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DIX-NEUVIÈME PUITS FUNÉRAIRE

Il y avait dans cette fosse deux parties distinctes, la cuvette et le puits proprement dit :

Cuvette. — Elle formait un entonnoir de 3°* de hauteur, sur 4 de diamètre. Des échantillons calcaires de cinq carrières différentes y étaient amoncelés en grand nombre. Dans le

mobilier très-varié qui la remplissait, nous devons citer les objets suivants :

Deux boules en quartz;

Un mortier en marbre, fracturé, taillé en forme de coupe^ ornementé tant à Tintérieur qu'à l'extérieur, d'un cercle en rdkffjig. iji

Fig. I.

Quatre poids en terre cuite et des fragments de tuiles à rebords;

Du charbon ;

Des noyaux de pêche ;

Des huîtres en grande quantité, des palourdes, des buchardes^ des moules, des patelles, dont quelques-unes percées ; une vertèbre d'un poisson de la force d'un merlus;

Des os de volailles ; des dents de cheval ; des supports de cornes de bœuf, de veau, de bélier; des os concassés non définis;

Une épingle en os ; deux sifflets des morts en os ;

Du plomb en feuille ;

Des clous, dont un de o">i 5 de longueur, à tête de diamant;

La gâche en fer d'une serrure; une penture en fer;

Une clef à deux crochets séparés par une tige, comme celle du quatorzième puits ;

Une clef-crochet;

Un crochet à patte, un piton, un crampon;

Une fiche-patte, à tête aplatie (fig. ij;

La lame d'un couteau ; la lame d'un petit hachereau avec sa douille; la moitié d'une autre lame munie également d'une douille;

Un style pour écrire ;

Une fibule à jour en cuivre ffig. 2).

Fig. 2.

Les vases méritent une mention à part.

Les vases en verre étaient brisés. Nous avons recueilli : le goulot d'un gracieux flacon, muni de son anse ;

Le rebord d'une coupe de o"o8 de diamètre ;

Le rebord d'une coupe plus petite ;

La tétine de 0^04 à 5 de longueur d'un biberon.

Les vases en terre étaient, ou à pâte commune ou à pâte rouge sigillée.

Appartenaient à la première catégorie : deux culots pointus d'amphores ;

Trois goulots en tricorne de pichets en grès ;

Les débris d'une urne ornementée de losanges et de bâtons;

Deux petits plateaux noirs, à moitié brisés, destinés à aller au feu ;

Un plateau en grès^ au rebord rabattu comme le col d'un habit (fig. i) ;

Fig. I.

Une assiette en terre grisâtre^ sur le fond extérieur de laquelle furent gravées à la pointe^ quatre lettres aux formes bizarres, donnant le mot Lia^ (par un lambda) (fig. 2).

Fig. 2.

La poterie rouge sigillée était représentée par une quarantaine de coupes, de bols, de plateaux et de patères brisées, qui ont fourni les marques des deux céramistes MARCVS et V. M. (Victoris Manu?); plus, l'inscription

TEM, inscrite à la pointe, après la cuisson, sur la paroi extérieure d'un bol.

Des coupes et des patères entières, ou simplement fracturées, sont ornementées de guirlandes, de fleurs, de feuilles d'eau (^g. i, 2, 3J ;

Fig. I.

Fig. 2.

Fig. 3.

— i66 — De dessins chevronnés ou en torsade (fig. i, 2).

Fig. I.

Fig. 2.

Plusieurs sont historiées. On y voit Silène monté sur un âne qu'il écrase de son poids f/ig. 3). ^"^^

Fig. 3.

-^ 167 -^ Plutus, la bourse et le bâton à la main (fig. i)\

Des génies ailés (fi g, 2) ;

Fig. 2.

— i68 — Des hommes armés (fig. i) et des masques humains, etc. (fig. 2, 3).

Fig. 2.

Fig. I.

Fig. 3.

Puits proprement dit. — Le cylindre était parfaitement rond dans toutes ses parties. L'orifice était bouché par quelques pierres.

Dans les six à sept premiers mètres, argile ordinaire, mêlée de moellons schisteux et de débris de madriers.

— lôg —

A cette profondeur, pavé d'une seule assise, scellant le dernier enfouissement placé dans une couche d'une puissance de 3™.

On y a trouvé :

Du charbon de bois, un panneau en bois de chêne, de o"5o de longueur, sur une largeur de o""i5;

Deux maxillaires de brebis ou de chèvre et quelques autres os ;

Trois goulots cerclés de cruches, neuf fonds de vases brisés ; la résine de pin, à teinte jaunâtre avait coulé comme une lave, sur les parois internes de Tun d'eux et s'y était attachée, tandis que la partie inférieure d'un plateau contenait encore le parfum connu sous le nom de parfum de Judée.

Sept vases étaient à peu près intacts, savoir :

Une cruche rougeâtre, à une anse, au goulot cerclé, à la panse sillonnée de cinq cercles poussés en cannelures horizontales, hauteur, o"22 (fig. i) ;

Fig. I.

Une cruche d'un rouge presque vif, à une anse, au goulot brisé, hauteur, o"'22 ;

— lyo —

Un pot, au bec tréfilé, à pâte rougeâtre, revêtu d'un engobe blanc, à une anse en torsade, orné de deux filets concentriques, hauteur, o""23 (fig. i) ;

Fig.. I.

Une cruche à la panse large, à une anse, au goulot cerclé, imprégné de résine de pin; hauteur, 0^27 (fig. 2ji

Une cruche rougeâtre, à Tanse cannelée, au col cerclé de viroles, hauteur, o™22 (fig. 3) ;

Fig. 3.

Une couverture de pot-au-feu, en terre grise, bombée, au rebord rabattu à l'intérieur, ayant o"2i de diamètre

Fig. I.

Un vase, dans le genre des écuelles, mais sans oreillons, de ©'"oô de hauteur, au vernis noir, semblable à celui coté (fig- ^> P* 44)1 placé au fond de la fosse avec deux seaux en bois; hauteur du premier seau, o"35; diamètre du fond, o"i5; hauteur du second seau, 0*40; tous les deux bardés de cercles en fer.

On termina la fouille le 2 septembre 1870, jour tristement célèbre par la capitulation de Sedan.

Le mois d'avril 1871 me ramena, avec la paix, à mon chantier, où de nouvelles petites fosses occupèrent un moment mes loisirs. Le vingtième puits ne fut découvert, après bien des sondages, que le 2 1 août suivant.

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