SIXIÈME PUITS FUNÉRAIRE
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Cette fosse, dont les parois étaient lisses et comme arrondies au compas, avait sa calotte en pierre, au-dessus VI» Puits. de laquelle la charrue passait depuis des
siècles, sans l'avoir dérangée, quoiqu'elle ne fut en contre-bas du sillon que de quelques centimètres. Elle se terminait non en cône, mais en voûte surbaissée, dans le genre de celle de nos fours à cuire le pain. Elle avait en largeur, comme en hauteun, o™8o, et posait sur trois assises calcaires formant l'entrée du puits.
Outre ce premier scellé, elle en avait deux autres; l'un à S'^So, et l'autre à 6^ de profondeur, qui la partageaient en trois parties bien marquées.
Première partie. — Elle renfermait, avec de la terre végétale et du charbon de bois, des pierres, des tessons de tuiles, des vases en terre et des ossements d'animaux, parmi lesquels on a distingué les canons, les humérus, les tibias, les os du pied et les fragments du maxillaire inférieur d'un cheval de quatre ans, les humérus, les
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omoplates et les os des cornes d'un bœuf; les humérus, les fémurs , un canon , un cubitus , une côte et Tos d'une corne d'une chèvre.
deuxième partie. — Séparée de la première par un pavé fait à chaux et à sable, d'une épaisseur de o™45. Le haut était occupé par les objets suivants : Un pieu en chêne, de o™8o de longueur et de o™i6 d'équarrissage, ayant à l'un de ses bouts une mortaise destinée à recevoir une autre pièce de bois; des rondins, des ais et tout un petit tas de plantes herbacées bien caractérisées ; les deux frontaux, munis de leurs chevilles, ou supports des cornes d'un bœuf de quatre ans, avec les deux branches du maxillaire inférieur, les canons antérieurs et postérieurs, les deux os du paturon, des fragments de l'humérus et du cubitus et quelques côtes stemales et asternales du même animal; les deux frontaux, le scapulum gauche, les deux canons postérieurs et un fragment du canon antérieur d'un veau ou d'une génisse de deux ans. C'était, en petit volume, une étable, avec sa crèche, son foin et ses animaux. Il y avait, en plus, le squelette d'un coq que l'on distinguait à ses éperons ; les débris d'un chien et de quelques rongeurs ; des hélices ou escargots en grande quantité; des huîtres, des palourdes, des patelles, des châtaignes et des noisettes; un couteau dont il restait la lame en fer, munie de sa queue.
Au milieu du puits funéraire, trois tuiles à rebords cachaient une cruche de o™35 de hauteur, à pâte rougeâtre, mêlée de petits cailloux blancs, dans laquelle il y avait des baies de la grosseur d'une cerise et les
restes d'un oiseau; le tout noyé dans un liquide terreux (fig. I).
Fig. I.
Presque au même niveau, et à la paroi est, était enfoui le moyeu en chêne d'un char romain, percé de dix trous pour recevoir autant de rayons f/îg, 2).
Fig. 2.
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Une deuxième cachette en pierres plates abritait, en contre-bas de la première, deux vases en cuivre, une buire et un seau.
La buire, munie d'une anse, était remplie d'un liquide d'un noir violacé, indice de matières organiques ; hauteur,
Le seau, ouvrage de chaudronnerie, cloué, à anse mobile, renfermait avec de la terre d'un gris de cendre,
beaucoup d'os de batraciens, définis par M. Arthur de Lisle
Fig. I.
Fig. 2.
Sous les vases de cuivre s'est présenté dans une position oblique, un abattis de plusieurs arbrisseaux, parmi lesquels les charrons et les charpentiers ont distingué Tépine noire, le chèvre-feuille, le hêtre, le bouleau, Térable, le houx, la ronce, des tisons de chêne brûlés seulement à un bout, des débris de peuplier noir et deux ceps de vigne qui avaient une trentaine d'années d'existence quand ils furent arrachés de de terre. Au contraire des autres arbustes, un tronc de saule de 2™ de haut avait, dans la fosse, une position verticale.
Il est possible qu'une petite caisse funèbre eut été déposée dans cet endroit, car il en sortit des ais assez courts, avec des clous, une tige de fer enroulée en forme d'anneau ou de poignée, un crochet en fer, un bouton et une plaque en cuivre, un sifflet des morts, des os concassés que le docteur-médecin n'a pas osé définir à cause de leur exiguïté, bien qu'ils eussent l'apparence d'os humains. La cendre de cette couche contenait une certaine quantité de phosphate de chaux (Moride, pharmacien).
Dans le mobilier figuraient : un plateau ou bassin brisé, en terre rouge sigillée, muni au bas de son collet d'un double
masque de lion, laissant échapper le liquide par sa gueule
Fig. I.
une pierre polie, comme une pierre lithographique, sur laquelle était gravée une rosace (Jîg. 2) ;
Fig. 2.
Deux forts souliers d'homme , dont les semelles avaient conservé leurs clous à tête de diamant ; une urne brisée, remplie de matières noirâtres et de petits fragments d'os ; un fond de pot contenant des graines de choux.
Troisième partie. — A cet enfouissement, qui devait être celui du maître, à en juger par le moyeu du char et par les souliers, succéda probablement celui d'une mère, accompagnée peut-être de son enfant (il était séparé du précédent par un nouveau pavé de béton, de o"^45 d'épaisseur). Ce qui rend cette hypothèse au moins probable, c'est que la présence d'une femme y était signalée, et par un rouet, et par un fuseau en buis, de o'»20 de longueur, pour tordre le fil ; et par des souliers dont les semelles, étroites au talon
et s'épanouissant ensuite en forme de cœur, n'avaient pas plus de o"20 à 22 de long (fig. i).
On n'a retrouvé de Tenfant qu'un petit soulier en cuir, de o™i2 sur vine largeur de o'"04 au talon et de o"o6 à la pointe qui est arrondie. Des ais pourris et à moitié brisés, et vine vingtaine de clous, font présumer qu'il y avait dans cette couche, comme dans la précédente, une petite caisse mortuaire.
Le reste du mobilier peut se résumer ainsi : bois, fruits, coquillages, ossements et vases.
Le premier objet qui se présenta sous le pavé fut un gros tison de o™8o, planté debout, qui n'était brûlé que d'un côté, ime feuille de lierre était fixée à son écorce.
Autour du tison il y avait un sifflet des morts en os, des châtaignes, des noisettes, une pomme de pin avec ses pignons, deux noyaux de pêche, des patelles, des huîtres, des palourdes, des limaçons ; des maxillaires et autres os de lièvre et de lapin, la partie antérieure du maxillaire inférieur d'une vielle vache, avec le canon antérieur, deux fragments
de maxillaire d'un sanglier ou d'un porc de cinq à six mois (le crochet n'était pas encore sorti de Talvéole), deux squelettes de chiens et deux autres squelettes de petits carnassiers, le tarse et autres débris d'une poule, et deux sternums d'oiseaux avec les os du bassin.
Quant aux vases, il y en avait sept, deux en bois et cinq en terre.
Le premier vase en bois était un baquet , haut de o«»22, cerclé en fer, qui servait de lit de repos aux deux petits carnassiers mentionnés plus haut {fi g. i).
Le deuxième, une petite coupe en hêtre, haute de o""o65
Fig. 2.
Les cinq vases en terre étaient brisés. L'un d'eux, dont il ne restait que la partie inférieure, avait une base au diamètre de 0^22, d'une épaisseur de o™oi; elle contenait de la cendre d'os et des esquilles d'os non définis.
vn« Puits.