‹ Pyélonéphrite et AnnexitesChapitre 18 sur 25 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

s La thérapeutique des pyélonéphrites est très riche à l’heure actuelle, grâce aux progrès de l’instrumentation chirurgicale. Voici le plan que nous suivrons :

Révulsion cutanée. :

Hygiène ,:+...% ge .

| Y8! Révulsion intestinale.

Traitement Ÿ Régime alimentaire.

Traitement médical... Te Acide benzoïque.

/ i 3 lrot ine.

symptomati- médicamenteux Dre Re que de Collargol.

la pyéloné- Cathétérisme des uretères et lavages du phrite .’. Traitement bassinet.

chirurgical... } Cathétérisme urétéral à demeure. : Néphrostomie.

Traitement Traitement des : , :

S Hystérectomie. Mickulicz.

causal ... affections annexielles .

Traitement médical.

Le rôle capital dans la cure de pyélonéphrite est joué par le régime et l'hygiène. Il faut y adjoindre d’abord le traitement des lésions des voies urinaires inférieures, de leurs glandes annexes et des organes génitaux, qui sont à l’origine même de ces affections urinaires; enfin, la médication, qui a subi un grand développement à l’heare actuelle, est d’un très grand SeCOUTS.

Hyciène. — Il est indispensable que la malade garde le repos dans la position horizontale. Le lit et la chaise longue sont des

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conditions presque indispensables pour la guérison (Juy, thèse - Paris, 1904-1905). En effet, sous leur influence, les douleurs lombaires et abdominales se calment, la fréquence des mic- j tions et les pertes blanches diminuent beaucoup. La fièvre | cesse et les urines deviennent claires. C’est surtout dans les cas bénins où il n’y a pas d'augmentation notable du volume des reins, où l’urétérite seule est apparente, que les phénomènes s’amendent rapidement sous l’influence du repos : trois semai-

nes à un mois suffisent pour amener la cessation des principaux symptômes.

Lorsque les lésions sont plus avancées, lorsqu'il y a pyélonéphrite bilatérale, lorsque le rein est tuméfié et douloureux, lorsque l’épreuve du bleu est positive, il faut un repos de plusieurs MOIS.

Le repos sera continué tant que la pyurie, les douleurs, les mictions fréquentes persistent; on adjoindra au repos les moyens d’excitation dés fonctions cutanées et intestinales, ainsi que le conseillait le professeur Albert Robin.

Pour la « révulsion cutanée », il faut avoir soin de ne pas employer les vésicatoires, dont l’action irritante pour les reins n’est pas discutable. Au contraire, on utilisera les frictions sèches où avec un liniment irritant, les applications de teinture d° iode, les sinapismes, la chaleur, les ventouses sèches et les pointes de feu. Le professeur Renault, de Lyon, MM. Lejars et Tuffier, conseillent les émissions sanguines au niveau du triangle de J.-L. Petit, en raison des anastomoses qui unissent en ce point les veines de la capsule du rein aux veines des parois lombaires. |

Pour cela, Rayer conseille les ventouses scarifiées; Albert Robin, au contraire, préfère les sangsues, qui font une dépression plus lente. | es.

RÉVULSION INTESTINALE. — Elle se fait par les purgatifs, qui ont l'avantage de débarrasser l'intestin d’un grand nombre de leucomaïnes qui, absorbées, produisent, en s’éliminant par À le rein, une très vive irritation de cet organe. Mais il faut choisir ces substances purgatives. On emploïera des drastiques

MEET en

qui produisent une révulsion intense et n’accumulent pas dans le sang et les urines des sels plus ou moins irritants.

Albert Robin conseille, par jour, 2 à 3 pilules contenant chacune 0 gr. 25 de scammonée et 0 gr. 05 de calomel.

Pour combattre la production de ptomaïnes et. des matières extractives, Albert Robin préconise l'emploi des toniques, de l'alcool et du sulfate de quinine.

On donne ces médicaments à doses minimes et fractionnées : sulfate de quinine, 0 gr. 35-0 gr. 50 par jour et en deux fois; l'alcool, de 30 à 40 grammes au plus. Ceci a son importance,

- car les doses massives diminuent les oxydations et élèvent d’au-

tant les résidus, toxiques pour l'organisme et irritants pour le bassinet. |

RÉGIME ALIMENTAIRE. — Pendant longtemps, la malade ne doit-prendre que du lait. Pour qu'il soit bien supporté, il faut le donner à doses fractionnées (Albert Robin) (1), par demilitre toutes les trois heures. On pourra augmenter la dose chez les gens qui le tolèrent bien; chez ceux qui s’en fatiguent rapidement, on peut lui associer le thé léger ou le remplacer par des potages faits avec des farines diverses et du lait, des œufs

- frais, etc.

Dès que les urines sont claires, on donne des viandes: blanches, du poisson blanc, des purées de légumes, des fruits cuits. Les viandes noires, le gibier, les épices, l’alcool, sont interdits pendant longtemps, même après la guérison. On interdira aussi les eaux minérales fortes, on se contentera d’eau d’Evian et de Saint-Galmier comme boisson ordinaire. Tant que la pyurie existe, on prescrit des tisanes diurétiques de queues de cerise, de chiendent, etc.

On doit insister sur certaines: infusions balsamiques, qui donnent des résultats excellents dans les suppurations des conduits urinaires, les infusions d’uva-ursi et de buchu.

TRAITEMENT MÉDICAMENTEUX. — Depuis longtemps, les balsamiques ont été employés dans le traitement des pyélonéphrites. Rappelons brièvement les premiers en date, préconisés par

(1) Albert Robin, Bulletin de thérapeutique, 1897.

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le professeur Albert Robin. Il administre l'acide benzoïque sous forme de limonade à la dose de 1 à 3 grammes par Jour, qu'il fait dissoudre à chaud dans un litre d’eau, et auquel il ajoute, après refroidissement, 80 à 100 grammes d'eau distillée de cannelle, ou sous forme de pilules à la dose de 0 gr. 50- 0 gr. 75 par jour. Le benzoate de soude s'emploie à la dose de 4 à 4 grammes par jour. S'il n’est pas supporté, on utilise l’acide salicylique, le salicylate de soude, le salol, à doses modérées. Ils ont pour effet de retarder les fermentations ammoniacales des urines et modèrent la formation des cristaux d’acide urique. | "

Puis un médicament, expérimenté et lancé par Nicolaïer, ce fut l'Urotropine, à la dose de 1 gr. 50 à 2 grammes par jour. On la prenait par voie buccale. Elle s’élimine rapidement. Au bout de quinze minutes, on la décèle dans l'urine, où elle produit un dégagement de vapeur d’aldéhyde formique. C’est par ce dégagement de vapeur qu'elle agit comme antiseptique urinaire de premier ordre.

Sous l’influence de ce médicament, on voit la purulence diminuer très rapidement ainsi que la pollakiurie et les autres symptômes. :

Mais il ne faut pas l’employer trop longtemps, car elle peut produire des troubles digestifs ou bien des mictions douloureuses.

On a utilisé un succédané de l’urotropine, l’Helmithol, dont 0 gr. 85 auraient une activité aussi grande que 2 grammes d’urotropine, ainsi que l'ont démontré des travaux allemands. Avec lui, plus de troubles digestifs ni de mictions douloureuses.

L’helmithol se décompose dans l'organisme avec formation d'urotropine et d’aldéhyde formique. On le prescrit, À l’intérieur, à doses de 2 à 4 grammes par jour, en solution.

En 1924, Marion rapporte de très nombreuses observations de pyélonéphrites guéries ou très améliorées par l'emploi du collargol, à la suite de M. À. Kummer ® :

(2) Kummer, Journal d'urologie, 1924, p. 38.

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