‹ Puits funéraires gallo-romains du Bernard, VendéeChapitre 4 sur 45 · IJ · texte numérisé non relu

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PUITS FUNÉRAIRE RENCONTRÉ EN l858 PAR LES TERRASSIERS

Je ne puis parler que des trois vases qui étaient groupés au fond de la fosse. Ils se mesurent ainsi : Hauteur du premier, 0^14; du deuxième, o"i3; du troisième o"2 1 .

Le i**" est un pichet en grès, gris de cendre, au bec élégamment pincé en tricorne. Le 2% à pâte argileuse, est revêtu

d'un engobe noir ; le 3®, en terre fine et rougeâtre, à deux

anses, au goulot cerclé et rabattu, est une petite cruche

allongée dans la forme d'une amphore {fig. i, 2^ S).

Fig. X. Fig. 2.

PREMIER PUITS FUNÉRAIRE, DANS l'ORDRE DE MES FOUILLES.

Il ne restait de la voûte qui recouvrait primitivement ce puits, que cinq ou six blocs rangés en cercle autour de I" Puî^s. roriiîce. On y arrivait, du côté

nord, par deux marches dont la .dernière posait sur le banc schisteux, à travers lequel la fosse avait été creusée. Il y avait, de ce côté, des traces non équivoques d'un bûcher éteint; on y voyait, en effet, une couche de charbon de bois presque pur, de o'°i5 à 20 d'épaisseur, qui couvrait une surface d'environ 3o™ carrés. On avait déposé en cet endroit, sur de la cendre refroidie, une patère à libations, en terre rouge sigillée, au rebord dentelé à la pointe, de o"'i4 de diamètre (fig, i).

Fig. I.

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Les cinq premiers mètres du puits ne renfermaient qu'un amas confus de pierres calcaires de diverses carrières ; de terre mêlée de cendï'c et de charbon, de débris de vases j tels que culots d'amphores,

goulots de cruches rougeâtres et fragments de coupes vernissées.

Les quatre derniers mètres étaient scellés par un pavé. En dessous : terre, couleur gris de cendre, devenant plus noire à mesure qu'on approchait du fond. Il n'y avait de pierres que celles qui servaient à abriter les vases.

Le mobilier était divisé en sept couches contenant : La première, les cornes, les fémurs, les tibias, les canons et l'un des sabots d'un bœuf; un poids en terre cuite, ayant un anneau de suspension ifig. i) ;

Fig. I.

Un galet siliceux, dans la forme d'un coin celtique ;

La deuxième, un chien de grande taille ;

La troisième, des huîtres, des moules, des bucardes et des patelles ; des supports de cornes, un scapulum et trois canons d'une vache ; un ais en ormeau, long de o""5o et large de o"io, ornementé de lignes en creux disposées en losanges ;

La quatrième, deux bois de cerf, de 0^72 de longueur, s'épanouissant chacun en cinq ramifications ou andouillers

Fig. I.

Les os de trois chiens de chasse, un rondin en chêne, une tuile à rebords, deux bols en terre rouge brisés, un vase à boire en coco, ayant un trou pour le fixer quelque part (fig. 2);

Fig. 2.

Le large goulot d'une cruche rougeâtre; un fragment de trépied au vernis noir, et la base pointue d'une amphore.

La cinquième, les os d'un chien et de trois renards ; deux petites planches d'ormeau, de o"04 d'épaisseur, des os de musareignes ;

La sixième, des ais et des rondins, comme dans les précédentes; un tout petit chien; les maxillaires d'un cheval de deux à trois ans qui avait encore ses dents incisives ; la tète et plusieurs autres os d'un second cheval dont Tâge était indiqué par les dernières molaires persistantes, il avait de cinq à six ans (Henri Boisson, artiste vétérinaire à Moricq) ( i ).

L'enfouissement humain était dans la septième et dernière couche. Il consistait en six os, savoir : deux radius entiers, la partie supérieure et le corps d'un cubitus, un tibia entier, la partie supérieure d'un fémur et une vertèbre. Ces os appartenaient à un jeune homme ou à une femme (docteur Thireau); ils avaient subi une incinération (2) prolongée (Docteur Gouraud). Ils devaient se trouver dans l'un des vases qui ont été brisés.

Les autres objets étaient : une portion de la lame d'une épée en fer, contournée et tordue ;

Une clef à deux crochets (fig. i) ;

(i) Je dirai, une fois pour toutes, que les ossements d'animaux des autres puits ont été définis par le même artiste.

(2) Si j'ai dit le contraire, dans mes premiers rapports, pour ces os, comme pour les suivants, c'est que j'avais été induit en erreur par les médecins avec lesquels je m'étais mis en relation à cette époque ; ils s'étaient malheureusement bornés à les définir sans examiner les preuves d'incinération qu'ils portent avec eux et que le docteur Gouraud a fournies depuis.

Un style à écrire, en bronze, à huit pans, virole d'or, haut deo^ii (fig. I);

Fig. I.

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Une statuette en pierre blanche, de o"i6 à 17, représentant une déesse-mère, drapée, assise dans un fauteuil, à laquelle manquent les bras et la tête (Jig. 2) ;

Fig. 2.

Une cruche, de o™28 de hauteur, au goulot circulaire et évasé, recelant dans sa large panse plus de cent moules en terre cuite pour couler les monnaies, sur lesquels étaient

gravées en creux, les effigies de la plupart des empereurs, depuis Trajan jusqu'à Alexandre Sévère (fig. i).

Fig. I.

Enfin, un Doliolum, haut de o°33, rempli de matières noirâtres et violacées, indiquant une sépulture de Tépoque d'incinération (fig. 2).

Fig. 2.

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Il est probable qu'il y avait dans la fosse un double enfouissement. La présence d'une personne du sexe y était

signalée, et par des débris d'os, et par un fuseau en buis de o"i7 à 20, passé au tour et orné d'une série de lignes en creux {fig. i).

Fig. I.

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L'aventurier qui, faute d'autre, fût mon premier puisatier, brisa sans pitié la plupart des vases qui étaient au fond du puits ; c'est qu'il n'avait consenti à y descendre, que parce qu'il avait l'espoir, il l'a avoué depuis, d'y rencontrer des objets de valeur dont il aurait fait son profit. Trop heureux l'archéologue qui trouve un ouvrier consciencieux pour l'aider dans ses recherches !

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