‹ Puits funéraires gallo-romains du Bernard, VendéeChapitre 1 sur 45 · AYANT-PI^POS · texte numérisé non relu

AYANT-PI^POS

Il fut un temps où les Gaulois vaincus creusèrent , pour inhumer les corps incinérés de leurs morts , des fosses profondes en forme de puits. Ce sont ces fosses qui ont fait Tobjet de mes recherches de i858 à 1873. La commune du Bernard (Vendée) ayant été le point de départ de leur révélation au public, on désire que je réunisse et que je complète les rapports que j'ai fait paraître sur ce sujet.

Cédant au désir de mes confrères et de mes maîtres en Archéologie (i), j'entreprends cet ouvrage, quoique avec

(i) Je citerai spécialement M. Jules Quicherat qui exerce, à bon droit, sur les archéolo^es de province l'influence que donne le savoir.

une certaine crainte. J'ai Tespoir qu'il sortira de mon exposition quelques traits de lumière pour la connaissance d'une époque sur laquelle nous avons si peu de renseignements.

Quand M. l'abbé Cochet fit paraître sa Normandie souterraine, un seul savant vraiment digne de ce nom (c'est lui qui nous l'apprend) secoua la tcte à la vue de ses découvertes. Pour moi, je ne puis pas compter le nombre de mes contradicteurs ; ce que je sais c'est qu'un certain nombre se sont rendus à l'évidence en venant visiter le champ même de mes explorations. Il est à présumer que l'exposé simple et sincère de ce que j'ai vu, touché de mes mains, et décrit avec la conscience d'un homme qui cherche la vérité , décidera ceux qui douteraient encore, à croire à la réalité des puits funéraires.

Les puits, proprement dits, forment l'unique matière de cet ouvrage; cependant j'aurai à traiter aussi de certaines petites fosses généralement rondes qui les accompagnent et se rapportent, vraisemblablement, aux mêmes rites funéraires. Après les avoir décrites , je devrai faire l'examen des objets qui en sont sortis et terminer par un résumé général ; ce qui m'oblige d'adopter quatre divisions qui, quoique très-inégales entr'elles par le développement, sont indispensables pour la clarté du récit.

En livrant mon travail au public, j'ai associé à mon nom celui de M. Léon Ballereau, architecte à Luçon, et membre de plusieurs Sociétés savantes, qui a bien voulu se charger du dessin des gravures. Souvent on l'a vu sur le terrain de mes fouilles partager mes labeurs et crayonner, pièce par pièce, assis sur un sillon durci par le soleil, le mobilier de

chaque puits, au fur et à mesure qu'il sortait du sein de la terre. Si ce volume obtient quelque succès, il le devra, en grande partie, aux cartes, planches et dessins dont il est illustré.

Le Bernard, le 8 mars 1873.

L'abbé Ferdinand BAUDRY.

Page 1