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tutives de la tumeur; et s’il s’agit d’une tumeur à développement rapide, elles finissent par être étouffées et détruites par la néoplasie.
On conçoit aisément qu’il ne puisse pas se faire une multiplication de tubes nerveux avec leur cylindre-axe. Qu'est en effet le cylindre-axe? L’anatomie nous le représente comme un prolongement émané d’une cellule nerveuse ganglionnaire passant de l’axe cérébro- Spinal dans un nerf et continuant son trajet dans ce nerf Jusqu'à son extrémité. Le cylindre-axe n’est donc pas une cellule puisqu'il fait partie d’une cellule et qu'il ne renferme pas de noyaux. Il dépend de la cellule nerveuse au même titre que les prolongements protoplasmiques ; et c’est ce qui a conduit les physiologistes à la conception des neurones, c’est à dire des unités nerveuses, la cellule formant avec son prolongement cylindre-axile un tout physiologique, une unité indivisible. Le cylindre-axe, simple prolongement cellulaire, ne peut donner naissance à une tumeur, car les tumeurs sont formées par la prolifération, la multiplication de cellules. C’est pour cette raison que M. Quénu doute qu’il puisse exister sur les nerfs de véritables tumeurs nerveuses : « J'avoue, dit-il, et je ne conçois pas très bien comment une tumeur développée le long d’un nerf pourrait être composée de tubes nerveux nouvellement formés. Les cylindres-axes ne sont en somme que des prolongements des cellules nerveuses, et à moins d'admettre un bourgeonnement des fibres se produisant au niveau des segments interannulaires (ce qui n’a jamais été constaté, que Je sache, dans les tumeurs dites névromes), la néoforma-
tion des tubes nerveux doit ne pouvoir se produire que là où ilexiste des cellules nerveuses, c’est à dire dans les centres nerveux centraux ou dans les centres nerveux périphériques. Je crois pouvoir en déduire qu'il y a des fibromes, des myomes, etc. douloureux,mais que l'existence des névromes vrais fasciculés n’a pas encore reçu de démonstration parfaite, » M. Quénu déduit de ce qui précède, que les seuls névromes incontestables sont ceux qui se développent dans les centres nerveux. C’est sans doute pour une raison analogue que Raymond conteste aussi l’existence des névromes vrais myéliniques. Nous sommes bien de l’avis de M. Quénu lorsqu'il pense que les névromes se forment uniquement aux dépens de cellules nerveuses, mais nous n’en restons pas moins convaincus de l’existence des névromes vrais sur le trajet des nerfs. Si M. Quénu se refuse à les admettre, c’est qu’il considère le cylindre-axe comme étant la seule partie nerveuse du nerf, et comme il ne lui reconnait pas le pouvoir de se multiplier à la facon des cellules pour produire une tumeur, il arrive très logiquement à conclure qu’il n’existe en fait de véritables névromes que les névromes ganglionnaires.
Les névromes ne sont pas constitués par des fibres nerveuses de nouvelle formation. Telle est la conclusion quise dégage naturellement des considérations précédentes sur la signification morphologique du cylindre-axe. On peut d’ailleurs admettre à priori l'impossibilité d’une néoformation de tubes nerveux complets tels qu’on les trouve dans les nerfs à myéline, pourvus d’un cylindre d’axe, d’une gaine myéli-
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nique et d’une membrane de Schwann. La fibre nerveuse ainsi formée constitue en effet un véritable organe ; Or une tumeur ne peut aboutir à la formation d’un organe. Admettre la multiplication de tubes nerveux semblables aux fibres nerveuses normales serait donc aller à l'encontre des notions les plus élémentaires de l’anatomie pathologique : la néoplasie n'arrive jamais à reproduire exactement tous les éléments de cet organe avec leurs formes et leurs ‘dispositions respectives telles qu’elles sont réalisées dans un tissu normal : le développement d’une tumeur consiste en une prolifération désordonnée de cellules.
Nous sommes ainsi amenés à nous demander ce qui, dans la fibre nerveuse, peut être le point de départ d'un névrome. Le cylindre-axe, élément physiologique essentiel du nerf, a été considéré comme étant la seule partie nerveuse de la fibre à myéline ; la membrane de Schwann et le manchon de myéline ne seraient que des parties accessoires, Nous ne nous arrèterons pas à discuter le rôle de ces éléments ; ce qu'il faut surtout rechercher, c’est leur équivalence morphologique et leur nature primordiale. |
Lorsqu'on suit jusqu’à leur extrémité les terminaisons des nerfs à myéline, on les voit perdre d’abord leur gaine myélinique à une certaine distance de cette extrémité ; la membrane de Schwann qui reste alors seule en contact avec le cylindre-axe, disparaît à son tour un peu plus loin, de sorte que la fibre nerveuse, à sa terminaison ultime, est réduite à son filament cylindre-axile. A mesure que l’on descend dans l'échelle des êtres, on voit peu à peu disparaître la
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gaine de la fibre nerveuse sur toute la longueur du nerf: chez les articulés, les nerfs sont formés simplement d’un cylindre-axe entouré d’une membrane de Schwann sans myéline. Chez les mollusques, cette membrane disparaît presque complètement, et chez les acéphales on ne trouve plus que le cylindre-axe. Cette gaine qui chez les vertébrés forme à la fibre nerveuse un revêtement continu, n’est donc pas indispensable au nerf pour l’accomplissement de ses fonctions : « le système des fibres à myéline, dit Ranvier, est un appareil de perfectionnement spécial aux vertébrés supérieurs.» On lui attribue un rôle protecteur vis-à-vis du cylindre-axe ; on le considère aussi comme un isolant du conducteur nerveux que l’on compare alors à un fil électrique. Ce système ne joue donc en somme qu’un rôle assez effacé, puisqu'il fait complètement défaut chez des animaux qui possèdent des fonctions sensitives et motrices relativement bien différenciées. Mais s'il n’a au point de vue physiologique qu’une importance restreinte, si dans certains cas il peut manquer, est-ce une raison pour lui refuser tout attribut nerveux ou lui enlever son individualité? Nous ne le pensons pas, et nous croyons à la nature nerveuse de la gaine de Schwann et des noyaux qu’elle renferme, bien que ce ne soit pas l'opinion généralement admise. Depuis les ‘recherches de Kôlliker, on’ admet que le cylindre-axe, qui végéte du centre vers la périphérie, préexiste à la gaine qui doit venir l’entourer plus tard. Suivant Kôlliker, lors de la formation des fibres à myéline chez l'embryon, autour du cylindre-axe nu viendraient s’appliquer des cellules migratrices qui