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Largeur du tronc entre la base des prolongements coxaux
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Largeur du trone avec les prolongements coxaux (pattes 2)..., 7,0
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Cette belle espèce me parait être, de beaucoup, la plus grande du genre
Pycnogonum ; comme on le verra plus loin, elle présente des aflinités assez
étroites avec le Pentapycnon Charcoti, ee qui lui donne un vif intérêt.
Comme dans cette dernière espèce, les téguments sont chagrinés par-
tout, sauf sur les griffes et au bout de la trompe, mais les granules qui
produisent la rugosité sont peut-être un peu plus forts; au surplus, la coloration est presque la même, un peu moins brune toutefois dans notre spécunen.
La /rompe (ig. 101-103) est toutefois très différente dans les adultes des deux espèces; elle se dilate à peine d’'arrière en avant sur sa moitié basilaire dans le ?. Gain, puis se rétrécit jusqu'à lextrémité antérieure, qui est étroite ; elle est par conséquent dépourvue de la dilatation terminale munie de trois tubercules qui caractérise
si nettement la trompe du Pertapyenon
Ré
Fig. 101. — Pycnogonum Gaini Bouv., Q. — Animal vu du côté dorsal avec les orifices sexuels. Gr. 3 1/2.
Charcoti, mais il faut observer que cette dilatation est réduite, dans
le plus jeune immature de l'espèce décapode, où d'ailleurs les tubercules sont à peine indiqués.
Le céphalon (fig. 101-103) est à peu près identique dans les deux espèces, toutefois un peu moins saillant en avant dans le ?. Gaini, car il se fusionne plus vite avec les prolongements latéraux de la première paire. Les principales diffé-
rences relatives à cette partie du
corps sont l’atrophie presque com- Fig. 102. — Pyenogonum Gaini, ®.— Animalvudu plète, dans le P. Gaini, du tubercôté gauche sans les pattes. Gr. 3 1/2.
cule céphalique postérieur et la structure tout autre du tubercule oculaire. Ce dernier est plus large dans le P. Gaini, ayant à peu près le quart de la largeur du céphalon: il S'élargit un peu à la base parallèlement au bord céphalique, puis conserve le même calibre pour se terminer en dôme au-dessus des yeux, qui sont petits et largement séparés, comme dans le Pentapycnon Charcoti. Xei encore, les Jeunes de cette dernière espèce ressemblent davantage au P. Gain, tant par la forme ou le développement de leur tubercule oculaire que par la dilatation basale qu'ils présentent parallèlement au bord antérieur.
Le tronc (fig. 101,103) est constitué de même dans les deux espèces, avec un fort bourrelet arrondi sur le bord postérieur de tous les segments (à l'exception du dernier) et un tubercule dorsalau milieu de ce bourrelet. Les prolongements coxaux sont également identiques, avec un gros tubereule dorsal arrondi près de leur bord externe. La différence essentielle entre les deux espèces a trait aux tubercules dorsaux médiaux, qui sont en cône à sommet obtus dans le ?. Gain et largement arrondis dans le Pentapyenon Charcoti. Un autre caractère distinctif est la présence, dans le P. Gaini, d'un tubercule dorsal médian sur le segment postérieur du corps (fig. 101, 102), un peu en avant des deux tubercules qui s'élèvent sur les prolongements latéraux ; ce tubercule est certainement lhomologue du tubercule des segments qui précèdent et représente vraisemblablement le quatrième tubercule du Pentapyenon
Charcoti (Hg. 98). De sorte que le Pycnogonum Gain posséderait en
réalité cinq segments, comme les Pentapycnon, seulement le quatrième
est réduit, tout à fait confondu avec le cinquième et indiqué seulement
par son tubercule dorsal métamérique. Une disposition identique s’observedans d'autres Pycnogonum, notamment dans nos deux espèces arctiques, P. crassirostre Sars et P. littorale Sixüm; dans ce dernier, le souvenir métamérique des Pentapycnon est même poussé plus loin que dans notre espèce, car on retrouve le tubercule du segment ovigérien situé en arrière du tu-
bercule oculaire. Ces constatations
paraissent de nature à montrer Fig: 103. Pycnogonum Gaini,
.— Animal vu
du côté ventral, sans les pattes. Gr. 3 1/2.
que les Pycnogonum, espèces oc-
topodes, dérivent des Pentapyenon, qui sont décapodes (Voir p. 21-25).
. L'abdomen (fig. 101, 103) de notre espèce dépasse le milieu de la
deuxième coxa des pattes postérieures ; il est notablement comprimé dans le sens dorso-ventral, et à peu près de même largeur sur toute son étendue ; son extrémité postérieure est carrément tronquée, avec une légère saillie à chaque angle. On sail que sa dilatation terminale est très faible dans le gran immature de Pentapycnon Charcoti.
Les pattes (fig. 104) sont peu différentes dans les deux espèces ; la première coxa porte deux tubereules dorsaux, mais la
deuxième, qui est un peu plus longue, n'a
La 4° patte droite sexuel, Gr. 3 1/2.
{ jayo- Fig. 10%, — Pycnogonum Gaini, @. —
avec
£ l'orifice
qu'un seul tubereule où se voit, sur certaines pattes, une tache claire ;
le grand oritice femelle, arrondi, est situé en arrière de ce tubercule,
sur les pattes postérieures. Le fémur est tordu en $, avec une très légère
dilatation postérieure au niveau de la première courbure, et une assez forte saillie obtuse dans la partie dorsale, au-dessus de Particulation du tibia 1. Les autres articles sont de même forme que ceux du Pentapycnon Charcoti et présentent des longueurs à peu près analogues.
Notre espèce appartient au groupe des Pycnogonum où les téguments ne présentent pas de dessins en réseaux, mais sont chagrinés. Elle se rapproche surtout d'une espèce arctique, le P. crassirostre Sars, qui s’en distingue surtout par sa petite taille, son abdomen arrondi en arrière, ses tubercules dorsaux moins élevés et la saillie plus forte du fémur. [y a un léger tubereule post-oculaire sur le céphalon dans cette dernière espèce (Voir Sars, 4894, fig. 22); ce tubercule est beaucoup moins saillant que dans une autre espèce arctique voisine, le P. littorale Strôm, mais il a totalement disparu dans notre espèce. En tout cas, comme je lai dit plus haut, les trois espèces se rapprochent du Pentapycnon Charcoti par la présence d'un tubereule médian sur le segment qui parait terminal (Hig. 101,102). Ce tubercule fait défaut dans une espèce californienne également très voisine, le P. Stearnsi Yves.
En fait, malgré des différences assez grandes dansla forme de la trompe, le P. Gain parait dériver du Pentapycnon Charcoti par suppression des appendices du quatrième segment de cette espèce, réduction et fusion de ce segment avec le dernier. Les deux formes se rapprochent non seulement par leur structure, mais aussi par leur grande taille, qui les
fait placer parmi les géants dans la famille des Pycnogonidés.