PREFACE
— Est-ce un roman : esl-ce une histoire?
— Ce n*est pas un roman.
— Donc c'est une histoire.
— La conséquence n'est pas logique. Pujol a vécu , je l'ai vu, je l'ai connu , je lui ai parlé, j'ai dîné avec lui, à côté de lui, à sa table, à la mienne. Bras dessus, bras dessous , il s'est soirvent promené à Perpignan avec le maréchal duc d'Albuféra, avec les généraux Maurice-Mathieu, Decaen et Lamarque, qui l'aimaient beaucoup, ainsi qu'avec un grand nombre d'ofticiers supérieurs de l'armée de Catalogne , aux sanglantes époques dont je vais vous parler.
Pujol a rempli de terreur la haute Espagne ; il a donné des millions à la France, puisqu'il aurait pu se les approprier par droit de conquête. Sa bande infernale a 'pillé, dévasté, incendié, égorgé; je l'ai vue à l'œuvre, le stylet au poing , l'escopette à l'épaule , se rire des larmes , des prières, du désespoir. Celte iiorde de coquins échappés aux cachots, au gibet, et devant laquelle les populations armées fuyaient et s'enfermaient dans les citadelles , je