‹ Pyrotechnie raisonnee, ou Application de la chimie aux artifices de guerreChapitre 4 sur 17 · C. COUBESSIOn su C0BP05ITI0SS · texte numérisé non relu

C. COUBESSIOn su C0BP05ITI0SS

Les compositions se compriment jusqu’ici par le bourrage, le battage, et dans quelques cas rares, par des coups de mouton. Celles qui doivent recevoir plus tard une grande densité, pourraient l’obtenir

avec avantage, après le mélange, par des pressions répétées, soit par l’action de pilons, soit entre de lourds cylindres; nous avons déjà dit plus haut qu’il était fort difficile de donner à une composition légère par une seule pression, quoique très-grande, la même densité que celle qu’elle obtiendrait par une compression répétée; elle devient cependant si compacte par une rotation continue dans un tambour, qu’elle forme un grumeau avec les gobilles; l’air ne s’en dégage pas eiitièrement par une seule pression et oppose sa résistance. Les compositions préparées par de longues pressions , deviennent beaucoup plus compactes, donnent par suite moins de poussier, et ne doivent pas être mouillées lors de la compression ; ce sont les seules qui peuvent se conserver long-tems inaltérées, et être transportées sans perte toutes confectionnées en campagne, surtout si elles sont grenées.

L’augmentation de frais est insignifiante, si l’on peut dès le commencement organiser le laboratoire en conséquence.

Le bourrage et le battage à la main, quoiqu’étant les moyens les plus simples, sont les plus incertains pour la compression, ils exigent le plus de tems et donnent les résultats les plus inégaux. Ils devraient être rejetés quand il s’agit d’un peu de précision , puisqu’il est si facile de leur substituer , dans chaque laboratoire, et de placer dans chaque équipage de campagne un appareil où des marteaux soulevés par des cames remplacent avantageusement la force de plusieurs mains, en supposant que l’on ne veuille pas

adopter la machine anglaise à charger les fusées, dont cinquante reçoivent à la fois leur dose de composition par un appareil à charger, que nous décrirons en parlant des amorces fulminantes et des fusées de signaux, et où une presse hydraulique abaisse à la fois les cinquante baguettes par un seul tour de main.

Si l’on fait agir la même pression sur chaque dose de composition , les couches supérieures seront moins denses que les inférieures quel que soit le procédé de compression. On devra donc, comme le proposaient déjà les anciens artificiers , ajouter toujours à la couche supérieure une autre couche d’argile , que l’on coupera après la compression , ou augmenter celle-ci à mesure qu’on ajoute une nouvelle couche de composition.

On verse dans quelques laboratoires la composition d’approvisionnement dans une mai suspendue librement au plafond pour empêcher que, par l’ébranlement du battage , elle ne se sépare suivant sa pesanteur spécifique.

On devrait toujours tâcher d’obtenir la plus forte densité possible dans le chargement des compositions : elle seule pourra faire disparaître, autant qu’il est possible , les difiérences dans la durée de la combustion, ainsi que l’influence de l’humidité et du transport; car même une composition de la dureté de la pierre n’est pas absolument exempte de l’action de l’humidité.

11 serait de la plus haute importance, pour l’uniformité de l’elfet des compositions, que l’on prescri-

vit, comme pour la poudre, une pesanteur spécifique déterminée, qui s’obtiendrait très-uniformément si on remplaçait le travail manuel par celui d’une machine pour la compression des mélangea où il s’agit d’une très-grande précision. Alors seulement on pourrait établir une comparaison entre diverses compositions.

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