‹ Puits funéraires gallo-romains du Bernard, VendéeChapitre 35 sur 45 · RÈGNE MINÉRAL · texte numérisé non relu

RÈGNE MINÉRAL

Les pierres recueillies sont généralement des morceaux de roches granitiques, schisteuses, quartzifères, d'agrégation et calcarifères.

Le granit (y compris le poudingue) a des gisements qui commencent à 5oo°> ouest des puits.

Le schiste forme la charpente des trois collines. Les rognons jaspoïdes en sont à peine à i,5oo mètres est. Les échantillons de quartz ayant servi, ou comme pierre de fronde, ou comme casse-tête, ou comme coin, ou comme pilon, soit qu'ils fussent des instruments à main, ou qu'ils eussent un manche en bois, étaient pris probablement sur place, car le champ de Troussepoil et ceux qui Tavoisinent en fournissent beaucoup.

Quoi qu'il en soit, les uns étaient transparents comme le cristal de roche ; les autres avaient la teinte gris-jaunâtre de la pierre-à'fusil ; il y en avait aussi de violacés et à filets rubannés^ suivant qu'ils étaient, ou mélangés de silice, ou coloriés par des oxides de fer et de manganèse. L'usure de plusieurs d'entre eux indique un long frottement contre des corps durs.

Les roches d'agrégation représentées par des grès, composées de grains de quartz empâtés, soit dans un ciment calcaire, où l'on trouve des coquilles et quelques empreintes végétales, soit dans l'argile ferrugineuse coloriée par l'oxide de fer, ou l'hydroxide jaune, existent aussi dans les environs de nos fosses.

Les moellons calcaires, auxquels adhère parfois un empâtement ocreux d'un rouge vif, offrent plusieurs variétés qui vont du lias gris-terreux et du calcaire de formation jurassique, jusqu'au calcaire blanc oolithique.

Ils trouvent leurs analogues dans les carrières situées les unes au Bernard, les autres au Givre, à la Jonchère, à Angles, à Longeville, et jusque sur les bords de la Charente,

Chose digne de remarque ! C'est encore la Charente qui, pour les pierres tumulaires , fournit assez souvent au

Bernard, le tribut de ses dalles blanches à grains serrés et inaccessibles à la gelée. Pour y arriver, leurs blocs partent aujourd'hui du port d'Avaux, descendent à Rochefort, traversent la mer et remontent le Lay jusqu'à Moricq. Leur présence sur une colline maintenant solitaire prouve que les gallo-romains, qui la crouvrirent au ii* siècle de leurs établissements et de leurs tombeaux, connaissaient comme nous leur supériorité sur les nôtres, et usaient^ sans doute, pour se les procurer, des mêmes moyens de transport. Seulement, leurs barques au lieu de s'arrêter à sept kilomètres (distance de Moricq à nos puits), cinglaient probablement jusqu'aux abords de Troussepoil, portées par les vagues de l'Océan qui se brisaient alors contre les hautes falaises des cours d'eau qui sont à ses pieds.

Parmi les échantillons minéralogiques dont je viens de parler, il y en a, et c'est le plus grand nombre, qui sont proprement du Bernard.

Voici en quels termes M. Endrès, ingénieur en chef à la Roche-sur- Yon, a défini ceux que j'ai soumis à son examen :

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