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Puvis de Chavannes

IL n’existe pas d’ouvrage vraiment complet sur Puvis de Chavannes, quoique des critiques estimables aient déjà écrit plusieurs monographies du fresquiste. Personnellement, j’en ai publié où le lecteur me permettra de puiser avec une joie nouvelle, car mes ojnnions n’ont pas changé, et il semble bien que l’illustre peintre m’y autorisait lui-même dans une lettre au sujet du premier de ces travaux :

Paris, 21 octobre 1896. — 11, place Pigalle.

Je regrette beaucoup d'avoir manqué votre bonne visite, d’autant plus que j’aurais voulu vous répéter de vive voix ce que je vous ai écrit, vous dire qu’abstraction faite de ma personnalité, votre étude porte la marque d’un véritable écrivain.

S’il n’était pas excessif de penser qu’après moi il sera encore question de moi, ces belles pages sont de celles qui survivront et que l’on consultera — cette opinion a déjà de nombreux échos.

Merci encore et de cœur à vous.

P. Puvis de Chavannes.

On ne parle jamais avec sincérité que de ceux qu’on aime. J’ai d’abord essayé de comprendre Puvis et ensuite je l’ai aimé, passionnément, complètement. Je serais heureux de le faire aimer ainsi .. Suivons-le donc dans son ascension ver'S la lumière, c’est-à-dire vers la vérité de la vie.

Une famille bourguignonne fit croître ce noble esprit sur les bords lyonnais. Dès le premier âge il sentit se heurter en lui ces deux forces, l’imagination et la rectitude de la pensée. Les traditions de famille le poussèrent aux mathématiques, jusqu’au jour où, ayant enfin compris l’art éducateur, il suivit, selon l’expression de Chateaubriand, le soleil qui marchait devant lui. Il songea, voulant associer

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