par ses harangues , échauffé ]p zèle des dé-^ fensçurs de la patrie. C'est à cette cause , plutôt qu'à tout ce qui en a été le prétexte , qu'on, doiç attribuer sa mort !• • demeuré en France après les odieuses concessions qu'avait faites le maréchal Davoust en livrant sa patrie,. Chatran devait périr ï...

Dans la matinée de ce même jour, ce maréchal, qui ne voulait que gagner du temps , fit appeler quelques généraux, mais séparément ; avec quelques - uns il fut doux , affable, poli; èmployaNavec eux cette finesse qui triomphe si souvent de la franchise ; avec d'autres il se plaignit avec aigreur, de ce qu'on paraissait vouloir le forcer à passer pqr-dessus toutes les considérations, les périls et les obstacles qu'il fallait braver pour aller à 1 ennemi. En prenant l'offensive, disait-il , on allait tout faire échouer /au lieu que l'on pouvait profiter de beaucoup d'avantages en négligeant les conseils de ceux qui ne poussaient à des résolutions si téméraires , que parce qu'ils n'étaient pas responsables.

Il lui fut répondu, par le lieutenant-géné- *al *** , « qu'en faisant le contraire de ce qu'il *> fallait, cette responsabilité, qu'il paraissait » craindre , pourrait un jour peser sur lui d'une » manière ter riblej qu'un général était toujours » justifié, lorsqu'il tentait ce qui n'était pai » impossible ; que s'il réussissait , il acquérait » de la gloire* en servant son pays, et que s'il » échouait, on ne voyait en lui qu'un homme » courageux qui avait cherché à faire ce que la fc nécessité et l'honneur lui ordonnaient ; que * nous avions des f prces plus qu'il n'en fallait » pour faire tète aux ennemis qui étaient en » présence ; qu'il ne doutait pas des ressources

» qu'on pouvait se procurer, et qu'en attendant » il y aurait plus que de la pusillanimité à ne pas » tenter la fortune ; que nous étions à la vérité » menacés par cinq à six cent mille hommes , » peut - être davantage , mais que ces forces » étaient très-éloignées, et que nous avions d'ail- » leurs aussi des moyens immenses qu'il fallait » utiliser -, qu'il serait peut-être possible que » nous fussions contraints de traiter un jour ; » mais que jusque-là nous avions de grandes » chances qu'il fallait courir, »

Avec notre expérience de la guerre , on ne conçoit pas avec quelle légèreté on parle de cinq à six cent mille hommes à faire mouvoir , sans parler aussi de la manière de les faire vivre. Ces idées sont malheureusement accueillies même par des militaires de bonne foi , qui n'ont pas assez étudié l'état qu'ils professent , senti leurs obligations et médité sur les circonstances où eux-mêmes ont vu échouer, par cette difficulté , les entreprises d'ailleurs les mieux concertées.

Les attirails et les embarras que traînent , à leur suite , d'immenses armées , les obstacles que produisent , dans des combinaisons sans nombre, la nécessité de les substanter et de ïégler leurs mouvemens dans un pays couvert de guerriers , devrait pourtant fixer l'attention et dissiper un peu les illusions mensongères.

Et sans aller bien loin chercher nos exemples,

ïi est-ce pas précisément par un tel système , celui d'envahissement par une multitude d'hommes ^ que nos malheurs commencèrent et que nous fûmes bientôt livrés à toutes les horreurs de , la famine , aux maladies et à la misère ? . . . ,

Nos ennemis eussent eu affaire en outre à des adversaires qu'ils ne pouvaient intimider et qui combattaient sur leur terrain ; à des armées de .citoyens, dont la science et la valeur ne leur cédaient en rien y à une nation courageuse, qui, bien conduite, pouvait encore être redoutable, vu l'ascendant que des armées nationales ont dans leur propre pays au milieu de places fortes Lien gardées et bien approvisionnées. Les coalisés avaient tellement reconnu ces avantages, que même après labataille de Waterloo, ils hésitèrent , long-temps à s'y engager .

, Leurs forces d'ailleurs , qu'on a tant exagérées, n'étaient pas supérieures à nos moyens , «puisque, par nos lois, tout citoyen pouvait devenir soldat. Ainsi , ce qu'en apparence , nos ennemis gagnaient peut-être dans l'opinion par le. nombre , ils l'eussent bientôt perdu en réalité par les obstacles naturels ; par ceux que nous eussions fait naître et multipliés ; par la lenteur, l'embarras de leurs mouvemens, les rivalités, les soupçons et la défiance qui seraient survenus entre eux; enfin par la difficulté de subsister... Tout porte à croire que s'ils eussent vu prendre lui gouvernement provisoire , une attitude pro-

aèncee, que là nation était disposée à Soutenir y ils se fussent empresses de faire la paix sans s'octfuper des Bourbons.

Encore une fois rien A est plus facile qite d'or* donner à une multitude d'hommes de marcher $ jftais aussi rien n'est plus difficile que de les faire vivre. Sachons donc réduire les choses à leur valeur réelle et repousser > de toutes nos forces , ces erreurs et ces mensonges propagés par la mauvaise foi et l'ignorance.

Je dis par la mauvaise foi > parce qu'on s'ef* force de vouloir faire croire aux Français qu'ite fee pouvaient pas se défendre ; «t c'est parce que t<!Kit tend à. Je persuader à mes compatriotes afifc de les décourager et de les maintenir sous le jotig ■tife la servitude, que je regarde comme un dévoir Sacré de les détromper. Il faut empêcher, autaïit que possible, que les préjugés funestes ne détrui-» «ent les vertus nationales ! . . . *

Je reviens à Davoust. Ennuyé des objections qui lui étaient présentées et des contrariétés qufe fca marche éprouvait, ce maréchal trancha toute question en annonçant que , dès le même jour , il serait terni ùncofciseil de guerre qui prononcerait sur le parti qu'il faudrait prendre, et qu'il se réglerait sur sa décision. Dès ne jour , «n effet, pour paraîiser l'armée et neutraliser • ses dispositions , ce prétendu conseil de guerre fut convoqué. Mais on eut bien stoin de n*y appeler qu'un petit nombre <le ceux dés généraux

(55) qui avaient des commandement Ou s' empressai d y admettre au contraire % les maréchaux qui pétaient retirés 4e l'armée depuis qu'elle n'était plus heureuse ^ et quelques homme* également riches et encore avides ^ qui^ sous la premiers festaumtioify y avaient été caressés par le* Bour-* hons,

La discussion ne fut pas longue. Il fut décidé qu'il était impossible de défendre Pajds; et la France fut mise à la discrétion de ses plus impla? cables ennemis,

Gomment avoir osé prononcer un pareil blas« phême y quand le maréchal Marmoat lui-même avait arrêté en *8i4 toutes les forces des allié* avec moins de vingt mille hommes ^ et que celle capitale n était pas fortifiée comme elle le fut depuis?

Je n entends pas ici dire qu'il fallait défendre Paris comw on défendrait Lille y. Stras** bouFg ou toute autre place assiégée * Mais jeutends prouver que cette grande capitale > n'était pas alors dans le <$s. de craindre une attaque A puisque 1 ennemi n avait avec ltn ni grosse ar-~ tillerie ni une armée assez^ forte pojor uneopénation de ce genre; fa nécessité de défendra Paris n& pouvait feire l'objet d'une question ^ ta réponse était dans le çcenr de tout bt>mm& d'honneur ^ actif et entreprenant * ne fiât il pas même très-habile % Il se serait regarda ÇQWioe occupa m çr.and camp retranché ^

duquel il serait sorti à volonté pour attaquer ; . surprendre et ruiner son ennemi, quand* celui-ci eût une ligne environnante, ou dé circoiivellation , ce qui n existait pas. Il eût senti ces avantages qui étaient immenses et qui n'eussent pas échappé à un général de tête bien intentionné, n eût-il pas même, je le répète, très-bien entendu la guerre.

Avec vingt mille hommes d'une cavalerie , excellente , il n'est pas d'entreprises qu'on n'eût faites avec succès. Douze mille chevaux plus ou moins pouvaient être jetés sur les derrières de l'ennemi avec l'artillerie nécessaire à telle owl telle opération; tandis que, manœuvré et attaqué sur d'autres points avec vigueur, il n'eût plus su ou faire tête. Voilà des vérités que tout le monde comprendra.,.*

Mais à présent, messieurs les membres du conseil impie et sacrilège, la France vous le de-»mande, dans la guerre de la révolution, avant que vous ettesiez passé de la pauvreté aux richesses et des richesses à la corruptien, eussiezr vous osé vous avilir ainsi ?. . . . Mentir de la sorte à votre conscience?..,. Enchaîner si honteusement les destinées de votre patrie ?.... eussiezvous osé ne pas livrer bataillé avec plus de cent mille hommes et des ressources considérables comme celles que nous avions, et que je vais} continuer de présenter ?. . . -

IV quellq fatalité j vous qui avez été élevés

(37) et enrichis par la 'révolution , vous êtes-vous donc si indignement démentis ? Il est donc vrai que vos richesses ont anéanti en vous le sentiment de ce devoir impérieux , de ce dévouement sublime , qui jadis vous remplissaient d'une si-heureuse émulation pour la patrie !....

'Je ne perdrai plus de temps à réfuter vos assertions mensongères, qu'il serait d'ailleurs si facile de détruire. J'ose prédire que vos lâchetés déposeront long-temps contre vous-mêmes ; que malgré les lois plus que sévères sur l'émission de la pensée , on ne parviendra pas à étouffer la Vérité, et qu'un jour l'histoire dira combien , dans ces derniers temps , vous fûtes criminels.

O France, ô msf patrie! ne pourrai- je ni décrire tes maux^ ni te venger!!! Ah1, quoique la vérité soit un crime et le courage un danger, crois qu'il se trouvera des hommes <jui ne pourront pas plus se taire que t oublier ; crois que cette vérité si importante sera thromise à l'avenir avec l'appareil imposant de tout ce qui peut la rendre respectacle et sacrée...

Dans ce prétendu conseil de guerre , où l'on n'appela que ceux qu'il ne fallait pas y appeler , pourquoi avoir mis en question s'il était possible de défendre Paris ? Ce n'était pas là celle qu'il fallait poser , mais bien plutôt celle de savoir si cent mille Français étaient capables de combattre sur leur propre terrain soixante

(38) mille Anglo-Prussiens affaiblis x et campromU par leur incompréhensible position. Voilà ce qu'il fallait décider de bonne foi > et pour ceU il n'était pas nécessaire d'assembler un conseil ^ où l'on était assuré de trouver dés gens perfides^ d'autres irrésolus ^ épouvantés par des obs-r. tacles et des difficultés imaginaires. En pareille circonstance } un général bien intentionné eut senti l'immensité de ses obligations ; il eût connu toute l'importance d'une résolution prise sur lui-même, et digne des grands intérêts de la na^ tion ; enfin , il eût agi et non délibéré. Il y allait de l'honneur et du salut de la France.

Mais puisqu'on avait le malheur d'être en délibération ^ au moins ne fallait-il pas être $ coté de la question. On eût dû surtout > sentir qu'une trop grande prudence ^ pour ne pas dire plus , était un danger certain dans la position où on se trouvait.

Alors l'attaqne étant résolue y les Prussiens % qui s'étaient compromis en passant sur la rive gauche de la Seine avec une force d'environ trente mille hommes , étaient perdus sans res-» source \ maîtres de tous les pont$ de la capitale > nous l'étions de tons nos mouvemens x sans que le moindre obstacle pût les empêcher, Dans, une seule nuit nous pouvions opérer ^ et le ma^ tm nous trouver en présence du général JWu*-~ cher ) avec une force écrasante.

Ce général > qui était daas la plus &u&£&

position y ne pouvait s Attendre i être secourut des Anglais y qui eux-mêmes eussent été contenus par un nombre égal de tlos troupes y laissé sur la rive droite pour les observer et les combattre au besoin, fl lie fallait qu'une prise d'ar** ' mes } une simple démonstration de la garde nationale pour te& contenir. Ainsi «on n'avait qu'à vouloir.

Si une opération de cette nature se fiât faite avec célérité j si l'on eût attaqué avec la vigueur dont nous sommes capables } le général Bhïcher , sux*pris , était entièrement détruit ; puisqu'il n'avait , pour se retirer , q&e lle &eui pont du Pecq , qui hii avait été livré. ; le dis surpris } parce que l'ennemi ne s'était autant avancé Verfc Paris que par la connaissance qu'il avait du rapport du marédhal Ney tm sénat y et par i encouragement qu'il recevait des émissaires et des traîtres , qui le pressait d'arriver. Il dut penser /en effet , que les Français étaient aux àbôis , et ne songeaient pfhis qu'à implorer la générosité du vainqueur , puisque nosgafcefttfcis tenaient un langage aussi lâëhè y et que Fouché , en sa qualité de président du gouvernement provisoire , et sans y être autorisé par aucun de ses collègues, avait pu écrire , tfudnc de Wellington y la lettre la plus honteuse et la plus contraire à la dignité et à l'honneur de la nation. L'ennepii était donc bien éloigné de peuser qtt-une nouvelle armée s'était formée comme

( io ) par enchantement, et l'attendait sous les murs, de la capitale.

Les Anglais, qui étaient restes sur la rive droite de la Seine, il faut bien le faire observer, ne pouvaient rien pour lé salut des Prussiens. Ces derniers eussent été totalement défaits avant même que lé duc de Wellington etit été en mesure d'agir ; et , en supposant qu'il eût voulu secourir son allié , les troupes, en observation sur la rive droite, sortaient de leurs retranchemehs, que la garde nationale prenait aussitôt, le combattaient et l'arrêtaient à son premier mouvement. Ainsi les Prussiens attaqués et battus , il ne restait d'autres ressources aux Anglais que de repasser l'Oise pour attendre les secours de la coalition, et nous doutons fortement qu'ils eussent pu y arriver intacts ; car , avec vingt mille chevaux qu'on leur eût détachés , on les eût assez long-temps arrêtés pour les forcer à une action contre toutes nos forces réunies, qui les eussent écrasés et détruits entièrement. ;

. Alors la nation reprenait une nouvelle énergie» Ces opérations et la victoire qui les eût suivies, publiées dans toute la France, créaient de nouvelles armées. Tous les cœurs, tous les bras eussent demandé des armes. Eersonne n'eût hésité entre l'infamie et la gloire , entre la servitude et la liberté !...

Les armées , qui étaient déjà^commandées par

les généraux Lamarque > en Bretagne ; Clause!, À Bordeaux ; Decaen y à Toulouse- ; Brune y en Provence ; Suchet y en Savoie ; Rapp y en Alsace y et Le Gourbe en comte y eussent été innombrables. Dans une telle attitude y les alliés eussent été éclairés sur les véritables sentiment de la France, et la croisade de l'esclavage eût respecté nos droits.

Une levée en masse était tout ce que l'ennemi craignait. Nous en avons la preuve matérielle dans sa correspondance interceptée* par lies partisans y dans la Lorraine et dans la Côted'Or, Ils savaient que nos places fortes étaient garnies de troupes et bien approvisionnées. Nous eussions donc pu obtenir la paix sans avoir un gouvernement itnposé y et la pair alors eût étç. honorable*

L'exaltation des esprits dans l'armée était à son comble y quoique commandée par un maréchal peu habile. Si celui-cî eût pu entendre le cri de l'honneur national y il eût sauvé la liberté et la patrie.

A l'appui de ces vérité* % et pour donner aa lecteur une idée des ressources qu'avait la Frangée , de la route nouvelle que pouvait même> derrière la Loire y se frayer un homme tjui eût eu Jamwr de son pays , je.vais,. anticipant un peu sur les faits y rapporter en extrait ce qu'écrivait de Bordeaux au maréchal Davoust le générai Çlausel-, l'roa des hommes les plus dis-

tihgnés par tous les genres de courage;, de tâlens y de patriotisme et de sagesse.

On verra que puisqu'il existait encore de tel*' moyens après avoir abandonné Paris , et tout le beau pays qui se trouve de cette capitale a la rive gauche de la Loire y quelles forces écrasante» on aurait pu faire agir (trahison à part); avant la désastreuse capitulation.

Voici comment Clausel s'exprimait tandis que le maréchal n'était occupé qu'à paralyser et à détruire 1 armée pour la livrer à son successeur Macdonald, chargé de l'odieux emploi de la licencier. »

C'est la force irrésistible du raisonnement* C'est l'entraînante conviction.

« D'après les renseignemens qui m'ont été » donnés , j'évalue > M. le maréchal , votre ar~ » mée de soixante-dix à 80,000 h5

« Vous avez un parc de plus de » quatre cents pièces d'artillerie at- » telées. Nous pouvons en réunir » au moins 2 5o qui sont dans les pla- » ces et sur les deux littoraux que » nous possédons. J'ai sous mes or- » dres et prêt à marcher au premier » signal un corps de bonnes troupes j» de Kgne fort de . 17,00e

» Le général Decaen , qui est à

A reporter - % 97>*>oo h.

Report . . . . 97,000 lu » Toulouse , peut en réunir au » moins ♦ »» 12,00a

» Je ferai un appel aux brave* » fédérés des départemens qui sont » sous mon commandement > et je » réponds d en équiper et mettre » sur pied P en vingt jours «au plu* » tard , en hommes qui tous sau- » ront combattre comme de vieux «soldats . 22/>oa

» Je suppose que lemaréchal Su- » chet communique avec vous , et » que son armée est forteide vingt » mille hommes , ci * . . . . ^ • 20,00*

» Ce nest pas tout encore,* aux » grands maux apportons de grand» » remèdes. Je ne doute pas que » vous ne soyez secondé dans vo»

» efforts par le patriotisme des bra- » ves représentons y qui ont si no- » blement proteste au nom de la.

» nation (*).

» Si vous avezr, comme je le crois,.

» annoncé l'iiAention de défendre » à outrance notre indépendance x » ils doivent être auprès de vous»

À reporter. . . r5i,ooo iu

CX ^oir à la fia , cette proclamation

Report. . - î5ï,oooB.

» H faut vous» concerter avçc eux - » pour qu'ils fcssejit un appel au » peuple français , que par eux Tin- » surrection -soit proclamée sainte > f » nationale , et la résistance à kt * domination étrangère , le plus » sacré des devoirs,

» Vous verrez la nation se lever » en masse , et les département par » où l'ennemi peut pénétrer , le , » harceler , l'attirer dans des pièges » et le combattre avec acharne- » ment. Et supposer fl[ue cet appel » ne donne, que pi* mille hownes:

» par département , no\is en- avons » encore 49 qui ne sorti t pas; occupés, » et qui, par conséquent, peuvent , » donner une masse de; .• . ..-*•• >2q^qoo

» Qui , jointe à 1 5i mille présen- » tés ci-dessus, donne une force de . . 445,ooo h ^ » Sans compter les garnisons.

» Pour appuyer ce noble élan , il farcira. des » lors de circonstance qui servent à . seconder l$s » opérations et soutenir l'enthousiasme. C'est » aux représentans du peuple à prendre cesme- » sures avec toute l'énergie et la force d'âme -» que le péril commande. Il faut qu'une coince mission civile, nommée pat eux, procède à la

» saisie et la concentration de tous les fonds » appartenant à l'état; et qui se trouvent dans » les caisses publiques.

» II faut que des demandes en denrées soient » faites dans chaque département afin d'assurer » la subsistance de l'armée ; que des fournitures . » soient payées ; autant que possible ; en argent « et par rémission de bons qui -seront déclarés » première dette de l'état; et qui deviendront > » au. besoin , une monnaie nationale.

» Il faut proclamer l'affranchissement de » toutes espèces de contributions ^ pendant les- » pace de dix -ans ; pour toutes communes qui; -» à lapproche de l'ennemi rse lèveront en masse » pour le repousser ; que tout Français , pris » les armes à la main combattant dans les rangs » des coalisés; soit jugé et exécuté sur-le-champ ; » que toute ville qui ouvrira ses portes et dont » la population irait au-devant de l'ennemi y soit » punie d'une manière exemplaire et rigou- » reuse ; etc. ; etc. ; etc. »

Tels étaient; en partie y les moyens extraordinaires y mais salutaires , qui étaient proposés pour Sauver la France. Ils étaient proposés par un ami sincère de son pays, qui, long-temps ; avait contribué à sa gloire.

Certes , le maréchal ne pouvait se récrier sur les rigueurs de ces moyens ; puisque ; deux mois auparavant^ comme lùihistre; il avait envçyé partout des instructions itaprimées sur la ma-

nière 4e faire la guerre en guerrillas , et dont le* . terrorisme ne le cédait en rien à tout ce qui & paru dans ce gpnre.

Mais à qui étaient-ils proposés ? à un homme qui craignait de perdre ses privilégesjît sa for^ tune ; à un homme qui ne conservait aucun reste de grandeur ni d attachement à son pays y rien qui pût lui rappeler son ancienne gloire ni les beaux jours de son indépendance»

Si jamais ce maréchal, appelé à rendre compta de sa conduite ,, se rejetait sur le gouvernement provisoire; conjme n'ayant aucune vertu par lui-même^ et setayait> surtout; du président Fauché; dont il s'est fait le complice > il ne montrerait alors qu'un homme méprisable qui a voulu se conserver P à tout prix y sur les ruines de la patrie?. . . Car ; je le répète,; la chambre des représentant était là. Eclairée sur les complots de la trahison^ elle eut brisé facilement de vils instrumenS; dont le pouvoir émanait d'elle. Il eût donc fallu l'éclairer ? . . .

Ces vérités n'échapperont à personne. Mais je suppose qu en effet il se rejette sur Fouché; qu'il voirait du observer ; contenir et déjouer; dirat-il qu'il lui à défendu de combattre ? Le prou- TOra-t-il? Comment, par exemple; pourra-t-il expliquer la circonstance où l'ennemi s étant si évidemment mis en prise ; il n'en a pas profité pour le détruire? .... Il le pouvait; comrn^ je l'ai démontré; par une attaque bru$qme> fait*

.(47) & propos, il te pouvait même sàri* rien hasarder. Avouerai t«il que ce mouvement des Prussiens, en apparence téméraire, .attrait été concerté pour intimider Paris, remuer les esprits de cette capitale , et faire prendre le change à .1 armée française , sur la force et les moyens qui lui étaient opposés?... Oserait-il dire qu'effectivement il avait une armée , mais qu'il lui était défendu de la faire agir ; qu'il ne devait en faire usage que pour enchaîner sa valeur , la ruiner et nous perdre ?•••• Offrir les hommes les plus estimables en sacrifice, et mettre la France en servitude ? Ou , parot qu'il croit ne plus être justiciable de la ration, nierait-il qu'il avait une armée ?*... Cherchera-t-il à en diminuer là force au point de paraître avoir été dans l'impossibilité d'opérer ? Mais lui - même , à la chambre des pairs, dans les délibérations sur l'assassinat du maréchal Ney, n'a-t-il pas dit qu'il avait 25 mille hommes de cavalerie? Et tout le monde ne sait-il pas que le corps, ramené par Grouchy, était de plus de 4o mille hommes? Que les grenadiers et la garde étaient de 10 mille ; que plus de 27 mille soldats de la ligne , dispersés plutôt que vaincus à Waterloo # se sont également ralliés, avec leurs armes 9 6ous les murs de la capitale ; que; 5oo pièces d'artillerie en bronze ont été emmenées à Bourges , d'où elles partirent , par ordre des Anglais , atvec environ 700 autres pièces également en bronze qui n'étaient pas attelées , pour être

à leur disposition , à l'île de Ré ; qu enfin de* ressources de toute espèce se trouvaient dans la capitale?..»

Oh ! qu a du penser ce malheureux maréchal Ney, ce brave des braves, dont le courage arrê-» tait, avec des poignées- de Français, <$es armée* puissantes?.... Que dut-il penser, entendant un tel aveu , et lorsqu'il se vit, par l'effet de k trahison de son indigne collègue , interrogé par cette chambre haute, qui fut si basse et si atroce ?... (*) »

Mais, qui dut-il mépriser le plus, ou de Da-* voust , ou de ces fameux pairs de France , qui y en empêchant sa défense , n'eurent pas mêm^ pour lui, comme dit Montesquieu à l'égard de* Romains trafiquant d'infamies, cette justice de brigands qui porte un caractère de probité dans l'exercice du crime ?

Et quand bien même , ce qui n'est pas, 1 ar-> mée française eut été moins nombreuse que celte de l'ennemi , était-ce une raison pour ne rien entreprendre? Ne devions-nous pas un exemple à la nation? Etions-nous tellement dégé-

I (*) « C'était le sénat , dit Linguet , que Tibère

» choisissait pour ministre de ses vengeances. Il y » faisait accuser et juger, avec appareil, les infor- » tunés dont il voulait la mort. Par cet indigne abus i> des lois, il se ménageait le double plaisir de perdre i> ceux qui lui étaient à charge , et djç déshonorer » ceux qu'il laissait vivre. »

(49) aérés, qu'il fallût compter nos erfriemis pour

bous décider de lès combattre ?... n'était-il pas constant d'ailleurs que nos forces étaient doublées le jour où les Prussiens se sont séparés des Anglais en passant la Seine ?.... Français! j'en appelle à *otre raison !. /. Ne devions-nous pas enfin éclairer l'opinion et le jugement de la postérité sur cette époque si critique?.. Nous avions annoncé que la France était en armes pour la défense de son indépendance, et nous consentons à être vaincus et asservis par une seule bataille perdue !... Ah! pourquoi , pour son propre honneur même, ce maréchal ne publie t-il pas le journal de sa conduite , sa correspondance générale, les ordres qu'il a donnés, le plan de défense qu'il avait embrassé, les états de situation qui montreraient la force^ou la faiblesse de son armée ? . . Toutes ces pièces signées , des chefs de corps et des généraux auxquels il les aurait Adressées, ne répondrai t-elles rien en sa faveur ?. . . Il faut croire qu'il en^ désespéré, puisqu'il se taiu

C'est ici le cas de rappeler encore que si le maréchal Davoust eût été irréprochable, lui, qui en i8i4était odieux aux Bourbons qui l'exilèrent, il eût éprouvé au moins le mêmes traitement en 181 5; car il avait de plus corçimis le ërime irrémissible , selon eux, d'avoir exercé un ministère sous l'usurpateur à son retour de File d'Elbe.

.Disons aussi que, puisqu'il y avait des, \îs\è& de proscription , il ne pouvait , s'il n y était inscrit des premiers , échapper au reproche accablant d'avoir trahi la patrie j qu'un homme < loyal , franc et généreux eût voulu partager lç sort de ses camarades ; qu'il eût tenu à l'honneur d'être parmi eux ; qu'il se fût plutôt proscrit lui-même , protestant courageusement contre la violation des promesses et celle des traités ;.....,. mais un tel homme , à la vérité , se fût battu, eût sauvé son pays et n eût pas, capitulé.

Nous devons citer ici un fait qui nous paraît très-propre à caractériser la conduite du maréchal. Le premier juillet, i5 mille hommes, provenant des levées en masse de la Bourgogne et de la Champagne, arrivèrent dans la capitale. Presque tous avaient des armes, et le reste pouvait être armé de suite avec les fusils de l'arsenal de Paris et ceux de Vincennes qui en renfermaient 4*> mille.

Ces hommes arrivèrent en ordre par le pont d'Aijsterlitz , et furent bivouaquer près du ' Champ-de-Mars, derrière la garde impériale. Eh Bien ! ces malheureux, qui se présentaient pleins d'enthousiasme et de résolution, loin d'être accueillis avec transports, ont manqué de pain pendant le temps qu'ils y sont restés. Aucune administration de la capitale ne voulait faite droit aux bons délivrés par leurs commandans, et

(50 chacun les renv&yait des magasins, en Leur disant qu'on ne les connaissait pas dans l'armée .

Voilai des faits qui n'appartiennent à personne de contredire. Le maréchal Davoustne les ignorait pas non plus ; mais, comme nous ne l'avons déjà que trop prouvé, la perte delà France avait été consentie. Fouché croyait jouer, sous Louis XVIÏÏ, le rôle du cardinal de Richelieu r Davoust, celui qu'on aurait voulu, pourvu qu'il conservât ses privilèges > sa terre de Salygny et ses palais dans Paris ; et le prétendu conseil de guerre fut une comédie qu'on crut .nécessaire pour détruire l'effet de l'adresse de l'année aux représentansde la nation, enchaîner son courage, amuser le peuple et les chambres.

C'est ainsi que l'armée a été trompeeet la nation trahie* C'est ainsi que l'élan national aété paralysé; qu'a été conclue cette odieuse convention da 3 juillet, qui x en livrant la capitale contre le vœu des généraux les plus estimables, que l'on proscrivit bientôt, a couvert iiotre malheureuse patried'une honte éternelle *

Fouché et JDavoust ne sont pas les seuls à signaler et \ faire connaître . Le maréchal Soûl t ^ duc de Qiibêiwi plutôt que de Dalmatie , qui atrait à conserver aussi une immense fortune > passa également et touts-à-coup dans les rangs •des conspirateurs. Son crédit au conseil fut entraînant ; et nous voudrions en vain en douter > puisqu'il en fait lui-même l'impudent aveu.

Voyez son mémoire justificatif > pages 3ô, 5t et 32 ; où il s'explique en ces termes :

« Le ministre aurait-il laissé ignorer à S. M. » que dès l'instant où Bonaparte me permit d'ex-, » primer hautement mes vœux, il n'est aucun » ^effort que j,e n'aie fait 7 aucun danger auquel » je ne me sois exposé pour ramener j, vers no* » princes légitimes ^ et les troupes, et les cito- » yens, et les diverses autorités de l'état?.* May> t-on yu hésiter un seul instant à proclamer les. » Bourbons?*, Ne l'ai-j^pas fait au milieu de la. » chambre des pairs, dans le sein du gouverne-* » ment provisoire, en présence des généraux » réunis au conseil de guerre pour délibérer suc » la défense de Paris?... » ;

Que veut-on de plus clair et de plus positif?. . Au moins ce înaréchal avoue-t-il qu'il s'est exposé à tous les dangers pour trahir sa propre cause ,. et que y bien que la race des émigrés eut passé suc des monceaux de cadavres pour rentrer en France , qu'elle fût encore toute dégoûtante du sang Français qu'elle venait défaire répandre pan l'étranger > il fallait la vénérer.

Que de réflexions ne naisseijt-elles pas de la lâcheté d'un tel langage.?.. Elles sont vraiment dignes de l'attention des observateurs , des pu-t blicistes et des philosophes.

Eh quoi ! nous aurons vieilli dans l'exercice des vertus patriotiques ; nous aurons dévoloppé, dans le cours de la' révolution^ un courage e\

(») une persévérance admirés de toutes les nations f>

nous aurons couru avec joie tous les genres de dangers, arrosé de notre sang les contrées étrangères ; nous aurons combattu avec nos concitoyens , pour la cause sainte de la liberté!... et tant de sacrifices, n'auront servi qua illustrer ^ enrichir nos maréchaux et nous les entendrons encore avec impudence renier les principes qui motivaient notre confiance en eux!. . Âh grand Dieu! Gombien notre notre espérance a été trompée, combien de tels hommes dégradent l'espèce humaine.

Enfin nous croyons avoir suffisamment démontré, i°. qu'après la bataille de Waterloo , l'armée française , réunie sous les murs de Paris, était forte au moins de cent mille hommes, non compris 4o,ooo gardes nationaux, d'une bravoure et d'un dévouement sans bornes; 2°. que derrière la Loire il se trouvait encore > pour Ja soutenir et entrer en action avec l'élan na— tional qui était donné, celles des généraux r Lamarque, Decan, Suchet, Rapp, etc, etc. ; 3°. que T armée anglo-prussienne était réduite y devant cette capitale, à «usante mille combattais ; 4°- que le général Blucher, en pas*sant la. Seine au pont du Pecq, avec environ» trente mille Prussiens, et s'étant, par un msé nœuvre qui paraît inconcevable , séparé des Anglais, avait' commis une faute qui ne peut être expliquée que par l'assurance qu'on, lui

(54) avait donnée qu'il ne serait pas attaqué dan» ses mouvemens j et qu'ils étaient au contraire concertés avec Fouché et DaVoust pour con-»* sommer plus promptement leur trahison; 5<V que dans l'affaire brillante qu'eut le général Excelmans près de Versailles, au lieu de le soutenir, on labandouna par suite du système infâme expliqué ci-dessus; 6°. que les levées en masse de la Bourgogne , de la Champagne et des autres provinces, s effectuant dès-lors, ne furent point activées pfiji d'empêcher notre pays d'avoir une attitude imposante ; et de s'opposer, dans l'intérêt des ennemis, à ce que la guerre devint nationale ; 70. que notre nation était guerrière par son caractère, ses mœurs et ses lois ; que pour défendre notre territoire et notre honneur il ne fallait que combiner , rassembler et utiliser nos ressources qui étaient immenses ; S°. que le maréchal Davoust doit se confesser le plus stupide et le plus ignorant de tpus les militaires du siècle., Ou convertir à passer pour en être le plus, fourbe et le plu* traître; 90. que si les services militaires, le sang versé dans les èomhats, des victoires signalées ou des traités honorables assurent la gloire de la patrie et la placent au rang des. nation» les plus guerrières, cette odieuse capitulation doit faire naître les réflexions les plus douloureuses et les plus déchirantes ; iQ°. qu'enfiA le complément de tant d'infamies est de s être

retiré avec l'armée derrière la Ivoire , saiis y avoir attiré le gouvernement provisoire et le* chambres.

Il nous reste maintenant à parler des suites de cette fatale convention du 5 juillet,, que les généraux ennemis ont si indignement violée , après avoir pourtant été assez heureux pour la faire. Les commissaires chargés de conclura ce traité désastreux, furent MM, fiignon, qui tenait alors le porte -feuille des affaires étrah-* gères ; le général Guilleminot , chef d'état-major de Davoust,.et M. De Bondy , préfet de Paris j ce qui prouve que les coalisés n'étaient pas seu-^ lement liés avec l'armée, mais avec les autorités civiles , qu'ils ne respectèrent pas dav^ntage

. Dans l'histoire 4© la troisième guerre punique, nous voyons les consuls romains ne pas se faire scrupule quand, sur leurs promesses, Carthage se dépouilla imprudetnment de ses armes, d'éluder la foi promise ; mais au moins n eurent-ils pas, dans leur perfidie, la lâcheté atroce da signer un traité avec leurs ennemis.

Voilà pourtant la politique qu'emploient Içs Anglais,, et qu'a voulu justifier CasteK reagh. On se souvient que ce ministre ne garda aucune mesure au parlement , eu parlant de là convention de Paris. Pour en légitimer la violation , U lisa de toutes les subtilités que pèu^ yentprésç&ter fes termes <H les eâpre^ktastor-

(56) tarés par la mauvaise foi. Il eût recours aux so~ phismes les plus ridicules et les plus scandaleux* Cette logortiachie n'aboutit qu'à mettre en évidence 1 audace de ce ministre,, et à rendre sa nation complice des horreurs qui se commettent en France.

Aussitôt que la nouvelle de la convention de Paris parvint à 1 armée , la surprise et l'indignation s'emparèrent de tous les cœurs ; officiers et soldats la regaidèrent comme un acte 'déshonorant. Une foule de généraux s'assemblèrent pour en prévenir les conséquences, s'il en'était encore temps.

Ils décidèrent de se rendre chez le général Vandamme , comme le plus ancien de grade et commandant une aile de l'armée , pour l'engager à agir sur un autre plan , et à prendre le commandement des troupes. Ce qui déterminait aussi' à cette démarche , c'est que le général Vandamme, il y avait peu de jours, était d'une ardeur extrême pour attaquer l'ennemi. Il .ne voyait de salut qu'en le combattant, et il voyait bien alors.

. Ce fut le général Excelmans ipii lui adressa la parole. Il lui dit que tous les'iengagemens qui attachaient l'armée à son chef n'existaient plus du moment qu'ils étaient méconnus, et que foulant aux pieds les intérêts les plus chers de la France, Davoust et ses complices avaient pu trafiquer d'une convention qui devait noua conduire au déshonneur , et consommer la

(57) ruine de notre malheureuse patrie»

Après l'avoir écouté, Van lui répondit ,

» qu'il avait assisté au conseil ( ce qu'on igno- »rait) ; que tout bien calculé, il avait cru. » être de l'avis de la majorité de ses membres ; » qu'il n'y avait pas d'autre moyen d'opérer ; » qu'il avait d'ailleurs assez long-temps fait la » guerre ; » ce général motiva son opinion sur une infinité de considérations étrangères aux motifs généreux qui animaient la députation. Il débita son discours avec une volubilité extraordinaire , et prouva , clair comme le jour , que ses intentions et &es intérêts ne pouvaient pas se concilier avec les idées patriotiques qu'on venait de lui présenter.

On s'était adressé à ce général, parce qu'il avait le commandement le plus considérable ; et quoiqu'il ne jouît pas de cette célébrité imposante, acquise par des talens supérieurs, on tenait à lé déterminer dans une circonstance où> pour déjouer la trahison, il fallait un coup de vigueur dont on lui faisait l'honneur, de le croire capable.

Plusieurs autres généraux essayèrent également de le ramener à l'avis de la patrie , ils ne furent pas plus heureux.

La conjoncture était embarrassante ; il s'agissait de trouver un général qui , par la supériorité de son ascendant , pût entraîner les esprits, et fût assez grand pour ne point désespérer du salut de la patrie ; assez généreux

(58) pour entreprendre la déteuse de notre indé^ tendance , et rendre ensuite le pouvoir aux représentai de la nation ; mais il fallait pour cela, le concours des volontés de la majorité des chefs de Farmée , et une convocation était impossible.

Tant de difficultés servaient merveilleusement Jes auteurs de l'entreprise la plus criminelle et la plus désastreuse dont nos annale» fassent mention,

La confiance du soldat fut entièrement perdue , et 1 armée fut moralement et physique— ment détruite le jour où on lui fit quitter son attitude devant Paris ; elle fut bientôt livrée' à de lâches oppresseurs qui , chez l'étranger , prièrent si long-temps de faire couler le sang de lenrs compatriotes, de ravager et de détruire p^r lambaux leur patrie ; elle fut livrée aux machinations nouvelles de trois nouveaux ministres, dont le, moins pervers, peut-être, est devenu dictateur, parce qu'il s'est insolemment chargé de calomnier cette même armée , d'insulter à sa gloire et d'outrager la nation ; elle fut livrée aux injures et à la vengeance de ces héros de diligences, toujours fuyant à l'aspect du danger , mais lorsqu'il est passe, revenant, attaquant , et s'acharnant sur les braves désarmés, comme les inseetes sur les cadavres.

Indignée d'avoir vu dépendre notre asservissement de la scélératesse de quelques hommes,

( *9 ) la troupe fut sur le point de se porter aux plus grands excès. Plus de vingt mille soldats y dans un seul jour, jetèrent leurs armes de colère et de rage y et désertèrent. Les fédérés n'étaient pas moins en fermentation ; et le salut de Paris > dont cette infernale convention fut le prétexte > ne courut jamais plus de danger que par le désespoir qu'elle occasionna dans l'armée.

# Ce qu'on appel la ^ depuis } Armée de la Loire x se mit machinalement en marche pour se retirer derrière cette rivière. Dès ce moment les troupe* durent se regarder comme ayant passé sous les fourches caudines, et la France ; on ne saurait trop le répéter , se trouva livrée à des horreurs, capables d'épouvanter le monde.

Le 7 juillet^, au moment où cette déplorable armée acheva d'évacuer Paris > le maréchal Ou^ dinot fut aperçu dans une voiture attelée de quatre chevaux. L'air riant et satisfait qu'il opposait au morne silence et à la douleur deces vieux guerriers ^ qui avaient long -temps, fait sa fortune et sa gloire , produisit l'indignation la plus vive y et peu s'en fallut qu'en te moment il ne payât cher le nouveau genre d'impudence et d'outrage que montra cet homme , déjà prostitué aux plus vils ennemis de la patrie.

Dès que cette sorte d'armée fut arrivée à sa destination } le ministre de la guerre ^ Gouvion Saint -Çyr et Fouché, redevenu ministre de

(6o) la police , écrivirent pour l'engager à se réunir à Louis XVIII. C'était^ disaient- ils 7 le seul moyen de sauver la France» Dans, leur correspondance P ils tinrent le même langage que le baron de Vitrolles avait tenu à ]a Ville tte , et Davoust avait déjà trois généraux à Paris } auxquels il avait donné le titre de commissaires de l'armée.

Qu'on veuille remarquer ici que les Anglais j tfui avaient déclaré solennellement ^ comme les autres puissances y ne pas faire la guerre pour imposer un gouvernement à la France , étaient jusqu'à ce moment } les seuls qui reproduisissent celui qu'elle ne voulait pas. Empressés de nous livrer aux fureurs intestines et à une ruine si utile à leurs desseins cachés , rien ne pouvait mieux leur convenir que de nous faire adopter la seule légitimité , cette légitimité qui fut capable d'entendre et d'accepter les dernières et odieuses conditions qui lui furent faites (*}.

Les prétendus commissaires de l'armée furent,

(*) Je ne sache rien de si magnanime , dit encore Montesquieu , que la résolution que prit Louis XIV de s'ensevelir plutôt sous les débris du trône , que d'acceptar des propositions qu'un roi ne doit pas entendre: il avait l'ame trop fière pour descendre plus bas que ses malheurs ne l'avaient mis; et il savait bien que le courage peut raffermir une couronne, et que l'infamie; ne le fait jamais.

( Grand, et décad. des Rom. )

(6i) dit-on/ charges de demander : « que V armée » restât réunie tant qu'il y aurait des étrangers » sur le territoire j que nul employé civil ni » militaire ne fût déplacé , et que personne ne » fût inquiété pour ses opinions. »

Le maréchal Davoust ne jouait-il pas une infâme comédie , en voulant faire croire qu'après avoir quitté les avantages qu'il pouvait faire valoir devant Paris y et dans la situation déplorable où il avait mis l'armée , il espérait obtenir des garanties qu'une attitude fière et forte eût pu seule nous assurer ?....

1 Les trois commissaires furent les lieutenansgénéraux Gérard, Kellermann et Haxo. Je pense que s'il eût dépendu des deux premiers de conserver à la nation ses droits et sa dignité , ils nous eussent affranchis de nos maux. Mais il était au moins ridicule de leur demander , lorsr qu'on ne pouvait plus nous redouter, de changer lé caractère de la plus farouche tyrannie.

Chaque jour Davoust, continuant ses intrigues , ne cessait d'annoncer que le roi faisait assurer larmée de sa sollicitude et de sa bienveillance ; il fut jusqu'à faire circuler une lettre de l'un de ses commissaires à Paris, qui annonçait que S. M. était tellement affligée des traitemens horribles que ses alliés faisaient éprouver à son peuple , qu'elle allait se retirer en Espagne , laissant à la nation le soin de sa vengeance, . Cette lettre a été copiée par. tous les crédides,

et 4e trouvait dans les mains de tous les pauvre» desprit.

Cependant 9 DaVoust faisait savoir que S. M» désirait que l'armée fît sa soumission ; qu'il la fallait pure et simple , afin qu'on n'eût pas lair > en présence des puissance* étrangères, de méconnaître la dignité royale et de traiter avec le souverain»

Ce prince > à ce qu'il paraît > désirait cette soumission, pour faire plus facilement consentir les monarques étrangers à lui rendre le uèno de France contre la volonté nationale.

J'ai dit qu'en partant de Paris l'armée fut x en quelque sorte y décomposée ; ainsi y qu'on veuille donc se persuader qu'elle n'était plu* qu'une rêrniion de corps incomplets , désorr ganisés et abandonnés de tout ce qui pouvait maintenir leur existence morale et physique > ïse connaissant ni général en chef auquel elle pût avoir oonfiance , ni gouvernement réel y ni man dataires qui représentassent la nation ; et pour comble d'fei&bârras j placée dans un paya aridp> sans magasins, sans ressources , où chaque jour Voyait ttaîtte de nouveaux besoins et une nou^ Telle misètte.-»** *

Dans ces circonstances vraiment déjjloraJbl^ Je maréchal Davoust feignit d'avoir de T inquiétude. Sur mille bruits qui se répandaient, il

chargea l&géttéral F de parcourir l'armée *

mais son intention était noins d'en cofifcaîu:*

^esprit, que d'écarter •, de sou état-major, un témoin» suspect.

Les sentimena et les opinions du général F

étaient conformes à celles de 1 auteur de cet écrit. Celui-ci reçut du premier une lettre y en date du 1 5 juillet, avec la copie d'un rapport tju il avait fait au -maréchal Davoust. On le consigne ici^ parce qu'il a quelqu'énergie , >efc qu'il peut être regardé comme un des momijnens remarquables de cette époque. Voici d akoKçl la lettre :

« Je profite , mon cher camarade , de Vqc** $ eus ion d'un brave officier , pour vous en- » voyer la copie d'un rapport qu'une missioi* » un peu équivoque du maréchal Davoust ma 3» fourni l' occasion de faire. C'est im tableau » efltfayant de la situation où on nous a mist » Vous y verrez où nous en sommes, et com-«

* bien, avec les hommes qui nous dirigent, il y » a peu d'espoir de voir apporter un remède

* aux maux de la patrie.

» Mon rapport fut Demis,. avant-hier soir, fort

* tard y au maréchal , et hier matin à 5 heure» » il me fit appeler. Je m/y -vendis > et le trou-* » vai dans un jardin où il m'attendait. Il ne me » 'parla point de ce que je lui avais écrit. Seule-

* ment: il me 'dit qu'il m'avait lu. Puis^ aflec-*

* tant de me faire -une confidence, il me dit, que » ne recevant aucune nouvelle satisfaisante de

* Paris-, ii allait enfin prendre un parti; epjm

» sa première opération serait de s'appuyer sur » les montagnes de l'Auvergne , s' étendant » sur Limoges y etc. , etc.j d'établir ses commu- » nications avec Lyon y qu'il garderait comme » point important y afin d'entretenir le bon » esprit des Bourguignons et des nombreuses » provinces bien pensantes j que le Dauphiné y » en raison de ses montagnes et du caractère » de ses habitans , offrait également les plus » grandes ressources j et qu'enfin avec de la » vigilance, de l'audace et quelqu 'habileté , » il soutiendrait une guerre opiniâtre , et mon- » trerait que nous ne méritons pas d'être ainsi » méprisés.

» Je le laissai bien s expliquer sur les préten- » dus projets , dont je ne pouvais être la dupe > » et qui n'avaient d autre but, j'en suis certain , » que de savoir de moi si quelques généraux

* n'avaient pas conçu le dessein qu'il feignait » d'avoir,

« Je lui répondis que c'était aujourd'hui une » grande question à examiner ; qu'il était bien » tard pour prendre une telle résolution ; qu'elle » n'appartenait qu'à un général commandant

* une armée pleine de confiance pour son chef; » que c'était devant Paris, et lorsqu'elle exis- » tait véritablement, cette armée, qu'il pouvait » la Conduire aux entreprises les plus extraor- » dinaires ; que le courage national eût été sou-

* tenu de l'exemple , et qu'on eût pu tirer les

( 66 ) » pins grands avantages de# circonstances; qu'a- » lors il convenait réellement de se décider pour » la guerre , si on n'eût pu obtenir iinejpaix ho- » norable j mais que je doutais fort , 4 après ce ? qui s'était passé depuis quinze jours y qu'il » pût maintenant jouer avec succès, le rôle de » Scrtorius! - • st ..

< » Nous en étions là quaqd l'intendant-général ». Daure nous aborda, et "prévint qu'un courrier » de P&rfe véhait d'arriver. Nous rentrâmes, » et en effet, ta iïîaréch*l prit ses lettres ^ nous » quitta et passa dans son cabinet.

». Bientôt plusieurs personnes reçurent aussi » . dçs lettres deia capitale y çt des nouvelles cir- » codèrent : on disait entr'autres choses que » ¥ intrépide duc de'Feltne xysât dit, au Tui- » leries , qn'il ne fallait faire aucun quartier à » ï %n|lée j qu'on devait , au contraire, marcher >^ à.eBe^Tacculer et la jette* à la mer l'épée » dans \esrems. Sur quoi^chacundesecriei^ » comme vous le ppusez ^ fasse te ciel que ce di- » gne héros de tyissesse et d'abjection soit » chargé de leijtreprise 911 se mette de la partie!

* On déjeuna,, et après le déjeuner, on était si » èéloigné^de se retirer dans les montagnes de n xd'Auvergne, qu'on n#us dit avoir convoqué, » pour trois heures de JaprWmidi, les colonels » pt lçs génénpi$^ afin de nous faire connaître >^ uû projet de soumission à Louis XVIIJ, Le », porteur de la présente, qui 3 assista a#ssi a, r io

» * cette convocation /tous dira la conduite scan- m daleuse (Je Davduët à l'égard de Bonaparte , v dans cette circonstance.

» On ne sait rien de positif de Stufchet. On le *> cjjît occupe à faire sa paix. Cèla'doit-êtré'danà » un temps où tout le monde quitte le sentier de » l'Honneur; il se croirait, peutrêtre, en dan- » gerd y rester seul. Il estd ailleurs Revenu riche • » et Vnaréchal. On fera tout pour qu'il soit dtt » marché dé Foucjié.

» Je regrette néanmoins que sous Paris il

* n'ait p$s été à la place de Davoust. II a une » autre capacité. Il aurait pu saisir y d'un coup- » d'œil y toutes lès ressources àe la nation, et » peut-*être avoir assez 4 empiré sur hii~mêhîe » pouç mettre desfioraçt à la lâcheté de certains » hommes, » ^ . f

Tqieile rapport qui y ainsi que cette lettre ; sont datés d'Olivèt près d'Orléans y Tune Te iî9 juillet et l'autre le 1 5. , .^

« Monsieur le maréchal,,

» Tons avez désiré connaîtte l'esprit de l'ar-

* mée dans ces circdtastances, et voici ce que » j'ai recueilli sur ma route.

*• * On se plaint hautement que y depuis qu'elle » fut ralliée souscris, rien n^àit été fait pour » sputenïr son moral ; qu'aucun bulletin, aucun ri ordre du jour n'ait été publféj et particuKè- » ment, lors de là capitulation de Parisy où elle - » était impatiente de combattre. On tfit qu il

, I te *

». était devenu nécessaire dç faire comprendre » à la troupe les mottfs dé Wtre retraite et SL\i a» sacrifice que vous, faisiez à la tranquillité de >> la capitale !.*♦.. On ajoute qu'il, attrait fallg. » apssien métope temps^que l'armée /en partant » de Par i^ eut reçu de son chef l'assurance som lennelle que, quels que fussent les é véuet^en»^ » on ne transigerait jamais sur les int&ete, sur » la considération qui Ipi est due pour tant de » travaux, et dg sacrifices. On ajouté encore » que vous eussiez dû parler de nos. $spé- > rances^ des ipesurçs que vous alliez, prenv » <kej de celles qife vous ayez prises^ de votrf » résolution $nfin de défendre notre indépôn- r »*dance. »

» C'est parce qu^ ces explications jpfaot. pâa » été données ; que J'on a accueilli TojipHÇnjfâ- » creuse que l armée était vefl4u£ par ses jgené-* *» rat3Çf>e£c*^etc^ .....'; v •, * .

„» Xes oflkiers attribuent à cette indifférence^ » à ce silence inexplfcable et au cjéfaut de me- » sures prises par le chef, la désertion qui afflige a» l'armée.

*> Il ^ de iait^ qu'outre cette immensité de p soldais qui nous ont abandonnés à Paris^ pluf «i 4e quinze n>ille ^P^rtêrn ont passé à Oi> » 3*^s> à Gien et sur toutç la %neA les un*, » san$ armes 4 les guitre&Aieç des armfts ; <|u au- , ^ cim officier supérieur 114 été placé sur les, » IJSM* de passagg poqc 1#$ Arrêter^ ni pour

. . , . (68) ifaÉre former encbrps ces déserteurs ^ ai faciles

* à ramener 6Î 1 on s'en fût occupé .

» On se plaint de ne pouvoir citer aucun » exemple de sévérité propre à contenir lefc » soldats restés encore sous leurs drâpaux x » non plus qu'aucune mesure adoptée et eh

* vigueur pour faire rentrer ceux qui les orit » quittés. '

' » Les officiers se plaignent encore qh'ils ne

* peuvent plus maintenir la discipline ; *jue les >> vivrefc manquait de toute part y et "les Soldats y » pour se nourjlr P se répandant dans les campasfc gnes, les désolent : et Jnoù$ rendent odieux riux » habitans. > ;

» On se persuade que si le roi> malgré ses prcn- » mèsseS, fait quélques'concesèïôns^ la proàcrip- » lion, dès chefs de far niée sera le pr ertiïer de ses. » actes. ' • '' - ' ' '.">-• ' * \

» Tel est le résultat des discours et conveirsa- » tiohs que j'ai- recueillis. II est bien fâcheux de *• Savoir à rendre compte que d'auss? tristes Vé^. *> rites, • - ' * * •'•■'!• ■ '*

» Je ne dois pas oublier npn plus de voiis.

* dire que l'armée entière' se plaint avecicai-^ *gmir,, de la CoiêuUedfe pvettifçe tous lefc. » matéehaUx de l'empire., qui abandonnait

* aujourd'hui sa cause parce qu'elle eWtiial" »heiireuse^ lorsque cependant y c'est è elle » qu'ils doivent leur fortune 7 leur gloireet leurs, » titres^ et (jue si neus e»ssùm*£ude succès, oa les,

» eût vu accourir pour occuper encore les place» » les plus importantes. -

* » à Olivçt', maison Belle- Vue, le i3 juillet 181 5.»

Le maréchal Davoust ne tint aucun compte 4e cerapjjort, Gen était pas d'ailleurs l'armée qui l'occupait le. phjis. Il savait <j»e > dans, le mauvais état où il lWait mise^. son mécontentement se bornerait à des paroles. Sa correspondance avec Paris était pour lui d'une toute autre importance. Sa patrie à lui était dans sa terre ; son château de Savigny et ses partis dans la capitale. Il n avait déjà plus d'autre langage que les mots devoirs ^ soumission y obéissance j plus d'autre sentiment, qu'une lâcheté stupide.

On peut juger par le fait suivant, qui seul peut convaincre 4e tout ce que nous avons dit^ de la conduite et des actions de Ce mju'échal ; .et nous' invoqujq$isa pQw l-asguççr au besoin y au .moiu& cent géaer&g* et colonels présens.

Le i4 juiliél y anniversaire d'une opération un peiinpTtts glorieuse yjV fait prépat-er tin acte de' soumission à Louis XVIII ^ et ayant appelé chez ^l^fpl^sgraudnopibre possible.de généraux et' ^w^e*qk§^ef#3î^rie^8i^ il les, i^yitç^ après un^ as*«?loi^fM««wJ^ qu'il»

firtt lire par M.: Cànp*?$fHas , qui lavait, rédi-

:(*)QtteUjttes.^rsQ&nes'0»t répandu lç bruit que cette pièce ayçit été rédigée par le liçutenant-général

(7?) Mais quel m -dût pas être l'événement dtf ce*

guerriers lorsque le maréchal Davoust voulut faire ajouter à cçt acte des injures contre Bonarparte^ alors errant y et rengagement de le livrer

s'il tombait en notre pouvoir?

D est difficile de rendre l'effet de l'indignation qui fut générale. L'auteur de cette lâche proposition était lé même homme pourtant > qui ; au temps des prospérités de Tex-emperetur, avait toujours été prosterné aux pieds

Fressinet , qui rédigea l'adresse de l'armée aux repre- «entans de la nation , et laquelle est rapportée dans pe# ouvrage; mais nous affirmons qu'ayant été ainsi que l'intehdaut-général Daure , lès lieutènans-généraux, Reille et Bachelu , présens à la rédaction de l'acte de soumission dont il est question, nous affirmons, qu'elle a été-fôite entièrement par M. Garion-Nisas qui en avait été chargé*

v Cette démàf ched"ailleursétait forcéedu moment que l'armée, ayant perdu se* immenses avantages devant Paris, amenée derrière la loàre dans unéta* de dislocation et de désespoir, n'avait plus de gouvernement qu'elle servît , et qui la soutint 5 du moment que des chefs tels que ce général Michaud commandant les cuirassiers, au lieu de se réunir et de former entr^éuxdérf âisôciâtionâ guerrières, s'empressèrent an contraire Renvoyer isolément et mistéri^usement lfcùr soumis* sidù et celle dte lenrs troupei qoi ne lés avaient paît chargés jifti moment enfin, que sans magasin», sans, subsistances, sans gouvernement, je le répète, et sans général en chef, cette armée était abandonnée et trahie de ceux qui ne voulaient plus que jouir de tours richesses dans l'avilissement»

<70 de sa fortune j tjui épiteit ses passions les plus frètes pour les satisfaire, qui recevait du maître pkis de quhîze cent mille francs de rentes, et qui, sans cesse > le poussait au despotisme leplusaffli-* géant , qui enfin portait l'excès de la bassesse jusqu'à l'en fatiguer (*) .

*■ Les lieutenans-^énéraux, prétendus commissaires, écrivaient, disait-on, que l'armée ne serait pas maltraitée ; mais qu'il fallait qu elle ke soumît. On remarquait cette phrase, dans l'une des lettres du général Gérard, « Que le » mi accorderait à Formée plus qu'elle ne de- *> mandait. »

Or, ce qu'elle demandait, était d'être conv *' ■ ■ • . ' ' '

" ( * ) fc'abbé de Pradt archevêque de Matines , a con* âaeré dans son ouvrage 4e l'ambassade à Varsovie pag. 1 42 et a 43 , les faits èi-apres .

» Le maréchal Davoust,£^-i/9 avait rempli d'effroi «1 la Pologne; j'en ai entendu rapporter des scènes dé- » tesjables qui avaient établi de grands préjugés con- » tre lui et les Français. H est à regretter qu'un homme » ennobli par de hautes dsgités militaires ,-ait revêtis. » habituellement les formes les pluseffrayantas^et soit » descendu a employer trop souvent un langage indi* * gne^mngoùils'estélevé^lestmalbeureu^enie»^ a trop certain que; tout ee que le maréchal Dayopst a »*tjênté contre le p^ a| contre la reine de Prusse, w entrepouj plus de moitié dans la haîne des Prussiens » contre la France , et dans le mal qu'ils lui ont fait. » Voilà comme un seul homme peut coûter cher a tout m un peuple, »

èervée pour la défense de la patrie, pour celle de notre. indépendance ; et qurïl ny eux point de proscription»; ce qui ayait été e&tendu pfrr ..Kart. 12 de la convention de Paris, qui favorisait le retour des Bourbons $ convention qui était obligatoire pour eux également*

Le roi consentit à tout, permit tout, et J armée crut encore à la parole royale* Elle se soumit, et cet acte ayant été agréé, Louis XYÏÏI' fit de nouveau assumer qu'il traiterait biçn les braves. . /

• Mais lorsque la dissimulation ne fut plus nécessaire, on le fit de nouveau manquer à ses promesses. On ordonna le.lieencement de 1 armée T mesure qui nous entraîna au derniers malheurs et voqa de grands noms avec de grands vices au^ mépris des races présente et futures»

Ce fut le maréchal Macdonald qui se chargea de presser et de recevoir les derniers soupirs de 1 armée. Dans cette opération douloureuse pou* les vrais Français, combien de' fois ces vieux guerriers, qui naguères, avaient Honoré ce maréchal y n ont-ils pas eu 1 'occasion de se replier sur eux-rncmesr; de se «confier leurs plaintes et leurs regrets ; de parler dés sentiment oubliés par ce maréchal; de sed fausses vertus , de son Caractère dégradé \ enfin ' de laisser pourtant Relater Findignation qu'ils né pouvaient plus niai- •* i2>cr v* < • • « •.« .'<.,,

Ah! ce licencemèntest bien encore* de tous

les actes des traîtres, les {dus honteux à la foi* elles plus désastruenx. Rien né mérite plus d'attention que cette catastrophe > qui attira sur la France tous les maux inséparables de la résidence prolongée des armées étrangères^ Nonseulement Ce licenciement a été suivi de grands sacrifices pécuniaires , de privation* et de pertes de tous genre , de malheurs sans nombre $ il autorisa encore la proposition des conditions humiliantes qu'aucun Français armé neût pu écouter» Nds ennemis se jouèrent incessamment de leurs promesses et de leurs traités* Ils ne connurent de lois que leur volonté , et nous perdîmes ^ avec l'honneur > il faut Fa vouer > jusqu'à notre existence politique» On proscrivit^ on emprisonna , on assassina les hommes qui avaient le plus illustré leur pays, et la. France fut une vaste prison où on éleva des échafauds au gré du caprice des ennemis quelle avait si souvent vaincus !. • » » Les senti mens des citoyens furent étouffés > la terreur proclamée* On ne Voulut plus de Français , mais ded fanatiques acharnés contre lecaractère etl'honneur national, ou de» factieux qui sacrifiassent la patrie*, leur intérêt»

Quoique ftichelieu, dont le nom classique dans l'histoire de la cruauté > ait dit aux chanotr bre§ avec une joie féroce, que cette armée avait été décimée aux champs de fVaterloo, •u tout le monde sait qu il resta autant de vaibr

qtieurs que de vaincus ^ elle ne le fut réellement que derrière la Loire après son licenciement* Observons bien que c'est immédiatement après cet acte que parurent les proscriptions y la loi des suspects et les cours prévotales de l'infâme duc de Feltre*

- tîes vérités surnageront en dépit des jongleries^ imnistér telles. C'est à dater de ce licenciement y feént fois jj^lùs désastrueux pour la France que la Jperte d'aucune bataille > que la nation ^ veuve alors de seà vrais défenseurs, dut se couvrir d'un fcrêpe funèbre ï!f * ,. -

Voilà, ô mes compatriotes, ce que nous a valu lé licenciement de l'armée, auquel n'ont pu ap* jplaudir que des ambitieux > de vils ministre* détorés du besoin du pouvoir, au prix de tous les forfaits, et des maréchaux dégénérés, rapaces, «d&nt Faniëj devenue mercenaire , ne fut plus sensible qu'à la conservation de leurs richesses* * Tant qu'il a existé un noyau de cette arixiéè,' nous ne fumes ni méprisés, ni outragés* Les ennemis, qui avaient tant "de fois éprouvé sa Valeur^ craignirent que la nation à la fip t*ô voulut faire respecter ses droits* On'ne désarma point nos places fortes , on ne pilla point le Muséiitri , et l'orgueilleux agent de perfidie du gouvernement, le plus' immoral qui ait Jamais existé dans les annales du monde ; se garda 'bien également jusqu'alors de dire avec la dureté d'un chef de barbares, à une nation trahie

(7*) et malheureuse, qu'en la dépouillant contre U traité solennel qu'il venait de signer, il lui don* fiait une leçon de morale !

. Le licenciement de l'armée est donc une épou^r yantable barbarie , un crime de lèze-nation ; U n'en exista jamais de plus grand depuis qu'il y a eu des hommes réunis en société. Quel prince a pu croire régner sans s'appuyer de cette force physique et morale d'une armée nationale si Jiéçessaire à la dignité et à l'existence d'un grand état? Quel monarque enfin a jamais pu confier la sûreté de sa couronne à des mains toujours jri<* Taies ^ et remplacer l'amour des sujets par la plus flétrissante des conditions, celle de le* mettre comme lui, vassal impuissant, à la discrétion des étrangers , et surtout du gouverné-* jpeat anglais?

Voilà des faits, qui seuls suffiraient pour attacher le nom des chevaliers frénétiques , au pilori de l'histoire» <

. Cependant, une mauvaise foi aussi insigne, ïjussi manifeste, semble compromettre la dignité des grandes* puissances, qui par leurs généraux , pnt signé la convention de Paris. Elle compromet, ejx général, la parole des iponarques , leur gloire; elle flétrit les lauriers qu'ils avaient cueillis, elle sème la méfiance parmi les peuples,

Certes, les quatre grandes puissances, en ramenant en France, un, parti ennemi de sa

gloire, et qui semble être charge de tarhr le* sources de. la prospérité, ont dâ se regarder comme responsables, devant l'avenir, de Fexistenjce, d'une nation qui s'est soumise , sans résistance , parce qu'elle a eu confiance en leurs promesses..

Aucune d'elle ne parut afiàmée de carnage , ni vouloir nous noyer dans, le sang ; cependant, de lâches orgueilleux, familiarisés avec la honte et l'ignominie, deux fois revenus a la suite des armées et d#s bagages ennemis , retranchés aujourd'hui derrière xà\ proconsul anglais, qu? leur dicte ses arrêts, semblent vouloir décimer Je peuple et le jeter daus la fange*

O mânes, de tant de bataillons morts pour la cause sacrée de k patrie et de la liberté, ossemens, ombres, illustres , levé» vous t... Voyez la France éplorée, .couverte d'échafauds, noyée dana les, larmes et plongée dans la misère et h deuil , mêlez vos aceens plaintifs aux sanglots déchirons, et le désespoir des veuves et des enfana des héros, immolés à la politique anglaise , à la vengeance d'un parti souillé de tou& le» crimes ; retrempez nos âmes > redemandez la patrie qui n'est plus, rendez à ce saint nom sa signification et toute son énergie* Taites-en le cri de la nation , le ralliement de tout ce qui a horreur d'un joug étranger et qui abhorre lç&. tyrans.

Et voua martyrs encore" vi vans de la gloir#-

(77) nationale ; débris généreux d'une classe d'hommes qui soutint , avec tant d'honneur , les droits de la raison et de l'humanité, ne détournez jamais votre pensée des maux qui accablent la

France Montrez les hideux trophées de ces

privilégiés qui ont tous les vices et pas une vertu ; de ces hommes dégénérés qui se glorifient de la honte qui les couvre ; de ces hommes <jui no\is croient leur conquête , et qui fuient devant une épée.....

Dites , tans cesse , comment ils furent ramenés et quels forfaits les ont reproduits!.,.. Dans quelque pays que vous soyez , dissipez les illusions et les mensonges ; dévoilez les perfidies j adressez aux hommes de toutes les nations, vos

justes plaintes...... Ils vous entendront !

Youez au mépris le moins dissimulé, ces petits talens, ces ambitions cupides, ces réputations usurpées , ces grands noms déshonorés ! . . . .

Qu'ils sachent, ces hommes trop coupables > qu'un jour la nation, brisant ses fers, perpétuera le souvenir de leur lâcheté et de leur trahison ; qu'elle les a signalés à 1 opinion , et qu'ils seront partout poursuivis et flétris par la justice ! .

:;............. O terque quater que beaii

;. Ç*àf ante ora patrum , trojœ sub mœnibus A1TIS CùntigU OSS&ETO&!

FIN

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