CA. MINOR
(€ A. GRACI-
LIPES »,
ME
Immature. Type.
Millim. Millim. Millim.
Oo
2,8 a — du céphalon ( !
Largeur du céphalon en avant 0,6 Donpueurduicénhalothorax, #4" "720.0. PAT lé
— de l'abdomen Largeur du céphalothorax avec les prolongements coxaux du 22 segment Longueur des coxæ de la 2€ patte droite — de la 22 coxa — du fémur — du tibia 1 ‘Largeur du tibia 1 Poneueur Au bia re. 5 ne...
Largeur à la base Longueur du tarse avec le propode
Les téguments sont granuleux avec quelques petites soies, comme dans l'A. minor. La saillie dorsale de la deuxième coxa est bien développée.
Ainsi l'A. gracilipes peut être considérée comme une À. nor dont les pattes sont allongées et très grêles et où l'abdomen plus court se redresse presque verticalement, I fait le passage à FA. glacialis Hodgson, qui s'en distingue surtout par Son corps moins condensé, sa trompe plus large, ses palpes non serratiformes etles soies disposées en séries longi-
tudinales de ses appendices.
Ammothea Clausi Pfefler.
1889. Ammothea Clausi G. Pfefler (1889\, p. 49.
1905. Ammothea antarctica E.-L. Bouvier (1905), p. 296. 1906. Amnmothea antarctica E.-L. Bouvier (14906*), p. 19. 1907, Leionymphon Clausi T.-V. Hodgson (1907), p. 40.
1907. Leionymphon antarcticum E.-L. Bouvier (1906°), p. 56, fig. 37-39, et PI. II,
(2.4, 1911: Leionymphon Clausi E.-L. Bouvier (4944°), p. 1140.
Dragage n° IE: 26 décembre 1908, chenal de Roosen, au nord de l'ilot Casabianca; chalut Il, 129 mètres; température de l’eau sur le fond + 00,55; cailloux, roche, vase, grès verdâtre.
Une femelle adulte, couleur « ocre » (N9 24). Le tubercule oculaire est un cône vertical très aigu, l'abdomen un cône obtus légèrement incurvé en arrière; les pattes sont un peu comprimées latéralement.
Dragage n° V : 29 décembre 1908, chenal Peltier, entre Pilot Gætschy et l'ile Doumer; chalut II, 92 mètres ; température de l’eau sur le fond — 00 1 ; vase grise, gravier.
Une femelle « brun jaune » (N° 44) où les orifices sexuels sont assez nets et les ovigères bien développés. Le tubercule oculaire serétrécit en cône très aigu au-dessus des yeux; l'abdomen est vertical, les pattes sont assez comprimées latéralement.
Dragage n9 XVIT: 26 décembre 1909, baie de l'Amirauté, dans l'ile du Roi-George, aux Shetlands du Sud; chalut I, 420 mètres; température de l’eau sur le fond + 00,3; vase, cailloux.
Une femelle adulte « brun grisätre » (N° 733) et restée telle dans l'alcool (comme d’ailleurs le type de VA. antarctica), alors que les autres exemplaires sont complètement décolorés. Trompe remarquablement dilatée et assez fortement trifaciale, tubercule oculaire en cône vertical très aigu et assez régulier, abdomen vertical, cylindrique à la base, en cône obtus au sommet; les pattes ne sont pas sensiblement comprimées.
Je relève ici quelques dimensions des trois exemplaires précédents,
du type de PA, Clausi (d'après Pfeffer) et du type de l'A. antarctica.
(CA. ANTARC- TICA ».
(CA. CLAUSI ».
Millim. Millim. Millim.
syal 5,9
Longueur du céphalothorax.…. DA
Largeur maxima du 2° segment
C’est dans le type de l'A. Clausi que la trompe atteintsa longueur la plus faible; mais cet organe n’est pas sans présenter des variations et, comme les autres parties du corps, on Pa vu plus haut, ne sont pas sans varier elles-mêmes, les différences que J'avais relevées jadis (1907, 59) entre l'A. antarctica elV A. Clausi ne sont pas de nature spécilique. Ainsi, comme le pensait M. Hodgson (49072, 40), il y a lieu d'identilier les deux formes et de conserver à l'espèce le nom donné par Pfeffer.
L’A. Claust appartient au groupe où les segments du tronc ne présentent pas de protubérance dorsale; pourtant cette dernière y est encore indiquée par une saillie médiane aiguë des plus nettes. L'espèce est remarquable (fig. 88) par la grande condensation de son corps, par son abdomen vertical
et presque atteint à sa base par le bord postérieur du troisième segment,
Fig. 88. — Arnmothea Clausi Pfeffer, ©. — Le corps du côté gauche, avec la chélicère, le palpe et l'ovigère correspondants. Gr. 9.
par sa forte trompe piriforme, où le tiers basilaire moins large forme une sorte de pédoncule qu'un sillon d’étranglement sépare de la partie dilatée, par ses palpes où le deuxième article est d’un quart plus long que le quatrième, par les deux angles saillants et aigus de ses prolongements coxaux dans leur bord distal, et par la grande dimension des griffes auxiliaires qui égalent au moins les deux tiers de la griffe principale. Les palpes ne sont pas serratiformes dans leur partie terminale, etla partie dilatée de la trompeestplus ou moinstrifaciale. Il % a surles pattes (fig. 89) quelques fortes soies éparses et d’autres très petites, très nombreuses en
Expédition Charcot. — Bouvier. — Pycnogonides du « Pourquoi Pas ? ». 18
dehors de certaines bandes longitudinales absolument nues. Le premier article coxal est beaucoup plus court que le troisième, le deuxième égalant en longueur les deux autres. Comme dans toutes les Armothea, la saillie médiane dorsale de cet article est fort apparente. Le fémur est un peu plus long que le tibia 1 et beaucoup plus court que le tibia 2. Le front est carrément tronqué avec une saillie aiguë à chacun de ses angles; le tubercule oculaire se termine toujours en un cône haut et très pointu. L’espècen'est pas connuejusqu'icien dehors dela province de Magellan ; elle y fut découverte à la Géorgie du Sud, et M. Charcot l’a retrouvée aux Shetlands; mais elle est également antarctique, ainsi que le montrent les captures du « Français » (Port-Charcot) et du « Pourquoi Pas? ». L'espèce n’est pas sans affinités avec l'A. glacialis Hodgson, mais elle se rapproche surtout de l'A. australis Hodgson (19072, 46, PI. VIT, fig. 1), qui s’en distingue toutefois par son tubercule optique arrondi, par son abdomen oblique et éloigné du troisième segment du tronc, en outre par son revêtement sétifère bien plus riche. L’'A. australis fut prise par la
« Discovery » dans les eaux antarctiques de la province australienne.
Genre Achelia Hodge (Ammothea des auteurs).
Les Achelia se distinguent des Azmothea par leur petite taille, leur corps où les articulations segmentaires disparaissent à divers degrés, par leurs palpes de huit articles (1), par leur fémur qui présente distalement une protubérance où s'ouvrent des glandes cémentaires, et par le tubercule au sommet duquel s'ouvre le pore génital des mâles. Elles ressemblent par leur petite taille aux Armothella, qui présentent d'ailleurs des chélicères dont le scape a deux articles, avec les articulations segmentaires, les palpes de neuf articles (dix peut-être d’après M. Cole) (4904, 275) etles fémurs non glandulaires des Anmothea. Cest, par suite, avec raison, que M. Verrill, en 1900, à établi le genre Armothella, dont M. Cole (1904, 273) a donné une excellente diagnose. |
L'espèce type du genre Ammothellaest VA. rugulosa Verrill, qui semble bien identique à une espèce plus ancienne, l'Armmothea appendiculata
(1) Les palpes n'auraient que 7 articles dans l'Achelia gracilis Verrill, dont les mâles présentent d’ailleurs des tubercules sexuels comme ceux des Achelia.
Dohrn, que M. Cole place justement dans le genre Armmothella ; M. Cole a réuni aux Ammothelles l'Arunothea biunguiculata du mème auteur, mais Je crois qu'il a eu tort d'étendre lamème règle à l'A, wrrunguiculata Dohrn, dont le corps n’est pas complètement segmenté et dont les palpes ne comptent que sept ou huit articles. Comme il a décrit d’ailleurs (14904) deux espèces d’Ammothella, VA. tuberculata et VA. spinifera, le genre établi par M. Verrill comprend à coup sûr quatre espèces. À celles-ci on doit ajouter, il me semble, lAzemothea laspida Dohrn (A. magnirostris Dohrn) et l’Anunothea Hoeki Pfelfer ; cette dernière espèce provient de la Géorgie du Sud et représente à elle seule la forme antarctique du genre.
On à vu plus haut que l'Aremothea curculio Bouvier, du « Français », est le jeune d’une Anmothea (presque certainement de PA. gihbosa), et je montrerai plus loin que l'A. affinis Bouvier, de la même expédition, doit être considéré comme l’état jeune de l'Achelia communs.
La dénomination de ce genre a subi des vicissitudes nombreuses : Dohrn (14881) a montré que les genres Phanodemus Costa, Pephredo Goodsir, Endeis Philippi, Platycheles Costa, Alcinous Costa et les Armohea des auteurs (Leach excepté) sont synonymes d’'Achelia Hodge; il -ensait même, et peut-être à juste litre, que cette synonymie doit s'étendre au genre Pasithoe Goodsir, encore que l'unique espèce de ce genre, a P. vesiculosa Goodsir, soit dépourvue de chélicères. Depuis lors M. Loman et M. Hodgson ont établi que (Voir p. 46) le type du genre Ammothea, VA. carolinensis (1814) Leach, est un Letonymphon, si bien que le nom d’Axmothea doit être donné aux Leionymphon et remplacé par celui d'Achelia.
M. Hodgson (1910, 456) adopte cette nouvelle dénomination, mais il me semble réunir en un même genre les Azmothella et Ammothea, ear il attribue à ses Achelia des palpes de huit ou neuf articles.
Dans le genre Achelia lui-même, les dificultés sont nombreuses à ‘ause de la synonymie des espèces; autant qu'on en peut juger, ces dernières se réduisant actuellement à 17 :
A. vulgaris Costa 1861 (franciscana Dorhn 1881). Naples. Atuniunguiculata DohrnMAS81 Re... — ALanquUDonrnMS SIECLE — A. echinata Hodge, 1863 [|brevipes Hodge,
achelioides Wilson, spinosa Wilson, fibulifera Dohrn, pyenogonoides Quatref., spini-
DAIPIS AP RIRDDIE RE CRE EPP EEE PE EEELE Méditerranée à Norvège. ABtsetulosaibomandlOle EEE rer CPP PRE PE ErEEEC Iles du Cap-Vert. A graciis Nerrill 1900 EE PCR EEE EEE CNE Bermudes. Alanis Hodse 1804 EEE TEE Tree Mer du Nord, Kerguelen ? A Scabra Nilson LS 18e AT CREME Er N.-E. de l'Amérique. A. borealis Schimkewitsch 1895................. Mer Blanche. A. Tatifrons Cole HODASER ERP REEE ECCRTCre Mer de Bebring. 4. pribilofensis Cole 1904............. 0000 — Aalaskensis Cole LODAR REE TA E RARE EPP EE Alaska. A: gracilipes Cole AODE MEN ER CC TEE Californie. dSperbalomantonM Es CE Eten te EC TRE Japon.
A assimuis Has welIMISOD PER EEE CERN SEE Port-Jackson. AbrevicaudaiLoman LOS EPES EEE CEE PECTE Port-Élisabeth. AinanaLoman dODSR EEE Percer CE Malaisie.
A socorsidoman tome chere ecrire — A. Wiüilsoni Schimkewitsch 1890 ............... Porto-Lagunas et ile Chonos. A. magniceps Thomson 1884... ................. Nouvelle-Zélande. A: communis Bouvier 190622... 0cpb-rcr Antarctique. A. serratipalpis Bouvier 1911:%. 2-7 —
Toutes ces espèces sont littorales ou sublittorales. Deux espèces habitent les mers subantarctiques : l'A. lævis Hodge, qui se trouverait, d'après Bühm (1879, 186), aux Kerguelen, et l'A. Wilsoni de la province magellanique ; et deux les mers antarctiques, l'A. communis à l'A. serratt-
palpis. Ces deux dernières ont été recueillies par le « Pourquoi Pas ? ».
Achelia serratipalpis E.-L. Bouvier.
1911. Ammothea serratipalpis B.-L. Bouvier (1941), p. 1140.
Dragage n° HT: 26 décembre 1908, chenal de Roosen, au nord de Pilot Casabianca, latitude sud 64° 48’, longitude ouest Paris 650 517; chalut IT, 129 mètres; température de l’eau sur le fond + 00,55; cailloux, roche, vase, grès verdâtre.
Un mäle adulte (n° 21) dont l'abdomen est légèrement relevé et lépine coxale remarquablement longue, bien plus longue que le premier article coxal où elle est placée. L’orifice glandulaire, situé dorsalement au milieu de l’article coxal suivant, est des plus nets.
Dragage n° V : 29 décembre 1908, chenal Peltier, entre l'ilot Gœtschy et l'ile Doumer; chalut IF, 92 mètres : température de l’eau sur le fond
— 00,1; vase grise, gravier,
PYCNOGONIDES DU « POURQUOI PAS P?». IAI
Une femelle adulte « jaune » (N0 42); l’épine coxale n'est pas plus longue que Particle qui la porte: Pabdomen est à peu près horizontal; les orifices glandulaires dorsaux de la deuxième coxa sont très apparents.
Une autre femelle à peu près identique à la précédente, mais d'un «jaune brunâtre » (N° 46); enfin une autre troisième femelle « jaunâtre » (No 43), où l’abdomen est rudimentaire, tous les autres caractères étant normaux.
Les dimensions de l'espèce sont les suivantes :
OPEN 21e Q N° 42.
Millim. Millim.
Longueur de la trompe, 1,90 Diamètre maximum de la trompe 0,55 Longueur du céphalon 0,50 Largeur du céphalon en avant PoneueunduCÉphalo thorax et.
Largeur du 2€ segment du céphalothorax en avant du 2e segment du céphalothorax avec ses prolon- DeMENLSRCONAURE EC Re re nie cree CL LC Longueur de l'abdomen des coxæ de la 2° palte droite de la 2° coxa du fémur du tibia 1 AUALDIAP RE a ee el rene ein du tarse-propode de la griffe principale des griffes auxiliaires
Cette espèce est remarquable par son corps peu condensé et ses pattes plutôt grêles, surtout par la partie terminale de ses palpes, qui est fortement serratiforme.
La /rompe (lg. 90,91) est un peu moinslongue que le céphalothorax, piriforme avec sa partie basilaire un peu rétrécie en pédoncule ; son diamètre maximum se trouve un peu avant le milieu et n'offre que des dimensions médiocres, surtout chez le mâle; la partie terminale est assez étroite et obtuse.
Le céphalon (Hg. 90, 91) est plus large que long, surtout en avant, où il se termine par un bord arqué ; un peu rétréci en arrière, il est séparé par un intervalle des prolongements coxaux antérieurs. Le tubercule
oculaire, assez large, est à peu près aussi haut que la longueur du cépha-
lon: dilaté à la base, il devient ensuite subeylindrique, puis se termine par une voussure basse et mucronée. Les yeux sont petits et largement séparés. Le tubercule est presque vertical ; il se trouve immédiatement en arrière du bord antérieur du céphalon.
Le éronc (fig. 90, 91) se rétrécit régulièrement d'avant en arrière ; ses segments sont séparés, très nettement articulés et à peine convexes dorsalement. Les prolonge-
ments coxaux sont plus longs que
la largeur des segments qui les
porte, assez éloignés les uns des
Fig. 90. — Achelia serratipalpis Bouv., ©. — Exemplaire vu du côté dorsal avec les chélicéres,
les palpes et la base des pattes. Gr. 11 1/2. autres el étranglés à la base; du
côté dorsal, ils présentent distalement une paire de tubereules inégaux, plus développés chez le mâle.
L'abdomen (fig. 90, 91) est long et étroit ; il se dilate un peu de la base au sommet, puis se rétrécit en un bout obtus. Horizontal ou un peu relevé, il atteint et parfois même dépasse l'extrémité distale de la première coxa. Dans la femelle du N°43, l'abdomen est réduit à une simple saillie.
Les chélicères (fig. 90, 91) n'atteignent pas tout à fait le milieu de la trompe; leur scape est un peu dilaté en avant,
leur pince réduite à un lig. 91. — Achelia serralipalpis, ©. — Animal vu du ct . [ qu ni ga uche avec les appendices céphaliques correspondants. bouton Gr. 41 1/2. j d
Les palpes (fig. 90, 91)
dépassent la trompe presque de la longueur de leurs quatre derniers
articles. Les articles 2 et 4 sont subégaux ; les trois articles suivants
sont courts, étroits à leur base, puis dilatés en languette sétifère en avant et en dessous, ce qui donne aux palpes une apparence serratiforme très caractéristique ; le huitième est un peu plus long que les précédents, étroit, ovalaire et également muni de courtes soies.
Les ovigères (lg. 92, 93) ne présentent rien de particulier; leurs deux articles les plus allon-gés, les quatrième et cinquième, sont à peu près égaux; vient ensuite le deuxième; les
sixième et septième
sont subégaux, les autres plus réduits, sur-
mi
Ed
tout le dernier, qui
est tuberculiforme. Les
Fig. 92, — Achelia serralipalpis, Fig. 93. — Achelia serratipalpis, O'. — Ovigère droit. Gr. 42. Q. — Ovigère droit. Gr. 42.
épines différenciées des quatre articles terminaux sont toutes fortement et longuement denticuléés chez le mâle (fig. 92), sauf la dernière, qui a l'aspect d'une griffe. Au surplus, les ovigères du mâle sont beaucoup plus robustes que ceux de la femelle (fig. 93).
Sauf une forte saillie spiniforme qui occupe en dessus l'extrémité
l ESS us en D al Fig. 94. — Achelia serralipalpis, ©. — La Fig. 95. — Achelia serratipalpis, ©. — La % patte 3° patte droite. Gr. 7. droite avec l’orifice sexuel et la saillie coxale, Gr. 7.
distale de la première coxa, les pattes (fig. 94, 95) sont complètement
inermes et d’ailleurs plutôt longues et grêles. La deuxième coxa est assez
fortement rétrécie à la base et aussi longue ou un peu plus longue que les deux articles coxaux contigus; son orifice glandulaire dorsal se trouve un peu au delà du milieu de Particle, sur une petite saillie. Le fémur et le tibia { sont subégaux, le tibia 2 étant un peu plus allongé. Au tarse très court fait suite un propode arqué assez long et peu rétréci distalement ; il y a une épine sur le tarse et deux ou trois analogues dans la partie avoisinante du propode. La griffe principale égale à peu près les deux liers de ce dernier article; elle est accompagnée de deux fortes griffes auxiliaires moins longues de moitié. De courtes soies éparses ou peu régulièrement distribuées se trouvent en assez grand nombre sur les divers articles des pattes; la brièveté et la finesse de ces soies sont telles que les pattes semblent nues au premier examen.
Les pattes des mâles (fig. 9%) se distinguent de celles des femelles (ig. 95) : 19 par la saillie obtuse, assez développée, au sommet de laquelle s'ouvre l’orifice sexuel sur la deuxième coxa des deux pattes postérieures; 20 par l’épine dorsale beaucoup plus forte de la première coxa; 30 par la dilatation un peu plus grande du fémur. La saillie dorsodistale de ce dernier article est un cône à la pointe duquel s'ouvrent les glandes cémentaires.
Affinités. — Cette espèce est évidemment l’une des plus primitives et peut-être la plus primitive du genre Achelia, car elle a les pattes plus grêles et plus longues, le corps plus étroit, la segmentation plus parfaite et l’armature épineuse plus réduite que toute autre espèce. La forme particulière de ses palpes lui donne, en outre, une place à part dansle genre
et la rapproche des Ammothées à palpes serratiformes.
Achelia communis.
1906. Anunothea communis E.-L. Bouvier (4906*), p. 20.
1907. Ammothea communis E.-L. Bouvier (4906 ), p. 44.
1707. Ammothea affinis E.-L. Bouvier (1908 ), p. 50, fig. 33-36 (juv.), PL HE, fig. 3 et fig. 23, 32 du texte.
1908. Ammothea communis T.-V. Hodgson (1906), p. 172, PI. Il, fig. 1 et 1 a.
1911. Ammothea communis E.-L. Bouvier (19142), p. 1140.
Dragage n° IE : 26 décembre 1908, chenal de Roosen, au nord de
l'ilot Casabianca ; latitude sud 640 48", longitude ouest Paris 659517;
PYCNOGONIDES DU « POURQUOI PAS ?». 145 chalut II, 129 mètres ; température de l’eau sur le fond + 0055 ; cailloux, roche, vase, grès verdâtre.
Une femelle adulte (N° 21) en compagnie d’une À. serratipalpis. 10 octobre 1909, Port-Circoncision, dans l'ile Petermann. Une femelle adulte trouvée sur une Algue brune (Desmareshia) par # mètres de fond ; les glandes dorsales de la deuxième coxa y sont très apparentes (N° 453).
16 octobre 1909 : plage des Rookeries, dans l'ile Petermann.
Deux jeunes « trouvés à marée basse, sur les galets d’une petite plage ; couleur d’un jaune légèrement orangé » (N9 492). — Un jeune « trouvé sur un gros galet, à marée basse, en un endroit de la plage qui ne découvre pas (0M,50 d’eau) » (N° 493). — Un mâle « trouvé à marée basse sur un galet, sous une colonie de Bryozoaires (0%,60 d'eau). Couleur « orangé pâle » (N° 494). Ce mâle porte des œufs qui mesurent un peu plus de 100 y.
30 octobre 1909: même localité. Une trentaine d'exemplaires «récoltés à marée basse... Ils se trouvent principalement, et en grande quantité, sur les cailloux qui ont de nombreuses colonies de Bryozoaires et d’Anthozoaires. Couleur brun jaunâtre pâle » (N9 515). IT y a là des jeunes, des femelles et beaucoup de mâles ovigères dont les œufs mesurent 100 y.
31 octobre 1909 : plage de l'ile Petermann. Une trentaine d'exemplaires des deux sexes. Ces Pycnogonides, observe M. Gain, sont « nombreux à la partie inférieure des cailloux et galets, sur lesquels sont fixés des Bryozoaires et Coralliaires. Couleur jaunâtre » (N° 537).
{er novembre 1909 : deux femelles et un mâle ovifère « rapportés par M. Liouville de la plage de l’île Petermann ; trouvés à la face inférieure des cailloux, parmi les Spongiaires » (N9 566).
29 décembre 1909 : baie de l'Amirauté, dans Pile du Roi-George, aux Shethlands du Sud. Quarante exemplaires environ, dont la moitié de mâles pour la plupart ovifères. « Trouvés sur les rochers d'une plage de l’anse est de la baie » (N° 706).
Cette espèce est nettement caractérisée par ses palpes un peu serratiformes, où le dernier article est étroit et plus long que les précédents; par la segmentation du tronc, qui est toujours fort nette entre les trois pre-
Expédition Charcot, — Bouvier. — Pycnogonides du « Pourquoi Pas ? », 19 Ÿ Le]
146 PYCNOGONTIDES DUC POURQUOMPAS he
miers segments, mais variable et parfois nulle entre les deux derniers ; par les deux tubercules situés dorsalement au bout des prolongements coxaux et par les deux saillies spiniformes qui occupent dorsalement l'extrémité distale de la première coxa. Les autres parties du corps et des appendices sont dépourvues de saillies; le deuxième article coxal est court, presque globuleux chez la femelle et en massue chez le mâle; on peut assez fréquemment % apercevoir du côté dorsal l’orifice glandulaire, qui n'est point porté sur une saillie.
L'A. communis mérite largement le nom que je lui ai donné, car elle pullule aux points où elle fut découverte par le « Français » (baie des Flandres, ile Booth-Wandel et ile Wiencke) et où l'ont trouvée àleurtour les naturalistes du « Pourquoi Pas? ». On a vu plus haut que ces derniers l'ont prise en abondance, non seulement en pleine zone antarctique, mais aux Shetlands du Sud, qui s'éloignent davantage du pôle. L'espèce est donc largement représentée dans les eaux antarctiques de la province magellanique, où elle se trouve à la côte, rarement à une certaine profondeur (129 mètres, N° 21). Elle parait très rare dans la province de Kerguelen, où l'expédition écossaise n’en pritque deux exemplaires (à Scotia Bay, par 10 brasses de profondeur); on ne Fa pas trouvée jusqu'ici dans la province australienne, et M. Hodgson ne la mentionne pas dans sa belle étude sur les Pyenogonides de la « Discovery ».
Cette espèce présente quelques variations, entre autres dans ses prolongements coxaux, qui peuvent être contigus ou séparés, dans la saillie des tubercules qui se trouvent au bout de ces prolongements et dans la direction de l'abdomen, qui peut être plus ou moins relevé. Ces variations se manifestentde bonne heure, et je suis persuadé maintenant que PA. affinis Bouvier du « Français » représente simplement un stade jeune de
l'A. communs.
Genre Austrodecus Hodgson.
Dans ce genre, l'atrophie des chélicères est complète comme dans les Pasithoe, Discoarachne et Rhynchothorar ; les palpes ont six articles, comme dansles Austroraptus, etle tronc présente des articulations très
nettes commedansles 7rygæus.
On ne connait qu'une espèce d'Austrodecus, VA. glaciale Hodgson, remarquable par sa taille minuscule et par le pédoncule oculaire, qui est fort long etdirigé en avant. Cette espèce fait partie des collections du
« Pourquoi Pas ? ».
Austrodecus glaciale Hodgson.
1907. Austrodecus glaciale T. V. Hodgson (1907:), p. 53, PL. VIE, fig. 1. 1907. Anstrodecus glaciale T. V. Hodgson (4907°), p. 16. 1911. Austrodecus glaciale E.-L. Bouvier (4944?), p. 1140.
Dragage n° HE : 26 décembre 190$, chenal de Roosen, au nord de Pilot Casabianca ; latitude sud 64° 48”, longitude ouest Paris 659 517; chaluti, 129 mètres, température de l’eau sur le fond + 00,55; cailloux, rocher, grès verdätre.
Une femelle à ovigères, mais où les orifices sexuels ne sont pas distincts ; le céphalothorax mesure environ [mm,3 (N° 33).
Dragage n° VI : 15 janvier 1909, entrée dela baie Marguerite, entre l'ile Jenny et la Terre Adélaïde; latitude sud 670 45”, longitude ouest Paris 700 45’; chalut 1, 254 mètres, température de l’eau sur le fond + 19,18 : roche, gravier.
Un mâle de couleur « jaune pâle », à peu près de même taille que Île précédent ; les ovigères mesurent de 300 à 100 y et paraissent normaux, mais je n'ai pu apercevoir les orifices sexuels (N° 137).
{er novembre 1909, île Petermann : sept exemplaires dont quatre adultes, ou presque, ayantla taille des précédents, ettrois jeunes bien plus petits. Ces exemplaires furent « rapportés par M. Liouville de la plage et trouvés à la face inférieure des cailloux, parmi les Spongiaires », en compagnie del'Achelia communis (N° 566). Deuxdes femellessont adultes, car j'ai pu y apercevoir les orifices génitaux, qui sont très grands, arrondis, et situés vers le milieu de la face ventrale de la deuxième coxades pattes 1, 2,3; les deux autres adultes sont des mäles, encore qu'il ne m'ait pas été possible d'y apercevoir les orifices sexuels ; leurs ovigères ont une largeur plus grande que ceux des femelles et portent un plus grand nombre d'épines.
Cette espèce n'était jusqu'ici représentée que par deux exemplaires :
une femelle (type) trouvée parla « Discovery » aux Winter Quarters de la baie Mac-Murdo, par moins de 10 brasses, — et un jeune sans ovisère trouvé par lexpédition hambourgeoise de Magellan dans la baie Uschaia, canal du Beagle, au niveau le plus bas de la marée. Beaucoup plus riches, les captures du « Pourquoi Pas ? » permettent de combler certaines lacunes laissées par M. Hodgson dans la description de ce curieux Pyenogonide.
J'observerai tout d'abordqueles exemplaires du « Pourquoi Pas?» (fig. 96) présentent tous les ca-
Fig. 96. — Austrodecus glaciale Hodgson @.— Animal vu du côté gau- ractères essentiels de che avec les palpes correspondants.
l'espèce : allonge ment bizarre des pédoncules oculaires, qui ressemblent à un rostre de charançon et portent à leur sommet quatre petits veux très rapprochés, tubercules dorsaux segmentaires, gracilité de la trompe dans sa partie terminale qui est infléchie ver s le bas et nettement annelée, structure particulière des palpes, où le Fo article est très long, tandis que les deux derniers restent fort petits, présence de deux forts éperonsspiniformes sur la première coxa et grand allongement des propodes qui sont un peu
} arqués et dépourvus de grandes épines.
Les ovigères (fig. 97)se composent toua Jours de six articles, comme ceux de la || femelle étudiée par M. Hodgson, mais on
peut se demander, avec ce dernier auteur,
A4 si le pédoncule assez long qui les porte n’a
| pas la signification d’un article. Dans les ) é deux sexes, les trois articles basilaires sont O
Fig. 97. — Austrodecus glaciale. — Ovi- Courts mais inégaux, le deuxième étant de gère gauche du C' et de la ©. Gr. 28.
beaucoup le plus grand ; le quatrième
article est un peu plus court que les trois précédents réunis, le ein-
PYCNOGONIDES DU « POURQUOI PAS ?». 1490 quième est petit, le sixième est toujours le plus développé. Chez les mâles, les ovigères sont robustes et présentent sur la moitié terminale de leur dernier article une douzaine de petites épines arquées ; chez les femelles, ils sont aussi longs, mais plus grèles, etleur armature se limite à deux épines terminales. En tout cas, les ovigères sont fort petits dans lun et l’autre sexe et n’atteignentjamais un demi-millimètre de longueur.
Étant données ces faibles dimensions, on peut se demander, avec M. Hodgson, silesovigèresont bienacquisleur développementdéfinitifet si lesreprésentants connus de l'espèce sont bien adultes. Laquestionn'estpas encore résolue : si, d'une part, les ovigères ont une forme propre à chaque sexe, et si l’on aperçoit les orilices sexuels chez les femelles, 11 est bon de noter qu'il m'a été impossible d'apercevoir ces derniers chez les mâles et que, même chez les femelles, où ils sont très grands, jamais Je n'ai pu constater leur présence sur les pattes de la dernière paire, où, pourtant, les signale M. Hodgson. Je crois, en fait, que les exemplaires dont j'ai pu fixer le sexe, de même que la femelle de M. Hodgson, sont des individus bien près d'être adultes.
: Comme on l'a vu plus haut, l'Awstrodecus qglaciale est une espèce littorale ou sublittorale, antarctique et subantarctique ; elle est probablement répandue partout autour du pôle Sud, bien qu'on ne lait pas encore signalée dans la province de Kerguelen. Elle n’est sans doute pas rare, mais sa très faible taille et sa gracilité la rendent peu visible ; c’est en triant avec soin un lot d'Achelia communis que j'ai pu trouver les sept
exemplaires du N° 566.
QUATRIÈME ORDRE. — PYCNOGONOMORPHA R. IL. Pocock (pro parte).
Famille unique. — PYCNOGONIDÆ.
Tel que je Pai défini plus haut (p. 46), l'ordre des Pyenogonomorphes ne renferme qu'une famille, celle des Pycnogonidéæ, et cette famille ne comprend que les deux genres Pentapyenon Bouvier et Pycnogonum Brünnich. Comme lont observé récemment les meilleurs spécialistes
(Voir p. 11, 35) et comme le pressentait déjà M. Hoek(4884P), il convient
150 PYCNOGONIDES DU « POURQUOI PAS p ».
d'attribuer à un phénomène de convergence la disparition des chélicères, des palpesetdes ovigères dans les Phoxichilidés etles Pyenogonidés ; c’est à tort que j'ai réuni jadis les deux familles (4906?, 19), à l'exemple de M. G.-0. Sars, dans le groupe des Achélates: elles sont fort éloignées l'une de l'autre et appartiennent sans conteste à deux ordres différents. Est-il naturel de réunir aux Pycnogonidés, comme l'a fait M. Loman (4908), les genres Bohmia Hoek, Rhynehothorar Costa et Hannonia Moek ? Quand on examine les caractères que M. Loman attribue à la famille des Pyenogonidés (1), un seul paraît général et ne présente qu'une importance médiocre, puisqu'il est simplement relatif à la forme du corps, une forme qu'on retrouve au surplus ailleurs et notamment chez beaucoup d'Ascorhynchomorphes. Il est vrai qu'on pourrait considérer la famille des Pycnogonidés, ainsi conçue, comme une famille par enchainements, où l’on partirait de formes primitives, telles que les Pôlunia, pour arriver aux Pycnogonum par l'intermédiaire des Ahynchothorax et des Hannonia: mais alors, quelle serait la place des Pentapycnon dans cette famille s'ilest exact, comme je crois l'avoir établi plus haut (p. 21-25), queles formes décapodes sont plus primitives que les formes octopodes? Les Pohnna, Rhyn- 13)
des Ascorhynchomorphes; et, dans tous les cas, il me parait sage de
chothorax et Hannoniase rapprochent surtout, ilme semble (Voir p.42-
caractériser la famille par les traits fort nets que lui attribuent presque tous les auteurs ; elle se limitera ainsi aux deux genres lentapycnon et Pycnogonum. J'ai montré, dans une note récente (49442), que les espèces appartenant à l'un et Fautre genre peuvent se diviser en deux groupes suivant que leur surface chitineuse est chagrinée, ou lisse avec des lignes
tégumentaires différemment pigmentées qui dessinent un réseau.
Genre Pentapycnon Bouvier.
Le genre Pentapyenon est aux Pycnogonum ce que le genre Pentanymphon est aux WNymphon, c'est-à-dire décapode, sans autres caractères distinetifs. C'est à tort que j'avais cru apercevoir des orifices sexuels sur
1) Voici les caractères attribués par M. Loman à la famille des Pycnogonidés : « Corps épais,
fort, à courts et hauts segments. Chélicères rudimenlaires ou 0. Palpes avec peu d'articles ou 0. Ovigères avec {1 articles où moins, leurs articles terminaux munis d'épines ou de poils (1908).
PYCNOGONIDES DU « POURQUOI PAS ?». I51I les pattes qui précèdent celles de la paire postérieure ; dans les Pentapycnon, ssontlocaliséssurces dernièrespattes, quiformentune cinquième paire, ebnon sur la quatrième, comme dans les ?ycnogonum, de sorte qu'on ne peut aisément croire, avec MM. Carpenter et Calman, que cette cinquième paire est surajoutée. Pour cette raison et pour d’autres signalées plus haut (p. 21-25), il convient de regarder les Pentapycnon comme des types primitifs qui ont conservé le caractère ancestral décapode.
Ce curieux genre à été découvert parle « Pourquoi Pas? » dans les mers antaretiques, où il est représenté par une forme géante, le P, Charcoti Bouvier (19102, 29): mais, contrairementäce que j'avais cru tout d'abord, il est également répandu dans la zone littorale des mers chaudes ; sous le nom de ?. Geayi, j'ai signalé, en effet (49442), une petite espèce de Pertapyenon que le regretté Geay arecueillie en abondance sur les côtes de la Guyane française. Les téguments du ?. Charcoti sont chagrinés , ceux du P. Geayi
réticulés.
Pentapycnon Charcoti [.-L. Bouvier.
1910. Pentapycnon Charcoti E.-L. Bouvier (14940*), p. 29.
1H. Pentapycnon Charcoti E.-L. Bouvier (4944), p. 491. 1911. Pentapycnon Charcoti E.-L. Bouvier (1944), p. 1140. 1911. Pentapycnon Charcoti E.-L. Bouvier (19442), p. 545, 556.
Dragage n° XVII: Shetlands du Sud, île du Roi-George, baie de l’'Amirauté; chalut 1, 420 mètres: température de l'eau sur le fond + 00,5; vase, cailloux.
Un jeune dont le céphalothorax dépasse à peine 6 millimètres de longueur et où les ovigères se réduisent à une très légère saillie; « couleur jaune légèrement orange très pâle » (N9 726), complètement dépigmentée dans lalcool.
Un second jeune un peu plus avancé quele précédent : le céphalothorax atteint 10 millimètres, mais les ovigères ne sont pas plus développés. La coloration, d'un « bleu pâle », s'est quelque peu conservée dans l'alcool (No 727).
Un mâle adulte avec des œufs; sa coloration, d’un « brun-marron foncé », est persistante dans l'alcool.
Les dimensions de cet exemplaire sont les suivantes :
Millim.
Longueur de lattroMpe te CREER PE CPE toU
Diamètre /maximum dela trompe RE ee 5,6
DoOneueUTLAUNCÉPhaAlON EE PETER EEE EE CT CC 2,8
Diamètre maximum duCéphalOn PP EPP PEER ECC ENT EC PPERRE 4,0
Longueuridu CéphalOt Dora PAPE EPP EEE EE EEE CN CCE CT 17,0 Largeur du tronc entre la base des prolongements coxaux
(MEN) OR Ce Treo oocebonoveredéeocnboocüobne 4,6
Largeur du tronc avec les prolongements coxaux (pattes 2).... 10,0
Longueurideil'abdomen 2er ee REC EC CCE CELA 4,0
Longueur totale des coxæ de la patte 2 droite............... 6,2
"9 AuMÉMUR een sde nee re er eco ere 6,0
=, tibia ME SR ER CE RTC TENTE tee 6,0
—" du tibia 2e semer ter Oo er eLe 4,8
— AVduitarse-PropOde te eee eo ceci 4,0
—= dé la: sriffe en Re REC EC ere ee Ce E 259
Cette remarquable espèce est de beaucoup la plus grande forme de toute la famille; même ses deux jeunes mentionnés plus haut présentent des dimensions qui dépassent notablement celles de presque tous les autres Pyenogonidés. Nous allons d'abord décrire le mâle adulte, après quoi nous indiquerons les différences observées chez les jeunes.
L'animal est partout recouvert de granules irréguliers et contigus qui donnent à ses téguments, vus sous la loupe, une apparence finement chagrinée ; les griffes seules restent dépourvues de ces granules. On n'observe pas la moindre trace de réticulation dans les téguments.
La /rompe (ig. 98, 99 est aussi longue que les trois premiers segments du tronc réunis et, quoique large et puissante, plus étroite que le céphalon. Elle est un peu recourbée vers le bas, ovoïde dans ses deux Liers basilaires, puis munie de trois gros tubercules obtus, un sur la face dorsale et deux autres aux angles laiéro-inférieurs dans son tiers terminal, qui est assez nettement trifacié; vu d'en haut, le bord distal parait arrondi et noirâtre, au contraire des autres parties du corps, qui sont d'un brun jaunâtre; vu de face, il montre un vaste orifice buccal triangulaire, au centre duquel la fente de la bouche apparait triradiée.
Le céphalon (Mig. 98, 99) est fort large ; très peu en arrière de son
bord antérieur régulièrement arrondi, il devient contigu avec les prolonsements coxaux antérieurs, puis se fusionne avec eux. Derrière le tuber-
cule oculaire, il présente une saillie dorsale plus réduite qui indique,
à mon sens, sa limite postérieure el correspond sans doute au segment ovigérien. Le tubereule oculaire occupe à sa base environ le cinquième de la largeur du céphalon: à peu près aussi haut que large, il se rétrécit jusqu'au sommet, qui est largement obtus ; il est un peu convexe en arrière et s'incline légèrement en avant. Les veux y sont largement séparés, mais peu distincts, leur pigment noir élant localisé sur un petit arceau terminal fort étroit.
Le tronc (fig. 98, 99) est fort nettement articulé; ses quatre segments antérieurs
se terminent en arrière par un bourre-
let obtus, au centre duquel s'élève un /
Fig. 98. — Pentapycnon Charcoti Bouv.
très fort tubercule arrondi ; les trois pre- 7 Exemplaire mâle vu du côté dorsal. miers segments sont à peu près de lar- 2 geur égale ; le quatrième est un peu plus étroit et le cinquième beaucoup plus, sa largeur n'étant guère que la moitié de celle du segment précédent. La face ventrale est presque plate, sans tubercule, avec un fort sillon longitudinal sur toute la longueur du dernier segment, et un bourrelet transverse sur le bord postérieur des deux segments qui précèdent. Les prolongements coxaux sont bien plus larges que longs, faiblement dilatés dans leur partie terminale et munis dorsalement d'un tubercule arrondi près de leur bord. Sur les prolongements coxaux postérieurs, qui sont très courts, les deux tubercules présentent des dimensions plus fortes et ne sont séparés l’un de l’autre que par une dépression étroite, mais profonde.
L'abdomen Mig. 98, 99) prend naissance à la limite postérieure de cette dépression, au contact des deux tubercules; la face dorsale du corps se continue régulièrement sur la sienne propre, mais en dessous il est bien loin d'atteindre la face ventrale du corps. Vu par cette face, l'abdomen semble nettement articulé, mais il n'en est rien, comme on peut s’en convaincre en examinant l'animal du côté du dos. L’abdomen est
un peu plus long que le deuxième segment du tronc ; il dépasse beaucoup la
Expédition Charcot. — Bouvier. — Pycnogonides du « Pourquoi Pas ? ». 20
première coxa; très fortement dilaté en massue, il est beaucoup plus étroit à sa base que dans sa partie anale, qui est tronquée ; sa plus grande largeur est au niveau du bord distal de la première coxa.
Les ovigères (Hig. 99) se fixent à la face ventrale du céphalon, sur une paire de larges mais légères saillies conliguës à leur base ; leur longueur est de {fmm,5: leurs articles basilaires sont assez larges, mais, à partir du troisième, qui se dilate beaucoup en avant - ) du côté interne, leur diamètre se rétrécit graduellement, et le dixième ou dernier à la forme d’un stylet. Les articles sont de longueur subégale; pourtant le troisième, le cinquième et le
sixième sont légèrement plus longs
Fig. 99. — Pentapyenon Charcoli. — Exem- que les autres ; et le stylet terminal est plaire mâle vu du côté inférieur. Gr. 2. :
un peu plus court que l'article précé-
dent. IT y a encore autour des ovigères les restes froissés du cément qui
englobait les œufs.
Les pattes (fig. 98, 99, 100) sont fortes et assez longues. Leurs trois articles coxaux ont des longueurs à peu près égales, mais leur largeur va en décroissant du premier au troisième. Près de son bord distal, le premier présente deux larges saillies obtuses, l’une antérieure assez faible, l’autre postérieure plus élevée ; le
deuxième est analogue, mais son tubercule
OUR ) antérieur, fort réduit, présente à son D'Or : , , Re el sommet une teinte claire qui paraît Indi-
Fig. 100. — Pentapycnon Charcoti. —
La 5e patte gauche, face inférieure quer l'orifice d’une glande (fig. 98); il en
vue un peu obliquement en avant : e - prie ”
pour montrer l'orifice sexuel. Gr. 3. est ainsi du moins dans les quatre premières paires de pattes; sur la dernière, les saillies font défaut, mais la tache
claire reste fort nette; au surplus, on observe sur la face ventrale de
ce dernier article coxal une forte voussure antéro-externe, où lon aperçoit en avant l’orifice reproducteur, qui est petit et subtriangulaire (ig. 99, 100). Ainsi, contrairement à ce que j'avais pensé tout d'abord, les orifices sexuels mâles sont localisés, comme dans les Pycrogonum, sur les pattes postérieures. Le troisième article coxal ne présente rien de remarquable.
Le fémur est à peu près aussilong que les coxæ, mais plus fort; il est sensiblement infléchi en S, le sommet de la première inflexion étant dilaté en arrière et un peu tuberculiforme ; à ce niveau, le fémur montre .ventralement une large surface plus unie et plus claire. Le tibia { est sensiblement de même longueur, plus étroit, d'ailleurs rétréci à la base. Le tibia 2 est plus court que le précédent, plus étroit aussi et isodiamétrique. Le tarse est très court, surtout du côté dorsal; le propode est légèrement arqué, à peine plus étroit au sommet qu'à la base et complètement inerme comme le tarse. La forte griffe terminale est arquée et plus longue que la moitié du propode ; il n°y a pas de griffes auxiliaires.
Telle est la structure du mâle adulte. Dans le plus petit des jeunes {No 726), le corps est bien plus condensé d'avant en arrière, presque discoide ; ses bourrelets dorsaux sont bien plus saillantset ses prolongements contigus ; les tubereules du dernier segment du corps se présentent sous la forme de simples voussures très larges; ceux des prolongements coxaux, des coxæ et de la trompe apparaissent à peine, mais la saillie fémorale est tuberculiforme; enfin les divers articles des pattes sont plus courts que chez l'adulte ; l'abdomen est moins nettement en massue et plus vaguement tronqué en arrière. L'autre jeune (N° 727), un peu plus grand, se rapproche davantage de l'adulte; les orifices glandulaires de la deuxième coxa sont bien nets, et la trompe présente en avant ses trois tubercules; FPabdomen, toutefois, est subeylindrique, avec une légère saillie postérieure où s'ouvre l’anus. Dans une note antérieure, j'avais à tort regardé ces deux Jeunes comme des femelles.
Cette espèce appartient au groupe des Pycnogonidés à téguments chagrinés, ce qui la distingue, de même que sa grande taille et la plupart de ses caractères spécifiques, du Perntapyenon Geayr Bouvier (Voir p. 161),
trouvé sur le littoral de la Guyane française. Elle peut être considérée
150 PYCNOGONIDES DU « POURQUOI PAS p?».
comme la plus belle trouvaille faite au cours de la campagne et méritait
à ce titre d’être dédiée à M. Charcot.
Genre Pycnogonum Brünnich.
Les Pycnogonum sont octopodes, avec les orifices sexuels sur les pattes de la paire postérieure, qui est la quatrième. À part cela, rien ne les distingue des Pentapycnon. On ne saurait douter, à mon sens, qu'ils dérivent de ce dernier genre, et, chez certains d’entre eux, on peut même constater quele quatrième segment des Pentapyenon s'estfusionné avec le cinquième en perdant ses appendices ; cette fusion semble manifeste dans le Pycnogonum Gaini (Voir plus loin, p. 159 et fig. 101, 102) et justifie encore le caractère primitif que nous attribuons aux Pyenogonidés décapodes ; elle apparait même dans d’autres espèces, notamment dans le P. littorale Strüm.
Les Pycnogonum sont répandus dans toutes les mers, où ils habitent la région littorale ou sublittorale, rarementàdes profondeurs un peu grandes. On en connait 17 espèces, dont 13 à téguments chagrinés et 4 à téguments réticulés. C'est parmi les premières que se trouvent les espèces qui fréquentent le voisinage des pôles : 2 arctiques et subarcetiques, notre P. httorale Strôm et le P. crassirostre G. O. Sars; 2 espèces subantarctiques, le P.magnirostreMübius(?. littorale Bühm)desKerguelen, etle P. magellanicum Hoek, des parages de Magellan, sans compter le P. Gaini Bouvier, espècedegrandetailledécouverte parle «Pourquoi Pas? » dans les eaux franchement antarctiques, où d’ailleursle genre Pycnogonum
n'était pas connu Jusqu'ici.
Pycnogonum Gaini E.-L. Bouvier.
1910. Pycnogonum Gaini E.-L. Bouvier (4910°), p. 30. 1911. Pycnogonum Gaini E.-L. Bouvier (49442), p. 493. 1911. Pycnogonum Gaini E.-L. Bouvier (4944°), p. 1140. 1911. Pycnogonum Gaini E.-L. Bouvier (4944), p. 553.
Ed
Dragage n9 XV: devant Port-Lockroy, chenal de Roosen; latitude nord 640 49”, longitude ouest 650 49’; chalut 1,70 mètres ; vase et cailloux.
Une femelle adulte, d'un «brun jaunâtre sale », qui s’est conservée dans
l'alcool (N9 652). Les dimensions de cet exemplaire sont les suivantes :
ongueur de la trompe..............
Diamètre maximum de la trompe .....
Longueur du céphalon........... ...
Largeur maxima du céphalon........
Longueur du céphalothorax..........
Millim.