CARTES
provenant d’une hypertrophie des nerfs, il faut appeler tumeurs d’autres anomalies de développement telles que la polydactylie (doigts surnuméraires) et la mégalo-dactylie (hypertrophie des doigts), ou, pour ne pas pousser les choses à l’extrème et faire un raisonnement par l'absurde, tout au moins les angiomes et les anévrysmes cirsoïdes ; or les angiomes et les anévrysmes cirsoides ne sont pas pour nous des tumeurs.
De la suite des considérations anatomiques que nous avons été amené à faire au sujet de la morphologie des divers éléments constitutifs des nerfs à myéline, nous pouvons conclure qu’il n'existe sur les nerfs périphériques qu'une seule forme de névrome parmi toutes les tumeurs auxquelles on à donné ce nom : ce sont les tumeurs qui se développent aux dépens des cellules de la gaine de Schwann, lesquelles caractérisent anatomiquement la fibre nerveuse. Peut-être un jour découvrirat-on que les cellules amyéliniques des fibres de Remak sont capables elles aussi d’engendrer des névromes vrais, mais pour le moment nous pensons que parmi les tumeurs décrites sur les nerfs une seule mérite le nom de névrome, c’est celle que nous avons décrite.
Les névromes sont susceptibles de se développer avec une grande malignité; comme toutes les tumeurs malignes, ils sont capables de se généraliser, et les noyaux de généralisation ont, quant à leur siège, une élection spéciale pour les nerfs périphériques. C’est sur cette tendance particulière à la généralisation de ces tumeurs dans les troncs nerveux que se base le docteur Grall, d'accord avec Monsieur R,. Tripier, pour affirmer leur