‹ Puissance politique et militaire de la Russie en 1817;Chapitre 2 sur 65 · ÉDITEURS · texte numérisé non relu

ÉDITEURS

Xje tfchleau des progrès ei.de l'état actuel [de la Puissance russe nous a paru trôp.intéçes- ^mt, sous le rapport politique , pour ne pas le foire connaître au Public Français* Mais les passions «Jui ont guidé la plume de l'auteur , ses préventions, ses antipathies qui lui font oublier trop souvent les convenances les plus respectables , nous ont obligé à quelques suppressions. Nos lecteurs peuvent cependant être certains que si nous avons ôté .quelques alimens à la malignité, une pâture à la haine et à l'esprit de sédition, nous avons conservé avec soin tout ce qui était digne de leur attention. Iadépendans des hommes par caractère et par principe, nous n'avons reçu de lois que de notre conscience et de .

(xo)

notre respect profond pour la constitution de noire pays. Nous no croyons pas qu'aucun ordre social puisse tolérer des outrages a la puissance suprême, ni autoriser aucun écrivain à s'en permettre, même contre des Gouvernemens étrangers. Si nous avons laissé subsister des apologies au moins fort extraordinaires sous la plume de l'auteur, en l'honneur d'un personnage trop célèbre, nous avons eu soin de les réduite dans des note? ftieur juste valeur , et- nous avons eu pour but de faire connaître les passions de l'écri* vain, afin que l'on pût apprécier sontratiail; Xes éloges donnés aux talens du personnage en question; nous ont d'ailleurs patii «ans conséquence ; car des talens qui ont enïanté tant de désastres ne prouveront jamais que celtïi qui les possédait ait fait , ni in&ne qu^l ait voulu le bonheur de la France et de l'Europe. Que désirait surtout en «fïefc la France, depuis a6 ans ? L'abri d'une monarchie constitutionnelle. Elle Pa obtenu cet abri de ses anciens Princes. Comment donc, lors même que la France pourait oublier les totaux qu'attira sur elk* l'ambition la plus démesurée > la supposer assez insensée pour ho-

( xi ) nbret jamais de ses regret* celui qui ne voulut toujours que la conrbar sou& la verge ch* pouvoir absolu ? . ,>

Si quelques anecdotes suspectes , quelques assertions hasardées sur la conduite dss Gour- ;vernemens étrangers ont trouvé place <Jan» *ette édition f noms n'entendons aucunement 0DOU& en rendre les garans-; ni autoriser les opinions de fauteur, auquel il a bien fallu oonserver les traits de sa physionomie politique, pour n'en pas faire un squelette

Quelques réflexions que nous croyons utiles mettrons nos lecteurs à même d'avoir une idée exacte de son but, et d'apprécier, notre opinion sur son ouvrage»

Celf écrit > indépendamment des reproches que nous lui avons déjà faits^ nous a jparu en knériter un plus général.

Nous n'attaquons pas les intentions de l'auteur , que nous ne sommes pas à même de scruter. Mais son [pamphlet se présente dès: les premières lignes comme un a0t*,dT*c«qr

( iV > Sâtîori dressé contre le Ministère britannique; c'est s'annoncer comme l'organe dW parti , d'une passion.

Quel est le but de l'auteur? c'est de prouver qu'en dirigeant la guerre contre la France et en coopérant aux traités de Paris , *ainsi qu'aux actes du Congrès de Vienne -, les Ministres anglais n'ont jamais eu en vue le bien tle leur pays, ni la paix de l'Ftfropev •• . •') " • * rm ■ ï

C'est pour prouver cette assertion qu'il trace rapidement un résumé des événement de la guerre, qui lui a fourni l'occasion de décerner, pour narguer les Ministres de Londres, les déloges les plus pompeux, aux talens, à l'habileté, et même a la conduite politique de l'homme , qu'il regarde comme ayant été leur plus mortel ennemi. À côté de 'cet éloge > il trouve,' et cette accolade peut paraître assez bisarre, le moyen de placer celui du caractère, du génie et de la politique de l'empereur Alexandre. ' -

w II r développe tous les progrès delà Russie, efr montrant les avantages immenses qu'elle

a retire des événemens de la guerre , et deè stipulations des traités dé paix. Il s'efforce de faire voir qu'au moyen de ces avantages acquis, la Russie est à même d'étendre son pouvoir aussi loin qu'elle le jugera convenable à ses intérêts, et que dès à présent, eÛe donne la loi au nkonde. Enfin il s'occupe de démontrer par le tableau des inconvénient attachés à la position actuelle des Puissances regardées comme indépendantes , qu'une coalition entre ces Puissances serait impraticable, et qu'elles sont chacune ,. et toutes ensemble , hors d'état de lutter contre l'ascendant de la Russie.

Il y a donc réellement trois points principaux, traités dans cet écrit. i\ Le tableau de la Puissance russe ; 2°. l'examen presque toujours apologétique des actions militaires et politiques de l'ancien [chef de la Frande ; 5°. celui de la situation et des ressources des diverses Puissances de l'Europe, et spéciales ment de la' France , de l'Autriche et de l'Angleterre; et ces' trdis parties du travail' de Fauteur, ont toutes, comme nous l'avons dit, pour objet d'amenée île lecteur à con-

clure çiT6G luj que le Ministère âpgta» nlp rien fait pour la tranquillité de la Çrande- JBretagne et de l'Europe, pt que toute tentative de sa part, pour arrêter 1<* Pujasa&çç de la Russie serait désormais xnçtile» . .

Si telle était r eu effe^, h situation de Y%vtr jrope, ce ne serait pas la peine de prendre 1$ plume pour écrire sur la politiqueTIl ce reste* irait qu'à attendre et se résigner, pjieore y aurait-il toutes fois quelque consolation àap^ prendre, puis- qu'on est convenu de çqmparer Jes puissances terrestres aux animau^dtstingué^ par la force et le courage * qu'on ferait quelque jour sous la protection de l'éléphant dont le caractère est l'intelligence, $c§0rapagnée de modération et de bonté, et qu'on éviterait la griffe du liost pu çe\l§ du léopard*.

Mais à quoi bon entretenir l'Europe de projets d'ambition auxquels on nç pourrai! mettre obstacle ?

Quant à nous ,- qui n'avotw 9 Dieu merci , rien à démêler avec le «ministère Ànglajs, nous er oyons que l'auteur a déjdaeétputeaksquesr

0*5) tions politiques que peut faire haltre la situa- *kra actuelle de l'Europe ?

1Hou9 laissons à l'histoire le soin de raconter les événement de lïoWe âge , et d'apprécier les conditions des traités de paix qui ont termina là longue guerre dont nous avons été les témoins et les victimes. Nous prébons les faits tels qu'ils sont. La paix existe -, et la paî:$ est une chose si excellente en elle-mémç qu'il feut faire tout ce qu'on peut pour l'entretenir , ou dû moins pour en conserver l'espérance^ Â quoi bon sonner l'alarme , semer les dé* fiances > exciter les animosités ; Est-ce un bon tooyen de* conserver la paix, et est-ce être sur-tout conséquent, que d'indiquer des causes de guerre, en s'efiforçant de prouver que toute la puissance est d'un côté, toute la faiblesse de l'autre , et qu'on est sans res~ source pour soutenir une lutte ?

Les événemens ont rendu, sans doute, la Russie très-puissante. Mais jusqu'à présent, du moins, rien n'annonce de sa part qu'on doive s'alarmer de l'ascendant qu'elle a pris, Son souverain à profité de ses avantages* User

( i.€. > des bienfaits de la fortune est le droit et le devoir d'nn prince habile. Les actes de so$i Gouvernement n'indiquent pas qu'il soit dispose à eu mésusef. 11 s'occupe d'améliorer le sort de ses sujets, de constituer son vaste empire , de le maintenir puissant , d'enrendre les Habitans heureux , d'y faire fleurir la justice, les loix , les sciences > le commerce. Sous * tous ces rapports, il ne mérite que des éloges, et de longtemps le chef de cet empire ne sera obligé de chercher son bien. et le bien de ses peuples dans le mal d'autrui» ,. .

Or, ce n'est qu'un intérêt de -ce genre ? qui peut rendre une natiou puissante v véritablement dangereuse pour les autres. Il n'y aurait de péril réel et constant que de la part d'un peuple qui croirait ne pouvoir conserver et accroître sa puissance et ses richesses qu'en tenant ses concurrents dans un état constant d'affaiblissement et d'humiliation. Ge n'est pas sur les bords de la Neva qu'il faut chercher encore le siège d'un pareil empire*

Depuis longtemps Tanimosité, et même l'in-

( 17 ) quiétude d'un patriotisme, exempt d'animo* site , dénoncent à l'Europe les bords de la Tamise comme le séjour d'une politique hostile, à l'égard de tous les peuples industrieux» C'est sans doute une prévention mal fondée. Mais il sera bien facile au Gouvernement britannique de la dissiper, et de prouver aux autres peuples, par. des actes constamment d'accord avec ses déclarations, que la, grande Bretagne, pour être riche et puissante, n'a , en effet ., nul besoin de comprimer l'essor de l'industrie chez les. autres nations. S'il en était autrement, il faudrait bien convenir que la grande difficulté^ difficulté imminente pour la paix et le bonheur de l'Europe se trouverait, non sur la Baltique, mais au-rdelà de la Manche.

Au surplus nous ne croyons pas à la nécessité politique des injustices , et des haines % nationales. Nous croyons que l'Angleterre peut rester puissante par ses possessions, par sa marine , son commerce et son industrie , sans qu'il en résulte pour elle le besoin de nuire au commerce et à l'iudustrie des autres. Vouloir tout avoir , est s'exposer à tout perdre

tôt ou lard, et la terre tst «sse* vaste , le* ressourcée Au commerce sont assez étendues r l'industrie est une mine assez féconde pou* que chaque peuple puisse avoir une part k leurs bienfaits, et qu'en même temps celle de la nation la plus florissante par le commerce et l'industrie reste toujours très-ainple. I/Àn» gleterre à appris, par l'exemple de son ennemi y que qui menace tout risque tout.

Le fait est qu'il existe maintenant dans I* monde , deux puissances prépondérantes r l'une maritime, l'autre territoriale , l'Angleterre et la Russie. C'est aussi un équilibre, et lés au très puissances , quoiqu'on disent Pau-* teur de la brochure que nous publions > no sont pas réduites à un degré d'infériorité tel que si l'un des deux pouvoirs prépondérants, annonçait le dessein de rompre l'équilibre* et d'usurper la monarchie universelle, en abattant son égal , une coalition entr'eflfes ne put avec efficacité > ou interposer une heureuse médiation, ou s'opposer à l'usurpation en faisant pencher ta balance du côté* qui serait attaqué*

Ci»)

Quant à nous , Français , ce <Jnc nont éêêi* rons, c'est de cicatriser nos blessures à l'aida du repos, et de l'indépendance, avantages que nous nous Battons d'obtenir par la paix, étâousfa protection d'un Gouvernement sage. Nous n'avons rien i redouter d'aucune des deux puissances prépondérantes y parce que fritte nous défendrait contre l'autre. C'est dire que non* ije détona pas craindre davantage les alliés dp chacune des deux. Nous n'avons a redouter que nous-mêmes. Tâchons de noue mettre bien d'accord , et nous n'aurons rie» à appréhender.

Sans tirer du tableau de la puissance Russe , les mêmes résultats que l'auteur Anglais, nous ayons cru ce tableau curieux et intéressant, comme fragment de l'histoire de notre siècle, et c'est dans cette persuasion que nous nous sommes décidés à le publier.

Lorsque l'auteur nous a paru se laisser entraîner par ses préventions ou par ses animosités politiques , nous les avons fait remarquer par des notes dont le but est de ramener nos lecteurs à une juste appréciation des

evèn^toens et des hommes^ .et de constater la pureté des intentions qui nous ont déterminé/ à laisser subsister le texte.

Enfin uous avons :cru> devoir indiquer att Public le but le plu* important qu'à pu se proposer Fauteur, en montrant que par, Pe£ froi qu'il a cherché à inspirer sur les Vues d'une grande puissance dont le pouvoir lui a paru redoutable a sa patrie , il pouvait es« pérer de rallier autour de ses drapeaux toutes les craintes et toutes les espérances. :

***t**~*^m*^m*mmmmmmmmmmmmmmm^mr^'Tt%'Yrv\r*\f\fv,v\jv\\nj\r\sit

PREFACE

Xi* tranquillité de l'Europe fut le but avoué du système de guerre que suivit pendant vingtcinq ans le 'cabinet britannique et [rengagement contracté par ce cabinet; cette tranquillité ne devait pas être celle que Tibère ou -Sjlla accordèrent à Rome, quand les opprimés et les malheureux ne recevaient aucun soulagement* leurs maux; le repos, qu'on cherchait, devait être le fruit d'une politique d'accord avec le vœu public , et dirigée par èies conseils <le la sagesse , comme vers le bien de tous les peuples. Ce repos devait trouver la garantie île sa durée dans l'union du puissant avec le faible, du conquérant avec les vaincus, cimentée par leur intérêt commun.

Ce serait faire injure au bon sens du public, -que de se consumer en efforts pour prouver

que , sous aucun rapport, on n'a atteint le

but.

f Où chercherons-nous cette paix qui devrait

être une source de fciepffuts? *

Où sont lès torts redressés par des actes d'une justice désintéressée? «-

Quelles sont les passions apaisées par la générosité du pouvoir?

Les plus déterminés s'effraient à l'aspect de l'effervescence des peuples. Les larmes de l'humanité souffrante sont accompagnées d'une -expression si terrible de désespoir» qu'elle force -à réfléchir les hommes les plur frivoles, et tju'elle fait trembler l'homme accoutumé à réfléchir.

« $ous avons enduré l'affliction sans y ga- « gnerla sagesse. «Quelque rudes qu'aient été les dernières luttes, on n'a que trop raison d'appréhender que notre vie militaire ne soit •point terminée, et que bien plutôt il ne s'élève d'autres querelles. Une fois commencés, les débats, loin d'être faciles à apaiser, remplir ront les combattans d'une fureur que lécha* g pin d'avoir été trompés dans leur espoir rendra plus acharnée, et que rien ne pourra cal* mer/ Cependant Fauteur de cet écrit ne se pro-

(43) pose d'examiner l'état moral de l'Europe* qu'autant que cet examen lui sera nécessaire pour justifier l'assertion, « que la Russie, mel- « tant à profit les événemens qui ont affligé « l'Europe, a non-seulement accru son as- « çéndant en l'appuyant sur des bases natu- « relies et suffisantes pour se conserver un ce pouvoir prépondérant; mais que ses rivaux « lont encore gratifiée du sceptre dé la do- « mination universelle- » " "

Quelque hardie que paraisse cette assertion , la prédiction de cet événement a déjà été faite, à une époque où les observateurs ordinaires ne se seraient point avisés de faire à la Russie un si bel jioroscope. Cette prédiction s'est cependant si exactement vérifiée , qu'on ne la lira pas sans intérêt.

« Lorsque le czar et le consul mettront « leurs légions en présence, les médiations, ce les coalitions armées, les conventions de « neutralité et les lignes de démarcations se- « ront depeu d'importance; ces puissances ont « depuis long-temps oublié Part des négocia- « tions au sein de la guerre, et l'étiquette des .* cours sur les champs de bataille. »

^intervention des autres états peut hâter leur assujettissement ^ mais non leur faire

éviter leur destinée. Les champions de 1$ Russie et de la France se rencontreront bientôt au centre du monde. L'objet de leur querelle ne sera ni un évêché, ni une île à sucre, ni une question de préférence entre la messe latine et les prières grecques ; ils combattront pour la possession de l'Hellespont et du Bosphore, deui positions d'où dépend maintenant l'empire de notre hémisphère oriental. De tels combattans ne s'avanceront pas l'un contre l'autre pour escanpoecher et se relir rer ensuite; ils ne se battront pas pour des conquêtes à restituer. Il faudra que l'un de$ deux reste maître du champ de bataille et en même temps de la dictature du monde (i).

Quelque^ Hectors politiques ont jeté le gant, comme s'ils étaient prêts à opposer attitude à altitude, et pouvoir à «pou voir; comme s'il existait ufne puissance réellement capable de réprimer ou.de punir toute atteinte portée aux limites d'un voisin.

Mais le temps de l'illusion est passé, et le genre humain n'est plus dupe des grands mots.

(1) Essai sur la force intérieure et sur la puissance jnithaire de la France et de la Russie...,. 1 8 o3.

(*5) éette crédulité, cette foi qui n'avaient pas be~ soin de s'appuyer sur la raison , sont enfin épuisées. t>ou Sébastien et Jeanne Soulbcote peuvent encore , à la vérité , vivre aux dépens de la bonhomie de leurs partisans. Mahomet pourrait peut-être encore se faire suivre par une multitude avide de lui voir mettre une mon» lagne eu mouvement; des charlatans lèveraient encore une contribution sur la curiosité des habitans de Londres , en promettant d entrer dans une bouteille. Mais les ministres ne persuaderont pas plus long-temps aux Anglais de fermer les jeux , comme des en fans imhécilles, «et de prendre un fruit qui , lorsqu'on l'a saisi , n'offre plus au goût , «comme les pommes des côtes de la mer Morte , qu'une cendre rebutante. ,

Le vaisseau de l'état a été abandonné au (caprice de la fortune/ La sagesse et lexpé* rience indiquaient les dangers de la course et prédisaient que , si Ton échappait au irofrage pendant la route, te dommage que causeraient les conflit s des couransne serait pas réparé par les profits de la cargaison.

L'artiste qui. dans sa colère , brisa son pinceau contre sa toile, pouvait, à aussi bon droit, vanter le dessin et l'exécution de son tableau;

le tanneur athénien qui osa suspendre sou bouclier dans le temple de Minerve, en mémoire d'une grande victoire, était beaucoup plus en droit de le faire, que le ministère britannique n'est fondé à faire honneur a ses plans et à ses délibérations du succès de sa lutte contre la France. Nos ministres chance^ laient comme des gens dans l'ivresse; et, parce qu'ils ont réussi par hasard, réussite qui vé-, rifie la maxime philosophique , que « l'événe- *< ment justifie quelquefois une conduite in,m sensée >> , ils attendaient que quelque hasard fit d'eux encore des hommes d'état, et ajoutât à leurs talens celui de gouverner.

Les embarras de finance étaient l'inévitable

"conséquence d'une guerre politique ; cepen-^

danl on aurait pu donner à la paix des bases

qui eussent uni les gouvernemens et les nations

"dans des sentimens vraiment pacifiques.

L'Angleterre a consacré toutes ses ressources ■ a écaflter le danger de la domination d'une rivale,4 la France; mais la Russie, profitant de l'occasion , s'est élevée à une hauteur que cette rivale n'avait pu atteindre. I/Àmérique > en~ tretenue dans un système de guerre, est de« Tenue puissance navale^ elle menace de prea* % jre dçs stations dans les hautes mers, çt de jeté?

avec sëi vaisseaux de guerre une barre à travers le canal de communication avec llnde.

indépendamment de ces créations, qu'on pèiik appeler surnaturelles, de ces efforts empreints d'une activité qui doit être Fatale à l'ambition coritinentàle de l'Angleterre, et qui ne peut qu être alarmante pour sa suprématie maritime, la France ellW-même a été aigrie, ir^ ritée au plus Haut degré; elle tend les bras à quiconque voudra l'aider dans ses vengeances.

Ainsi, au lieu d'une rivale, l'Angleterre en a maintenant trois contre lesquelles elle doit lutter'; et ces rivales sont secondées par l'esprit d'inimitié qui envahit l'univers entier. ' Malgré tous les feux Je Joie qu 'el le a brûlés , viel est l'état réel de ses relations extérieures; et le tableau de son intérieur n'est pas moins alarmant, pendant que ses ennemis , qui connaissent sa situation , ne semblent pas disposés a négliger l'occasion d'accomplir sa ruine.

Qu'il j a de justesse dans cette observation ! JPrincipisestvïrtus maxima nosse suos.

Et combien ne s'abuse pas le prince qui , avec une bonté naturelle favorisée £ar uneédu* cation généreuse, doue de qualités innées ou acquises , propres à lui concilier la faveur et l'affection publiques, ouvre l'oreille à de mau-

Tais conseillers , et diminue ainsi sa popularité^ en autorisant des mesures subversives de cette constitution cju'il devrait défendre, et destructives de cette prospérité nationale que son intérêt et son inclination l'engagent à protéger! L'auteur de cet écrit n'a pas la prétention de publier des faits nouveaux: raconter avec vérité ceux qui sont déjà connus, et ne rien dire que de vrai, voila son seul objet. Des recherches plus étendues Pau raient peut-être mis à même d'éclaïrcir et de corroborer quelques assertions; mais l'inviolabilité desionfidences est une limite qu'on ne doit pas se permettre de franchir.

Que des rois, des ministres* dés hommes d'état, des généraux, s'en formalisent ou non, l'historien qui veut être instructif doit s'abstenir de toute partialité, comme de toute animosité. C'est;à lui qu'il appartient de dire, «Tros Ru~ « tulusve »; etc; mais comme il ne peut guère se flatter de ne blesser personne, en remplis- < santles devoirs d'un écrivain guidé par l'amour du bien public, et en rappelant des actes qui exigent un prononcé impartial en bien ou en mal, si l'on veut en déterminer le caractère et fixer le jugement des contemporains, il doit être préparé à encourir le ressentiment du

( »9 ) pouvoir blessé dans son orgueil., et du critiae regimbant contre la censure.

C est maintenant que ceux qui ont à cœur le salut de leur pays, doivent s'exposer sur là brèche, sans aucun égard pour leur sûreté personnelle, et être toujours prêts à s'écrier avec l'orateur romain :

Quin etiam corpus libenterobtulerim, si reprœsentari morte meâ libertas cwitatis polest , ut aliquandb dolor populi romani pariât quod jam diiiparturitï

On dira peut-être qu'avec ces sentimens, et sur-tout lorqu'on s'en fait gloire , on devrait inscrire sur le titre de l'écrit le nom de l'auteur; et quoique Xignotumpro magnijico soit souvent favorable , on aurait pris ce parti , si 1 étiquette d'un combat littéraire avec un champion anonyme ne commandait pas de tenir sa visière baissée. Mais aucune crainte n'empêche l'auteur d'avouer son ouvrage; et, loin de chercher à se cacher ou de combattre sous une enseigne trompeuse, il sera toujours prêt à soutenir au grand jour contre ses adversaires tout* ce que sa plume a tracé dans ces pages.

Toutes tentatives pour influencer ses juges sont contraires à la loi, et dénotent ou une mauvaise cause, ou des craintes honteuses;

mais on peut toujours exprimer l'espérance de voir la critique fermer l'œil sur les imperfections du style* L'auteur sollicite l'indulgence polir la ferme > et réclame un jugement pour le fond ides choses.

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^dtitiQUE fet kiiïthmE

Ï)Ë LÀ ktJSSJE EN 1817.

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Il â ^pârû, sous la rubrique de Francfort, un article extraordinaire, accompagne de quelques observations qui méritent attention.

Nous inserons ici cet article en entier comme base de nos recherches et des réflexions qui en seront la suite.

« ïl paraît nécessaire d'instruire l'Europe du « danger qui la menace. Ce danger ne viebt ni « de l'Angleterre , ni de là France , ni çle l'Aù- « triche ; il vient du nord cfe la Russie. Là Rus- « sie est la puissance qui veut aujourd'hui

* prendre l'attitude hautaine et dictatoriale

* que la France avait pri&e sous la tyrannie de

« Buonaparte. C'est dans cette vue que celte « puissance a fait tous ses efforts pour çmpê- « cher une alliance intime entre l'Angleterre « et les Pays-Bas , par un mariage entre les * deux familles régnantes, et pour unir la mai* « son 4'Qrange avec Ifi famille impériale de « Russie; c'est dans cette vue qu'a été con- « tracté le mariage du roi de Wurtemberg « avec la duchesse d'Oldenbourg; c'est dans « cette vue que la Russie s'est unie par des « liens de famille avec la maison de Bran* « debourg; c'est enfin dans cette vue qu'elle « ne voit sans doute pas avec beaucoup de « déplaisir les accusations de libellais étran- « gers contre l'Angleterre, libelles dont L'effet « doit être de diminuer l'estime et le* respect « pour la nation anglaise; ni les attaques qu'ils « dirigent constamment contre le gouverne- « ment delà France , attaques dont le but uni* « que est de répandre l'alarme et la crainte « dans ce pays. Elle n'a en vue que d'aliéner « l'Angleterre et la France des autres Dations « en excitant les jalousies et les aigreurs ma- « tuelles ( Francfort ).

— « Nous sommes disposés à accorder à l'écrivain de Francfort que ses craintes sont réelles. Mais nous ne pouvons ni les partager, pi

(35) Voir l'état des choses sous le même aspect. D'à* bord il attache trop d'importance aux alliances de familles et aux effets qui en résultent L'expérience de l'histoire noj^ atteste cependant combien peu l'on doit compter sur ces alliances , au moindre choc qu'elles reçoivent d'un plan de politique , d'ambition , ou {l'agrandissement ! Nous ne savons pas si la Russie a influé sur la rupture du mariage projeté entre les maisons de Brunswick et d'Orange , et nous ne nous mettons pas en peine d'avérer son influence prétendue à cet égard , parce que l'union entre lesmaisons de Brunswick et de Saxe a pleinement satisfait le peuple anglais, et que Ton n'aurait pu sûrement faire choix d'un prince dont la conduite fût plus digne d'éloges que celle du prince de Saxe Gobourg. Notre opinion sur les résultats des alliances entre les ramilles souveraines en général , s'applique à tous les mariages dont parle le Correspondant de Francfort En effet, quapt au Wurtemberg.,, quel effet peut-il produire? et de quel poids peut-il être dans la balance de la politique européenne? À l'égard des accusations dirigées contre l'Angleterre par les libelles étrangers, nous n'en sommes point surpris; ce sont des attaques de jacobins

coonqs; nous irons même plus loin, ûouj avouerons que nous nous y sommes exposés. Nous sommes leurs vainqueurs ; leurs libelles et leurs calomnies sont l'effet naturel du dépit et de la vengeance. CepenAlmt nous nous sommes souvent étQnnés qu'on leur ait accordé asile et impunité. Il %'est certainement pas de puissance en Europe qui ait de si grandes obligation^ à l'Angleterre que le gouvernement des Pays- Bas. C'est l'influence de la Grande-jBretagne qui , en contribuant puissamment à la réunion des Provinces-Unies et des Pays-Bas, a fait asseoir la maison d'Orange sur un trône respectable; acte qu'on doit compter au nombre des combinaisons les plus sages de la politique, La supposition d'un concours du royaume des !Pays-Bas aux vues d'agrandissement que pourrait avoir la Russie ne nous paraît pas moins absurde que celle d'une alliance offensive die ce royaume avec la Russie contre la France et l'Angleterre : car quelle politique pourrait décider une pareille union ? et de quelle utilité la Russie, à une si grande distance, pourraitelle être aux Pays-Bas? Remarquons d'ailleurs que l'Autriche ne pourrait voir avec indifférence, ni souffrir patiemment une telle alliance; et dans la supposition qu'imagine le Corres-

pondant de Francfort, il ne serait pas bien difficile d'occuper la Russie du côté de laTurquie. Mais mas répétons que les craintes du Correspondent de Francfort nous paraissent chimériques. Nous ne croyons pas aux intentions que l'on prête à la Russie ; mais ce qu'on a toujours cru impossible est non-seulement devenu une probabilité , mais un fait évident et. certain. L'Angleterre et la France ont reconnu que leur intérêt leur commandait d'être fermement et sincèrement unies, et nous croyons pouvoir affirmer qu'il n'existe pas en Europe deux cours en meilleure intelligence ; toutes deux ont dans l'Autriche une alliée non moins sincère et noa moins intime; et maintenant nous demanderons ~ •volontiers où est la puissance ou la coalition de puissances qui pourrait se flatter de réussir contre V union de la Grande-Bretagne, de l'Autriche et de la France? Il n'est pas vraisemblable que la paix de l'Europe Soit de sitôt troublée ; aucune puissance n'est intéressée à la troubler, toutes ont intérêt à la maintenir »*- [Londres). ^

C'est -un vieux proverbe français que , « qui ce s'excuse s9 accuse j » et certainement la Russie doit regarder cette manifestation gratuité

(36) d'opinions hostiles à tëgard des vues qu'elle montre et ces avis insultans pour sa puissance , comme un procédé peu décent et comJte l'expression de la jalousie et de la crainte. *

Lui supposer à elle-même des intentions hostiles, et, dans cette hypothèse , la menacer d'y mettre ordre et de réprimer son ambition , est une manière d'agir , non-seulement antipacifique , mais offensante. Quand on veut échauffer une querelle entre des écoliers, on fait dire par un champion aposté : ce J'ai apte pris que vous vous vantiez de vouloir me pro- « voquer, je ne le crois pas ; mais si vous le « faisiez, je vous donnerais une volée de « coups de bâton. » Ce même penchant à lutter ne les anime que davantage lorsqu'ils sont devenus hommes, et la menace les exaspère d'autant plus que leur vanité s'est accrue avec leurs forces.

Les nations comme les individus sont sensibles à ces provocations gratuites.Quel Anglais nese souvient pas'de l'effet que produisit, sur un peuple qu'il voulait humilier, ce mot de Buonaparte, ce que l'Angleterre seule ne pouvait ce lutter contre la France. » . * .

Cependant, puisqu'on a commis Findis-

(37) Crètion, il faut discuter la question; et un examen exact et sans passion de l'état de l'Europe, prouvera que le manque total de moyens pour soutenir le défi , ne fait que rendre plus complète la folie de la provocation.

Cet examen exige, comme préalable nécessaire , une esquisse rapide de l'Histoire des progrès de la Russie en Europe.

Il y a un peu plus d'un siècle que le sol sur lequel est bâti Pétersbourg n'était encore qu'un marais désert, et que toute la contrée environnante était sous la domination de la Suède, alors alliée et voisine de la Pologne, (royaume qui contenait, à cette époque, plus de dix-sept millions d'habitans)*, et de la Turquie dont le pouvoir était si redoutable, qu'elle força Pierre-le-Grand , vainqueur à foltawa, de capituler sur le Pruth, de racheter sa liberté avec les joyaux de son épouse, et de payer tribut aux Târtares.

L'ambition , les talens et la fortune de Pierre-le-Grand prévalurent; et sa capitale maritime, construite sur un vaste plan, devint à la fois un monument de sa gloire, et le plus ferme appui de cette politique pleine d'audace et de jactance , qui lui faisait dire que la na-

ture n'avait créé * qu'une JRyss^é, et qu'elle « ne devait ppipt avoir de rivale » (1).

A l'excepfyçn dT^i^pJftu ftlftnt les traité? lui firent Jhouneur et Ijyrqnt glorieux ppur çç$ armées, quoiqu'elles ç'eus^t ppiut eç de succès, Jes souverains qui sjpjccpc|prênt à Pienre- Jc-Cra^d, jusqu'au règne 4e ^Gat^enne JI, ne pprent suivre l'impulsion qu'tf 3?ait donnée f mm i)s s'elfyrcërent de consolider Ja puissance qu'il <^v#it acquise , et le commerce leuf procura des ressources nouvelle? pour J'acconjir plissement de leurs vues.

Catherine If. eut toute Jardeur d'un conr cjuérapJt et sut l'inspirer à ses sujets. Pans mm empire ou l'on avait totijows négligé U$ moyen? de former le£ hpmmes par une bon ^e^ educatiop, avantage qup -Catherine elje-même sacrifia à (4es vyes plus attrayantes, des ministre? pleins 4e capacité y des généraux invincibles se présentèrent comme par enchantement. ;

(i) Voxtz h ^èçte dePierr^^Qr«w4 ap*è*'U défaite. dp la lfotfo suédjQif e gr,è? dçïile d'i^A^d, dans i'anuée i^i4.

lue Caucase, k Crimée, lepaysdes Cosaque*, laCouriande,jet une gcaode partiedela Pologne, accrurent ses possessions ? quoique Sswarow p'ait jamais commandé d armée qui comptât {dus de quarante mille koownes effectifs.

Le plan de l'édifice était tfune étendue immense ; mais les vides, lesiotersticès n'étaient pas d'une dimension inoins effrayantes Ou conservait l'échafaudage élevé par k premier architecte; maïs il, fallait une suite non înter* rompuede combinaisons adroites pour ache?er 1 ouvrage doot son génie avait tçafcé le pl^n.

La Pologne était; pour le centrede l'Europe, ua boulevard q«, par ses retattop* avec Stockholm et Constant inop le, et au ma^en de. ses empiétement sqr la ligne militaire dfe France et de la Russie ,. rendait encore précaires^ tous les succès qu'on avait obtenus* et ne faisait des peuples subjugués, queutant de sujets, toujours inquiets. Une occasiçn favorable se présenta; on la saisit. L? plus importante position en Europe, pour la sûreté de h Russie , fut occupée , avec l'aide de- deux grandes puissances européennes , et en présence des autres puissances qui se bornaient au rôle de spectatrices indifférentes; et la nation guprrière, indépendante, qui défendait ce poste

</4a ) fpt partagée comme une proie légitime entre ceux qui se prétendaient les protecteurs de sa sûreté et 4e sa tranquillité.

La politique sage et libérale de Catherine, sous le rapport de la tolérance religieuse , le respect qu'elle montra pour les lois, les habitudes et la langue du peuple envahi , calmèrent les ressentimens de la partie de cette nation qui lui était tombée en partage, et disposèrent la cation entière à préférer le gouvernement dont les derniers actes ont donné , à la fusion de ce peuple 9 l'apparence d'une association libre avec l'empire de Russie.

L'objet réel de l'ambition de Catherine •était Constantinople. Elle borna donc ses hostilités contre la France 9 à la publication de -quelques manifestes ,. à quelques largesses à la dynastie détrônée et réduite à l'exil, et au don d'une épée à Monsieur.

Paul, plus franc et moins politique , Voulut accomplir ses promesses. Trente-six mille hommes, sous les ordres de Suwarow, marchèrent en Italie, où cette armée soutint la réputation de son général, pendant que huit mille t hommes , débarquant en Hollande , air milieu f de circonstances défavorables» affaiblirent 1* :> réputation militaire de la Russie , en abaissant

( fr >

ses glorieux éteèdarts. Paul, irrité et plein de dépit, résolut de s'unir avec son ancien ennemi, et de tourner ses armes contre ses anciens amis» Ce fut dam ceHe vue qu'il forma le plan chine neutralité maritime armée, et q» un corps» considérable de cavalerie fut destiné à fin va-» sion de llnde, lorsqu'une noblesse mécontente et une armée fatiguée s'accordèrent pour mettre fin à sa domitaation.

Paul était violent et capricieux; mai» se» ennemis même ont «voué que tout incapable qu'il fût, par défaut de jugement, de protêt ger son empire contre l'insulte, il avait une ame trop élevée pour jamais souscrire à rieo» de honteux*.

Son règne fut trop eourt peur dévelof>perle» ressources surabondantes qqe possédait dès-lor? son empire; mais ce règne n'en eutpas moins une très-grande influence sur lit, politique russe à regard de l'Europe, en prou* vaut qu'il n'était pas de contrée , dans cette* partie du monde» qui fut inaccessible aux. armées sorties du Caucase et de la Sibérie,, tandis que Je projet de pénétrer dans llnde par la Perse, projet d'abord rejeté^ comme bisarre et chimérique, est devenu, avec létemps, 1 objet d'une attention sérieuse d* lfc

M») part du gouvernement r et a obtenu L'assentiment de ceui qui sont destinés ifrexécuier cette grande entreprise. '

•Alexandre monta sur le troue précédé pat les, préventions les plus favorables* Ses exceï- : 1 en tes qualités , son mérite très- réel Itoî ayaientT concilié l'affection de tous ceux qui l'approchaient* Le talent que Fon supposais pour le gouvernement à l'élève de Laharpey faisait naître les: plus hautes espérances ÏLe Télénvaque dfi nord n'était- point enivré pan le pou*voir, tuais formé aux devoirs d'un souverain ptir un mentor rempli de sagesse et! de» vertus; il'în'èxerçait lîautorité d'un monarque: despotique qu'en donnant l'amour de l'humanité pttui<base à sa puissance^). ; » •

:J0mremi <Jep dépenses d?oslentation aux-

qnelles Vêtaient livrés qnelqu^-unside ses pr^é-r

décasseur^ il régla , avec économie, celles de?

son pajàis , et ; etapioya>des.trésGrs<à<fonder <les

- éteblisseroens, à faire exécutée des ouvrages

' (1) ^oftttleainkéseSiSiif)liélat dt6?eac1ave9} Urdc*fofWG*tal**:Wi4,S<e ^ec les lèpres, l'aboli tiop du droit • de^e&flunir 4^ mort, Pob^igatipn d'eiup^jw rarement» cpot(re-eîa,,lc châiim^iu <Ju knout^ etcelc,

(45) CÔBsaérés à Futilité publique, à pourvoir se* arsenaux, â augmenter sbà ahnéé. Tempérant*, actif, infatigable, il' tWtfait lui-même liés' affairés dé stfti gouvértikittteàï, ôii lessfouxtieiùiit X sa' sùWéillâitee. Faiifîltetisé avec là statistique, la' topogtàpKie, les' intérêts dès1 diËerens' (5a js soumis à'soH vaste empire, tl n'avait à cœur que lk prospérité générale qu'il' s'efforçait d'assurer pâr'.iin" ordre approprie* aux besoins de tbtoetdè'clîàc^ des peuples et des individus.

Tel était Alexandre. Ort rië saurait peindre, avec un crayon trop fidèle, lé caractère individuel d un monarque dont' là volonté est le seul principe de gouvernement reconnu dans' son empire, et qui doit, par conséquent, avoir; toujours la plus grande influencé sur les mesures dé son'cabineh

En arrivant au trôné; Alexandre n'avait point à choisir avec l'Angleterre j entre la paix où là guerre. Là paix était là condiiiôa implicite de son élévation au pouvoir» Ses sentimens à cet égard étaient d'accord avec ses obligations; et il se servit de l'augmentation dé ses finances pour développer dés sources de puissance et de richesses qui n'avaient point th'core été misés à profit.-

Malgré une consommation immense çt continuelle d'hommes et d'argent sur le», frontières de la Perse et de^a Moldavie , ses chan-. tiers furent constamment occupés à augmenter le nombre de ses vaisseaux, et ses dépôts à, recruter de nouveaux bataillons.

.Enveloppé, comme allié de l'Autriche, dans le désastre d'Austeijitz (bataille troppré»çipilamment résolue, et perdue , on peut le dire avec confiance, avant que le combat ne commençât, par un mouvement de flanc irréfléchi), Alexandre fut peut-être le seul homme de son armée qui descendit les montagnes carpathiennes sans, désespérer de réparer ion malheur et le mauvais succès de cette campagne. Les efforts furent proportionnés aux besoins des. circonstances ; et quand Napoléon passa le Rhin pour attaquer la Prusse, cent vingt mille Russes s'avançaient pour appuyer cette puissance.

La bataille d'Iéna qui, en un jour, renversa la monarchie prussienne , et mit les Français à . même de faire flotter, au bout de quatorze jours, leurs drapeaux sur les bords de la Vistule, déconcerta les plans qu'on avait combinés et réduisit les Russesà défendre leurs frontières, n'ayant pour appui que cinq à six mille auari-

(45) liaires découragés : c'était tout ce qui avait pu échapper au désastre de la Prusse , au lieu de deux cent cinquante mille hommes, qui, peu de jours auparavant, auraient pu se mettre en ligne à côté des Russes.

Les batailles de Pultusk , d'Eylau , d'Heilsberg, de Friedland , ne purent empêcher les progrès de l'ennemi vers le Niémen ; et Alexan^ dre, alarmé de sa situation, accepta les conditions de paix offertes par Buonaparte , conditions que ce dernier rendit avantageuses à la Russie, et auxquelles il ajouta un nouveau pfix parles égards qu'il témoigna au monarque russe, adoucissant ainsi le chagrin que devaient lui causer ses défaites.

La malheureuse issue de l'expédition de sir George Duckworth , et le résultat du mouvement non autorisé des troupes anglaises sur Rosette, (une entreprise contre Alexandrie même fut tentée sur la demande expresse du cabinet russe), dut beaucoup ajouter aux chagrins d'Alexandre. Ces échecs augmentèrent tellement par la confiance les forces desTurcs , qu'ils le contraignirent à faire marcher des renforts vêts la frontière au moment où on ne pouvait, sans danger, dégarnir des pointe

cFurié haute importance; mais le motif réel1 quiil^déténttkîk à1 la pai*, fat la certitude acquit, pendant Ifepéu de ternes qu'il passa à' l'atittëë, ^eUèPétàittrop faible1, tirOp desor-1 ganisée, trop dépotiïvuèfdfenioyëdsindisii^rfsalilfe^ pour pouvoir défendre ebntr'e* uhe invasion le*1 flrt)vîtltf*srpbtoiiai$« ihcdrporéé*' à- la Russie, cjuârfd1 ôh aVait à redoutée dàrik ce& pfrôviricetf l'esptft d?iHitnrectiôai II1 savait* que - les' secourt anrioocés , côrrirtiè étant eii' irtarcbei n'eJtiaUiiéritpas, et1 qu'il tfj aftàit pa*' vingt Ettillè hortitires ctt rééervé potif défendre' ses dèiii -capitales:

La paix quiTferidh le t'MW a sdtf allié , quoique les plus beaux fleurons dèrla cûxiitinûé dk' PhïsseMeiiïtfatfasseht en la possfessiort du côtH quératit', adoucît beaucoup IesYe£*etâ personnels qiofe Fissué de la 'guerre catiààit* à Alexandre: (Sétlë pàii, cjtiilui astatàit tinfépWtiOû ^oi" cbtfsîdéràbl^delâ Pbbgtie, et cjui&torisaît'ses' vuefc eu Tui^rfiêiusqtf âlVmbouèHifrfe5 dû Da- : mibe, là ctoitquéte dé ritoportaritèprOvitfce dé Pinlc-tade entraient dans sOb ptàû de politique ; ' jûàii là^paix'qtiiluîbffrait dés délais^rédéux, et ddttt il 'était résolu de profiter, était; avec* rèfcpërietitte' qu'il avait acquise de* ^àces/de*

son système militaire , d'une pkife grande im* portance eàcore, et, comme i\ le disait luimême, d'un prix inestimable.

L'attaque de Copenhague, qu'Alexandre dé* clara toujours ne pouvoir être justifiée, puisque le priuce royal de Danemarck setait déterminé à maintenir la neutralité lia plus absolue , à en repousser toute violation soit par terre, soit par mer, de quelque part qu'elle ^înt ; cette attaque , dis-je , lui fournit lyi piretexte pour déclare* la guerre à* l'Angleterre f il persévéra dans cette politique, quoique cer>* tains événemens dontle souvenir étaibsa&fc ce&e* présent* à son esprit, eussent. été bien capables de: l'empêcher de mettre à exécution urte mesure àussûpeu populaire en Russie* . La prise de la Finlande fut encore plus inexcusable ; l'acquisition en était cependant de laf même importance pour la Russie que le fui celle de la Normandie pour laFrance, alors qufc cette province se trouvait sous la domination anglaise* Le détrônement de la dynastie alors régnante en Suède qui en fut Ta suite, n'avait jamais été prévu par Alexandre*Ce mon arque le déplorera toujours jusqua ce qu'un pareil ou* trage ait été expié- soit par une juste indem^ ni té, soit par une restauration éclatante.

Napoléon ayant fait une nouvelle invasion en Autriche pour tirer vengeance de quelques négociations équivoques qui avaient eu lieu lorsqu'il se trouvait dans l'embarras , après la bataillç d'Eylau , (1) comme aussi pour colorer les intentions hostiles qu'il entretenait secrètement, somma la Russie, en qualité d'auxiliaire, d'envahir l'Autriche du côté de la Galïicie. Les armées de cette puissance se répandirent donc dans la province en question, et s'avancèrent jusqu'à Olmutz, lorsque le cabinet autrichien résolut de faire la paix et consentit de donner un gage d'une amitié durable; gage que la Russie, à ce que l'on croit, avait refusé de donner après la paix de Tilsitt.

La paix ajouta encore à l'empire russe une partie importante et étendue de territoire. Quoiqu'elle ait été depuis abandonnée, on n'attendait pour la réoccuper, que la convenance de l'empereur.

(1) Buonaparte dit an général autrichien envoyé pour reconnaître ses forces et sa position , et qui n'arriva que lorsque tout le danger était passé , « Be- * tournez d'où vous venez; dites à votre maître qu'il « est de deux mots en retard , et que moi je suirpri» « maintenant, a

Ù9) La défense de la Gallicie est devenue, en quelque sorte impossible , depuis que la Russie se trouve en possession du duché de Varsovie, .qu'elle a àix cent mille hommes pour agir d'accord avec ce pays , ainsi qu'une population amie, prête à se porter eu avant ; la conservation du pays situé entre la Vistule et le Niémen , aujourd'hui sous la domination prias* sienne, serait également impraticable de son côté, si la Russie résolvait jamais de s'en rendre maîtresse, et si la Prusse n'était pas assez sage pour négocier une cession avfec indemnité.

Un parti anglais très-puissant continua d'exister en Russie, et l'intérêt commercial, auquel se rattachent les intérêts de la majeure partie de la noblesse russe , murmura hautement en .songeant au tort qu'occasionnait pour sa fortune , et que portait en conséquence à la prospérité générale de l'empire te blocus maritime exercé par l'Angleterre. Cependant Alexandre persisU dans sa résolution ; mails comme il avait conservé le souvenir de la campagne sur la Vistule , il t'appliqua sans relâche à perfectionner l'administration de son armée , comme aussi à en accroître les forces*. ...

Buonaparte qui avait espéré qu'une guerre du côté de la Turquie aurait épuisé les ressources

(5o) de la Russie , tant en hommes qu'en argent, ou aurait empêché *du moins, à tout événement, que ses forces disponibles ne s'accrussent, vit avec autant de craibte que de surprise les mesures adjoiaistratives d'Alexandre.

Dans l'espace de trois années la Russie avait perdu sur ses armées de la Moldavie, plus par les chaqgemens de climats que par- le sort des combats, trente -six généraux et cent vingt mille hommes, et cependant une armée de soixante mille hommes, mieux organisée qu'aqcupe autre que la Russie eût eue jus* qu'alors* qui égalait et peut-être surpassait, dans l'ensemble de sa composition , quelque armée de l'Europe que ce fût, couvrait toute la ligne du Danpl>£>£t de temps à autre, bloquait l'armée turque dans Shumla , au pied des mon* tstgnçs de Balkaq , véritable rempart dé Constanlinople, rempart que des troupes comme les Jroupes françaises auraient; déjà. depuis longtemps renversé par leur bravoure et leur intrépidité. » -' k>* " '

La^uerredePerspavaUcoûtéannueilément à la Russie de dix à vingt mille hommes; quoi qu'il en soit, d'année en année, les lignes de coii*ipunicalion russese.perfectionoaient et affaiblissaient insepsiblemenl les frontières de la Perse-

( si r

Aulieo d'une armée faible, destinée à pxo* téger le Niémen , cent faille hQnupes , formé* sur trois lignes , servirent à repogsççr jtoute .attaque, et l'op posta, dans la Finlande, , un autre corps considérable 4e trpi^pe?. Tqj*$ les vser naux regorgeaient de tnunilions; quinze cçnl* bouches à feu parurent sur le chajpp de bataille. On dressait des recrues 4?#3 (chaque pr^ vince; enfin, on établit une milice dan$ Uwte l'étendue de l'empire:

Bonaparte» qui n'avait jamais perdu le sou* venir de la bataille d'.Eylau, et qui avait éprouvé les ver tUs militaires de l'armée russe, vit bien que le moment était, venu pour la Russie dç prendre cette attitude imposante qpiçtait l'objet de sa propre ambition , eç gp mot d'obte* nir en Europe un établissement qui , en raison des avantages stratégiques de s? position e| d'une nombreuse population , lui ^eyait assurer la suprématie du continent ou sinoq q\}'\\ lui fallait impérieusement chasser les arinçes russes d'Europe pour briser et réduire enfin cette puissance colossale jusqu'au point de n'en faire à peu près , comme par le passé, qu'une puissance asiatique. Il choisi* dpnc ce moment pour commencer ses opérations, parce qu'il craignit , qu'en différant , te

( Sa ) Russie ne parvint à engager les Turcs à faire la paix avec elle, et que l'Angleterre ne vînt à acquérir plus d'influence [encore par suite des bons offices qu'elle aurait pu rendre a celte occasion. Peut-être avait-il bien aussi quelques raisons de craindre que le caractère de prolongation que prenait la guerre en Es* pagne ne rallumât Tes sentimens hostiles d'alliés assez mal disposés en sa faveur , et ne les amenât à se prêter, réciproquement aide et assistance. %

Malgré l'avis d'un grand nombre de ses meilleurs officiers et hommes d'état , il refusa d'envoyer quatre viugt mille hommes de plus pour décider la conquête de la péninsule et dégoûter ainsi la nation anglaise de ses guerres continentales ; en détruisant des espérances si chères , pour elle, de toutes les manières. Il né cessait de dire à ceux qui l'entouraient: ce qu'il était on ne peut pas plus raisonnable te de laUsefr l'armée anglaise engagée dans uu «* pays élttigtfé d'un point où , suivant lui , elle « pourrait beaucoup plus efficacement contrite buer à lui nuire.

*A la tête d'une armée confédérée de plus de qùâlref cent' mille hommes , Bonaparte accusa l'empereur Alexandre d'avoir violé les traités

il iilbi deninnda eu même temps à lèi ïfr ifouér. - • ••'■• ■>

J L'isole dé la caiâpàgne est fort connue; ! mais Tbistoire réelle dé tous les événement qui Tout accompagnée, quoique bien inté- - ressante pour l'homme d'état , pour lé soldât , pour' le philosophe, enfin , pour tous les êtres* en général qui ont des senti mens d'humanité, ; cette histoire, dis- je, é$t éricotfe un mystère pourïlîuropé. ,; *

% 'On peut Seuîeriiënt se péitheïlt'e dé rappë-1" 1er ièf 'que, nonobstant la conclusion dé paix ; bien imprévue entre la Turquie et la Russie, lès hostilités bien inattendues de la Suède * cependant les projets gigantesques deBûouà-' p!arte furent mis à exécution sur tous ceux des points qui offraient, cbmme On l'avait bien' prévu, à Tannée française, des obstacles insur-f riiontables et lui ravissaient tout espoir de succès»

" En obciipant les lignes dé la Dwirta et du Niésïét, il pouvait , à son gré , rétablir ou non ' là' Pologne1; il se ébnservait l'option dé Tua ob de l'âutte dé Céfc partis ; mais sa marche sûr' Moscow, dictée par là seule vanité, et par ub désir ardent d'éterniser la gloire de sa coii* quête , est une opération militaire qui n'eut

cqçore çté; suiyie 4'^MÇu^ d&3£ire, 09 mé*ne d'aucun inconvénient (i) , si les combinaison^, politiques de Bgonapartç nç l'avaient induit à séjourner, dan$ ççttç capitale, ap-delàd^ vingt, joujrs,

IL n'çntre. dapsT ççs« réftexion* aucun désir, de cbajriterle^I^angesdeÇuonaparjt^rou deT décrier (s'il est vrai qu p des détracteurs p,u$$je^t , sç le pçnrççUrç) la} valeur <le l'armée coura-, geuse et du brave peuple qui résistèrent aux, Français: d'qi^ç arqiée surtout, au dévouement dç laquelle Bupnaparle paya luirn^nej le plus beau tribut delç^ea, lorsqu'il dit des; bataillons qui mapœpvraienj sous son feu:* « Qu'il ne leur était p^s permis d'avancer > mais^ «^ qu'ils rie'pouyaiçn t cependant demeurer en . «place. »Le fait est qfqç, pai; suite; d'u&mapqae ..' d'énergie daps la direction des mouvemens de . l'armée russe, et de cette détermipption dene, point faire d'attaque générale et concentrée, sur 1^ ligne 4e marche de l'goggipi,, lignée française aurait regagné sa, ppsiliop sqr la Dwina et le. Niéper sans aucune pertç • b*ei| > réelle r*it elle n'eut pa$. entièrement négHgé ,

(i) C'est un point que je ne regarde pas absal cubent comme démontré.

vie potrrVoir ses die vaux de fers à glace; lies chevaux de Buonaparte forent seuls exceptés de cette malheureuse imprévoyance; et c'est aux soins de Cauîincourt que Buonaparte dut son salirt (i).

L'armée française une fois rétablie sur "celle ligne, l'hiver aurait pu être passé dans une parfaite sécurité, depuis que l'Autriche avait été amenée, par crainte, dans ùiie coalition effective; et toutes les ressourcés de la Pologne auraient été mfees à profit pour la çam* pagne suivante..

(i) Pendant la retraite* un ducat, qui valait alors fcine litre sterling; , était le prix. d'an seul fer à cheval $ même dans l'armée rnsse ? et encore était-ce par grâce qu'on en obtenait. Les chevaux russes, dans leur propre pà/s, sont toujours fortement ferrés, de manière à pouvoir servir par un temps de glace. L'artillerie et la cavalerie françaises étant hors d'état de rendre le moindre service , on ne pouvait faire lapins petite disposition pour protéger l'infanterie, soi* * qu'elle fut en marche , soit qu'elle se reposât la nuit. Il était impossible d'obtenir de provisions pu de fourrages, si ce n'est dans les villes ou villages placés sur le bord dés routés. Cette cause peut paraître minutieuse; mais elle n'en est pas moins véritablement celle dés désastres qui ont accatlé l'armée française»

On ne pourrait- citer, dans l'histoire moderne , aucune campagne dans laquelle chaque adversaire ait eu d'aussi fréquentes occasions d'obtenir une victoire certaine, et d'assurer, en l'attaquant, la destruction totale de son ennemi, sans aucun risqué pour lui-même, et à peine avec quelque perte.

La fluctuation des opinions , au moment de l'opération , amena l'évacuation du camp de Driessa, retranché à si grands trais, et, par suite, l'abandon du pays étendu , situé entre lé Niémen et le Niéper , en quelque sorte sans un combat.

Âpres les batailles de Smolensk , dans lesquelles les Polonais se distinguèrent d'une manière si éclatante, en Rétablissant audacieusement dans les faubourgs ; après l'évacuation volontaire de cette ville sur laquelle l'enpemi n'avait pas fait le plus petit mouvement qui ea obligeât la reddition , ni aucune tentative qui pût nécessiter la retraite de l'armée qui la défendait , les lorces russes , engagées dans un chemin de traverse avec six cents pièces de canon , et ayant de plus une rivière à passer,, n'eussent pas été capables de gagner Moscou par la grand'route , et dé sortir , pour se déployer, de cet étroit défilé, dans lequel elles

C«7) agissaient avec infiniment de difficultés, lors* qu'un détachement dé l'armée française, ayant déjà passé le fleuve (t), s'approcha de ce point ou issue de passage qui seul pouvait permettre à la colonne russe de déboucher; le duc d'Abrantès (Junot) y fit une pause, et donna ainsi le temps aux Russes de porter sur le lieu du danger (2), quelques détachemens épars qui maintinrent la position, en dépit de tous les efforts qu'on put faire. « Le duc perdit (ainsi « que l'observa Buonaparle) le plus beau jour * de sa vie». Il aurait pu ajouter, en même temps , de la sienne aussi.

À Borodino, ainsi qu'à Waterloo, oti bp-

(1) Le corps de Bagrathion ayant échappé par les manœuvres les plus extraordinaires , et en quelque sortes par miracle, au corps d'armée chargé, sous les ordres. deDavoust, d'intercepter sa marche, avait été placé en station à ce débouché; i\ avait reçu Tordre fie se retirer sur Dorogobusch , sans qu'un seul corps eut été dirigé , comme on s'était proposé de le faire , pour le remplacer et couvrir son mouvement de marche oblique.

,(2) On attribua au duc de Wurtemberg, oncle d'Alexandre, (à cause de ses savantes manœuvres ea celte occasion, .) le mérite d'avoir le plus puissamment contribué à çauver l'armée russe.

posa ligpe$ à lignes, homme ataoune? et m* appel fui fait an courage individuel du soldat. L'issue du combat dépendait bien plus d'un déploiement supérieur de forces cjue de l'habileté des manœuvres ou des caprices de la fortuqe. L'exemple des ç^efe, la charge, 1-atH tacpie, les çhoc5 , les haltes, ygilà les seules tactiques cpji étaient à observer; les feux en croix,.... |($ seules ppératioos de stratégie, Mais après upe reprqite rendue nécessaire par lçt pççte de la batterie qyi dpipipuit toute la gauche jet la partie-centre de la position ; après la prise de Moscow, accompagnée de cireons»* tances et d'évéoeme$£ du plus grand intérêt (dont le monde n'est point encore instruit);, quand , pendant douze jours , les armées russe* tournèrent autour des ruines fumante^ de leur capitale pour regagner la route de Kaluga, hors de ]à ligne de marche , çocQflikrw d'o^s* » tacjes dç ^pq te espèce (i)l; fjâos cette position,

(t) Depuis Smolensk , tonte la population du pays se voyant à la veille d*être abandonnée par les troupes, mit les femmes y lies enfans et tousses principaux effets dans das charettes, et rejoignit ainsi les colonnes russeat ' ajoiiiantaux besoins étala confusion. L'armée n'offrajt plus enfin que l'aspect d'une nation errante.;

lès coforibei preieûtèrént xïtiflànù 4 î'àrtbë» ttatoçâiie côhtehtrée, et lui offrirent une vietôire infaillible.

Après la bataille <}é Maïo-Jàroslatfetz, si glorieuse pddr le prftiee Éûgètie et pour son <a*mée d'ïtalîé, &dttf àvtoir cependant j*<Jrté Étteiiàe à lIiotiAèur des irdiipés russes qui s'y trouvèretit éii£âgétes ( pliisqueia Gràndë-Àrtnéfe, ^util^u'ài btife distante Seulement de trois trillIéS \éts dix heures dû matin , fut constamment tenue éàtis KifapoJssîbnUé d'apporter le îiioihdrë iè^ouri Jusqu'à Quatre heures de Ta bifè£dhi&j, si ÉJu6nàpar fè avait , le secofad jour, îabeé sbn àtfÀhi-gfardé, au lieu dé Faire un mou* vemeht oblique pôiïr regagner îttoscow et là roule de Smolensk, toute l'armée russe , cbnfHrdiéïhént à\ix ordres qu'elle en avait reçus, &è serait iretirëé derrière Ofeà; èîté aurait abandîùhtië ûû rïéïie pàf $, et laisse à ^ûonâpartë une ligné <te marche assurée , dans quelque direction qu'il lui eût plu de rentrer en rôfogne. .

D'un autre côté, à la bataille de Tar ru tina qui précéda ceHe deMalo-Jarosfawetz, et où Mural (comme il le dit dans soft rapport) * présumant quftt existait une suspensiort tache d'hostilités, se laissa surprendre, pas tin hômtiie cfe sou armée n'eût échappé /si lés opérations* dirigées

ffil* géfeérol Penjugpep gjiia^flft, enfoooë çiqq pipais 4^ sa liyçe dç, çommjjpicatioii , avaient été appuyées , d'une manière ef^cacç, jpar les soixante mille homrçie$ qui sç plaçaient en ordre de bataille à, portée 4e,CfU*°&»M«,; , ,,À ^yissma, où, pendant un grafldjour, Miloradowitch , £ la télé cTça sepl ; cprps, rencontra ;. et yaifiqqit , ■ av^.ç ,y.o .avantage , cqnsidér^R,/ tyqis cprps ^^jjarm^ irai|çai^e, tonfa %u? l?^ ^'fjWfiP

rpsse bivouaquait^

qu'il , entendait jusqu'aux plus JJÇJÎ^ « £puP? de feu, et qu'enfin' j| n'était .^ éjoijafpé dij champ de bataille de quatre heures de marché pour de l'in£anterie... L'armée française aurait être détruite. -, . , .' , # t .'

A ÏCçasnpw, qij.lViûée russe, forte de ççn^ qix mijle hommes. se posta, avec ur£ cavalerie; et^u ne artillerie, formidables a s^rag£jç$ çn fcataille . et 'demeura paisible spectatrice (î) des moûvemens de rârmée^franicaWfQui défiï^ tout le long tfespn front,, pendant vipgt-duatre

i!i h!îm

", (i) 11 y eut bien apsnrément quelques engagertiens i$olé$ entre des corp^-dptach/és-au-cJo.v^nt dgi.tco^pe^ françaises, gui s'éiaieojt emparées de leurs, p^i^iepâ % niais il n'j eut pas d'action généraie* • .

<6i) grandes heures, jusqu'à ce Qu'enfin les derniers rangs même de son arrière jgarde se fus* seqt retirés, la guerre aurait pu être terminée. Beoingsen , StrogonolÇet GaHitzinae décidèrent enfin à commencer 1 attaque. £0 effet, ils ne pouvaient s'abstenir plus long - temp4 d'attaquer. une position qui n'avait jamais été occupée que par une armée dont la ca?a-r leriq était incapable . de quitter la graodç route (1), dont un seul canon ne pouvait se traînpr su* fa) .moindre, h^utçur, qu'à force de bras (^J : par une armçe ^nfip dont l'iih fanterie, par suite de son magque de muni*» tipos A se trouvait dans 4 u#pos$>ilité . de § jpo? gager dans un çoçobat de, longue durée j clpnt les membres étaient à rpqitié gelé* déjà, et qu'enfin la fai^^e avait r^di^it^ i) uu éMat 6» horritye<juelle excita l^^^tiop iprtiçsprçsi sfve d'un cos^qjje qui s'épriait en ces terrées: « N'est-ce point une horreur de voir ces sque- « lettes sortir ainsi de leurs tombeaux, p

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(1) Ce n'était* "en vètïlé pins une cavalerie; lei chevaux pouvaient à peine se traîner.

(2) La roulé était pleine de ravins dont les borda étaient gli&a'ns comme la glace; les canons français, s'y trouvaient abandonnés cà, et 14*

A cette mémofable)oùrriée déKrasnow.ôù, fa<ti«ûifa»jttw, Ney livra nn cottbat , qu'eii **80n «*te Ja 'fiiretir Hé l'attacjtre et de rintrépdilé^iadëfertàfe, on pourYait surnommer fe-ifoto*/* .HW-Mr*,-!* maréchal quitta le ^P **e ba«Mé , emmenant avec lui tes détas d« ea brave armée , traversa un pays ini «onou, passa le Niéper, et rejoignit £00najaple(i>quoiqué1dirte l'ârméé n*fce eut fait WUe (a), et qV*tte eut déjà pris position pour arrêter ^colonne «couper sa Retraite. Cette dispositif était «en entendue; et , si l'on «»«* pdiùt abandonné la poursuite dé Baûnàfferte, elle eut infailliblement assuré la prisé de tout le corps d'ârhiéé.

• K* 1* Bérézina , où Bfaonapartè, renforcé par ©ddtnort, troora seulement on corps de dîx-

hmt inalé hommes, sôWs les ordres deTchicnag«W, pour garde* une %né defléuvé dé treize

(0 Boonaparte* recevant «les nouvelles de 'l'affaire de Krasnow,*!* avant «pe Ney parut devant lui:

• Je donnerais les dix millions que contient mon

* trésor pour le sauver. »

(s) Cette halte facilitai l'armée, le moyen de passer fe Niéper et la Bérézina; elle traversa le premier fletfve à Orska.etle second à Wçsselowo , dan» la direction de Zembin.

milles, jusqaa ce qiie Wittg^nsleio ar*i*k pour le pQursuivre pao* relâche , et contribuer aux désastres qui furent le résultat de celle journée; où Tchiqh^gow, eo contravention aux ordres qu'il avait reçus, dirigea toutes $e$ forces sur Ingujnep, avjec l'intime conviction que $«qoap?rtq nftnqei!*ra§t .dans cette direction ; oy pa$ vip sçlfat deia grande armée russe p'afxiva que dey* jours aprè* que le passage avait été effectué; çp ceite occasion , dis- je * comme dans toutes les précédentes, sii'on avait fejt un #»ge emploi de tous les avantages et des re$spt)r£& qu'offraient à la fçis la supériorité de ta «nasse des forces , cette* des positions * la obture du climat, la situation des Français» le zèle et le courage des, officiers et des soldats russes \ qui, forl heureusement pour l'honneur de leur* armes, ne purent en aucune circonsr tapçe être abattus*.. Pas un seul, homme de l'artrét française ne serait échappé à la mort.

L'armée russe, sons les ordres de Kuttisow, qui , au couftpenceinent delà poursuite, sele^ yait à ççitf yjogt mille houtoues effectifs, put k pçine ranger trente-cinq mille hommes (t.)

(i) Oa cile un grand nombre de compagnies dans lesquelles il ne restait pas un seul homme, et beaucoupde bataillons réduits à cinquante hommes.

(64) en baiaille sur la frontière du duché de Varsovie, et elle avait à lutter contre un bien plus grand nombre de troupes fraîches sous les Ordres du général autrichien , dans un pays ami , où tout homme était soldat, à l'exception de quelques milliers de Polonais qui s'étaient soustraits , comme par miracle , à la ruine de l'armée française , et qui , seuls de tous les corps dont cette armée se cpmposait, avaient ramené leur artillerie..... grand exemple de discipline ainsi que de courage V.

Les corps d'armée de Wiltgenstein et de Tchicbagow ne s'élevaient pas à vingt-cinq mille hommes ; mais la défection , arrivée à propos, du général Yorke, et d'environ quatorze mille Prussiens , les mit dans le cas de n'avoir plus à tenir tête qu'au reste de l'armée française commandée par ^furat et aux garnisons de la ; Vistule qui avaient été complètement renforcées par les ^ fugitifs de la Russie; Dantzick contenait seul trente-cinq mille* hommes, jusqu'à ce que la fièvre occasionnât une mortalité qui réduisit la garnison à un peu moins de dix mille hommes, à l'époque de la capitulation.

* Murât désirait rassembler quarante mille hommes ( et il le pouvait) , tandis qu'il aurait

combiné ses opérations avec les Autrichiens à Varsovie; la Russie aurait vu ses armées, ou plutôt les squelettes de ses armées, rétrograder vers le Niémen, Le désastre avait été tel, même parmi les Russes, qu'un renfort de dix. •mille hommes, qui était parti pour Wilna, arriva seulement avec quinze cents hommes; et encore sept cents d'en tr'eux furent -ils, le lendemain, jetés dans les hôpitaux, disons mieux, dans les charniers de cette ville. ()) L'opinion de Murât ne prévalut pas, et le général autrichien , au grand étonnement et contre l'attente des habitans, ayant reçu de Vienne l'ordre de signer la convention proposée, abandonna le duché et la ville de Varsovie.

(i) Plus de dix-sept mille hommes morts ôumouran s, gelés ou gelant, furent abandonnés dans les hôpitaux' de Wilna. Les corps des premiers , après avoir été inutiles, servaient à boucher ks trous des fenêtres/ des planchers, des murailles. Dans nn de* corridors* du grand couvent, plus . de quinze cents cadavres furent empHés transversalement comme des saumons de plomb ou de fer; quand enfin on les emporta sur des traîneaux pour les brtfler, ils présentaient, parla . rariété de leurs attitudes, le spectacle le plus extraordinaire ; aucun de ces malheureux ne semblait avoir été gelé dans un état de repos ; chacun d*eux se trouvait

/ On passa la Vis tule; legroideVutmééfmïœï réduit par les maladies et la fatigué, n'offrait plus que dix mille hommes d'effectif , quand la campagne fut fermée par l'occupation de Kalish.

. L'a van ra^e de cette campagne, pour la Russie, fut grand, si on le compare aux maux que lui préparaient ses ennemis; sa capitale avait' été consumée avec d'immenses richesses ; plusieurs de ses provinces avaient été dévastées1

fh*é dans la position qu'il avait prise au moment où ,j pjès de U mort, al fgjssait pour la dernière fois. Les. jeux même conservaient leur dernière expression, soit de colère , soit de douleur, soit de supplication. Sur les routes , autour des ruinée fumantes des cabanes auxquelles une rage destructive avait mis le feu x on voyait rassemblés des nommes qui épluchaient et. mangeaient les corps brûlés de leurs compagnons.; ijon loin de là, des milliers de chevaux gissaient à l'agonie, ayant le corps, déchiré et haché; on salis faisait a insinue faim hprrible,qui ne connaissait point de pitié. Dans un grand nomhre.de butiça, on, trouvait des hommes à deini-morks qui avaient entassé , sur leurs corps gelés, des cadavres humains;, venant à supputer parla communication de la chaleur vitale» , ces cadavres confondaient le mourant et le mort dans une jnasse de paU^aotion.

( 6? ) avec une fureur. $ans exemple, plus de deux cent mille homu^çs de se£ troupes réglées) avaient péri; m^is une compensation bien1 réelle de tous ces maux (que pouvaient réparer le temps et l'industrie) ce fut d avoir développé les ressources de }'çmpi?e et d avoir électrisé l'esprit du peuplePi

Napoléon avait été fort mal informé- touchant certains points relatifs à, la Russie. Ses trois principales esreqps étaient, d* croire, i° qu'il n'y avait en Russie de bonnes routes* qu'aux endroits où la oeige durcie couvrait la surface de la ferre jt af qqe l'agriculture y éttùt' négligée ; 3° que l,a population de ce pays était1 éparse, IL trouva cependant des routes atfssî' belles et même plus larges qu'en France», puisque les canous pouvaient s'avancer sur trois de front, et encore avec un espace ^oosi dé-4 rable entr'eux; Il rencontra, une campagne1 , fertile eh fiwniç de tpijtes sontes «le* végétaux, 34 recQnnjat .qpe. les vastes provinces v qtri - en- ' tpgrent Moscqw, ét^iejft rem pires d'une; po~ • pulation, égale au moins en nombre à celle del qqelqqe partie dç l'Europe que ce soit, dans qq espace de:terraîq: pareil; eorfiuai y vit des » paysans mieux Jqgés , mieux chauffés , mieux \ vêtus et. mieux nourris que ceux .du continent

■ (68) ou de là nouvelle Angfetçrwr? Ajoutons t'ë* pendant qu'il n'-est paà douteux qu on aurait' eqcdre. pu fomenter une révolte d'escIaVes èii' Russie, si la discipline de FaHnée hétérogène de Napolçon avait pu être maintenue, de minière à éviter les outrages et les insultes qui exaspéraient et blessaient lés préjugés religieux. Il est vrai aussi que, malgré ces causes qui lui durent aliéner les -esprits, Buonàpafte' rejeta les offres d'insurrection qui lui furent frites, lorsqu'il était à Moscow. Alexandre,1 pendant cette crise, avait déployé' une fermeté* qui dérangeait tous les calculs de Napoléon' et de ses alliés/ Il s'engagea, comme souverain etrComme homme, à ne point traiter avec fiuonaparte,. tant qu* il jr aurait un ennemi armé dans son pays j et sa fermetéinflexible rendit vaines" les tentatives de négociations qui ont, dit-on/ mieux réussi en d'autres endroits. '

Ses vues se portèrent dès-lors sur l'avenir; et .une anecdote, qu'on fit circuler plus tard au sujet des conventions d'Abo, donne une preuve mémorable de sa politique prévoyante.

La Russie» et l'Angleterre avaient résolu' d'adopter, envers le Danemarck , les mêmes' mesures qui avaient allumé ( selon la déclaration. d'Alexandre), la guerre entre ces deux

Kalio&s. Teb sont les principes changeais de» Cabinets!

Alexandre insista sur ce que la Suède fut indemnisée par la Norwége pour la Finlande» dans le cas où le Danemarck refuserait de se joindre à la coalition*

Le ministre anglais, oubliant que la Russie , f>ar la possession A'Aland, de Sweaborg, des golfes de Finlande et de Bothnie , était effec* livement maîtresse de Stockholm , consentit à «ne annexe qui livra un pays si important eqtre les mains d'une même puissance par sqs resh ■sources maritimes (t), ses ports et sa position.

Alexandre, après avoir joynt larmee à WilL oa i encouragea , par son exemple , ses sujets •a supporter les privations , le froid , la faligue > etc.: exemple qui, joint à une grande affabilité > produisit, qon-seulement des effets Irès^salutaires.snr le soldat , mais soutint lîen- Ahousiasme de la pation russe. Aux quartiers généraux à Kalish, il -se fit également remarquer par son activité. Des courriers chargés de lettres autographes, furent expédiés sur

(v) On compte que la Norvège fournissait dix mille -marin* i l'Anglstorre*

(,7o ) tous les points pour prendre soiù.des blessai et des malades , pour hâter l'arrivée des nouvelles levées et des ambulances, pour remplir enfin , de l'ardeur du souverain , toutes les parties de l'état.

Tant de sollicitude se trouva couronné d'un plein succès. Des contributions volontaires, en hommes et en argent, furent fournies par la noblesse ; tout l'empire retentit de cris de triomphe , d'hymnes de reconnaissance et de pashol (ou mot de marche), «Pour la Po- « logne et pour Paris. »

' Les cosaques , riches, d'un butin immense qu'ils avaient acquis par leur vigilance , leur activité et leur valeur, s'avancèrent comme un torrent, des rives du Don. Chaque jour on vit, parmi les renforts, les plus vieux vétérans comme les plus jeunes garçons en état de porter une lance , venir se ranger soua la bannière de leur hetman justement respecté.

Les opérations du cabinet se conduisaient avec autant de vigueur , et n'eurent pas moins de succès.

Le roi de Prusse, qui avait déjà désapprouvé la conduite du général Yorke , et qui avait résolu d'observer fidèlement ses traités avec Napoléon , signa enfin le traité d'aUiaaccot-

fensive et défensive avec la Russie; tnais il h'f consentit qu'une heure avant d'apposer sa signature ; ce ne fut même que parce qu'on lui .fit entendre qu'en cas de refus > on pourrait bien établir, dans son royaume, un gouvernement provisoire (1).

Au mois de niai , une armée d'environ quatre-vingt mille Russes, et de soixante raiUe Prussiens, passa l'Elbe près de Wittemberg et de Dresde.

Napoléon, qui n'avait pas déployé moins d'activité , se montra à Lutzen , où , par la disposition mal combinée de la cavalerie , et le manque d efforts simultanés de la part des alliés, il remporta une victoire sanglante qui aurait détruit leur armée, s'il avait pu dépêcher de la cavalerie, sur le champ de bataille, pour harceler les fuyards (2)»

(1) Napoléon, qni avait cortttaissancé dé cette àneé-* •dote et qui y fil allusion dans un de ses bulletins, parlait toujours, avec beaucoup de respect* de la bonne

„ foi du roi de Prusse.

(2) L'arrière-garde russe fut dix jours sans pouvoir passer le Danube; pendant ce temps, elle fiU embarrassée par plus de dix mille voitures à quatre roues et de tous genres, qui suivaient la même route.

Des renforts réparèrent les pëHës dès Russes j des négociations qu'offrait Ekiôfràpartè furent rejetées; et, centre toutes les telles de fark militaire et dek prudence, on tenta la batailla de Baotzen.

Les' Français, par une attaque en flanc, dans une position dominante, vainquirent les Prussiens , qui combattaient bravement , et gagnèrent le tetfrein ; mais la retraite , en finissant à l'affaire de Reichenbach , où Duroc fut tué , ajouta à l'honneur des Russes et à la confiance des alliés.

Une armistice s'en suivit ; et, pendant les négociations , plus de soixante mille hommes de" bonnes troupes, venues d'Odessa et des provinces éloignées, entrèrent dans le camp des ^Russes.

L'Autriche ne voulait pas abandonner encore son rôl£ d'arbitre et se joindre à la coalition , tant que les intérêts de Buonqparte requéraient la paix, ipour dissoudre une confédération qui, chaque jour, «'étendait et prenait de nouvelles forces. L'orgueil ou le destin l'emportèrent Bponaparte ne voulut pas même écrire à son beau-père, une note conciliatoire qui ayrait suffi pour reculer l'époque prescrite

( 75 ) pour la répoasç diplomatique. .. et les Autrichiens marchèrent ! !

Le détail des événemens militaires qqi suivirent dépasserait les limites assignées à cette courte esquisse; au reste, des circonstances si remarquables, des revers de fortune si variés , se présentent ici sou$ pn^Spect trop étonnant, et ont d'ailleurs trop e*çité la cpriosité publique pour qQç je les pa^e entièrement sous silence,

Jje maréchal Ney, en eswt ypptt, avec soixantedi* mille hommes, de s'emparer de Berlin, que couvrait l'armée sqédo-prussienne , fut dé* fait avec une perte considérable, tandis que les troupes français qui étaient en Sijésie, ajapt reçu Tordre de rétrograder sur Presde, $e trouvaient poussées d4ft*££Me difleption par les forces alliées , et éprouvaient un dommage encore plus grand par le débordement d'un fleuve.

Les opérations dirigées ensuite contre Dresde, auxquelles plus de deux cent mille hommes de troupes alliées furent employés, avaient été neutralisées par l'activité et l'audace de quatre-vingt mille Français.

lies confédérés , poussés dans les défilés des montagnes delà Bohême et de la Saiey pe*-

(74) dirent au moins quarante mille hommes dari4 cetle campagnede quelques jours; ils eussent infailliblement été anéantis, comme l'armée russe l'aurait été après la bataille de Smolensk, sans pouvoir faire la moindre résistance , ni sefor-* mer mênie en bataillons, si Vandamme était venu à bout de gagner la bouche du défilé, dont il fut, un momeot , à peine éloigné d'une lieue» mais qui se trouva protégée pat le dévoue-» ment héroïque d'Ostermann et de cinq mille Rus<es. La persévérance de Vandamme à gar* der une fausse position dans la plaine, au-des^ sousde la montagne, après que sa première tentative eût échoué, occasionna sa ruine (i): cap alors, non-seulement l'arwée alliée se trouvait hors de danger et victorieuse , mais encore elle acquérait une conBance qui lui faisait oublier

(i) "Voilà bien uo exempte frappant des vicissitude* de la fortune! Les prussiens étant demeurés sur les hauteurs , au lieu de prendre position , descendirent en colonnes, avec un train d'artillerie nombreux, 'Quand les alliés eurent attaqué de front et de flanc 1* position qu'occupait Vandamme, Fa cavalerie française prit la résolution désespérée des'oiifrir, au travers des Prussiens , un chemin vers la montagne qui &3U tellement escarpée crue peu de chevaux auraient

<7*) ses anciens désastres, et la mettait dans le «as de reprendre sur-le-champ l'offensive»

D'un autre côté, Napoléon avait perdu la faculté de profiter «te la retraite de la grande armée alliée, au moyen d'une erreur commise dans un ordre expédié à Ney , qui, au lien de se rendre seul et en personne à Dresde, fil faire à son corps d'armée une marche de plu* sieurs jours pour Y y ramener.

, Les batailles qui se livrèrent ensuite it qui sont comprises sous la seule dénomination de bataille de Leipsick, sont les plus mémorables dans l'histoire de la guerre, à cause du nombre des troupes qui en vinrent aux mains, des efforts faits de part et d'autre , et enfin de l'importance du prix qu'on se disputait.

Le 12, les Russes avaient reçu un rude échec de la part de la cavalerie française, biea

pu, en tout autre circonstance ,1a gravir an plu* petit trot, cependant ils la franchirent avec tant de force et ^'impétuosité qu'ils culbutèrent entièrement la colonne prussienne,' et qu'ils s'emparèrent de tous les canons qui loi appartenaient , mais qui finirent cependant par* demeurer en la possession des alliés.... La plupart des chevaux furent également pris, et un grand nombre* d'artilleurs, massacrés. « Viçtoresque cadwtDwôh^

comrtiandée par Mural, qui chargeait sans relâche , 1 épéè à la maiù : le premier à l'atlas . qbe , le dernier dans la retraité.

Cependarit les opérations qu'on méditai!

ne commencèrent pas avant le 16;

Ce jour-là ries alliés: furent complètement repousses avec une perle de pkw de trente mille hommes , et obligés de différer d'un jour pour recommencer la bataille > afin d'avoir le fempft dé recevoir un renfort de èiûquaale mille hommes , des environs de Dresde.

Sur ces entrefaites, Buomparté ayant fait prisonnier le général Merveldt, fut informé de la défection de la Bavière long<4etops #â* gociëe, de la réunion d'un fcorp* autrichien à l'armée bavaroise , et de l'attaque qu'on pttN jettait, sur sa ligne de communication* près de Hanau.

Il ordonna sur-le-champ la retraite, ^ renvoya le général Merveldt avec des offres de paix que ce dernier porta (alors que les troupes alliées étaient en marche pour attaquer, dans la matinée du 18), en leur apprenant que h mouvement réétVgrade s'opérait déjà? que l'armée française avait abandonné le- terrera i qu on s était disputé naguère* avec tant d'ach^Qçmeat ) pour entouré* et couvrir &eip*

(77* sick, tendis que l'artillerie de inerte et les munitions dé&dieût sur la Sdaïe etErfurt.Cette nouvelle fut confirmée par les rapports succès* sifs des divers commandons, et par l'échec que reçut un torps d'Autrichiens posté sur cette ligne de communication. Le résultat des mou- Vémete qu'on se proposait de faire et l'objet de la campagne étaient donc assurés déjà; ma* tes allié* cherchaient à tirer parti de la tiéee&ité où l'ennemi se trouvait de combattre, non comme on le fait ordinairement , dans Itapoir de lit Victoire, mais pour sa propre 'COâ&ertatkm.

. Cetnt dix-huit mille alliée atec plus de mille pièces rfeèânoh, attaquèrent la position défendue par cent vingt iftille hommes, et, malgré la défection- de l'armée saxonne au milieu de la bataille , nonobstant le courage opiniâtre et i'iùtrépidité dw assaiil&ns, on ne put arracher êùdC FtaHçais un village qu'ils avaient résolu de c&nsetvtr, tiothme un point essentiel à leur 'pùsîtion.

La nuit mit fin à Faction , laissant aux défenlÉèfcrs dé F&totonffibÉ'la gloire d'avoir inspiré à leuW iennemis urne généreuse émulation.

Mais, tandis que la présence dé Napoléon orocnrait quelque gloire au gros de l'armée

( 7» ) , française , de leur côté lès troupes suédoises et prussiennes réunies, qui avaient défait , le i4> à Radefeld , trois corps commandés par Marmont , obtenaient des succès important Elles s'ouvraient une communication directe avec la grande armée alliée , de sorte que la situation de Leipsick devint, pour un moment, plus critique. .

Les alliés qui > dans ces différentes actions» avaient au moins perdu soixante mille hommes, n'avaient pas envie de recommencer le combat Je lendemain matin; mais ils se proposaient de faire un mouvement en traversant l'Elster, afin de couper Ta retraite des corps qui pourraient demeurer en position sur la rive droite, tandis qu'un autre Corps poursuivrait les colonnes qui avaient passé, et protégerait ainsi l'opération des Bavarois.

On s'aperçut cependant que les troupes françaises avaient battu en retraite pendant toute la nuit, et que l'arrière-garde s'était retirée à Leipsick , place capable de résister à un coup de main.

Buonaparle, qui avait constamment l'attention fixée sur les mouvemens des Bavarois dont il savait bien apprécier l'activité, avait pressé la retraite continuelle de ses troupes.»

(79) surveillant lui - même son exécution jusqu'à environ midi, lorsqu'il quitta la ville et peu de minutes avant que les cosaques eussent en- ' touré les murs, et paru [dans la plaine qui séparait la ville de la rivière de Pleisse. < Napoléon avait ordonné que l'on jetât trois ponts sur cette rivière étroite, mais profonde > et dont les rives étaient d'un difficile accès; mais ses ordres étaient demeurés sans exécution, et ses troupes furent obligées de défiler sur le seul pont existant; ce qui entraîna beaucoup de perte de temps et de confusion; le feu de l'ennemi qui se rapprochait toujours, augmentait, à chaque instant, la foule.

Quelques cosaques s'étaient d abord approché des faubourgs assez bien fortifiés; de l'infanterie légère s'y était glissée sans ordre positif; d'autres troupes suivaient en petit nombre et sans résistance ; à la fin , des colonnes s'avancèrent avec du canon pour en forcer l'entrée.

Quand Napoléon quitta la ville, le roi de Saxe, qu'il y avait laissé, comme il en avait té* moigné le *Jésir, envoya offrir aux souverains alliés de leur rendre la place. Celles de ses trpupes qui n'avaient point passé à l'ennemi,

et les troupes de WeimareldeBâden, étaient postées sur la place, leurs armes renversées, attendant 1 entrée des alliés.

Les Français avaient laissé dans la ville tous leurs ble$sé* et leurs malades; mais toute leur armée avait passé i'Eleter saine et sauve, à l'exception de l'arrière - garde d'environ huit mille hommes, quand le parti de co-» saques dont nous avons parlé, ayant balayé les alentours de la ville, parut dan* la plaine do TatitreçptéX'officierjchargé de la déstructura fjq pont pour empêcher qu'on ne poursuivît } armée française après son passage, alarmé et saisi d'une terreur panique, mit le feq aux matière* combustibles* ainsi, ceux cfui n'avaient pas énooregagoé la rivegauche, forent séparés de leurs colonnes. Une partie périt en essapp t, de traverser la rivière à la nage, et, de ^nombre, fut te géocreux r te brave Ponia* tpw^kj. D^ues ûjreot tués; mais la plupart tombèrent entre les mains de l'ennemi.

Bientôt ppres,. les Bowerainsaliiés entrèrent sur la grande place de Leipsick. Le roi de Saxe, constitue {tisonnier dans son, palais, parut un moment a ses croisées, pour être le témoin de l'entrée triomphante «t de la réu*

(8i) mon de tes Frètes, couronnés; 3 n'éprouva que h mortification de les voir indifférons à sa présence.

Le prince héréditaire de Suède et Alexandre s'y trouvèrent, pour la première fois, réunis, depuis leurs conférences à Àbo.

Alexandre conservai! toujours pour ce prince les mêmes dispositions. Il n'y avait, à cet égard , aucun changement dans sa politique; mais plusieurs circonstances avaient concouru à rendre Bernadotte moins agréable à la coalition.

Le traité qui avait assuré à la Suède douze cent mille livres sterling par an , et la possession de la Norwége, était* auprès de ce goi>- Vernement, un motif puissant pour le détacher de la France; mais ce traité donnait , en même temps, aux alliés, le droit d'exiger un grand déploiement de forces, et un dévouement sans 'bornes. On trouvait que, depuisle commencement des opérations , le prince héréditaire vivait beaucoup trop épargné ses troupes; 11 pouvait , à k vérité , jostifier sa réserve à cet égard, par le motif « qu'une armée perdue, « sans qu'il pût. la renouveler , lui faisait •« perdre v son trône. » Mais c'était penser

tomme Bernàdotte, et non comme générât de troupes à la solde de la coalition.

Le fait est que Bernàdotte s'était placé dans Une fausse position en combattant pour la destruction' des armées dont les services l'avaient élevé aux honneurs et à la fortune. La vue de chaque mort, de chaque blessé, de chaque prisonnier français, était pour lui un reproche auquel il ne pouvait être insensible. Les souverains le virent sans doute , avec plaisir, s'éloigner pour agir contre le. nord de l'Allemagne ; et son départ fut probablement accéléré par l'impression désagréable que produisait, sur des monarques alors favorisés par la fortune , la présence , au milieu de leur cercle royal, d'un héritier élu pour uu trône héréditaire.

Napoléon marchait rapidement pour gagner Je Rhin , afin de prévenir , sur la route, le général bavarois de Wrède dont des, avis répétés luiannonçaient les mouvemens; mais deWrède avait atteint Hanau avec environ trente mille hommes , y compris le corps de Frimont.

De. fausses informations sur l'état de l'armée française en retraite, et l'opinion de la pour- Suite active de cette armée par la grande ar-

(85) mée des alliés (1) augmentant l'ardeur de ce général, le déterminait à se porter rapidement en avant. Il fut bientôt forcé à rétrograder pour se concentrer dans une position trop resserrée et qu'il n'avait pas assez examinée.

Napoléon connaissait le prix du temps et l'importance d'une tentative hardie. Sa cavalerie et son artillerie exécutèrent ses ordres avec le courage et l'activité qu'exigeaient les circonstances. L'armée confédérée fut mise en déroute; quinze mille hommes furent tués ou blessés; et à peu près, comme à la bataille de

(1) Schwartzemberg fit tout ce qui dépendait de lui, mais le manque de provisions ne permit pas de poursuivre plus rapidement l'armée française. Scbwartzemberg commandant en chef, dirigeait lui-même ions les inouvemens; jl n'est pas d'officier en Europe plus en état de conduire une grande armée. A une rare activité, au courage, il joint la connaissance appro* fondie des devoirs d'un général en chef, chargé d'assu fer Tordre dans les combinaisons et l'exactitude des dispositions adoptées. Avec cette capacité, il a un ea«* ractère doux et patient qui le rendait cher à l'armée > -et qui maintenait l'union parmi les alliés. Sans lui t des dissensions sérieuses se seraient peut-être élevées enlr'eux*

Culm, les fugitifs marchèrent sorte corps des vainqueurs.

Cependant Napoléon .était hors d'état de reprendre l'offensive. Après avoir laissé son ar* rière-garde à Bockheioi , d'où elle fut bientôt après expulsée, il se vit contraint de jeter les troupes dans les forteresses de France , où des fièvres , suite naturelle de fatigues extraordinaires et trop fortes pour de jeunes soldats, enlevèrent une multitude d'hommes.

Baonaparte qui ignorait alors la défection et la marche des Bavarois, avait conçu le des* sein de maintenir ses positions sur l'Elbe ; il avait en conséquence laissé Saint-Cyr à Dresde avec près de trente mille hommes, pour tomber sur le flanc de Tarrière-garde de l'armée confédérée qui s'avançait sur Leipsick. En quittant cette ville, Napoléon conservait l'espérance que Saint-Cyr, averti promptement de sa re* traite , évacuerait Dresde, passerait sur la rive droite du Bas-Elbe , se réunirait aux garnisons de Torgau , de Wittemberg, etc. (1) , et, avec

i(i) Peut-être en retirant ses garnison» des places de 'Oder , ce qu'il pouvait faire et ce qui pouvait loi procurer à peu près douze mille hommes, il aurait pft

les Iroupes commandées par Dafvousf ytfdrmé*1 rait unearméed'à peu près cent m iHe bomrties. ' Cette armée , couverte en partie par Mâgdebourg , soutenue par le Danemarck , fet en général maîtresse des positions, non-seufeniént eut éiéftà l'abri de tout danger, mais elle eut cJpouéÀ la Prusse et à la Saxe, asses d'inquiétude pour paralyser tous les projets des alliés et Jui dopner le tempfc de renouveler son armée principale. L'occasion «était favorable; mais* peut-être. des. informations ^exactes ou trop tardive \i firent perdre; et à la fiii , Saibt-Cy r, considérant qu'il se trouvait dans êk gMtoison un nombre extraordinaire d'officiers ;J jbgëA plps utile aux intérêts de son souverain et de son pays d'accepter une capitulation sou £ la condition, du passage libre eu' France ptiur toutes ses troupes. '• >

. Hais, les mêmes motifs qqi déterminaient- le général Saint-Cyr rendaient cette capitolatiôti inacceptable pour les souverains alliés dont il blessait trop les intérêts, quoique* le général Klenau, commandant en chef l'armée qui blo-

mefcacer Berlin qui n'eût pas été à l'abri d'un coup de main.

ç^eu^&ep^tOHïfla^o^é.à évacuer la Tille sur là foidespl^os po^f^ir»do»t il s'était dit m^i,^ et de sa ^ighaiur^ Oft dffrit a Saiot^Cyr de le rétaWir daa$ Dreadç avec se garnison ^ to«i» il ëtait iippo^ibfed^ 1^ replacer ateè ttate lé*> avimjagêfc de sa poeaflièfre; pDa&o» { 1001111116 il* swût iwpossikle de . dédoimùaget itti çmcHtôé jhw «n *K>uv4aa jugement ^pfès qv'iè but$it> iyit qoiMKaUre t(>u$jsefi mo^nj dfe diétepsa, •

la viiilfltl^rt de là foi dottaée et de l'hgtmetl*' i^ilit^ifa» f«t conduit v atfee sa $artiisot>, pw-* 2%of*f>$r de gwtte m Autriche, Ktëi»*u flltr eijvçyQà.Yiefta* deva*ft un conseil àt gfie**^ pftr lçqitf),<itl J&A boriQf'abfonïûntncqiiïUé. -

ffre$*$¥& k In meute époque* pareil éw&ae'-i ment eut lieu à Danlzick. Après un siège Ito* nt)r*feta |«>hc tfaB, deafc coups d'armée ateiégçtof <pt assiégée > la capitelatiou conclue em te le général Rapp. (1) et le «toc;dà Wjutfem-

(*) I^è g&tëftl tVapp s*ès% cfaït* tôtftes tes occasions, distingué d'une manière brillante; il est du nombre <1es généraux qui oui toujours su se concilier l'estime publique en reipgH^ni le*fr$.idèroira ctfinraœ <mifai taire».

• { «7 ) bergjut annullée. Cependant ces deuçpfficiers se . îààérit. plutôt coupé la main que d'apposer leur seing1 à une conveoVop faite avec l'intention* de* tromper ? et ils ne pouvaient se m jJQÛJjër "de la mespre qu'on adopta.

*\^tç^ap4re, quoiqu'il ne commandât pas en frêles armé^ alliées , exerçait une grande itofluepce , *et reçut les principaux hommages é'esAriemanUs.L affabilité de ses manières contribuait beaucoup à \és lui concilier.

Pendant lés marchés , il était constamment

à*& teté1 de ses troupes et ne négligeait rien pour leur instruction. Mais sqn attention ne se bornait pas ^ ty discipline rpilitaîre; tout ce <jiïî* poïivaii 'ë^r'e utile âla Russie était .l'objet de sé,s>s'c>irçs ; côiiliriuèTs/Tout artiste, tout manufacturier, to^ présentait comme capable cfétre utile, était sûr-Ie-champ pris à son service, et des personnes de confiance jetaient constamment employées ji la reéfiercnç dès hommes et des choses cjignep çlç son attention.

On proposa des négociations à Francfort ï/interpositjon de TAngleterrre et quelques avis venus de Paris, sur les dispositions de ^fette capitale, apportèrent de la froideur dans les démarches des alliés, et probablement celles

qu'on fît ail nom de Buonaparte ne furent jamais sincères.

L'invasion delà France fut proposée :

L'Autriche y consentît pourvu que Murât se joignît à la coalition', et la mît ainsi • Tabri d'inquiétudes pour Vienne du coté de l'Italie* Alexandre se rangea à cet avis, pourvu que la Suisse appuyât l'opération en accordant le passade dû Rhin sur son territoire! , , r .

Des officiers de confiance furent envoyés pour reconnaître les lieux, et* d'après leur rapport , on fit les préparatifs nécessaires.

Quelques mille hommes d'infanterie ayan} passé en silence dans Tdmbre ae la nuit, furent reçus a bras ouverts ,. quoique la diète, peu de jours auparavant, eut résolu de défendre la neutralité de son territoire contre toute atteinte.

Les alliances forcées sont sujettes aux vicissitudes de la guerre* La froide assistance de l'Autriche, lorsque Buonaparte était embarrassé dans les difficultés de la campagne de Russie,, la défection du général 'ïoçke, là désef lio^ desr Saxons, là conduite mçqne de la Bavière étaient apfant d evenemçps que des causes çpunues rendaient, probables., et, dont l'histoire offre des exemples antérieurs. Maisqu'un peu-

(«9) pie libre ( les descendant de Guillaume-Tel I) , fier de son indépendance et de sa n eu Irai itérait résolu de la raafntenir ; que ce peuple , en état de le fa ire, y ait cependant renoncé, et ait traité pour le sacrifice d'un droit si important pour spn pays , et dont l'inviolabilité veqait d'être si solennellement proclamée : c'est ce qui ne, peut être conçu que par ceux qui prétendent, que les vertus publiques n'existent qu'en théorie (1).

^ La Ffance> pleine de confiance dans le. rempart de la neutralité helvétique ,. avait toujours négligé de fortifier ses frontières qui se trouvaient ainsi tout-à-fait à découvert de ce

coté. ;•'••,

L'Autriche ayant reçu l'assurance de la

(i) La Suisse a introduit la torture dans quelques cantons ,• et paraît être-, avec son gouvernement aristocratMfue ? .exactement conforme au modèle que* Gibbon a tracé en se' servant, des expressions de l'am«* Jbassadeur de Porsenna. ...

t -. Il vaut bien mieux qu'un roi, sur le trône affermi , ' Commande à des sujets-malheureux , maïs soumis > jQae'd?ayoir à dompter au sein de l'abondance - '©*ttn peuple trop heureux l'indocile arrogance*

coopérât îbti cf ê ftlurat et des ericburàgemcns; uliériew* de la' èapttâlë dé ïâ France, marcha éh âVaût sur taris, pendant que Tes Prussiens fb*feèt«lt te pd&ëgé diî tihiù près de MtânBéîm, â àVànfcèHMii itlr Nànéy.

- tfbrit ce t(ui fait pàSàé à cette époque est ëttbdté ptésèrtt au sôtiVeriir du public. Plus 00 ékàtiilûbtîi cette iiâWpdgtoë, fi présent que tout ékfïtft'dt! pàMi è$t càlhië î et si les préjuges od les préventions n'égarent pas le jugement et rté dirigeât yoim tet'ekalftéft ;. plt^tbn feècmnflttM qtfeHé ajoittâ btttacotip à là gfofeè tte l^fnWête ftàiiçaiSë. :

' 8^àMéfrtillëb^at^irtfati^Bbl^ tWjôltereht les opérations de trois cent mille homrties pÉndbnfc phis de aik semâmes? ils vebpàrlferént xl es victoires qui obligèrent Alexandre à envoyer prévenir, à quatre heures du matin, le 'générai autrichien dans «on lit, « qu'il dé*irak « que font expédiât s\irJe«ch€rënp tin codifier « àChôtilteUi avee fctfïf'ë de fcigftè* lè-'ttahé « de paix que demanderait îë négociateur « fraaÇak ». Mais , malheureusement péw sèn maître^ Napoléon > c'était uvant <jue ce mégèdateur fat instruit des succès qui foifeèrétat l'empereur d'Autriche à s'enfuir avec uq gentilhomme et un domestique dans un droska al-

(9* ) |*wmd , daller se mettre en s&reté à Dijon (i ) , et d y rester trente • heure* réellement prisonnier.

Ge$ victoires étaient si déoisives , si chaque Français eut fait "son devoir, qu'elles fêtaient l'armée alliée , alors réduite à cent vingt mille bomniès , avec ses souveraine à sa t(ke , entre la *iHe de Paria et le eanoo de l'armée française ; «ans aucune ligne de ojppsnstimcatièB avee le B&n, sanatpagastnsintermédiaitfeSt sansmirwtioqs, snqs provisions autres que celle* qui jnarcbaient dans Le montent avec lamée; et* victoires enfin , plaçaient les attifas dans uq cerjçle vicieux duquel il leur était impossible de #e tirer, si la défection aè fèt venue a leur secours; ils étaient hors -d'état d'assurer leur retraite;, «I cependant obligés de s'y déterminer. : , . . i .

Cette défection, favorable à leur oaqse , et qui, à ce que l'on croit, était préparée- de longue main , fut consommée au çiomeiH ppêrçie ou les succès de Buonaparte sembl^ierU être hors du pouvoir 4e k %uwe> et h wwm- , — • -;,—;■' — • y • •; ■> - <>

(i) Metternicll le rejoignit *vec que}<njpe-un$4ç*f* secrétaires qui prenaient la faite.-

.ment sur Saint-Dizier, qui devait lui aâ&frer l'empire, lui fit perdre sa couroniie.* u

Dix mille alliés furent tués ou blessés à* -^attaque de Montmartre ; sur-tout par l'artillerie que servaient les jeunes gens' de l?école polytechnique. La- conquête de ee poste n'assuraft aux alliés que le pouvoir de détruire des maisons par un bombardement. L'armée' était trop faible et trop mal approvisionnée pour tenter d'occuper par force une ville qui avait tant d'hommes et de munitions* a lui opposer (i) , et qui ne lui aurait pas permis de s'y maintenir, lorsque Buonaparte,qui approchaitysefrait venu à son secours avec ses trbupes, Geux qui étaient chargés de diriger l'armée alliée ë» étaient si bieh convaincus, ^ue lo retraite était déjà' fré~ soiue dans le cas 6ù>la coopération promise par la capitale de la France ne se fût pas -réalisée.-* • \ :. •' \ r < :■••'" !> ••■

(i) ïï n*jr avait (a joute Tau leur) pas mojins de cinquante mille hommes de troupes de ligne et de gardes, nationales c¥£atnsées eh bataillons /sans compter des milliers de soldats dispersés, d'habi tans qui avaient servi, et tout ce qui aurait pu contribuer à la défense de la Ville.* — Nous savons à quoi nous en tenir sur 'cous ces grands moyens de défense. \

. Le départ de l'impératrice , en coniéqtience des ordres péremptoires de Napoléon, qui lui furent exhibé^pv JtoepbBuomparte* fol fatal à sa dynastie.; f .-; • '.« i »,

T#leyraod, iovité à indiquernqubl ifjouver* nement et, quel gquvernant seraient 4es plus agrçflbles au se0at.pt ad peuple français, répoqdit : « Un& monarcJue ccmstàuUofiellô et « JsQuis XVIJL »i-...

, Sa»s être enivré far sas succès , Alexandre travailla à gagner et gagna ea effet ,ipar sa politique et sa douceur l'attacheoie^t de tous les partis. Les rçyalisle^ voyaient en lui» le protecteur 4e la dynastie royale , le&iQapoléonistes, Je conservateur de, , l'intégrité du territoire français, et les conslilutiojinels, le défenseur d'un gouvernement. libéral; mais au moment de son triomphe, il n'oubliait pas la Russie et continuait, sans relâche, d'y importer tout ce qui pouvait y servir aux progrès des arts, des sciences et de l'industrie.

«. Lesnégocialiorts deParis réglèretitles points •en litige avec la France , fet renvoyèrent à uii congrès la décision dés destinées de N^ples , de la Saxe et de la rologne. Le soride la.Belglitjue, celui ;du royaume d'Italie furent alors définitivement fixés-, mais on différa la pubU-

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