‹ Puritanisme et anglicanisme [microforme]Chapitre 2 sur 3 · QUÉBEC · texte numérisé non relu

QUÉBEC

CUM PERMISSU SUPERIORUM

Imprimatur

Quebeci. die 22a Novembris 1919,

f L.-N. Carp. Béaix, Arch. Quebeces.

PURITANISME ET ANGLIC \NISME

Le puritanisme n'est que le calvinisme importé en Grande Bretagne, el voici dans quelles circonstances. Sous le règne de Marie Tudor (1553-1558). qui menait la réaction catholique avec la vigueur que l'on sait, quelques centaines de partisans obstinés de la réforme nettement protestante, amorcée sous le règne précédent, celui d'Edouard VE (1547- 1553). quittèrent le royaunie et se réfugièrent à Genève. Là ils se trouvaient à la source des doctrines nouvelles. Hs profitèrent bien de leur séjour. Une fois la terrible Marie disparue et remplacée par Elizabeth, ils revinrent en Angleterre tout imprégnés des sonibres doctrines de l'auteur de l'Inatitution Chrétienne Sur la prédestination et la dépravation de votre nature. bien convaincus en outre que la Bible suffisait à la direction spirituelle des âmes, que Rome n'était qu'une Babylone mavdite, le Pape l'Antechrist, et l'Église qu’il présidait. la grande prostituée en habit d'écarjate. dont parle l'Apocalypse, ayant perdu par sa COorruption séculaire tous les droits et toute la vertu de la véritable édlise du Christ. Mais en même temps 5 découvrirent dans l'établissement relivieux patronné par la nouvelle souveraine beaucoup trop de ressemblances avec l’ancienne institution papale.(1) D'accord avec Îles Presbytériens

(1) Ce n'est pas à dire que l'Église officielle ait été p'eservée de l'hérésie at ce a dite. I est vrai, Heari VIII ne cher: sait qu'à sup priter

obstacle qui s'opposeit à la satisfaction de sa passion lubrique € abolis sant la juridiction papale dans son royaume. Par ailleurs il tenait à

l'orthodoxie intégrale et se glorifiait du titre de se pes fidei, qu'il avait reçu de Léon X Dans son statut des six articles il conservait à peu | rde

toute la doctri::e catholique : transubstantiation, confession, messes pour défunts, vœux, célibat ecclésiastique, ete. et l'on n'ignore pas que | rejet «les six articles entraînait la peine capitale.

Mais le serment de suprématie, qu'il exigeait de son clergé et de ses suje n'était-il pas déjà une hérésie? Quoi de plus contraire à l'essence « l'institution du Christ que de faire du prince le chef de l'Église et la sours de toute juridiction, aussi bien spirituelle que temporelle ?

ailleurs on disait qu'elle avait perdu toute vertu sanctifiante et tout pouvoir divin par son insondable perversité ? La contradiction était par trop flagrante. D'ailleurs la Bible enseignait clairement l'égalité entre tous les ministres

Et puis, lu moment qu'il se proposait de s'emparer des biens d'église, et de justifier à tout prix son divorce, le Tudor couronné ne pouvait être très délicat dans le choix de ses auxiliaires. Les trois qu'il s'adjoignit, Thomas Cromwell, Thomas Cranmer, Seymour, étaient des calvinistes de cœur. On sait combien rondement Cromwell mena le pillage des vouvents. Quant à Cranmer, nommé au siège primatinl de Caner À il était marié secrètement à une cousine d'Os nder. A l'avénement d'Edouard VI, un enfant de dix ans (1547), il jeta le masque. Secondé par Seymour, devenu dur de Somerset, et régent du royaume, il bouleversa toute l'économie de l'église henricienne et en fit une véritable branche du calvinisme. 11 rendit obligatoire lu communion sous les deux espt cès, abolit le célibat des prêtres, confin des chaires de théologie à des luthériens notoires, chassés du continent, et à des moines défroqués, tels que Bucer et Pierre Murtyr. 11 rédigea une confession de foi en quarante-deux articles (pour remplacer le statut des six articles) élucubration hybride, mais en majeure partie calviniste; il publia un Prayer Book, conforme à ce nouvean C'redo, et un manuel d'ertianiios. où il n'étuit fait aucunement mention du rôle sacrifiant des évêque: et des prêtres (ce qui devait dan+ le suite rendre vaines les prétentions d anglicans à la validité de leurs ordres)

Or les quarante-deux articles, réc'uits à trente-neuf sous le régne d’Elisabeth. sont restés le canon officiel d': l'église anglicane (Churck of Englai ?), dont la grande tare, et la marnur indélébile de su bâtardise, est son usservissement au Pouvoir temporel. Comme le reste des sectes protestantes elle n’a rejeté le papisme que pour être subjugués par le Césarisme. Eo pus elle est très sensiblement infestée du virus calviniste, nous venons de

voir.

Avec la fondation de la colonie de Jamestown (Virginie) en 1607, l Église anglicane s'implanta sur le continent de l'Amérique du nord. Elle dépendait de l'évêque de Londres et végétait assez misérablement {n'ayant pu s'étendre dans lu Nouvelle-Angleterre, où les Puritains dominaient), lorsqu'éclata la guerr* d'indépendance. L'indépendance proclamée, tout lien se trouvait brise avec la Hiérarchie anglicane, et les prélat: unglicans ne pouvaient consacrer aucun évêque qui ne prôtait pas le serment d’allégeunce à la Couronne. En 177 le parlement remédia à cette situation: il permit d'ordonner des évêques qui n'étaient pas sous la dominatiun britannique. Depuis lors l'église épiscopalienne des États-Unis a vreu sa vi be mais peu intense. Chez elle, peut-être plus encore que chez sa su .r de Grande Bretagne, se sont déclarées trois tendances, formant comme trois partis: le parti de la haute critique et du rationalisme pur (the broad party), le parti du protestantisme orthodoxe prônant l'union avec les autres églises (the Evangelical parts) : le parti ritualiste ou High Church proprement dit, qui a subi l'influence du mouvement tractarien d'Oxford de 1833, et tendrait à «e rapprocher du catholicisme.

L'Église anglicane compte à peu près vingt-cinq millions d'adhérents. C'est peu, étant donnée l'étendue du territoire occupée ou gouvernée par la race anglo-saxonne. Elle n’est pas près de supplanter sa rivale, l'Église romaine. Elle n’a pas les promesses de pérennité ; nous ne pouvons dire le nombre d'années qu'il lui faudra pour arriver à la décadence et à la mort : mais c'est à ce terme qu'elle aboutira bien avant que finisse l’histoire de

l'humanité.

d'Écosse. que dirigeait John Fox, le furouche “;saire de Marie Stuart. qui avait été lui-même en Suisse et en rapport intime avec Calvin, nos anciens émigrés refusèrent énergiquement d'entrer en communieution avec une église. que souil- Jaient encore tant de vestiges des abominations papistes- Et d'abord que signifiait toute cette mérarchie éviscopale et sacerdotale ? Comment pouvait-on contim à ordenner validement des prêtres et des évêques sinon en s'app'ys"t ur la continuité de Ju chaîne apostolique ? Mais s'appuyer sur cette continuité n'était-ce pas reconnaître comme Va légitime épouse du Christ cette église de Rome. dont par de l'Évangile.(l) Done, si l'on voulait une église vraiment réformée, qui pôt devenir natie le et réunir tous les sujets britanniques dans son giron i allait hardiment porter la hache dans toute cette vé:etr on d'institutions et rites idolätriques. sous lesquels le papisme avait cherché à dissimuler son déshonneur. jl fallait jeter aux orties le surplis, qui n'était que Ja livrée du diable : ilfallait abolir prélatures. tribunaux ecclésiastiques. cathédrales, archidiaconés, doyennés. canc aicats, ete. expurger la liturgie de pratiques aussi damnables que le sisne de croix au baptême. la génuflexion à la réception de la cène. l'inclination de la tête au nom de Jésus. la sonnerie des cloches. la musique instrumentale et vocale. Les novateurs n'exigeaient pas qu'on rasât les églises, mais qu'on les purifiât de tout ce brie-à-brac qui s'appelle statues. peintures, bas-reliefs. mosaïques. fresqui vitraux Seloy eux l'église ne devait plus être qu'un lieu de réur .r". où le peuple viendrait s'instruire de la parole de Lieu. o A chaire remplacerait l'autel, et l'enseignement, le nulte ; le prêtre n'était plus qu'un simple pédagogue à qui lordiration ne conférait autre chose qu'une délégation otäcielle pour distribuer au peuple le pain de la Parole.

On le voit. le réformé. selon le cœur de Calvin, était déjà singulièrement émancipé. Il n'était pas tout à fait l'agnostique de nos jours ; il ne proclamait pas encore l'autonomie

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(1) Il est vrai que dans l'Écriture les vocables presbyteri et episcopi

sont plu: .curs fois pris l'un pour l’autre : mais on ne saurait en conclure l'égalité entre les prêtres de premier ordre et ceux de second ordre.

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absolue de la conscience ; mais déjà entre Dieu et sa conscience. il n’admettait pas d'autre autorité que la Bible et pas d'autre intermédiaire que le Grand-Prêtre du Calvaire : il rompait avec le sacrifice de la Messe et toute Hiérarchie ecclésiastique ; il ne dressait aucun autel, n’adorait aucun crucifix, n’invoquait aucun saint ni aucune sainte, ne demandait d’absolution à personne... S'il consentait à s’enrôler dans des collectivités religieuses, encore voulait-il que leur administration et leur direction appartinssent à des synodes, où seraient représentés les laïques aussi bien que les ministres : il en excluait non moins impitovablement le roi ou la reine que le pape (1) Cet esprit d'indépendance et ce

(1) Précisons cependant. Pour ce qui est du gouvernement intérieur, on peut distribuer les différentes églises réformées en trois types : 1° les épiscopaliens ; 2° les presbytériens : 3° les congrégationalistes. Chez les Presbytériens, il n’y a pas d’évéques ; l'autorité toutefois ne réside pas dans les individus ; mais dans des corps constitués d'anciens laïques et de ministres dûment ordonnés pour la prédication. La hiérarchie administrative se compose de quatre degrés : a) la session, qui administre la congrégation ;

b) le presbytérat qui gouverne un groupe de congrégations ;

c) le synode, dont la juridiction s'étend sur plusieurs groupes :

d) l'assemblée générale.

La règle de foi des églises presbytériennes est contenue dans la Confession de Westminster et le catéchisme, formulés et rédigés en 1647, l’un et l’autre très calvinistes. Ils n’obligent du reste à aucune forme particulière de culte.

En 1876 se forma une alliance de toutes les églises presbytériennes existant à travers le monde (Angleterre, Écosse, Hollande, Suisse, Bohême, Hongrie, États-Unis, etc.) Les Congrégationalistes, eux, n’admettent pour chef ni prêtre, ni prophète, ni roi, mais le Christ seul. Chaque communauté a ses dignitaires, choisis par le suffrage universel et recevant l'imposition des mains des anciens, mais est complètement autonome Des envoyés des différentes congrégations professant la même foi peuvent se réunir pour s'édifier ou solutionner certaines difficultés : toutefois ces synodes n'ont point d'autorité proprement dite sur l'église. Le fondateur du congrégationalisme fut ce Brown qui vers 1586 rompit bruyamment avec la tyrannie de l'épiscopat anglican, écrivit des pampbhlets contre l'église d'état, et, pour ce faire, dut se réfugier en Hollande.

I y fut vite rejoint par un grand nombre de ses partisans (les Zndépendants, ainsi qu'ils s'appelaient). L'Église indépendante Ja plus floris: :nte fut celle de Leyde, sous la direction de John Robinson. C'est à celte communauté qu'appartenaient les Pulgrim Father: qui, au mois de décembre 1626, s'embarquèrent surle Hayflower et abordèrent sur les côtes du Massachussets.

C'est dans le Nouveau Monde qu'un avenir florissant était réservé au Congrégationalisme.

A ces trois catégories d'églises reformées on pourrait ajouter les unilariens ; mais ceux-ci ne se rattachent plus aux Chrétiens, puisqu'ils nient la Trinité, et ne voient dans Jésus de Nazareth qu'un docteur, digne d'être écouté, et un ! mme idéal digne d’être imité. Ile ouvrent la voie à no agnostiques contemporains,

farouche zèle d’iconoclaste n’avaient pas le don de plaire à la reine Elizabeth, qui conservait le culte de l’autocratie et qui n’était nullement d'humeur à sacrifier le prestige lui revenant d’une hiérarchie et d’une cour ecclésiastique, dont elle était la tête et le centre. Elle se montra sévère à l'égard des perturbateurs. Mais les édits d’uniformité et les avertissements publics qu’elle lança contre eux n’arrétèrent aucunement leur progrès. En 1580, un de leurs chefs. le fameux Cartwright, était parvenu à introduire dans plusieurs paroisses ses bizarres idées sur la discipline de l’Église. En 1588 paraissait sous le titre de Mare-prelate tracts, une satire violente contre la reine et les évêques. Exaspérée, Elizabeth envoyait les deux auteurs de ces pamphlets (Perry et Udal) à l’échafaud, et Cartwright en prison. En 1593 un nouvel édit punissait de l’internement et (en cas de récidive) de l'exil tout sujet britannique, qui refusait de faire acte de présence à son église paroissiale et organisait des exercices religieux privés. Cette mesure eut pour effet de diviser la secte.

Les modérés se soumirent, extérieurement au moins ; les extrémistes passèrent en Hollande, où, sous la direction d’un certain Brown. ils formèrent un nouveau parti et se décorèrent du titre d’Indépendants.

Trempés par la persécution et l'exil, ils revinrent dans leur patrie plus résolus que jamais à battre en brèche le pouvoir absolu des Stuarts et l'Église officielle. Ils réussirent à dominer dans les différents parlements qui se succédèrent pendant toute la première moitié du XVIIe siècle. On sait l'agitation qu'ils v entretinrent contre Jacques ier et Charles ler ; et comment ils conduisirent ce dernier à l'échafaud. Avec Cromwell c'était le puritanisme qui s’installait au Pouvoir: c'était, à les en croire eux-mêmes, un gouvernement de saints et de mystiques: ce n'était toujours pas un gouvernement de liberté. L'épiscopalisme

fut supprimé. et l’on n'ignore pas le régime atroce que le frère du Protecteur. Henri Cromwell, introduisit en frlande.(1)

(1) ‘‘Aux meurtres juridiques succédaient les déportations, les horribles ventes de jeunes filles irlandaises comme esclaves à la Jamaïque, surtout,

ES

Mais les Presbytériens écossais, dont l'idéal restait la royauté tempérée par un parlement et un synode, avaient refusé de faire cause commune avec les Indépendants contre Charles ler : ils continuèrent à combattre le régime d’anarchie et de violence qui s’abritait sous le nom de ( ‘ommonwealth, et c’est d'Écosse qu’allait venir Monk, le restaurateur de la monarchie anglaise.

L'avènement de Charles LI sur le trône des Stuarts mit fin à la double tyrannie religieuse et militaire des Indépendants. Les évêques anglicans recouvrèrent leurs bénéfices et la doctrine du Prayer Book fut rendue obligatoire. Dès lors le puritanisme disparut comme force politique ; il ne survécut que comme mouvement religieux dans de multiples sectes, qu'on désigna par le vocablé commun de Non-Conformistes. Mais le gouvernement royal ne se résignait pas à voir la nation se morceler en d'innombrables petites églises : il multipliail les mesures contre les dissidents. En 1661 le Corporation {ct déclarait inapte à toute fonction civile et militaire quiconque ne recevait pas le sacrement suivant les rites de la Haute Église : en 1664 le Conventicle Act infligeait les peines les plus sévères à

et plus en grand, les confiscatiors. Renonçant finalement à extirper la

pulation celtique et catholique, on la parqua autant que possible dans É Cmeenght. les colons anglo-saxons et protestants s'établissant dans les autres parties de l’île.” (Lavisse et Rambaud—Hist. génér. VI, p.63).

Le frère du Protecteur ne faisait qu'accentuer, hélas ! la persécution qui avait été inaugurée sous Henri VIII et poursuivie avec acharnement sous Edouard VI, Élizabeth, Jacques ler, et même sous Charles ler. Malgré que celui-ci eut accordé aux Irlandais la liberté religieuse, et la sécurité de leurs biens, les expropriations n'avaient point cessé. Elles devaient se continuer sous Charles ÏI, Guillaume III d'Orange, et leurs successeurs. Après les confiscations ordonnées par la reine Anne, il ne restait à la population catholique de la Verte Erin que le onzième de ses terres. On connait les autres vexations sans nombre dont elle fut victime.

Un catholique ne pouvait être ni juge, ni avocat, ni tuteur, ni occuper de haut grade dans l’armée ; ni acheter ni recevoir des terres d’un protestant, ni même en louer pour une période d’au delà de trente ans ; il était privé de voix active et passive dans toutes les élections: si le fils atné de la famille passait au protestantisme, il devenait l'héritier universel. Tout protestant était autorisé à prendre le cheval d’un catholique au prix de cinq livres. Outre la charge qui leur incombait d’entretenir leur propre clergé, les fidèles devaient payer les droits d’étole aux ministres anglicans. n’est que sur la fin du XVIIIe siècle que cette législation barbare commença à s’adoucir. Elle n’avait d’ailleurs aucunement réussi à ébranler la foi des disciples de saint Patrice.

quiconque assistait à un service privé où, en dehors des membres de la maison, il y avait plus de cinq personnes présentes ; en 1665 le five miles act déclarait passible d'emprisonnement tout ministre non-conformiste qui, sans autori:ation, franchissait les cinq milles entourant une ville: en 1673 au Corporation Act venait s'ajouter le fameux bill du Test excluant de tout emploi public ceux qui, dans leur croyance et leurs actes, ne remplaçaient pas la suprématie du pape Par celle du roi et la doctrine de la transubstantiation par la communion anglicane.(1)

Mais là où la persécution échouait, la tolérance devait réussir dans une large mesure. En 1689, à la suite de l’avènement de Guillaume d'Orange, le Toleration Act permettait le fibre exercice de leur culte à tous les non-conformistes, sans les relever toutefois de leurs incapacités civiles. Bon nombre de dissidents échappèrent même à cette dernière réserve en se mettant à pratiquer ce qu'ils appelaient le conformisme occasionnel, c'est-à-dire en recevant le sacrement anglican de temps à autre. L'opposition religieuse perdit ainsi beaucoup de sa force, et le puritanisme risquait de se dissoudre, lorsqu'il fut ramené à la vie par le mouvement méthodiste vers l'an 1729. La religion, fondée par les deux Wesley et Whitefield, diffère sensiblement du puritanisme des 16e et 17e siècles, soit pour la doctrine soit pour l’organisation ecclésiastique(2) : cependant on peut dire qu’elle

(1) Un tel décret dressait une barrière autrement infranchissable pour les Catholiques que pour les non-conformistes. De fait les Catholiques anglais devaient rester comme des sortes de parias dans leur propre patrie jusqu’au bill d’émancipation de 1829.

(2) Le mouvement méthodiste a été essentiellement un revival, un renouveau de vie religieuse dans le monde protestant. Exercices de piété, l'étude et la visite des malades, telles étaient les princiales œuvres aux- FR g les Wesley invitaient leurs disciples. Ils n'avaient pas l'intention

e se séparer de l’é tise officielle ; mais le refus des sacrements à un certain nombre de leurs partisans en 1740 les décida à rompre avec le clergé anglican ; ils ordonnèrent des ministres dans leurs propres assemblées, et se trouvèrent ainsi fonder une secte nouvelle, qui devait rapidement croître et prospérer. Quoique le méthodisme soit surtout pragmatique, et vise à l'action bien plus qu'à la spéculation, il a sa règle de foi contenue dans vingt-cinq articles, qui sont un abrégé et une adaptation des trente-neuf articles de l'église anglicane. Les cinquante-trois sermons de C. Wesley et ses commentaires Sur le Nouveau Testament font aussi autorité en

matière dogmatique. Les méthodistes rejettent le rigorisme de Calvin

a hérité de son esprit, et c’est par les Méthodistes que le puritanisme a survécu, qu’il est même en pleine activité de nos jours. Seulement le puritanisme, que nous connaissons, dont nous subissons souvent l'influence, sans nous en douter, est bien moins une doctrine qu’une attitude morale, qu’une certaine conception et une certaine règle de vie ; conception et règle de vie toutefois, qui s’appuient sur les principes du calvinisme le plus authentique, comme il sera aisé de nous en convaincre par une analyse succincte des traits, qui les carac-

térisent.

Ne

Le premier des traits caractéristiques du puritanisme est. semble-t-il, une anstérité son:tbre qui enveloppe les pensées et les actes et se traduit à l'extérieur par cet air guindé et raide que l’imagination populaire associe naturellement avec le simple qualificatif de puritain. Mais aussi, quelle autre attitude peut-on prendre, quel autre sentiment qu’une inquiétude douloureuse peut on entretenir au fond de son âme, lorsqu'on adhère à la doctrine désespérante d’un Calvin

sur la question de la prédestination ; tout en admettant la justification par la foi seule, ils recommandent la pratique des bonnes œuvres imposées par Dieu, répudient les œuvres de surérogation ; ils ont la superstition du Biblisme comme le reste des protestants, ils observent rigoureusement le jour du Seigneur, doivent s’absteuir de toute liqueur enivrante, n’employer que des mots brefs dans l’achat et la vente, fuir les amusements purement mondains.

Ce qu'il y a de plus distinctif dans l’enseignement méthodiste, c’est le témoignage de l'esprit qui fait soudainement irruption dans l’âme de l’individu et lui dune l'aeranes de son pardon actuel.

L'organisation de la société comprend la conférence, qui se réunit annuellement et légifère avec pleine autorité, puis des circuits et des districts, à la tête desquels est un surintendant. Parmi les autres dignitaires, il y « les exhortateurs, chargés de tenir des assemblées et d’y présider à la prière et à la prédication ; j prêcheurs locaux laïques autorisés à prêcher ; des prêcheurs errants, exclusivement voués au ministère.

Les méthodistes se scnt divisés en de nombreuses sectes, on en compterait facilement une quinzaine.

Plusieurs s’intitulent épiscopales ; mais chez elles le titre d’évêque désigne seulement une fonction, une supériorité administrative, nullement un ordre. En Amérique, où ils essaimèrent de bonne heure, leur propagande réussit si bien qu'aujourd'hui le nombre de leurs partisans y est évalué à vingt-millions. On peut les appeler les ascètes du protestantisme, mais des ascètes mal dirigés et tombie dans des exagérations manifestes. On serait tenté de les comparer aux Senoussis ou à quelques autres confréries fanatiques de l’Islam, dont ils se sont d’ailleurs approprié plus d’un usage.

relative à la prédestination. On sait que cet “ intraitable Picard, qui n’avait rien du mysticisme allemand, rien du ritualisme anglais, à qui il fallait des formules claires et des idées arrêtées,” (1) fit sortir ce redoutable mystère du demijour où Luther et Zwingle l'avaient laissé, et, “ non content de l’énoncer dans son effroyable clarté, se plut à en déduire toutes les conséquences, dont chacune devint sous sa plume un dogme d’airain.” Avec une audace imperturbable il enseigna au peuple et même aux enfants que, uniquement soucieux de sa propre gloire, Dieu. par un décret absolu, indépendant de la prévision non seulement du mérite et du démérite de ses créatures mais même du péché originel, (!) a fait de certains hommes des vases de miséricorde et de certains autres à fait des vases de colère.

(1) Lavisse et Rambaud - Hist. génér. IV, p. 524 et 525. Calvin, Jean Chauvin de son vrai nom, était né à Noyon en Picardie, en 1509. Il fut initié aux doctrines de Luther à Orléans et à Bourges par le professeur Melchior Volmar et se mit aussitôt à les répandre (533). Exclu de France, il séjourna à Strasbourg, à Büle, puis à Genève, où il vint, appelé par Guil- Jaume Farel. Il en fut banni en 1538: mais, après les élections de 1510, qui avaient ramené ses amis au pouvoir, il rentra en dictateur et fit de Genève la Rome protestante. 11 fonda sans doute son église sur une base démocratique, puisqu'il voulut aue le peuple choisit ses ministres : mais c'étaient les ministres réunis en consistoire qui gouvernaient et avec une autorité absolue. Le consistoire s’assemblait chaque semaine pour juger les pécheurs publics ; il pouvait prononcer la peine de mort contre ‘idolâtre, le blasphémateur, le fils qui frappait son père, l’adultère, l'hérétique. Par son ordre le théâtre, la danse et la musique étaient interdits, les cabarets remplacés par des casinos spirituels, une sorte de confession imposée comme préparation à la Cène. La liberté chrétienne consistait seulement à être affranchi du joug du Pape.

{1 n’était permis à personne de se tenir à l'écart de la Congrégation et de se soustraire à l'autorité des anciens. (Calvin attribuait à son église toutes les prérogatives réclamées par l'Église romaine. Pour lui aussi valait l'axiome : hors de l'église (c'est-à-dire de son église) point de salut. De sa citadelle des bords du Lac Leman, Calvin dirigeait les églises réformées de France, consolant les persécutés, les encourageant à persévérer dans leur foi, intercédant auprès du roi en leur faveur, réfutant certaines calomnies, dont on les accablait.

Avec la fondatirn de l'église génevoise, le grand œuvre du réformateur fut son Institution Chrétienne, qu'il ne cessa de travailler et d'augmenter.

La première édition (parue en rs 1536) ne comprenait que six chapitres ; la dernière (parue en 1559 “omprenait quatre-vingts. Publiée d’abord en latin Calvin la tradu” -même en français ; elle tient un rang honorable dans notre littéraii

Calvin mourut en 1564.

(1) J'avoue, écrit Calvin, que tous les descendants d’Adam sont tombés par la volonté divine, et nous devons en fin de compteen revenir à la détermination souveraine de Dieu, dont la cause nous est cachée (Inst. ILE, 23-24).

Ces derniers, prédestinés à la damnation, le sont aussi au péché ! Vainement il posent des actes de foi et de justice ; leurs vertus sont pure apparence : car Îles grâces et les moyens de salut ne sont efficaces que chez les prédestinés au ciel. Qu'on ne crie pas à | injustice. Lu justice en Dieu c’est sa volonté ; il ne peut du reste être poussé à agir que pour sa propre glorification ; dans le châtiment des vases de colère il trouve une gloire singulière, car il fait par là éclater

La vie et la mort, ajoute-t-il, sont des actes dr la volonté de Dieu, plutôt ue de sa prévision, et il ne prévoit les événeiients à venir que par suite e son décret statuant qu'ils arriveront. ‘“ C'est un terrible décret, je

l'avoue (horribile decretum, fatcor) ; mais personne ne peut nier que Dieu ne prévit la destinée finale qui attendait l'homme, et qu'il ne la prévit que parce qu'elle était entrée dans le plan divin décrété.”

Dieu est le seul agent. Création, rédemption, élection, réprobation doivent être dits actes dans un sens tel que l'homme leur sert simplement de véhicule et n’accomplit rien pur lui-même. Tous les effets, dont nous sommes témoins dans le monde moral, sont des manifestations d’un vouloir éternel, immuable, infaillible, ayant prévu et produit toutes choses, aussi bien la trahison de Judas, que l'élection de saint Paul: ils ne sont nullement des actes nouveaux dôs à la liberté de l’homme (à qui Calvin n’accorde que la liberté a cocctione, et non la direction autonome de sa propre activité). Puisqu'il n’y a pas d'être proprement dit (d'être a se) en dehors de l'Etre suprême, il n’y a pas non plus de cause proprement dite, conséquemment pas d’être libre en dehors de lui. Du point de vue humain Dieu agit comme sans motif. La suprême volonté fixe un ordre absolu, physique, éthique, religieux, qui ne saurait être modifié par rien de ce que nous faisons ou tentons. Ni par nos mérites, ni par quelque acte que ce soit, qui est nécessairement postérieur au décret divin de notre création, nous ne pouvons agir sur la cause première, qui autrement cesserait d’être cause première. Quia ipse voluit, c'est la réponse à tous les pourquois.

Sans doute! Mais une telle réponse ne justifie aucunement les théories du réformateur de Genève. N'oublions pas que nous sommes en présence d’un mystère absolument impénétrable. En insistant sur la souveraine indépendance de l’Etre premier et de la cause universelle, l’auteur de l'Institution Chrétienne semble raisonner d’une façon impeccable. Mais il n'envisage jamais que un aspect ou deux du mystère : de celui-ci il n’a pas fait le tour, il n'a pas la compréhension totale ; et même les aspects qu’il envisage ne lui sont pas manifestés dans leur plénitude. Si ses conclusions viennent en contradiction avec des vérités par ailleurs évidentes, nous n’avon: pas à nous en émouvoir. Or elles détruisent la justice en Dieu et la liberté dans l'homme. Donc, quand même nous n'a ‘riens aucune explication à leur opposer, nous n'en devrions pas moins, avec l’Évglise, anathématiser la doctrine farouche de Calvin. Quant aux éclaircissements que les théologiens orthodoxes nous ont donnés sur la conduite de Dieu relativement aux élus et aux réprouvés, ils ne sont pas soustraits à la controverse. Ce n’est pas le lieu de les exposer ici. Qu'il me suflise de rappeler le fameux système de la science moyenne, d'après lequel Dieu ne prédestine les hommes, à la gloire ou au châtiment, qu'après la prévision de leurs mérites ou de leurs démérites. Le système a au moins l'avantage ae sauvegarder le libre arbitre de l’homme.

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son amour du bien et son horreur du mal. Quant aux victimes de sa divine vengeance, étant inclinces et attachées au péché par le fond même de leu être. elles ne reçoivent que le juste salaire de Jeur perversité.(!)

Voilà une doctrine d'une simplicité affreuse. et l'on comprend qu’elle engendre dans ses adhérents tout autre chose que la gaiété et la dilatation du cœur. lV'eut-on envisager l'existence autrement que Comme un hideux cauchemar avec cette pensée toujours présente à l'esprit qu'on pourrait bien avoir été envoyé dans ce monde, chargé d'une malédiction irrévocable. sans autre but que de glorifier la vindicte divine par son infortune éternelle ?Ë)

Un second trait caractéristique du puritanisme, c'est son attitude relativement au plaisir. Le puritain a une méfiance incurable pour tout ce qui embellit. adoucit. charme la vie. Sans doute l'Église catholique. elle aussi, se défie des jouissances sensibleé : on connait les anathèmes de ses Pères et de ses Docteurs contre les divertissements mondains : plus encore que les paroles de s2s vrands hom-

(1) Malheureusement pour le prestige de l'Être suprême, les victimes de

sa vengeance sont nécessairement liées à cette perversité, qu'il châtie.

L'immunité de la simple coereition extérieure, comme le veut Calvin, ne

pas pour sauvegarder leur libre arbitre et en faire des êtres responsaes.

Cette théorie calviniste de la prédestination est une contradiction fiagrante de l'Évangile, où nous lisons les paraboles de l'Enfant prodigue, du Bon Pasteur, et tant de textes, qui proclament l'intinie pitié de Dieu pour ses créatures pécheresses. Dicu a d'ailleurs trouvé un moyen admirable d'accorder sa justice avec si miséricorde. Il a créé un second chef de J'Humanité, un second Adam, parfaitement pur et parfaitement saint. C'est lui qu'il a chargé de satisfaire sa Justice, en Jui faisant payer par ses souffrances et sa mort la dette que la race du vremier Adam avait contractée à son égard. Mais après le sacrifice du Calvaire la miséricorde avait les mains libres. Ainsi, la Rédemption atteint absolument tous les pécheurs, et en même temps elle a été faite suivant les lois de la plus rigoureuse justice. Voilà qui est autrement consolant que V'horrible dérret. cher au Dictateur religieux de Genève : ‘e plus, c'est la vérité.

Calvin est ce qu'o pelle en théologie un +uprala psarien. On appelle infralapsariens les r aoreux protestants qui, contrairement au Maître, admettent la prédestination absolue, conséquemment à la prévision du péché originel. Ce n’est du reste pas suffisant pour qu'ils soient orthodoxes.

() Le pauvre Bunyan, un des doctrinaires les plus authentiques du puritanisme, du temps de Cromwell, se sentait écrasé par le fatalisme calviniste. Pendant des années il fut obsédé de la crainte qu'il était prédestiné à la damnation éternelle. Il nous a laissé la description de cette crise poignante dans son livre : Pilgrim’s progress.

+ de

mes, les austérités de ses grands pénitents en proclament le danger. Qu'on ne confonde pas cependant les sévérités de l’ascétisme chrétien avec les principes et les pratiques encore plus bizarres qu’austères du puritanisme protestant. Pour empêcher la chair de prendre trop d’emprise dans le composé humain, où elle ne doit être que servante; pour imiter Jésus-Christ souffrant, pour stimuler tant de lâches chrétiens qui vivent dans la servitude des appétits inférieurs, le moine fuit le plaisir même permis, il se condamne à une existence de pauvreté, de chasteté, de mortification, d’humilité, d’obéissance, et l’Église approuve, loue, canonise même son genre de vie. Elle y voit avec raison un ferment de salut inséré dans la masse corrompue du monde. Mais ni le moine, ni l’Église ne déclarent le plaisir mauvais en soi ; ils savent qu’il a été mis dans la nature par le Créateur pour faciliter l'exercice de certaines fonctions, qu'il résulte de toute activité normale, enfin que l’abus seul en est condamnable. Le puritain, lui, se croit obligé de haiïr le plaisir, aussi bien intellectuel que physique. au moins en paroles et extérieurement, en vertu de cet autre principe luthérien et calviniste, qui affirme la nature irrémédiablement corrompue, l’homme devenu radicalement mauvais par la chute originelle, constitué en état de péché par la simple présence de la triple concupiscence en lui, incapable d’aucun acte moralement bon.

Portant dans sa chair et son esprit une blessure irrémédiable, le misérable fils d'Adam ne naît pas seulement dépouillé de la justice originelle, qui avait été impartie à nos premiers parents, il naît privé de toute rectitude, de toute force pour le bien : il ne trouve pas seulement en lui (juste peine du péché) un ensemble d’inclinations mauvaises, qu'il lui faut combattre : son être est identique avec le péché — lequel ne saurait disparaître devant aucune absolution sacramentelle, —et fixe fatalement sa victime dans le dégoût de la lumière et de la sagesse, dans l’amou. de l'erreur et des ténèbres !(!)

(1) Les réformateurs du 16ème siècle en appellent constamment à Saint- Paul et à Saint-Augustin ; mais ils interprètent d’une façon puremer’ abstraite des écrits, qui ne sauraient être séparés du temps et du milieu histo-

ro abandon

SORA rnirr

Pauvre illusionné l’homme qui se croit à même de connaître Dieu et de pénétrer jusque dans le sanctuaire de ses attributs ; pauvre présomptueux celui qui s'imagine accom-

| plir des actes de vertu et d'héroïsme. Bien plus, l’un et l'auf tre sont des idolâtres, car ils se complaisent dans des avan- : tages faux, et qui usurpent su ‘’unique perfection de Dieu.

Idolâtres donc, tous ces philosuphes, tous ces savants, tous ces théologiens, qui ont aristotélisé l'Église et la foi, qui dans leur fol orgueil, ont entrepris de résoudre les problèmes sur l’Être suprême, sur la création, sur le monde invisible.(") Idolâtres les Socrate, les Regulus, et tous ces sages de l’antiquité qui ne pouvaient être justes, parce qu'ils ne pouvaient s'empêcher d’avoir confiance en leur propre équité. idolâtres tous ces chrétiens qui s’imaginent mériter devant le saint des saints par leurs œuvres ; idolâtre enfin quiconque croit dans la réalité du libre arbitre.

Non! Pasde vertus morales ! Nos œuvresles meilleures sont des pechés ; elles nous conduisent fatalement à la mort

éternelle, si la grâce n'intervient pas pour nous SAUVeT.

riques où ils parurent. Saint-Paul, dans ses épitres aux Romains et aux Galates, dont Luther et Calvin font tant de cas s'adresse moins aux vrais urs, qu'à ces faux justes, qui confaient leur salut aux œuvres de la

ÿ, Dans Saint-Augustin la nature humaine est considérée presque toujours historiquement. Le grand Docteur nous la montre dans Adam douée de prérogatives surnaturelles, tandis que dans ses enfants elle apparait entravée par le poids de la concuniscence et du péché. . L'erreur capitale des hérésiarques protestants et jansénistes fut de confondre la grâce avec l'essence même de la nature dans Adam. d'où suivait nécessairement la corruption entière de lu nature, une fois la grâce perdue.

() Et dire qu'on a voulu faire des novateurs du 16ème siècle les émancii pateurs de la raison ! Mais ne sait-on pas que tout leur système théologique i est un fidéisme outré? La raison pour Luther c’est la bête qu'il faut bail- Jonner et étouffer. ‘‘ La raison répandre la lumière, ditil! Oui, comme celle que répandrait une immondice mise dans une lanterne.” Ailleurs il appelle la raison la fiancée du diable, une galeuse, une dégoutante prostituée, qui mériterait d'être releguée dans le plus sale lieu de la maison.” Selon lui ‘‘:es hautes écoles mériteraient d'être détruites de fund en comble, car jamais, depuis que le monde est monde, il n'y eut d'institutions plus diaboliques.”" (cité par Mgr Baudrillart, l'Église cathol., la renaiss. le protestantisme, P. 357 saq.). La raison devait tout de même s'introduire dans le protestantisme, mais pour achever de le dissoudre en un libéralisme qui pe porterait plus aucune trace de surnaturel. Le fidéisme luthérien et calviniste contenait d'ailleurs en germe toute la philosophie religieuse moderne basée sur l'expérience personnelle du divin et rejetant touie autorité extérieure en pareille matière. Le kantisme est un fruit assez naturel du fidéisme protestant.

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THLTRNILNS Sachets Libé smemaes dati

fataqm: TT

Mais la grâce qui sauve, n'allez pas la confondre avec celle dont dissertent les présomptueux dialecticiens de la théologie. Elle n'est pas un don de Dieu élevant ou secourant la nature, elle ext Dieu même s'emparant de l'homme comme d'une chose, s'imprimant en lui, se substituant à lui, en couvrant la honte du manteau de sa propre sainteté, le justifiant ainsi et le prédestinant au bonheur, suivant toujours, ne l'oublions pas, un décret arbitraire d'élection. Toutefois, pour que cette justification fatalement gratuite ne fasse pas de lui un être par trop bonasse, Dieu doit imputer au pécheur les mérites du Christ, le seul Juste, qui ait passé sur la terre, et qui ait racheté l'humanité en payant sa dette à l'égurd de la Justice suprême. Pour que cette imputation soit possible, encore faut-il que le Créateur trouve la foi dans sa créature coupable. Mais, puisque celle-ei est incapable de tout acte moralement bon, il ne l'y trouvera que s'il l'y met lui-même. Dans l'âme, qu'il a prédestinée an salut. il crée donc cette foi justifiante : foi bien différente de celle que tes uristotéliciens ont définie une adhésion de l'esprit à la parole divine, foi, qui est une force non moins mystérieuse que la vie, foi qui, comme toute autre grâce. vient en nous SAUS notre concours. confiante, infuse, qui rend présent en nous le Christ, nous éclaire, nous soulève, peut parfois faire jaillir de nos veux des larmes de consolation en instillant a: fond de nos âmes I certitude de notre salut. ‘Tout cela. répétons-le, travail exclusif d'un Dieu. qui nous illumine, nous meut intérieurement, comme il lui plait, quand il lui plait : de ce Dieu, qui se cache aux savants et se révèle aux simples.(n

Heureux le fils d’Adain. pur de toute idolâtrie de la liberté et de la raison, en possession de cette foi vraiment divine. I n'a pas à s'inquiéter d'opérer sen salut dans la crainte et

(*) Notons que cette justification par la non-imputation de nos fautes, qui demeurent en nous une souillure morale très réelle, implique une sorte p contradiction ! Comment Dieu, qui est la sainteté mème. peut-il cohabiter avec un être, qu'il n'a pas vraiment purifié. Sans doute Dieu se plait à faire des justes avec des injustes, des amis avec des ennemis ; mais non en laissant subsister dans les êtres ainsi transformés la tache de l'iniquité et la raison de l'inimitié. A quelles aberrations tout de mème sont arrivés les pauvres Luthériens et Calvinistes en voulant réformer la vieille doctrine chrétienne ?

on ut

le tremblement, pur la mortification, par l'accomplissement des bonnes œuvres, pas même par l'observation du Décalogue. De tom cela la réalité de sa nature corrompue le rend incapable. ‘lest né pécheur., il reste pécheur jusqu'à la dernière minute de son existence. Mais qu'importe ! [ n'en est pas moins juste pur l'imputation que Dieu lui fait des mérites du Sauveur et de sa propre sainteté. L'incrédulité seule

est fatale.

Pecea fortiter. sel crede fortius. Non. homme charnel et pervers ne redoute pas de pécher lourdement et fréquemment : ne te désole pas de la stérilité de ta vie, ta foi n’en est que mieux épurée : elle n'en couvre que mieux le monceau de tes iniquités.(") ;

C'est ainsi que, pur une doctrine en apparence ausière, Luther et Calvin en arrivent à émanciper du frein de toute loi les pires instincts de la chair. . On ne saurait trop le répéter. non, le protestantisme. :: quelque dénpmination qu'il se couvre: n'a pas été un agent de civilisation et de moralité pour les peuples.

Il prétend retrouver le sens du christianisme primitif, et c'est dans ce but qu'il saute par dessus les docteurs du Moyen Âge e les Pères des IVe et Ve siècles, pour arriver à saint Paul. Mais le christianisme n'est pas simplement une doctrine enfermée dins quelques documents écrits, dont l'on pourrait pénétrer mieux la signification et la portée par une connaissance plus approfondie de la langue et de: circons-

(1) Puisque la foi seule sauve. puisque les sacrements de baptéme et de ja cène (les seuls conservés par nos réformateur:) sont de simples signes, et non des moyens de justification, nous n'avons que faire des vœux monastiques, du célibat, des fondations pieuses. des confréries, des indulgences. Idolâtrie que les dogmes du purgatoire. de la reversibilité des mérites, de la communion et de l'invocation des saints” Idolâtrie que la primauté du pape, et la juridiction de tous ces prélats, qui s'attribuent l: pouvoir de nous imposer certaines œuvres sous peine de péché, ou même de nous retrancher du giron de l'Église. La véritable église est fondée sur la foi ; elle est constituée par toute les âmes que Ja fui unit à Dieu. Or pour un homme, s'appellit-il pape où évêque, portât-il triple couronne où mitre étincelante de diamants, X a-t-il un moyen de séparer ce que Dieu tient attaché à lui par la foi, l'espérance, la charité. En face de Dieu, seule cause en matière de justification, ‘jne reste que des âmes individuelles, serves du péché, ou de la grâce. On voit combien tout cela est apparenté de près avec les élueubrations de nos agnostiques et de nos modernistes du 201ème siècle

«, oùt ils ont été rédigés : le christianisme est aussi une

tance «t un principe de vie,

tradition orale, et. avant tout. il un ferment de régénération morale. Il n'est parvenu à la pauvre humanité malade que par les canaux qui l'ont reçu et transmis. Peu importe que les canaux, par moments, aient été plus ou moins purs. Le principe étant divin échappait à toute corruption. Accuser l'Église romaine d’uvoir perdu sa vertu éclairante et sanctifiante à cause de l'indignité de certains de ses papes, de ses évêques ou de ses prêtres, c'est un non-sens. Pour que l'accusation eût quelque portée et justifiât la désertion des accusateurs, il faudrait prouver qu'elle n'est plus la dépositaire de la vertu de la Croix, plus l'hôtellerie du bon Samaritain, ni la lumière du monde. Faute de cette preuve, il reste acquis qu’en rompant avec l'Église traditionnelle, malgré toutes les souillures qu'ils découvraient dans ses membres et sa tête, les novateurs ont rompu nvec le seul instrument par où Dieu

se communique normalement aux hommes 2t les attire à sa

propre félicité : que, loin de ré: "mer quoi que ce soit, ils n’ont doté l’humanité que d’un nouvel élément de dissolution intellectuelle et morale.() Si les prétendues églises réformées ne sont pas des corps totalement anémiés et impuissants dans l'ordre surnaturel, c'est uniquement par l'effet de la sève qu’elles avaient reçue de l’Église romaine, seule voie à la vérité et à la vie, et dont elles n'ont pas réussi à se débarrasser complètement.

(1) Toute la valeur du protestantisme en effet est dans une négation et une révolte : négation de la dignité suréminente de l'Église romaine et révolte contre le pape sun chef. Mais, pour être logique, cette négation ne saurait s'arrêter à mi-chemin : elle doit embrasser toute la révélation et ne s'arrêter qu'aux frontières de la simple raison. Peut-on imaginer rien de plus illogique que l'attitude de ces rebelles qui, après s'être bruyamment séparés de l'Église traditionnelle, entreprennent de faire un triage dans le dépôt des vérités révélées et de fonder leurs églises à eux ? Le qui ont-ils reçu pareille mission ? C'est ce que comprennent nombre d'hommes nés dan: le protestantisme, dont les uns s'en vont au rationalisme pur, les autres s'efforcent de se rapprocher de nous, pour donner un aliment à sur vie religieuse. ou bien cherchent à étouffer leur inquiétude intime dans les convulsions de névroses mystiques, quand ce n'est pas dans les supercheries des spirites. Preuve que la position du doctrinaire protestant

proprement dit est intenable.

Mais poursuivons notre dissection du système calviniste et nous y découvrirons une nouvelle perversion des doctrines les plus élémentaires du christianisme.

Tout en privant le juste de la moindre coopération efhicace dans l’œuvre de son salut ; tout en en faisant une sorte d'automate, qui n’a qu'à recevoir l'impulsion divine pour atteindre la félicité, Calvin (comme Luther) veut que nous

nous exercions dans la pratique de l'humilité et de la pénitence. Seulement le novateur ne prend nullement ces vocables dans leur sens usuel. Par humilité et pénitence il n'entend ni les austérités corporelles, ni la conversion du cœur; il n'entend qu'un sentiment toujours plus profond de notre dépravation totale, sentiment qui n’a sans doute aucune valeur méritoire en lui-même, muis grâce auquel nous gémissons sur notre misère, nous supplions Dieu de ne pas entrer en jugement avec notre faiblesse et de nous remettre, c’està-dire de ne pas nous imputer notre péché. Heureux sommesnous si nous avons de telles dispositions ; car c'est par elles que lieu nous signifie qu'il a opéré lui-même notre guérison et substitué sa justice à la nôtre, la vraie à la fausse !(!)

Ce sont de pareilles théories sur la nature, le péché, le libre arbitre, la grâce, qui ont inspiré aux puritains leur attitude morale et leur ont enlevé toute mesure dans la dénonciatic:: des joies et divertissements du monde. Aux yeux d’un cisciple de Fox ou de Wesley, encore plus qu'aux yeux du janséniste Pascal, la nature n'étant qu’un cloaque de vices, tout ce qui sort d'elle, tout ce qui lui est agréable ne saurait être que réprouvé et damnable ! De là cette affectrtion de mépris. de là cette violence d’anathêmes non seulement contre les jouissances sensuelles, la bonne chère, la femme, l'amour. la danse, les théâtres. mais aussi contre les

(1) Malgré que les Luthériens et Calvinistes aient dénaturé la notion de la foi, l'aient transformée en confiance, leur religion n’est point du tout une religion de confiance et d'amour. Elle est au contraire une religion d’effroi et de terrorisme, précisément parce que l'homme y est trop abaissé, trop accablé sous le pressoir de ce déterminisme implacable par où sa des-

tinée est décrétée de toute éternité, sans que ses œuvres y entrent pour quoi que ce soit.

jittératures, les œuvres d'art, les ornementations des églises‘) et les belles cérémonies religieuses. Parce que tout celà flatte la nature, Ce n’est que leurre et piège de Satan. Malheur à quiconque approuve et favorise ce débordement de l'uleère moral qu’il porte en jui! Celui-là a tout lieu de craindre que Dieu ne Jui impute pas Si justice et par conséquent qu’il soit perdu pour l'éternité. (?)

G) Plus d’un? cathédrale porte encore les traces des mutilatioss que lui firent subir les ‘ arouches Ironsides de Cromwell. (2) Telle est bien la religion qui nous apparait à travers les ouvrages des Vox, des Bunyan, des Pynne, et qui se traduisit par des excès à la fois bigarres et cruels, du temps où les puritains furent les maîtres de l’Angleterre et de l'Écosse. De ces excès Taine à donné une description pittoresque. Lisuns en quelques extraits : ‘ Le puritain passait lentement dans les rues, les yeux au ciel, les traits tirés, jaune et hagard, les cheveux ras, vêtu de brun ou de noir, sans ornements, ne s’habillant que pour se couvrir. Si quelqu'un avait les joues pleines, il passait pour tiède... Du dedans la contagion avait gagné le dehors. Les alarmes de la conscience s'étaient changées en lois d'État, la rigidité personnelle était devenue une tyrannie publique. Le puritain avait proscrit le plaisir comme un ennemi, chez autrui aussi bien que chez lui-même. Le parlement faisait fermer maisons de jeu, les théâtres. et fouetter les acteurs à la queue d’une charette : les jurons étaient taxés : les arbres de mai étaient COUPÉS ; les ours, dont les combats amusaient le peuple, étaient tués. Des amendes et des punitions corporelles interdissaient mê me aux enfants les jeux; les danses, les sonneries de cloche». les régalades, les luttes, la chasse, tous les exercices et tous les amusement", qui pouvrient profaner le dimanche. Les ornements, les tableaux, les statues des églises étaient arrachés ou déchirés. seul plaisir qu'on gardât et qu'on souffrit étaient le nasillement des psauimes, l'édification des sermons prolongés. l'excitation des controverses haineuss... En Écosse, PAYS plus froid et plus dur, l'intolérance allait jusqu'aux derniers confins de Ja férocité et de la minutie, instituent une surveillance sur les pratiquer privées et sur la dévotion intérieure de chaque membre de chaque famille, otant aux catholiques leurs enfants, imposant l'abjuration sous peine de prison perpétuelle ou de mort, amenant pur trou aux sorcières au bûcher. {1 semblait qu'un nuage noir se fût appesanti sur la vie humaine. noyant toute Jumière. effaçant toute beauté, éteignant toute joie. traversé ÇA et là par des éclairs d'épée et par des lueurs de torches, sous lesquelles on voyait vaciller des figures de despotes moruses, de sectaires malades. d'opprimés silencieux.” (Hist. de la littér. angl. El, p.48). On dira peut être que nous sommes mal venus de ressusciter un passé, dont il ne reste plus de traces on rappellera que- durant les trente où quarante dernières années, la plupart des églises pres sytériennes ont sensiblement mitigé la rudesse de leur théologie et de leur morale calvinistes : qu'elles ont désavoué plusieurs principes de la fameuse confession de fot de Westminster { promulguée en 1647}, surt out ceux relatifs à la totale dépravation de l'homme et à la limitation de la rédemption: Soit. L'esprit des Fox et des Bunyan n'en subsiste pas moins dans les sectes qui 8 réclament de leurs noms : sans compter que n'ayant pas d'autorité pour lui imposer la mesure et le bon sens, le premier fanatique venu peut lancer quelque idée saugrenue. OÙ déclarer une sorte de guerre gainte contre le plus anodin des divertissements.

MT eye POCEUE

Cependant avec toutes leurs grandiloquentes déclamations contre la perversité de notre nature, nos farouches moralistes n’arrivent ni à supprimer l'animal dans l'homme. ni à contenir ses appétits les plus désordonnés : rest à quoi du reste ils ne s'essaient même pas. La lutte serait parfaitement inutile contre une force irrésistiblement inclinée au mal. Ils la laissent donc aller, cette guenille vivante, là où elle tend ; ils ont une espèce d'indulgence méprisante pour ses pires défaillances ; mais ils font semblant de les ignorer, ils les cachent. ils s'abstiennent d'en parler, ils les couvrent du voile de la pruderie. A leurs yeux, le grand erime c'est non que le péché soit commis, mais qu'il paraisse. Ils sont beaucoup moins sévères pour la crapule, où les instincts se donnent libre cours, que pour la galanterie, où le vice s'étale, et pour tous les artifices, qui servent à l’'embellir. (1)

Autre trait de cet ascétisme excentrique.

Contrairement aux saints de l'Église catholique, sévères pour eux-mêmes et très compatissants pour les autres, nos puritains sont amenés par la force même de leur principe à se montrer implacables pour les faiblesses de leur prochain. Leur zèle ne se contente pas d'attaquer les abus : tout ce qui est propre à dilater l'âme et le cœur, à mettre un peu de soleil et de gaieté dans l’existence, leur est suspect. Quoi d'étonnant? Cela plaît à une nature nécessairement mauvaise : done c'est mauvais : done, plus on retranchera de ce qui est susceptible d'agrémenter la vie, plus on aura de chance de se voir imputer la grâce du salut.

Là est le secret du fanatisme de nos rigides novalenrs pour. la prohibition Lotale, dont ils semblent vouloir assurer le triomphe per fas et nefas sur toute la surface de notre petit. globe, convaincus, comme l'écrivait récemment un pasteur des États-Unis, qu'ainsi ils en chasseront le diable, qui n'aura

() C’est une attitude qui ressemble terriblement à celle du Pharisien de l'Évangile. Elle implique une hypocrisie fondamentale. Combien différente la conduite de l'Église catholique ! Elle ne s'applique pas, elle, à ignorer nos plaies morules, elle s'applique à les guérir ! Il faut dire qu'en abolissant les sacrements, nos prétendus réformateurs se sont privés des meilleurs moyens de guérison.

rnal, après avoir

retirer dans son cachot infe ou derrière lui.(!)

tous, des catholiques très res ardents prohibitionnistes ; mais ils n’en concèdent pas moins que c’est |à une mesure rigou- S'ils n'hésitent pas à en demander la mise loi, c’est parce qu’ils ne voient pas d'autre fléau de l'alcoolisme, mortel pour toute Du reste, ils ne la veulent que Je souci de l’accorder, autant

plus qu'à se tourné la clef à triple verr Certes, nous connaissons,

tables, qui sont, eux aussi, d’

reuse et extrême.

en vigueur par une moyen d'enrayer le une race et tout un peuple.

dans certaines limites, et ils ont que faire se peut, avec le respect de la liberté des individus.

Leur but premier n’est pas de priver leurs concitoyens d’un légitime confort de l'existence. Le puritain, ‘à, est logique avec lui-même en se proposant une telle privation comme but principal, car ilcontrecarre iles appétits d’une nature foncièrement gâtée. Aussi la Appression de toute boisson alcoolique ne doit-elle être qu'un commencement ; i faut qu’elle soit suivie du retranchement du tabac, des sucreries, du thé et de tout ce qui n’est pas strictement nécessaire à la conservation de l'être. Si vous voulez savoir ce que ces gens-là prétendent faire de la vie, voyez CE qu'ils ont déjà faire du jour du Seigneur. Ils l'ont transformé en mortellement ennuyeuses, qu'il n’est pas l'innocent jeu d’échecs 0” de dominos,

diabolique jeu de cartes.

réussi à

une suite d’heures

permis d’égayer par

encore moins par le * *

delire si souvent les épithètes de

iquées par les anglicans à leurs

coreligionaires non-conformistes. Elle est plus que méritée. L'étroitesse d'esprit est d’ailleurs le privilège peu enviable de tous les sectaires, qu'ils s'appellent puritains. jansénistes ou jacobins. Qu'on ne g'imagin” pas non plus que mes obser-

Ne soyons donc pas surpris narrow-minded et de bigots appl

G) Ce beau gèle trahit un sentiment bien élémentaire. et nos puritains font preuve de quelque naïveté en l'étalant ainsi au grand jour, je veus

parler de l'envie.

Déjà du temps de Cromwell un compenser les hés qu'ils aimaient à commettre,

qui ne les tentaient pas:

poète royaliste disait d'eux que, “ pour ils condamnaient ceux

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