‹ Pyrotechnie raisonnee, ou Application de la chimie aux artifices de guerreChapitre 8 sur 17 · I. AMOBGES FULMIKARTES · texte numérisé non relu

I. AMOBGES FULMIKARTES

Après que Bertholel eut prouvé que du chlorate de potasse mêlé à la poudre détonnait pas un fort choc, on fut bien prés de l’idée de remplacer au fusil d’infanterie la batterie, qui exige tant de conditions pour qu’elle fasse toujours avec sûreté son service, par un appareil à percussion, où l’on pût épargner une grande partie de ressorts, et, comme on le trouva plus tard, où Ton pût soustraire Tamorce aux influences du tems. Quelque facile que parût cette correction au commencement , on rencontra plus tard de mombreuses diflicultés imprévues, et malgré le perfectionnement réel tant de Tamorce que du fusil, on n’est parvenu que depuis peu dans quelques armées à les confier à des corps particuliérement familiers avec Tarme , mais on n’a encore osé nulle part changer la batterie à silex de l’infanterie de ligne, contre celle à percussion. Même les défenseurs les plus enthousiastes de la nouvelle méthode, conviennent que lorsqu’ils passent du fusil de chasse bien soigné qui les séduisit, à Tépais mousquet, ils n’o-

seraient décider l’introduction générale de la perçus* sion.

L’effet aTantageux de l’amorce fulminante dans un fusil bien tenu est très-important ; le tir est plus sûr, plus indépendant du tems, plus efficace parce que la lumière est bouchée et que tout le feu de l’amorce est concentré arec violence sur la charge. On peut employer de la poudre de moindre qualité,* on n’en perd pas en chargeant et on obtient des résultats plus uniformes. La platine est plus simple, puisqu’il ne s’agit plus de l’harmonie de trois ressorts et que l’on ne doit plus soigner pour l’exactitude de la trempe de l’acier de la batterie, ni pour l’aiguisement et l’ajustage de la pierre à feu. Le compassement du piston est tel qu’il est touché par la surface entière du marteau , qu’il retient bien la capsule sans la serrer; mais la trempe n’en est pas aussi facile qu’il le semblerait.

D’après les essais de Gay-Lussac , Pelissier et Aubert, on peut épargner arec l’amorce fulminante, le */io de la charge et le J d’après des épreuves hannovriennes. Je me suis assuré souvent qu’on peut avec une bonne capsule de fulminate raercureux et sans aucune charge , chasser un bouchon hors d’un fusil; ceci n’a cependant lieu que lorsque l’inflammation provient d’un choc et non par la chaleur ; comme en général les épreuves saxonnes et celles de Metsch , ont montré que la poudre fulminante enflammée par la chaleur agit plus faiblement que celle que l’on fait détonner par le choc. Plus le choc est fort , plus l’ac tion est grande et le coup bruyant. Cependant le fusil

est plus fortement attaqué par toute espèce de percussion que par la platine à silex ; il l’est mécanique* ment par la violence du jet avec l’amorce au fulminate mercureux et mécaniquement et chimiquement par le chlorate potassique.

Des épreuves hannovriennes donnèrent par un tems pluvieux sur 27,000 coups à percussion, 21 ratés et 72 faux feux , où la charge ne prit pas feu ; avec la platine à silex il y eut 1448 ratés et 378 faux feux. Sur 1 1,000 coups faits à 100 tous les cinq jours, sans heltoyer les fusils, la percussion donna 6 ratés et 8 faux feux; la platine à silex donna 599 ratés et 207 faux feux.

Gassendi rapporte des épreuves avec la platine à silex , où la pierre était renouvelée après 30 coups, et les canons de fusils lavés après 60; sur 900 coups tirés par trois fusils à raison de 300 , il y eut :

138 ratéa

40 > provenant du basiinet.

93 faux feux

Des épreuves comparatives et faites sur une plus grande échelle avec différens fusils , donnèrent :

Avec le fusil français de 1777, 1

raté sur

coups.

Il i> 1754, 1

Il ilutrichien ancien mod., 1

U Anglais iiouv. modèle., 1

)> Espagnol l

Il Russe 1

français corrigé I

Avec le fusil à percussion chargé, une petite pluie fait rater ';s des coups et une pluie de plusieurs heures i , tandis qu’avec le fusil à silex elles donnent i et de ratés.

La diminution du résidu de la poudre dans les armes portatives est frappante , quand on se sert des amorces fulminantes; il m’est cependant arrivé une fois que le canal du piston recouvert chaque fois par le chien, s’est trouvé complètement bouché par ce résidu (de la fumée condensée). Le corps étant extrait se composait de couches très-fines, concentriques, de la forme du piston. On a donc essayé en Saxe de percer le chien dans le prolongement de la lumière, pour détourner ainsi la fumée. Cependant ce léger encrassement peut très-bien provenir de la manière de faire feu , et ne doit pas être attribué uniquement à l’amorce.

Cette nouvelle manière de mettre le feu a aussi été appliquée aux bouches à feu , où l’on a cependant beaucoup plus de conditions à satisfaire qu’aux armes portatives. Le besoin d’une meilleure manière de communiquer le feu, ne s’est jamais fait beaucoup sentir dans l’artillerie, quelque temà qu’il fit; dans les batailles où aucun fusil ne pouvait plus tirer, on vit rarement rater une bouche à feu et tous les artilleurs expérimentés conviennent unanimement, qu’il ne s’est jamais présenté un cas où un tems pluvieux ou tempétueux les ait empêchés de faire feu.

Ce serait sortir de notre cadre que de décrire les difiérens appareils que l’on a adaptés aux armes à feu

portatives et aux bouches à feu, pour y appliquer la percussion ; nous ne devons qu’examiner les différentes amorces que l'on a essayées.

AHOBGE FDLHINAKTE POUR ARMES PORTATIVES ■.

Comme au commencement desépreuves avec la percussion on connaissait encore peu les qualités du fulminate mercureux, les amorces consistaient en poudre muriatique, c’est-à-dire, en poudre préparée avec le chlorate potassique, qui , ne pouvant être employé en grandes masses comme la poudre ordinaire, fait prouvé par de nombreux essais malheureux, servit par sa grande combustibilité comme poudre d’amorce. Il parait que quoique les platines à percussion fussent en usage dés 1800, dans la marine, ce fut Forsyth qui prit, en 1807, le premier brevet pour un fusil à percussion, et qu’en 1808 , un nommé Pauli en obtint un autre. Le dernier employait une amorce de forme lenticulaire en poudre muriatique, qu’il plaçait derrière à la culasse. On rejeta bientôt cette méthode, parce que ces grains d’amorce étaient trés-dangereux , en ce qu’un seul enflammé par hasard , mettait le feu à tous les autres , et on donna la préférence à la disposition où le grain était sphérique et renfermé dans de la cire

' Le premier u«age de ta platine à percussion dans le combat proprement dit, paraît avoir été fait par les Français dans l’expédition d’Alger, où leurs tirailleurs étaient armés de carabines à percussion.

ou du vernis à l’huile; on le plaçait à chaque coup, ou on le renfermait dans des platines à magasin, comme par exemple celle de Forsyth , qui en contenait 40, et qui le faisait avancer de lui-mérae à chaque coup. Les boulettes étaient si bien préservées par l’enveloppe de cire ou de vernis , qu’on ne pouvait pas même les enflammer par des étincelles d’acier sur pierre. On renonça bientôt complètement aux platines à magasin, à cause de la complication du procédé et du danger que la masse entière, mênie en boulettes, ne s’enflammât à la fois par la dislocation de la platine; on rejeta de même la manière de communiquer le feu par derrière , ce qui augmentait beaucoup , il est vrai , l’énergie du coup, mais exposait aussi à un plus grand danger. Forsyth doit avoir dépensé en vain 100,000 livres sterling en essais pour éviter la forte oxidation de ses fusils par le chlorate de potasse.

La forme de boulettes était incommode , et si quelques-uns la prônent encore aujourd’hui, tous les hommes experts sont de l’opinion qu’elles présentent beaucoup d’inconvéniens en hiver, parce qu’elles sont difliciles à saisir , et par un tems très-chaud parce qu’elles sont gluantes. Verguand , qui les défend , dit qu’il suffit de les recouvrir d’une faible couche de cire blanche et de les rouler dans de la semence de lycopodiiim , pour faire disparaître ces inconvéniens.

On fit bientôt deux progrès importons , l’un après que l’essai de préparer la poudre d’amorce en galettes recouvertes en plomb et en grains vernissés n’eut pas réussi , de couler l’amorce dans de petites capsules

en cuivre , et le second d’employer au lieu de chlorate potassique du fulminate merciireuz, ce que les Anglais attribuent à un M. Joyce de Londres. Ce fulmi* nate donna une amorce beaucoup plus certaine , sans endommager les fusils comme le faisait le chlorate potassique. On avait cru primitivement que le premier ne pouvait servir à cet usage, parce qu’il dispersait la poudre et ne l'enflammait pas; mais on trouva bientôt qu’il obtenait une force suflisante pour l’inflammation, en le mélangeant avec la poudre, ou même seulement avec le salpêtre.

Les capsules en cuivre paraissent avoir été connues en Allemagne avant Wright, qui le premier les annonça publiquement en Angleterre, où l’on en attribue l’invention réelle à Joseph £gg de Londres L On les adopta généralement d’après la recommandation de Wright. Deboubert les contrefit en France, où on les perfectionna ; plus tard , en Allemagne et en France , on en établit de très-grandes fabriques, qui en confectionnent annuellement plusieurs millions et qui sont déjà si avancées dans leur fabrication , que le mille ne coûte guère plus de 2 fr. 50.

Leur confection est à peu près la suivante : les capsules sont percées dans du cuivre laminé , on avait essayé de les faire avec de la tôle; mais la différence de prix est peu sensible, et quoiqu’on les recouvrit d’un vernis gris, ou qu’on les fît en fer blanc, elles

■ Jo»h. Scliaw prétend que les capsules en cuivre étaient en usage dans le nord de l’Amérique depuis 1817 (Journal of Franklin instUute. Mars 1820).

s’oxidaient plus facilement que celles en cuivre. Nous avons cependant vu des échantillons en fer blanc aussi mince que le cuivre, et qui s’étaient conservés fort long-tems sans rouille. Dans les derniers^tems , Sellier a confectionné des capsules dites à la Congréve , faites de cuivre en feuilles , et platinées des deux côtés en argent, qui n’ont pour elles que l’avantage d’une belle apparence , quoiqu’on prétende qu’elles se conservent mieux.

Le meilleur cuivre étant laminé en feuilles minces et trés-uniformes par des chaudes successives, et étant passées au laminoir jusqu'à ce qu’elles aient l’épaisseur de 0,01 de pouce, on en perce des rondelles avec une grande vitesse au moyen d’un perçoir. Un autre ouvrier presse alors ces rondelles dans une forme à capsule au moyen d’une presse à balancier; ce qui se fait selon la forme en une ou deux opérations ; il faut ordinairement 2 laminoirs pour 2 perçoirs et une presse. On lave les capsules, pour les épurer, dans de l’acide sulfurique étendu d’eau.

Abstraction faite de la grandeur , il y a maintenant trois formes différentes Toutes trois sont cylindriques ou approchant; la première est simplement une capsule ouverte à une extrémité, la secoude a un petit rebord inférieur, qui permet de mieux la saisir, quand on veut la retirer du piston, et d’en distinguer de suite les deux extrémités au toucher, ce qui

' ’ Les capsules à côtes , que l’on regardait comme derant s’appliquer mieux sur le piston , n’ont été confectionnées qu’une fois comme essai.

est surtout important dans le tir de nuit et par un grand froid ; la troisième a , au bout supérieur, un second petit cylindre pour la composition, qui est répandue sur toute la partie supérieure dans les autres.

Pour éviter l’inconvénient que les capsules restent sur le piston après chaque coup, on donne aux rondelles la forme d’une croix quand on les perce dans la feuille, et on les presse ensuite dans la forme de la capsule de manière à réunir les quatre branches , qui se séparent de nouveau quand le coup est parti et tombent ainsi d’elles-mèmes quand on relève le chien. L’entaille ne doit cependant pas arriver jusqu’à la composition, qui, autrement, deviendrait humide. On fait les parois de la capsule à côtes pour l'ornement et pour la facilité de la saisir.

La poudre d’amorce avec le chlorate potassique se fait d’après différentes recettes, que nous ne répéterons pas ici , parce qu’elles sont pour la plupart composées arbitrairement. L’on verra combien l’on est induit en erreur par tous ces procédés sans aucune théorie exacte, en sachant que, d’après quelques-uns, on ajoute à 100 parties de chlorate potassique, 160 parties d’autres substances, et seulement 8 selon d’autres. La plupart et les meilleurs des mélanges approchent le plus de la poudre, et l’on obtient le plus parfait, comme je l’ai trouvé par mes nombreux essais, en prenant le pulvérin et le chlorate de potasse par parties égales, parce qu’alors la poudre muriatique prend , des substances qui com-

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posent la poudre, la consistance qu’elles acquièrent par les pressions au moulin. Cette poudre n’est pas aussi inflammable que celle que l’on obtiendrait par le mélange direct de ce sel a?ec le charbon et le soufre, mais elle est beaucoup plus durable. — Les additions de semence de lycopodium ou de noir d’ivoire calciné préservent la poudre de l’humidité, mais laissent un fort résidu. Si on ajoute du sulfure d’arsenic, du sulfure d’antimoine, du sulfure de mercure, à la fois avec du charbon, ces substances n’atteignent aucun but et sont , sous tous les rapports , moins favorables que le soufre ordinaire , qu’elles ne remplacent que mal et avec plus de frais. Villanova de Naples prétend avoir obtenu par le chlorate de potasse cl le sulfure d’antimoine seuls une poudre d’amorce préférable à toutes les autres. Les préparations avec le chlorate de potasse sont maintenant abandonnées partout pour le fusil, et ne sont encore employées que pour les bouches à feu.

Le fulminate mercureux se prépare de la manière suivante : On verse dans une capsule de verre 1 partie de mercure (1 gramme au plus) avec 9 parties d’acide nitrique de 42° au pèse-acides de Beaumé, on chaufle le tout dans un bain de sable jusqu’à ce que tout le mercure soit dissous, on laisse refroidir tranquillement la dissolution pendant 24 heures. On la chaufle de nouveau dans le bain de sable jusqu’à ce qu’elle soit tiède, et on y ajoute i partie d’alcohol à 0,86 de densité. Le mélange entre en ébullition et laisse dégager des vapeurs rutilantes sentant l’éther; on le remue, puis

après 3 à 4 minutes on retire la capsule du bain de sable; en le laissant reposer, le fulminate mercureux se précipite sous forme de petits cristaux ; on décante soigneusement , on lave à plusieurs reprises le résidu avec de l’eau distillée et on le sèche sur un filtre à l’ombre. On obtient de cette manière 1 I partie de fulminate mercureux. Il se compose d’oxide luercureux et d’acide fulminique dont le radical est formé par le nitrogène et le carbone ( le cyanogène ). 11 se dégage par la détonnation du nitrogène et des vapeurs mercurielles. Le carbone reste sans presqu’étre brûlé dans le résidu , qui est do 0,75 de la quantité de sel employée. 11 donne presque la moitié autant de gaz que la poudre à canon ( de pouces cubes de gaz par grain de fulminate mercureux et la poudre mais il le dégage dans un tems beaucoup plus court.

Le fulminate mercureux ainsi obtenu est humecté de 0,30 d’eau et broyé; on ajoute soit du salpêtre et de la poudre à canon dans la proportion de 2 parties de salpêtre et 4 de poudre, ou 3 î de salpêtre et 0 i de poudre sur 10 de fulminate mercureux, soit uniquement de poudre. On évite par ce mélange le résidu charbonneux que ce sel laisse après sa combustion , qu'il opère sans doute au moyen du salpêtre. Il parait n’entrer dans les nouvelles capsules de Sellier qu’avec du salpêtre et peut-être un peu de soufre, du moins la proportion du charbon est insignifiante.

On prend en France sur 10 parties de fulminate mercureux, G parties de poudre de chasse ou autant de salpêtre et de soufre qu’il y en a dans celle-ci. Dans

les capsules à la Congrève la composition d’amorce est teinte par un peu de cinabre (sulfure de mercure) pour la beauté , ce qui parait être la cause qu’il n’y a point de soufre.

On peut facilement déterminer le degré d’inflammabilité de la poudre fulminante; on emploie à cette fln en Angleterre un marteau pesant 2 livres, qui ne doit pas enflammer la capsule en tombant de la hauteur de 2 pouces , et s’il ne le fait pas à 6 pouces de chute, la poudre n’est pas assez vive et on doit y ajouter du fulminate mercureux.

La trituration du mélange fulminant se fait sur des tables de marbre avec des molettes en bois, et n’est pas dangereuse par l’humectation des matières; car si même l’inflammation pouvait avoir lieu par un frottement trop violent , elle ne serait que partielle, soulèverait la molette et fendrait peut-être la table de marbre, mais ne sé communiquerait pas à toute la masse. Cependant on n’en triture jamais plus de 100 grains à la fois. La quantité de poudre fulminante qui entre dans une capsule est très-minime; j’en trouvais 0,0183 grammes dans celles que l'on emploie actuellement pour la chasse; une livre prussienne de mercure donne, d’après Gay-Lussac, assez de sel pour 18500 capsules. La poudre fulminante est introduite encore humide dans les capsules par un appareil très-simple, et y est ensuite comprimée par une espèce de presse.

L’appareil pour charger les capsules est le suivant : Une plaque polie est percée de 4 à 600 trous d’un diamètre tel qu’ils puissent chacun recevoir une cap-

suie, son épaisseur est égale à la hauteur des capsules. Elle repose sur une autre plaque massive de manière que le fond des capsules s’y appuie. Une troisième plaque percée tout-à-fait comme la première, mais d'une épaisseur telle que chaque trou ne puisse contenir que la quantité exacte de composition pour une seule capsule, repose sur la première et ne peut glisser sur elle que de la largeur d’un trou. On la place de manière que les trous ne correspondent pas avec ceux de l’autre, on la couvre de composition, qu’on étend avec une spatule dans les trous jusqu’à ce qu’elle affleure , on en racle l’excédant , on glisse la plaque de manière que les trous supérieurs correspondent exactement aux orifices des capsules, on donne un petit coup sur la plaque supérieure et on remplit ainsi à la fois toutes les capsules de la même quantité de composition.

Beaucoup de capsules s’enflamment par la compression sans autre détriment que de mettre bientôt hors de service le poinçon d’acier avec lequel la pression s’exerce. — II est moins avantageux de former un petit gâteau de la composition et de le coller dans la capsule au moyen de gomme au lieu de l’y presser. Plus la couche en est épaisse et moins elle est inflammable ; èlle se trouvait jusqu’ici dans le petit cylindre supérieur ou était répandue sur tout le fond supérieur. On a nouvellement pressé la composition en forme de demi-sphère contre le milieu du fond ; mais quoique l’inflammation soit plus certaine, on n’est pas satisfait de cette méthode , parce qu’elle endommage beaucoup le piston.

On met sur la composition ou une couche de la laque de Schmit ’ ou d’une dissolution de benjoin et dégommé. Mais toutes ces laques troublent jusqu’à un certain point, par leur mollesse, l’effet du marteau, et la gomme devient facilement humide; c’est ce qui a (ait essayer la petite séparation, et la charge demisphérique pour devoir le moins possible garantir la composition. On a depuis peu recouvert la charge par des ronds métalliques très-minces de zinc, de fer, de cuivre, etc. , au lieu de laques , en les faisant plans ou avec une convexité pour les charges demi-sphériques. Elles renferment hermétiquement la composition, y sont comprimées également par cette espèce de presse, et pour plus de sûreté encore elles sont enduites d’un vernis. Macerone plonge le bord inférieur de la capsule, après sa confection, dans de la cire fondue et ramollie par un peu de suif , ce qui fait qu’elle s’adapte plus hermétiquement sur le piston.

Ces capsules résistent assez bien à l’humidité, celles au fulminate mercureux en sont plus détériorées que celles au chlorate potassique. Le premier paraît effleurir à la surface par l’action prolongée de l’humidité, il se pourrait aussi qu’il fût décomposé en partie par le cuivre. Les capsules au chlorate potassique perdent de leur qualité à l’humidité, celles au fulmi-

' 16 parties de gomme-laqne,

2 n de colophane.

2 • de térébenthine,

20 •> d’alcohol , digérées plusieurs jours à une chaleur

modérée.

nate mercureux dexiennent , d'après quelques-uns , beaucoup plus sensibles et détonnent rien qu’en abaissant le chien ; d’autres nient ce fait.

Pour remédier au défaut très-grave qu’offrent les capsules dans leur usage en campagne, de ne pouvoir être tirées par un tems froid que difficillement de la petite poche destinée à les contenir , et être de même placées sur le piston, défaut qui peut en faire perdre assez pour que le soldat doive cesser de tirer. Sellier a fixé à la balle de la cartouche un disque en feutre du calibre du fusil, et de 2 lignes à peu près d’épaisseur; ce disque est percé au milieu pour recevoir une capsule et l’y retenir en lui faisant présenter l’ouverture en dehors. Si l’on veut charger, on presse la cartouche sans l’ouvrir en plaçant l’ouverture de la capsule sur le piston et en lè tonrnant sur le cèté, la capsule abandonne le disque et reste fixée sur le piston. La cartouche est ensuite déchirée et chargée comme de coutume, le disque de feutre forme une . espèce de bouchon. Cette disposition n’est applicable qu’aux cartouches pliées et non aux collées, mais combien de cartouches roulées des mois entiers dans la giberne de soldats peu soigneux conserveront leurs capsules?

Si une capsule s’enflamme entre un certain nombi‘e d’autres,. celles-ci ne prennent ordinairement pas feu; cependant il s’est présenté depuis peu un cas à Londres ou un paquet de capsules mal emballées fit sauter un chariot; ce qui était d’autant moins à prévoir , que (a société d’encouragement avait envain cherché à

enflammer la poudre fulminante libre , soit en la roulant violemment dans des barils, même avec des balles en plomb, soit en faisant tomber les tonnes de 36 pieds de hauteur , etc.

II faut encore mentionner comme percussion particulière la suivante :

Norton en Angleterre et Delvigne en France ont inventé des balles en plomb oblongues , creuses , chargées de poudre et pourvues d’une fusée en étain garnie d’une capsule qui communique le feu par sa chute contre un corps solide ; elles sont tirées avec des carabines rayées , ont des saillies correspondantes aux rayures et sont destinées à incendier des caissons , de la paille, etc. ; tirées surtout par des fusils de rempart elles ont , en France , produit beaucoup d’effet. L’idée de cette invention est venue d’un coup de feu qui, à la bataille de Busaco , fil sauter un caisson , ce caisson en fit sauter d’autres, mit le feu à un bois voisin et contribua ainsi beaucoup au gain de la bataille.

Nous avons fait ces épreuves et nous avons trouvé que la confection des balles n’offre aucune difficulté, et que leur inflammation est certaine, surtout si, au lieu d’une fusée en étain , on en prend une en rinc. Il est cependant très-difficile et dangereux de charger cette balle, même d’un diamètre plus petit que la balle ordinaire de la carabine, et très-incertain pour l’emploi en campagne si l'arme est un peu encrassée; à 50 pas la balle touche avec certitude la cible du côté de la capsule , mais à de plus grandes distances

elle la frappe à plat, aussi les déviations sont-elles beaucoup plus grandes qu’avec les balles rondes.

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