Pygmalion aux cent amours, essais
Tous droits de traduction, de reproduction et d'adaptation réservés pour tous pays
Nous étions chez des gens très riches. C'était après un dîner dans l'intimité (vingt-trois à table). Adalbert, qui est un habitué de cette maison, m'entraîna dans un petit salon désert en me disant :
— Venez causer.
Quand mon ami Adalbert m'invite à causer, c'est généralement lui qui parle tout le temps. Mais je me plais à l'entendre.
Il y a des individus qui ont une emprise sur vous ; avec Adalbert, je suis contident, par destination. Nous nous connaissons de longue date, nous pensons de même sur la plupart des sujets (sans en convenir, pour ne pas tuer la conversation), mais outre qu'il est sensiblement plus jeune que moi et qu'il le paraît encore davantage, pendant que je devenais sérieux — très relativement, — il a conservé une frivolité.
une sorte d'enthousiasme gobeur qui, à la fois me déconcerte, me choque et m'attendrit.
A cause de cette confiance irraisonnée dans la vie, je l'ai vu quelquefois bien malheureux, malheureux au point que nous ne parvenions pas à savoir comment nous pourrions arriver à atteindre le lendemain et, le lendemain, il n'était plus malheureux du tout. Il me harcèle, me victime et ne me parle que de lui. J'aurais bien voulu aussi lui parler de moi, mais il ne m'en a jamais laissé le temps et puis, maintenant, le pli est pris dans ce sens. Il m'aime, je suppose, parce que mes raisonnements lui sont la cendre sur le front qui fait mieux mesurer combien la folie est plus enivrante entre deux repentirs. Moi, l'ayant beaucoup conseillé, je l'aime du rivage, ainsi que la poule aime le caneton, je me figure qu'il est ma propre jeunesse attardée, comme une projection de moimême qui demeurerait dans l'enchantement d'hier.
Adalbert se renversa dans une bergère, détira ses bras, sortit une grosse bouffée de son cigare et, regardant avec complaisance les murs, les meubles, dit :
— Ça fait tout de même plaisir, après ces sales années, de retrouver en place toutes ces
merveilles, retour de Toulouse ou du Château des Papes !
Le petit salon où nous étions seuls, était, en effet, délicieux, paisible, doucement éclairé et d'une pureté de mobilier admirable. Il n'y avait pas le moindre paravent de laque à douze feuilles, ni aucun coussin de Martine. Sur la cheminée, des perroquets en bleu de Chine, à montures et à feuillages de bronze doré, (ces bleus paon où s'accroche et se fond si heureusement la lumière des lampes) et, entre les boiseries de chêne très foncées, se faisaient visà-vis deux grandes tapisseries d'une série de la Comédie Italienne, avec au centre, des figures, je pense, de Gillot ou de Watteau et toute une décoration d'animaux, de plantes ornementales, de mâts enrubannés et fleuris, de baldaquins et de mascarons auxquels étaient suspendus des singes.
— Est-ce que les singes ont servi de motifs de décoration dans l'antiquité ? me demanda Adalbert à brûle-pourpoint.
— Vous me prenez au dépourvu, lui répondis-Je. Je ne crois pas. En Egypte, oui. Le piédestal que notre obélisque de la place de la Concorde avait à Louqsor est garni de cynocéphales. On ne les a pas amenés, ils étaient vraiment trop peu habillés, ils auraient pris froid et ils auraient pu efiTaroucher les midinettes. De Grèce, je ne me rappelle aucun
singe. Peut-être que les petits bonshommes qu'Hercule avait pendus à sa massue la tête en, bas, et qui se moquaient de lui parce qu'il avait les cuisses velues et noires, étaient des singes ;. on l'a prétendu.
— C'est curieux, reprit Adalbert, ce perpétuel accompagnement du xvin^ siècle par les singes. Dans cette tapisserie que nous voyons : en bas il y a un singe qui compte des écus, en haut un singe qui se balance. Pourquoi? Est-ce qu'auprès de ces gracieuses figures de femmes, cela ne vous contrarie pas ?
— Je ne sais pas ; j'y suis habitué. Le xvm* siècle n'est pas une époque fervente, il n'y a pas de regard direct, il n'y a aucune foi. Les singes s'accordent avec cette indifférence,^ cette moquerie latente ; contournés dans leurs grimaces minaudières, ils sont auprès des femmes comme un miroir caricatural de la grâce.
» Ce qui donne le plus aux personnages du xviii* siècle l'aspect de se désintéresser complètement de leurs occupations, que ce soit l'amour, la danse ou le balayage, c'est que personne jamais ne regarde là où il a affaire. Dans l'Embarquement pour Qythère, nulle femme ne regarde son galant, et sur les toiles de Jouy, les paysannes et les servantes imprimées en rouge, ont la tète tournée du côté où il n'y a pas leur danseur, ni leur balai.
» Le charmant Caran d'Ache qui, au moyen
d'un simple trait, atteignit à une telle intensité d'expression, m'expliquait jadis que la vie d'un dessin tient uniquement dans la ligne donnée au regard. Si l'œil du personnage ne tixe pas le point voulu, l'ensemble perd toute véracité.
» J'ignore qui, le premier, a eu l'idée de faire ainsi se détourner les tètes. Avant les Fêtes Galantes, cette attitude désinvolte était déjà employée dans le portrait. La plupart des Largillière vous indiquent du doigt avec négligence^ un point x dont ils n'ont pas l'air de se soucier du tout.
» ... Pour en revenir aux singes, je vous dirai que personnellement j'ai un peu de répugnance pour eux. Cette parodie de l'humanité me semble lamentable.
— Le premier singe vivant que j'aie rencontré, me dit Adalbert, s'appelait Simon. Je ne l'ai d'ailleurs su qu'après.
» C'était à Paris. Je devais avoir à peu prèsi dix ans. Nous étions, ce jour-là, avec mon frère Adrien, dans le cabinet-tampon. Le cabinettampon était un petit cabinet de toilette qui nous était commun et séparait nos deux chambres. Il tirait son nom des batailles qui s'y livraient. Il faut vous dire que nos parents avaient merveilleusement compris notre handicap pour que nos combats pussent durer. Aucun de nous deux n'écrasait l'autre. Si j'étais plus âgé et plus râblé, Adrien, déjà à cette époque.
me dépassait par la stature. Il y avait donc là des luîtes indéfinies que seule, pouvait dénouer une autorité supérieure.
» Le cabinet-tampon prenait jour sur une longue terrasse qui servait de toit à l'étage en dessous. Un jour d'été que la fenêtre était ouverte, Adrien et moi reculâmes tout d'un coup contre le mur, figés d'horreur. Un grand singe en liberté, soudain dégringolé du ciel, accourait vers nous. A la vérité, ce n'était pas un singe très grand, c'était un singe roux du modèle qu'on faisait autrefois pour les orgues de Barbarie ; mais il s'avantageait de notre petitesse.
11 entra, nous salua pour ainsi dire, nous dévisagea, fit cent gambades autour de nous, puis sauta sur une commode et, débouchant un flacon d'eau dentifrice, il but un petit coup. Cette satisfaction parut le calmer et Adrien, qui était plus courageux que moi, en rasant les meubles, se glissa jusqu'à la porte et l'ouvrit pour le singe. Celui-ci s'engagea dans le corridor, suivi de loin par nous, alla renverser l'encrier sur la table de l'antichambre, puis prit l'escalier où il y avait une rampe de drap bleu et descendit tout l'étage sur cette rampe en se frottant le derrière contre le drap, dans la posture que, pour les chiens, on nomme cabriolet. Nous sûmes le lendemain qu'il venait de la maison voisine, car son propriétaire l'avait réclamé, et qu'il s'appelait Simon. Simon resta légendaire
pendant toute notre enfance, bien que cette rencontre eût été brève et sans incidents très dramatiques ; mais les distractions que les parents inventent pour les enfants sont d'habitude si embêtantes, que les enfants ne se souviennent avec plaisir que de celles qu'un hasard heureux leur a octroyées.
» J'avais décidé, poursuivit Adalbert, que quand je serais grand, j'aurais un singe, et puis je n'en ai jamais eu. Il paraît, d'ailleurs, qu'ils ne procurent que des ennuis. J'ai eu un certain nombre de ouistitis dans mes relations, mais c'est trop petit, ce sont plutôt des rats que des singes. Et ils meurent tous de phtisie. Le plus misérable dont je me souvienne avait été donné à une petite fille ; il passait ses soirées à se tenir, par les bras et les jambes, collé contre une ampoule électrique allumée, pour avoir un peu plus chaud. C'était abominable.
» Au fond, il faut connaître tous ces animaux exotiques dans leur pays d'origine où ils sont bien plus vivaces. La dame hippopotame du jardin zoologique au Caire est une des physionomies les plus réjouies que j'aie été admis à contempler. J'ai eu aussi un ami singe à la Guadeloupe qui était exquis. Je ne sais s'il était du pays même, parce que je crois qu'il n'y a plus beaucoup de singes là-bas. On m'a pourtant dit qu'il y en avait quelques-uns dans la forêt vierge...
— Gomment ? voulus-je rectiûer, il y a une forêt vierge à la Guadeloupe ? Mais c'est colonisé depuis trois cents ans et c'est grand comme un mouchoir de poche...
— Enfin, c'est comme ça tout de même, dit Adalbert, il y a une forêt vierge, j'y ai été. Ce qu'on appelle une forêt vieige, d'abord, c'est une forêt qu'on n'exploite pas. Bien sûr, on la traverse, mais par de tout petits chemins et on n'y passe que pour son agrément.
— C'est une acception assez parisienne du mot, dis-je avec finesse.
— Ce singe, continua Adalbert, appartenait au directeur de la Banque. Jamais je n'ai vu manger les œufs sur le plat aussi drôlement que par Coco. Le directeur de la Banque l'avait appelé comme cela, vous me direz qu'il ne s'était pas beaucoup fatigué ; mais, dans les pays chauds, c'est imprudent de faire un effort. Ah î j'ai passé là quelques jours peu ordinaires. J'habitais à la Banque, une grande construction de fer à l'abri des tremblements de terre et des incendies. Le matin, en pyjama, je faisais répéter le directeur, également en pyjama. Nous répétions un duel. Il devait se battre avec un de ses administrateurs, et au fusil, suivant la coutume du pays. Alors, en pyjama, dans sa chambre, il était armé d'un fusil de chasse non chargé et je criais'les commandements. Je commandais : « Bouton de la porte... Feu ! » Alors
il visait vite et faisait semblant de tirer en disant : « Pan ! » Je recommençais : « La petite cheminée de l'usine, là-bas... Feu ! — Pan ! etc. »
» Tous les duels avaient lieu au fusil dans cette colonie et jamais personne ne mourait. Les combattants avaient le chic pour viser à côté.
» Je me rappelle cela, et la torpeur d'après le déjeuner, quand, dans la pièce demi-obscure, les servantes mulâtresses, pieds nus, débarrassaient la table ; les lourds anneaux de métal de leurs bras se heurtaient par moments et, sous la véranda, près d'une ligne de soleil en feu, le petit singe Coco nettoyait son assiette avec un torchon mouillé, en fumant une cigarette... »
Adalbert suivait son idée :
— Le seul singe que j'aie jamais possédé, dit-il, est une petite breloque ancienne en argent. Mais une ère date du jour où on me le donna : c'est à partir de cette époque que je puis être tenu pour rangé ; en effet, c'est ma première maîtresse mariée qui m'en a fait présent. Il avait pour œil un rubis minuscule et tenait avec effort, entre ses bras, une perle baroque aussi grosse que lui, à peu près comme le ouistiti étreignait l'ampoule électrique. C'était un fétiche incomparable, m'avait assuré la jeune femme, et elle me fit jurer de ne pas m'en dessaisir. Il joua pendant un certain temps un grand rôle dans notre correspondance, qui était pareille à toutes ces lettres puériles qu'échan-
gent les gens quand ils s'aiment bien, et qui paraissent de la plus exquise sensibilité, ou de la sensiblerie la plus niaise, selon qu'on les lit avec sa raison ou avec un cœur où entre le crépuscule du soir. Toutes les qualités du singe n'empêchèrent pas, d'ailleurs, ses protégés de rompre après des scènes sans nombre ; mais, d'en avoir tant parlé, j'ai toujours conservé quelque foi dans son illusoire vertu (au singe). Alors, comme je l'avais promis, je ne l'ai jamais donné, mais parfois, je l'ai prêté. Rarement. Je l'ai prêté, non pas à des comparses, mais quand je croyais que celle à qui je le prêtais était celle qui allait transfigurer ma vie ; il me semblait qu'en même temps je lui donnais sur moi la toute-puissance. Et elle ne devait rendre le singe magique que si un jour — qui n'arriverait pas — nous sentions péricliter notre mutuel amour.
» Je ne l'ai prêté que trois fois, dit Adalbert ingénument... »
Il se lut et nous suivions chacun des songes parallèles...
Il rompit le premier le silence :
— Mon dernier souvenir de singe est dans un restaurant. C'était à Beaulieu ; je déjeunais avec ma belle-sœur Lolita. L'année qui a précédé la
guerre, juste avant le dernier voyage que nous ayons fait sur le bateau de mon frère. Adrien était parti chercher le yacht à Marseille et devait venir nous prendre dans le port de Monaco ; en l'attendant, nous étions allés, ce jour-là, à la Réserve de Beaulieu. Vous n'y avez jamais été? C'est un si étrange restaurant — unique à ma connaissance — une galerie vitrée sur les deux faces comme une serre, assez longue, pas très grande, très étroite avec, du côté de la mer, une mince terrasse et tout de suite une immensité d'eau, de ciel et de lumière, et, de l'autre côté, au contraire, des palmiers plantés serrés qui font un plafond au-dessus d'un jardin ; où les yeux glissent dans une sourde ombre verte sur du gazon et des tapis de cinéraires.
» Il n'y avait pas grand monde : nous fîmes là un long repas tranquille ; dans le fond, un orchestre, avec un grêle jeune homme en habit rouge et la tête couverte de cheveux jaunes, qui jouait du violon. Par une fenêtre entre-bâillée, une petite guenon arriva du jardin ; elle avait une ceinture de cuir où pendaient quelques maillons d'une chaîne rompue, ce qui lui donnait un air intéressant d'évadée. Inutile de vous dire que Lolita l'accapara aussitôt. Nous fûmes donc trois à table. La guenon ne refusait de rien. Elle mangea pour quinze francs de fraises (ce qui représente actuellement quarante-cinq francs de notre monnaie), repas auquel j'ajoutai un
cure-dents et un verre d'eau- de -vie. Ma bellesœur qui a le cœur prompt, s'attacha à elle et voulut l'acheter. Elle convoqua le propriétaire du restaurant qui était en même temps celui du singe et qui refusa de se dessaisir de Katie, à moins de cinq cents francs. C'était tout de même trop cher. Lolita soupirait...
» J'ai la vision précise de ce déjeuner. Cette guenon qui, dans le décor, était tellement xviii' siècle, comme nous disions tout à l'heure, assise sur la table, cette figure ridée, ces petits yeux moqueurs qui suivaient d'en-dessous tous les gestes que nous faisions ; et de temps en temps, pour appeler l'attention quand on l'oubliait, elle tirait doucement Lolita par la manche... Et le contraste des deux côtés, si frappant dans cette salle, qui m'est resté net comme si je le voyais encore : le jardin sombre, d'un vert de velours où. s'écarquillaient par places ces fleurs à éclat Iriste que sont les cinéraires, jardin d'Orient pour un sage qui se recueille — ou se résigne — où les pensées qui montent, heurtent le toit de palmes et restent là, tout près. Et cela reposait de l'énorme liberté de l'autre face où lèvent s'appuyait aux fenêtres et où l'on apercevait les mouettes emportées raser les crêtes de la mer.
y> Le musicien à cheveux jaunes jouait comme il fallait, avec émotion, et sans beaucoup de respect de la mesure. Lolita lui fit recommen-
cer plusieurs fois le même air. Gela s'appelait, je m'en souviens : Le plus joli Rêve, une mélodie langoureuse qui traînait, et mordait sur les nerfs par quelque chose de veule et de très tendre.
» La vie, aidée de la musique, semblait si facile ce jour-là! Lolita, jolie et gracieuse, toujours maniérée, minaudait pour le singe, pour ellemême, pour personne, par nature. Elle fumait, les coudes sur la table; à ses délicates mains frêles, les bagues pesaient comme des fardeaux. Les volutes bleues passaient bleues sur le vitrage, sur le fond vert mousse du jardin.
» J'ai le souvenir de la mollesse heureuse de cet instant. Nous allions partir en croisière, peut" être embarquer le lendemain; nous nous plaisions à tous ces beaux projets vagues qu'on rêve avant les voyages. Et il y avait aussi à être là, nous deux, ce quelque chose d'un peu triste, d'incomplet, à quoi l'on pense lorsqu'on est avec une amie qui n'est qu'une amie. Et je crois bien que chacun de nous songeait sans amertume à quelqu'un d'absent.
»... Quand nous sortîmes pour aller jusqu'à l'auto, nous vîmes dans le jardin une mise en scène de séduction destinée, je pense, à donner des regrets à ma belle-sœur et à lui faire reprendre l'envie d'acheter la guenon. Le propriétaire la tenait sur son bras, appuyait sa joue contre le petit crâne d'enfant de Katie, et ce couple.
se caressant tendrement, formait sous les palmiers un spectacle enchanteur.
» Mais comme nous étions à une dizaine de mètres, Katie, prise d'un inexplicable vertige, bondit sur le chasseur qui se tenait à la portière de la voiture, lui planta ses griffes dans les cheveux et le mordit cruellement à une oreille, tandis que l'infortuné poussait des cris et, coiffé du singe, essayait vainement de protéger sa tète avec ses mains.
» Effet déplorable, bien entendu. Nous abandonnâmes Katie et le malheureux chasseur sanglant; et, par la petite fenêtre d'arrière, je pus encore voir le patron faisant tourbillonner la guenon au bout de sa chaîne comme une fronde, et lui administrant la plus formidable raclée que de mémoire de singe on ait jamais reçue... »
A ce moment, la jeune fille de la maison parut dans la porte, une très jolie jeune fille blonde.
— Maman vous demande si vous voulez bien venir dans le hall, parce que je dois chanter.
C'est à nous deux qu'elle dit cela, mais elle s'adressait plutôt à Adalbett, cat je la connaissais à peine.
... Elle chantait d'une voix un peu grêle, qui ne me parut pas toujours juste, ingénue, et avec
beaucoup de grâce. J'étais tout près. Elle avait au bras une méchante petite gourmette d'or d'où pendait une breloque. J'y vis un singe avec une perle qui ressemblait étrangement à la description de tout à l'heure. Etait-ce une coïncidence ou une timide bravade?
Adalbert paraissait mal à l'aise, soucieux. Il devait avoir le cœur dévasté par elle, car il ne la regardait pas. J'aurais aimé être lui.