AMORCES FCLHIRARTES POUR BOUCHES A FEU
Les amorces fulminantes furent d'abord employées aux bouches à feu de la marine , où la mèche pouvait être extrêmement dangereuse; il était de la plus haute importance de se servir d’un appareil non en ignition pour communiquer le feu aux pièces. 11 n’était pas diffîcile de l’adapter à ces bouches à feu , puisqu’on avait souvent déjà fait usage de la platine à silex. La méthode à percussion satisfaisant à ces conditions sera certainement adoptée partout.
Des circonstances trés-dilTérenles se présentèrent quand on voulut aussi employer le système à percussion dans l’artillerie de terre'. D’abord l’utilité n’en était pas aussi péremptoire; la bouche à feu ne rate pas facilement par la pluie , ce qui détruit un avantage majeur des amorces fulminantes , surtout que dans certains cas, par un tems pluvieux, elles peuvent aussi rater. On ne peut cependant nier , d’après des épreuves, que des étoupilles ordinaires exposées long-
' Les premiers essais paraissent avoir été faits à Cassel en 1815. D’après d’autres, on s’un est déjà occupé & lleti, dès 1809; de pareils essais on été faits depuis dans presque tons les pays. En 1820 , Bell de l’Amérique septentrionale , obtint un brevet pour un appareil aux bouches à feu , au moyen duquel il fit 500 fois feu avec une pièce de 24.
tenus à l’humidité dans des caves ne communiquent pas aussi sûrement le feu , même avec l’emploi des lances à feu , que des capsules exposées à la même humidité. L’avantage allégué souvent que l’on évite la mèche en feu , que l’ennemi peut distinguer la nuit, est à peine digne d’être mentionné, puisqu’on peut facilement en cacher le bout igné. Cependant l’amorce fulminante est plus sûre par une tempête que celle où il faut la mèche et la lance à feu. 11 est en outre assez important l’avantage qu’offre la percussion de n’avoir pas besoin de mèche, de lance à feu ni de répandre de la poudre d’amorce; la dernière surtout a déjà par la moindre imprudence coûté la main à plusieurs artilleurs, et la mèche aussi a déjà fait sauter maint coffret.
On a opposé à un autre avantage essentiel d’abréger le service et d’accélérer le tir , que l’on ne tirait qu’avec trop de rapidité , et qu’on devait plutôt songer à un moyen de le ralentir, puisque l’expérience enseigne que le pointage est toujours abrégé avec les autres fonctions de la charge; que par suite des coups rapides ne sont que de mauvais coups, et que de plus l’approvisionnement en munitions offrait déjà maintenant les plus grandes difficultés , etc. C’est une objection qui ne peut se soutenir d’aucune manière; c’est l’affaire des officiers de veiller à l’exactitude du pointage, et celui qui tait tirer avec vitesse ne doit pas pour cela tirer ainsi.
Un autre avantage du système à percussion est une grande économie de frais et de moyens de transport ,
puisque la mèche si volumineuse, les lances à feu el les appareils qu’elles exigent, le pulvérin dangereux, les boîtes , etc. , sont abandonnés ; les frais en sont presque diminués des trois quarts.
D'après un calcul exact , on épargne sur 100,000 éloupilles à percussion, 320 quintaux en poids, 2000 pieds cubes d’espace et 107,500 francs. On ne peut cependant avec les étoupilles à percussion , comme on le croyait , diminuer la charge ainsi que des épreuves précises l'ont prouvé; sous ce rapport, les effets des deux espèces d’étoupilles sont complètement identiques.
Il se peut que l'emploi de capsules fulminantes change ce fait, car il est possible qu’en bouchant la lumière on augmente l’action des gaz sur le projectile. Metsch doit l’avoir observé dans scs épreuves, mais les Suédois n’ont rien remarqué de pareil dans l’emploi de capsules fulminantes. On ne peut cependant nier qu’un coup de canon à percussion, lorsque la pression s’exerce immédiatement sur la lumière, résonne moius long-tems et plus fort, que celui qui est tiré de la manière ordinaire ; de même qu’il y a déjà une très-grande différence lorsqu'on tire une même pièce avec les étoupilles françaises d’une combustion lente, et les étoupilles chargées avec de la poudre ordinaire.
11 est très-probable que l’inflammation spontanée des coups deviendra plus rare par cette manière de mettre le feu ; quoique peu commune avec les cartouches à boulets, elle est très-fréquente avec celles en blanc.
La plus grande difficulté avec toutes les amorces est de faire feu. On n’a pas voulu employer à cette fin une espèce de platine, pour ne pas faire dépendre le feu des bouches à feu de ressorts aussi fragiles , ni de dents faites artistement; même les appareils les plus simples adaptés aux pièces, comme par exemple un marteau qu’une courroie fait mouvoir, ont été assez tôt hors de service. On peut à la vérité éviter cet inconvénient en faisant feu avec un marteau à main, mais c’est trés-fatiguant , parce que le coup partant de la lumière agit avec beaucoup de force sur le bras , et en outre la nuit donne beaucoup de coups à faux. Pour éviter ce dernier défaut , on a placé en Suède le servant, qui fait feu, à cheval sur l’affût; mais on a abandonné ensuite ce moyen. Pour diminuer le choc contre le bras , on a rétréci la lumière , placé le grain d’amorce à côté d’elle, garni la tète des étoupilles, pourvu les marteaux de charnières , etc., tous expédions qui ne se sont pas soutenus.
On peut distinguer les amorces fulminantes pour bouches à feu , en deux espèces, en étoupilles modifiées et en capsules en cuivre. Elles renfermaient jusqu’ici toutes deux de la poudre préparée avec le chlorate potassique et non du fulminate mercureux, parce que celui-ci n’enflamme pas avec assez de certitude à une distance aussi grande que l’épaisseur du métal au premier renfort , à moins d’en employer des quantités assez fortes, et en outre parce que le chlorate potassique se manie plus facilement et se vend dans le commerce; l’action chimique n’en est pas aussi
(leâtructive sur le bronze que sur le fer. La combustibilité doit être moindre dans ce cas pour diminuer le danger, car si le transport occasione l’explosion d’une simple capsule à fusil, on ne devra pas redouter autant la propagation du feu , qu’avec les munitions d’artillerie, où chaque explosion de capsule enflamme en même tems une étoupille , et où la quantité de composition enflammée est beaucoup plus grande, si l'on n’emploie que les capsules.
Les étoupilles à percussion ont l’avantage sur les capsules , de ne point exiger de changement à la pièce, si l’on ne veut pas y adapter d’appareil pour faire feu, et si le nouveau procédé ne se soutenait pas devant l’ennemi , on pourrait revenir à l’ancien en se servant de la mèche et de la lance à feu ; tandis qu’une lumière rétrécie ou une fausse lumière fixe nous laisserait sans défense, si des circonstances, qu’on ne peut faire naitre en tems de paix , faisaient rejeter la nouvelle méthode comme incertaine. Il pourrai t paraître étrange qu’un système d’amorces , établi par suite de nombreuses épreuves, pût devoir être rejeté devant l’ennemi y mais des cas pareils se sont déjà présentés; les longs transports, qui ne peuvent être remplacés par des essais de marches , les balles ennemies, la mobilité de l’œil et l’agitation du bras , sont des facteurs qu’aucune épreuve en tems de paix ne peut faire entrer dans ses calculs.
Si l’on doit admettre avec les étoupilles à percussion la possibilité d’être forcé devant l’ennemi de recourir à la mèche et à la lance à feu, leur utilité réelle dis-
parait pour la première campagne, puisque dans celle-ci encore on devra conserver les approvisionnemens de mèches, pulvérin , etc.
L’étoupille à percussion ne donnera jamais une inflammation aussi certaine que les capsules, parce qu’elle vacille dans la lumière, qu’elle peut être brisée par un coup oblique, et qu’elle est bien plus exposée à la détérioration qu’une capsule où la composition est beaucoup plus dense et peut dans l’emploi être préservée entièrement de l’humidité par de la bonne laque, etc.
Le changement le plus simple aux éloupilles que j’employai dans mes essais sur cet objet, est de placer au lieu de la tête une boulette de poudre muriatique , qu’une goupille mobile dans un petit tuyau fait détonner au moyen d’un coup de marteau. J’obtins les meilleurs résultats avec les éloupilles qui avaient à la tête une petite demi-sphère , pour éviter que le tuyau ne se courbât par le choc. Les éloupilles étaient chargées comme de coutume sur la broche ; on plaçait sur la petite ouverture un grain mince et aplati de poudre muriatique, au-dessus un disque d’ouate que l’on comprimait très-fortement; l’on mettait sur lui une goupille en fer , débordant d’une ligne le petit tuyau et enduite d’un mélange de térébenthine et de résine. On brisait cet enduit en frappant sur la goupille qui enflammait l’éloupille ; on évitait ainsi l’inconvénient qu’elle ne se courbât , qu’elle ne volât sur les côtés et n’incommodât les servons , ce qui était arrivé avec d’autres éloupilles. On se servait pour frapper d’un
maillet plat en bois, qui , étant souvent jeté hors des mains de l’artilleur, fut changé en une espèce de clapet se rabattant lui-même quand le coup partait , mais exigeant plus d’exercice des hommes.
Il y a uue autre espèce d’étoupilles à percussion , formées d’un cylindre en bois cuit dans l’huile , sur la tête duquel se trouve une cheminée en cuivre et au-dessus une capsule ordinaire; le tout est recouvert avec une étoffe légère ; si on ôte la cheminée on a une étoupille ordinaire. L’appareil quoique simple exige beaucoup de réparations, et les cheminées qui portent les capsules doivent être faites avec beaucoup d’exactitude. En outre ces étoupilles détonnaient quand on les jetait violemment à terre, sur la capsule; ce que l’ou peut prévenir, comme M. Von Hadeln le fait observer, en prenant celles-ci plus fortes.
Une autre espèce d’étoupilles métalliques avait un petit tube latéral en tuyau de plume qui renfermait la poudre fulminante, communiquant dans l’étoupille même ; on plaçait ce tuyau entre un clapet sur lequel frappait un marteau. On reprocha à cette étoupille trop de complication.
La disposition présentée par lecapitaine hannovrien Dehnc est analogue. La poudre fulminante est renfermée dans un petit tuyau latéral en métal , qui se place dans un canal creusé à cet effet vers le boutou de culasse , et qui est frappé par un petit marteau à soulèvement adapté par une charnière au bouton de culasse.
rions vîmes en Angleterre une étoupille tout-à-fait
semblable qui enflammait avec certitude. Elle se composait comme la précédente de deux tubes , tous deux en tuyaux de plumes; le tube latéral contenait la poudre fulminante. La pièce portait un couteau court et pesant qui frappait avec le dos sur le tube latéral , dans le genre d’un levier d’abattage, et l’enflammait ainsi.
Depuis que les essais de Metsch avec des capsules fulminantes, n’ont pas donné de résultats favorables, peu d’artilleries ont fait des tentatives du même genre, il n’y en a que deux de connues.
Le lieutenant Aokersten a introduit en Suède des amorces à percussion consistant en une capsule fulminante en cuivre. La pièce a un grain de lumière en acier de 0“,02fll d’épaisseur, percé d’une lumière d’un millimètre de diamètre. A la partie supérieure est un écrou de 0,013 de diamètre , dans lequel entre une vis dont les filets sont un peu arrondis pour se dévisser plus facilement ; elle s’enfonce à la profondeur de 0,0261 dans l’épaisseur du métal de la bouche à feu , et la tête en est garnie d'une plaque métallique percée de deux trous pour y placer la clef d’écrou. L’axe dans toute sa longueur en est taraudé en écrou , dont le pas a une direction opposée à celle du pas de la vis extérieure. C’est dans cet écrou intérieur qu’entre le cône pour l’amorce, fait en acier trempé, à ressort et dépassant la plaque de 0,01. La lumière communique exactement avec celle du grain. Vingt secondes suffisent pour retirer le cône avec la vis et en mettre un nouveau. Les épreuves les plus continues n’ont encore
déformé aucun cône, les lumières sont peu é?asées et les yis ne se relâchent pas. Quand on ne tire point ou dévisse la plaque avec le cône et on y visse une plaque massive, qui bouche parfaitement la lumière.
Les capsules ont 0,01 de diamètre et de hauteur, elles contiennent 1/70 d’once de composition formée de parties égales de pulvérin et de chlorate potassique. Nous les avons vu employer par tout tems , dans le jour et dans la nuit , et elles ne donnaient qu’une moyenne de 2 pour cent de ratés; mais une fois par une pluie battante on cessa tout à coup de tirer, et l’on oublia de couvrir le cône ; des gouttes d’eau se déposèrent dans ces lumières étroites, et toutes les bouches à feu ratèrent en recommençant le feu , une d’elles dut même être déchargée , parce que l’eau avait pénétré jusque sur la gargousse qu’on replaça de manière à présenter un endroit sec à la lumière et le coup partit. On voit par là que cette amorce n’a qu’une faible force in* cendiaire. Elle vient d’être rejetée depuis peu et remplacée par une autre, dont les détails ne sont pas encore connus , mais qui doit consister en général en un tube en cuivre, dans lequel se trouve un tube en verre, contenant la composition , qui s’enflamme par la brisure de ce tube en verre , qu’on casse en pliant fortement le tube extérieur au moyen d’un crochet. 11 parait que leur usage a occasioné des malheurs qui les ont fait abandonner.
L’artillerie saxonne a introduit les capsules depuis 1829 ; elles ont 0“‘,008 de hauteur et de diamètre. On avait essayé, pour éviter les éclats du métal, de ne
faire que la plaque supérieure de la capsule en métal et le corps en plusieurs doubles roulés de papier à cartes enduits de graphite, mais celles que l’on a adaptées sont entièrement en cuivre. La lumière saxonne, malgré le cône ajouté, a encore un diamètre assez grand pour recevoir au besoin l’étoupille ordinaire, on en prend par précaution | dans l’approvisionnement de campagne. Le marteau ne touche la surface de la capsule qu’à demi, sur la partie qui repose sur le cône et même à côté de la lumière, ainsi seulement sur un demi-cercle. Cette disposition empêche la capsule de se déchirer , mais la fait sauter perpendiculairement en l’air, prévient l’encrassement de la lumière et empêche que la pluie ne la remplisse d’eau, comme il est arrivé à la lumière rétrécie des Suédois. Les pistons durent déjà quatre années et l’un d’eux, même un peu fendu au commencement, est encore en service.
Ces épreuves ont constaté la remarque très-intéressante sur le diamètre des lumières , qui ne peut être trop petit , parce que dans ce cas les amorces à percussion ne font que des trous profonds dans la cartouche sans l’enflammer; le plus petit diamètre que l’on peut employer, doit être de 0>",0039.
Les capsules suédoises se laissent froisser, écraser du pied, comprimer même assez fortement sur le piston, sans prendre feu; celles qu’on enflamme par la chaleur agissent peu ; mais quand on les fait détonner par un choc violent , leur jet traverse quatre morceaux de flanelle même mouillée. On préserve les
pistous en acier de la rouille en les enduisant d’une graisse faite de suif et de graphite.
FUSiES.
Les plus anciens obus araient des fusées qui appro^ chaient des nôtres. Elles étaient en bois et chargées d’une composition pareille aux nôtres , communiquant avec la charge par un petit canal latéral.
Alors déjà on attachait beaucoup d’importance à préciser l'instant de l’inflammation de la charge, problème qui , aujourd’hui encore , exerce l’esprit d’in vention. *On employait anciennement encore d’autres méthodes que celles usitées aujourd’hui , de couper ou de forer la fusée à la longueur convenable. Les fusées des grenades à main étaient vides; ou prenait un bout de mèche qui ne glissât que dilBcilement dans la lumière de la fusée; on fixait à l’une des extrémités un morceau de plomb plus petit que le diamètre de la lumière; on enflammait l’autre et on plaçait la mèche dans la fusée, le plomb en bas, de manière que la pointe enflammée dépassait extérieurement. Si la grenade tombait avec quelque force sur le sol , le petit poids en plomb tirait la mèche à l’intérieur et enflammait ainsi la charge. Pour que l’œil de la grenade soit toujours au-dessus après la chute, on attachait à la tète de la fusée des rameaux garnis de feuilles qui formaient une espèce de queue. Les obus étaient percés de deux œils qui se correspond
daient. Dans l’un on vissait un cylindre creux en acier , taillé en lime à l’intérieur. Une barre mobile eu acier passait à travers l’autre , ayant extérieurement une grosse tête et intérieurement un chien qui tenait une pierre à feu. On forçait l’obus au moyen de deux ailes, de tomber toujours sur la tète de la barre en acier, qui, par le choc était poussée dans l’obus, à laquelle elle communiquait le feu . par le frottement de la pierre dans le cylindre creux. De tout tems l’emploi des grenades à main a suscité des plaintes réitérées sur les' malheurs nombreux qu’occasione parmi les grenadiers l’explosion précipitée de ces projectiles, ce qui ferait croire que les dispositions de ces temslà étaient beaucoup moins sûres que les nôtres.
On tira très-long-tems à deux feux, c’est-à-dire on enflammait d’abord la fusée , puis la charge de la bouche à feu ; on plaçait pour remplir la chambre un gazon frais ou de l’argile humide , puis on y posait un cylindre en bois , qui occupait exactement l’espace encore libre de la chambre, enfin le projectile que l’on calait et qu’on séparait par des gazons pour que le feu de la fusée ne pût atteindre la charge. On abandonna cette méthode vers le commencement du XVII® siècle, quoique les Espagnols l’employassent encore au siège de Gibraltar et que les Français aussi la quittèrent pins tard. On croyait le tir à un feu trèsdiflicile; les anciens artificiers le nommaient tir de fumée , probablement par la mauvaise qualité des fusées. On suivait deux procédés : l’un conservait le cylindre en bois sur la charge et négligeait le bouchon
qui le séparait de la charge. Le cylindre était percé de plusieurs trous ou cauuelé à la périphérie, et quand il était placé on remplissait ces ouvertures avec du pulvérin qu’on répandait aussi dans la volée, enfin on entourait la bombe de toile apprêtée pour le feu et découpée à l’endroit où le projectile touchait la chambre. Le second procédé omettait le cylindre en bois sur la charge et donnait à la bombe une fusée en fer, vissée à la fois dans l’œil et dans le culot du projectile et communiquaut le feu par des ouvertures latérales. On plaçait la bombe garnie de la fusée dans la chambre. Quand les obusiers étaient plus longs, on en perçait la lumière au-dessus de la fusée, et on lui donnait deux canaux dont le plus court communiquait à la fusée, qu’il enflammait ainsi plus tôt que la charge L
Des épreuves nouvelles et surtout les essais de Duc, en 1751 , prouvent que l’on peut tirer avec un seul feu sans toutes ces difficultés. Les fusées anglaises et suédoises démontrent qu’il n’est pas même nécessaire d’employer des mèches de communication, usitées encore dans beaucoup d’artilleries, et que la fusée peut même être affleurée avec le projectile. Les Anglais ont nouvellement introduit des fusées dont la tête est fermée et où quatre bouts de mèche de communica-' tion traversent le bois et communiquent le feu à la composition. En Prusse, la mèche de communication
' Lea bombea éclataient aouvent dana la pièce par cette méthode, comme il arriva devant Landrecy, en 1637, où beaucoup de peraonnea furent tuéea.
est fixée à coups de maillet avec les dernières portions de composition , en Autriche elle est attachée à deux fils qui trarerseut en croix la tête de la fusée.
La fusée se compose du cylindre en bois et de la composition , forme donnée par Malthus, en 1630. La principale irrégularité de la combustion de la fusée paraît provenir < de ce que le bois, séchant après que la fusée est chargée, se sépare en partie de la composition, de manière que le feu peut se communiquer plus rapidement sur les côtés ; c’est pourquoi l’artillerie saxonne charge , d’après Rouvroy , ses fusées dans des cartouches en papier, qu’elle place ensuite dans les fusées en bois. 11 serait peut-être préférable, après avoir tourné grossièrement la fusée , de la sécher dans du sable chauffé d’abord iüsensiblement , et ensuite ' très-fortement, et de la finir au tour; il parait aussi convenable de la plonger ainsi chauffée dans de l’huile bouillante et de l’y laisser quelque tems. La distillation du bois serait peut-être très-avantageuse. Des épreuves faites en France, en 1819, prouvent que les fusées en métal ne sont pas beaucoup meilleures dans le tir que celles en bois.
Le diamètre de la lumière ne doit pas être trop petit , parce que la fusée s’obstruerait facilement ; sa grandeur n’a aucune influence sur la durée de la combustion qui dépend uniquement des proportions du mélange et de sa densité dans la fusée. La tête se
‘ Le« écolei pyrotechnique* de France ont donné comme problème, la recherche de* cau*e* de l’inflammation trop prompte de la charge par le* fuiée*.