‹ Puits funéraires gallo-romains du Bernard, VendéeChapitre 25 sur 45 · VINGT-ET-UNIÈME PUITS FUNÉRAIRE · texte numérisé non relu

VINGT-ET-UNIÈME PUITS FUNÉRAIRE

La calotte en pierres de ce puits, partant d'un diamètre de i°»62, allait en se rétrécissant, pour se terminer par une clef de voûte. Si la calotte avait o"70 de diamètre au point où nous Tavons rencontrée, c'est que sa pointe avait disparu, s'étant effondrée, ou ayant été emportée par le soc de la charrue; ses assises s'appuyaient par derrière sur un amas de pierrailles, dont le diamètre s'élargissait au fur et à mesure que la calotte se rétrécissait.

Mobilier du puits. — Jusqu'à 2"5o, pierres et terre rougeâtre du sol, avec paillettes noires de charbon; fragments de tuiles à rebords; patère en terre rouge sigillée, dont il ne restait guère que le fond, portant

rornementatîon en relief, si connue, de deux cercles circonscrits Tun dans Tautre, avec un globule au milieu ; débris d'un bol de o"o33 de hauteur, et d'un autre vase au vernis couleur plombagine; culot pointu d'amphore; rognon de matières vitreuses empâté dans des grains siliceux; ossements humains, définis ainsi par le docteur Gouraud :

Fragment du maxillaire inférieur droit d'un homme de taille moyenne, âgé de 40 à 45 ans ; fragments du crâne, du sacrum, des os des îles^ des fémurs, d'une astragale, d'un calcanéum et d'autres os concassés, appartenant au même sujet.

« Fragment du maxillaire inférieur droit d'une femme d'environ 65 ans ; deux radius et deux clavicules ; fragments du crâne, de l'humérus; tête de fémur; un fémur entier, indiquant une femme de grande taille (5 pieds) fortement constituée.

« L'analyse a prouvé que les ossements des deux personnages, placés en contre-bas l'un de l'autre de o'^So à 40, étaient incinérés. »

De 3™ à 7™, amas de pierres dont quelques-unes, dites de Charente, étaient taillées ; blocs de cailloux, de granit et de schiste ; moellons calcaires en majorité, extraits des carrières de quatre communes des environs du Bernard; échantillons de roches ocreuses rouges, pris dans la commune du Givre (arrondissement des Sables -d'Olonne), tachant fortement la main.

Quelques cachettes avaient été pratiquées dans ce pavé brut, où, à défaut de terre, le charbon de bois était disséminé ça et là.

Dans la première, boue noirâtre, avec cinq clous qui pouvaient provenir d'un petit coffret pourri; dans la deuxième, le squelette d'un chien lévrier, au nez pointu, de cinq à six ans; dans la troisième, deux hures de porc ou de sanglier, dont l'un d'un an et l'autre de deux ans ; à côté, poids quadrangulaire, en terre cuite; tuiles cassées, dont une bombée; goulot d'un pichet, au bec tréflé, à pâte blanche et gréseuse ; galet en quartz ; croix de Saint-André en fer d'un fond de seau en bois.

A 4™, charbon un peu plus abondant; quinze nouveaux tessons de tuiles ; meule à bras pour le grain, en granit, brisée (partie concave), au diamètre de o™6o; anse droite, à boudin, en terre cuite; nouvelles cachettes faisant suite aux trois premières ; dans la quatrième, un chien ; dans la cinquième, deux autres porcs ou sangliers de l'âge des précédents; débris d'oiseau et de volaille; rebord d'une forte terrine, avec la marque du potier DOMITIVS; fragments d'un cercle en fer; la partie inférieure d'une statuette de femme^ en pierre de Charente, appartenant probablement à une déesse-mère {fi g. i).

Fig. I.

A 5", sixième cachette de i" de longueur, contenant les bois d'un cerf vigourexix, longs de o^qo. L'andouiller supérieur de Tun d'eux avait été poli, et on y avait gravé, entre autres choses, un X majuscule. Venaient ensuite le canon et une portion de maxillaire d'un cheval, un petit Carnivore, un lièvre et le fond d'un vase en terre blanche.

A 7™, deux tuiles entières et la moitié d'une autre, ayant la marque en creux du T majuscule; une ou deux pierres ayant subi l'action du feu.

Fin du pavé. Il est remplacé, pendant 2", par un abattis d'arbres. Deux madriers en châtaigniers, de i^go de haut, étaient plantés debout, l'un à la paroi nord, l'autre à la paroi sud, et l'espace qui les séparait était rempli principalement par des rondins de cerisier ayant encore leur écorce; par des branches d'aubier, de saule, de peuplier, d'épine noire, et de nerprun, vulgairement appelé en Poitou bois de chietiy tenant le milieu entre l'épine et le poirier sauvage; un fragment de madrier de chêne était brûlé d'un côté. Au milieu de cet abattis, formant une sorte de plancher, un montant en chêne, de o°*90 de longueur sur une largeur de o" 14 et une épaisseur de o"o8, avait à un bout un trou percé avec une vrille, et, à l'autre une mortaise. On a trouvé en cet endroit de la bruyère en assez grande quantité, des escargots, des coquillages de mer, des coléoptères au corselet noir; quatre tuiles, dont deux de recouvrement et un caillou roulé.

La septième cachette terminait cette couche, on y avait mis une tête de bouc et une tête de chèvre^ surmontées de leurs cornes parfaitement intactes. Il est à présumer que la partie postérieure de chaque animal^ séparée de la partie

antérieure, au moyen de la hache ou de la scie, avait été jetée dans un compartiment voisin, où plus de vingt de leurs crottes (Berthault, pharmacien) ont été ramassées.

Dans les derniers mètres de la fosse, au bois et aux pierres succédèrent le charbon, la cendre et un compost gris noirâtre, au milieu duquel on avait pratiqué deux sortes de niches^ en contre-bas Tune de l'autre, d'environ o'"8o.

La première recelait trois vases noirs brisés, dont il n'a été possible de reconstituer que deux. Ce sont des cruches noires^ aux anses presque rondes ; nous avons lieu de penser que les monnaies qui suivent y avaient été déposées.

Ces monnaies^ la plupart en laiton^ et brillantes comme de Tor, étaient au nombre d'environ 25o; elles donnent les effigies de Trajan^ d'Adrien^ de Sabine^ d'Antonin-le-Pieux, de Faustine mère, de Marc-Aurèle, de Faustine jeune, de Lucius-Vérus^ de Lucille^ de Commode, de Crispine, de Septime-Sévère^ de Caracalla^ d'Alexandre-Sévère, de Philippe I et de Dèce. Les médailles de ces derniers qui sont, on peut dire, toute neuves, fixent au milieu du ni* siècle la date de l'enfouissement du vingt-et-unième puits funéraire.

Aux abords des vases on a rencontré les objets ci-après : Un crochet en fer, de o™i6 (fig. i)^ à un seul croc, avec

Fig. I.

- i87un bout de corde dans Tonneau, ayant servi sans doute à les descendre dans la fosse;

Un outil en fer, avec gouge (fig. i) ;

Fig. I.

Des noix allongées et des noix plus rondes et plus petites, des noyaux de cerise et de prunes franches; des patelles, des huîtres et des hélices de jardin.

Il y avait cinq vases dans la deuxième niche, savoir : une cruche rougeâtre, à une anse, au goulot étroit, bouchée avec un tampon en bois;

Une autre petite cruche, à Tanse et au goulot brisés

Fig. 2.

Une petite coupe fragmentée; un plateau ffig. 3J; et

Fig. 3.

— i88 — une patère de sacrifice, en terre rouge sigillée (fig. i) ;

Fig. I.

i/io

Deux urnes noires, dans lesquelles M. Berthault a trouvé du phosphate de chaux dans la proportion de 12 pour 7a. L'une est unie (fig. 2) ; Tautre, à panse renflée, est ornée de losanges, de bâtons et de lignes concentriques (fig. 3).

Fig. 3.

Fig. 2.

Une sandale de femme, longue de 0^23, les accompagnait (fig. 4j; ainsi qu'une corbeille en chèvre-feuille, des escargots,

Fig. 4.

des huîtres, des moules, etc., un lièvre, une volaille, des portions de ruminant, une ou deux dents de cheval, les maxillaires d'un petit camivore, munis seulement chacun de quatre dents, crochet compris, enfin, deux ou trois agarics.

Un retard de quelques semaines dans l'impression de mon ouvrage, me permet d'y insérer une note sur deux nouveaux enfouissements fouillés dans le courant du mois d'août 1873.

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