CINQUIÈME PUITS FUNÉRAIRE
Cette fosse creusée, comme les précédentes, dans un V» Puits, noyau de schiste très -dur,
traversé çà et là par des filons de quartz, se terminait, en bas, dans la forme d'un chaudron. Une calotte ovoïde parfaitement conditionnée , scellait l'enfouissement à o"*3o en contrebas du sillon. Large à la base de i"5o, elle finissait en pointe par un caillou blanc presque aussi rond qu'une boule.
La terre végétale était mêlée dans les deux premiers mètres, à un tas assez considérable de pierres.
A 8" parut, sur un dépôt de cendre, un de ces vases noirs si communs dans nos sépultures, qui ont la hauteur et le diamètre des écuelles, mais qui en diffèrent, parce qu'on peut les saisir par le cou, ! grâce au rebord rabattu en
dehors, dont ils sont pourvus, ce qui leur tient lieu d'oreillons (fig. i).
Il contenait une tête de fémur gauche humain, deux autres morceaux concassés du même fémur, et le maxillaire gauche d'un sujet plutôt jeune que vieux (docteur Priouzeau). Ce sujet était une femme d'environ trente-cinq ans (docteur Gouraud); plus le fragment moyen de Thumérus de cette femme qui était fortement constituée (docteur Gouraud) ; tous les os étaient incinérés.
Un arbre vert, un if ou un cyprès, de 4"" de hauteur, avait été planté dans la couche suivante. Il touchait, par son sommet, au vase où furent déposés les esquilles d'os humains, et, par sa racine, à un cercueil en bois.
Autour de lui rayonnaient des ossements d'animaux, des fragments de tuiles à rebords et de poteries rouges, grises, cendrées, noires, de plus de vingt espèces, différant entre elles, et par la pâte et par la couleur du vernis, et par le galbe, la panse et le goulot.
Un des vases était une cruche à eau, en grès blanc et très-fin, à deux anses, munie d'un biberon, comme nos buies (fig. 2).
Fig. 2.
Le bec d'un autre, aussi en grès, représentait la mandibule inférieure d'un oiseau.
Une carafe en verre de o"oo5 d'épaisseur, et haute de o"i4, était mêlée aux autres objets; elle était brisée en plusieurs morceaux (fig. i).
Fig. I.
Le cercueil placé sur un plan incliné, allait de la paroi sud à la paroi nord. Long de 2°*, il avait été creusé dans un tronc de chêne. A part le lit funèbre, façonné en auge dans le tronc, et le couvercle qui s'appliquait dessus, l'arbre était presque brut; les entailles faites par la hache qui l'avait équarri, étaient nombreuses et encore visibles (fig. 2).
On avait déposé dans le cercueil des cendres et des os. Les cendres n'ont pas été analysées. Parmi le pêle-mêle d'ossements extraits de la fosse en même temps que le cercueil, on a reconnu le fragment moyen d'un tibia incinéré, appartenant à un homme dans son complet développement (docteur Gouraud) et une pétrification d'os qui se rattache probablement à l'espèce humaine (docteur Priouzeau).
Les animaux étaient représentés par une tête de sanglier ou de porc, par une partie du maxillaire inférieur d'un bœuf, par deux portions de vertèbres du même animal, par deux chiens et deux autres petits carnivores qu'on suppose être des renards.
Venaient ensuite :
Un crampon en fer (fig, i) ;
Un oreillon en fer {fig. 2) ;
Fig. 2.
Fig. I.
Une lame en fer, avec douille, sorte de couteau de cuisine, long de o™ 14 (^g. S);
Un crochet en fer, à douille, pour suspendre la viande (M 4);
Fig. 3.
Deux anneaux en cuivre ; un grand bronze d'Antonin-le- Pieux, et un grand bronze de Septime-Sévère, enfin un soulier
en cuir, du genre babouche, dont Tempeigne est découpée en forme de guipure (fig. i );
Fig. I.
Une seille en bois, d^une seule feuille de châtaigner, aux oreillons en bois, et à Tanse en fer, avait trouvé place sous la racine de Tarbre vert, dans l'espace que Tinclinaison du cercueil avait laissée vide (fig. 2) ;
Fig. 2.
Sept autres vases, garantis de la pression des terres, d'un côté, par le cercueil, et, de l'autre, par une grosse pierre, dite de Charente, gisaient au fonds du puits, savoir :
Une aiguière en cuivre coulé, fin, ductile et massif, à une anse (fig. i).
Fig. I.
Une chaudière battue au marteau, d'une seule pièce, dont Tanse mobile et à boutons se rattache par des anneaux à un cercle qui enlace son cou (fig. 2) ;
Fig. 2.
Une lime noire en terre, à la panse ornée d'un cercle de bâtons; hauteur, 0^17 {fi g. 1).
Fig. I.
Deux cruches, à la pâte et au vernis rougeâtre, dont Tune a le goulot frangé {fig. 2)^ et Tautre, d'un beau galbe^
Fig. 2.
est privée de sa partie inférieure (fig. S).
Deux autres cruches, à la pâte siliceuse et au vernis noir, portant gravées sur leurs panses : Tune, onze bandes de lignes verticales, hauteur, o'^Sy {fig. i); et Tautre, le
Fig. I.
chiffre XIII dont les éléments sont renversés (ainsi IIIX)
Fig. 2.