AIR
Par le toucher vaginal, on sent bien l’uretère enflammé, qu
donne au doigt la sensation d’un cordon gros, douloureux. Après avoir repéré le col de l'utérus, par le toucher, on porte le doigt un peu plus en avant et sur la ligne médiane. S'il y a cystite, le bas-fond vésical est douloureux. En por tant le doigt vers le cul-de-sac latéral, on suit l’uretère gros, quelquefois entouré de véritables indurations, signes de péri-
urétérite. Pour bien sentir l’uretère chez la femme, il faut, pour lo côté droit de la malade, employer l'index gauche, pour le
côté gauche, employer l'index droit.
À l'examen cystoscopique, on ne constate partois= aucune Lrace de cystite ou simplement un peu de rougeur de la muqueuse. ;
On a pu observer de véritables rétrécissements inflammatoires de l’uretère. ; :
Le cathétérisme des uretères est un moyen très employé actuellement et d’une valeur considérable pour le diagnostie,
car il nous renseigne aussitôt sur le côté malade. Nous verrons
plus loin qu'il est également très recherché pour le traitement.
: Depuis quelques années, sous l’impulsion en particulier de E. Papin 6) en France, la pyélographie est une méthode d’exploration qui est entrée dans la pratique urologique au même titre que lt cystoscopie et le cathétérisme des uretères. Elle est destinée à obtenir une image radiographique du bassinet, des calices et des uretères.
Le liquide actuellement employé pour l'injection pyélique est le bromure de sodium en solution à 30 p. 100 dans l’eau distillée, produit qui a l'avantage d’être limpide, non toxique,
et d’être relativement bon marché. D’autres auteurs, tel Jules
François, d'Anvers (®, lui préfèrent l’iodure de sodium à 40 ou 20 p. 100.
Voici quelques détails sur sa technique, ainsi que le con-
(3) E. Papin, Technique et application de la pyélographie (Journal de médecine de Bordeaux, 10 décembre 1924, p. 950). ! (4) TJ, François, in Journal d’urologie, 1924, p. 353.
seille E. Papin : prendre une sonde d’un calibre assez petit
-pour que le liquide injecté puisse facilement redescendre entre
Ja sonde et la paroi urétérale, ceci afin d'éviter toute surdistension du bassinet. :
; Pour faire L’injéction, prendre une burette de Mohr, élevée à 50 centimètres au-dessus du plan du lit, et abaissée dès que le sujet annonce la douleur indiquant la réplétion du bassinet.
Papin rejette l'emploi de la seringue comme dangereux, car il est impossible de mesurer la pression obtenue avec cet instrument. Dans les cas d'infection rénale, la pyélographie permettra de reconnaître la forme anatomique à laquelle on-a alfaire : pyélite avec ou sans distension, ou phone avec abcès intrarénaux. |
Tels sont les différents moyens dont nous pouvons disposer . pour faire le diagnostic de pyélonéphrite. Te
Par conséquent, chaque fois que l’on constate de l’albumine dans les urines, surtout si ces urines sont troubles, il faut pen- ser à l'existence d’une pyélonéphrite et doubler la recherche de l’albumine de celle du pus, par la réaction à l’ammoniaque.
Ainsi nous aurons fait le diagnostic avec les albuminuries. Quant aux causes d'erreurs grossières comme la leucorrhée et les écoulements vaginaux, on les évitera ‘en donnant préalablement à la malade une injection vaginale ou en examinant les urines sondées.
Evozurion. — Fréquemment, celles qui sont abandonnées à elles-mêmes passent à la chronicité, elles n’empêchent pas les malades de vaquer à leurs occupations; elles alfectent une forme subaiguë.
Il s’agit surtout de femmes venant consulter à intervalles irréguliers et ne s’astreignant pas à la thérapeutique indiquée.
Elles gardent leur pollakiurie, leurs urines purulentes, et, à l’occasion d’un excès de régime ou autre, elles font une nouvelle poussée infectieuse et viennent consulter. Ces formes-là mettent bien en relief l'importance d’un traitement précoce. Dans d’autres cas, une pyélonéphrite simple peut se terminer
par des suppurations qui obligent à intervenir chirurgicalement. ; Mais si l’on s’est efforcé de dépister la pyélonéphrite, si, derrière le masque de la symptomatologie banale de la cystite, on a pris soin de rechercher l’état de l’uretère, on peut espérer, par une thérapeutique bien menée, prévenir les diverses évolutions graves de l'affection. Sous l'influence d’un traitement médical bien conçu, on peut enrayer la virulence de l'infection et amener à la guérison les lésions des voies urinaires supérieures.